![]() |
|
Frodon à Orodruin - Version imprimable +- Forum JRRVF (https://www.jrrvf.com/forum) +-- Forum : L'Œuvre - Etudes & réflexions (https://www.jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=3) +--- Forum : Le Légendaire (https://www.jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=9) +--- Sujet : Frodon à Orodruin (/showthread.php?tid=3558) |
Frodon à Orodruin - Cynewulf - 25/05/2003 Hé bien hé bien, peu de monde aujourd'hui pour disserter de frodo à Orodruin...le nombre de 100 serait il une barre que les "forumistes" distingués sont heureux de franchir sans qu'il soit question d'aller plus loin...je titille, je titille pour attirer les réactions... Frodon à Orodruin - Mj du Gondor - 25/05/2003 Pour dépasser la barre des cents et malgré ma décision annoncée de ne plus parler de la faute de Frodon: Frodon à Orodruin - Yyr - 18/05/2009 Le fuseau ouvert par Dame Lambertine m’a fait pensé à (et donné envie de donner) la suite que j’avais prévue de mon côté il y a 6 ans : le fichier que je viens de reprendre est daté de 2003 :). Je m’étais abstenu à l’époque à la demande de Cathy, qui voulait que nous publiions au même rythme parce qu’elle avançait sur quelque chose d’analogue. Depuis le temps, j’estime qu’il y a prescription :) D’ailleurs, David, si tu passes par ici, non seulement tu peux saluer ta maman pour nous, et me dénoncer, mais aussi lui dire qu’elle nous manque (et toi aussi :)). Or donc, nous en étions arrêtés à la question de savoir si Frodon était libre au moment de passer l’Anneau au doigt au sommet des Crevasses du Destin : quelle part de liberté lui restait-il à ce moment-là ? le mal dans cet acte était-il entièrement dû à l’Anneau (et à son œuvre maléfique en amont) ? Frodon avait-il encore une responsabilité morale à ce moment ? Je publie ci-après les billets que j’avais constitués à l’époque, à quelques menues corrections près. Ce serait quand même dommage de traduire Marring par Blessure :) Frodon à Orodruin - Yyr - 18/05/2009 De Cul-de-Sac au Mont Destin : le poids de l’Anneau, le pouvoir du Mal, et la liberté de Frodon Un pouvoir maléfique hors du commun, de fascination, de tentation, et de domination. Un poids énorme et accablant, tant pour le corps que l’esprit. Une souffrance et une torture sans fin pour celui qui refuse de lui céder. Ainsi était le Grand Anneau, telle une concentration du Morgoth disséminé habituellement dans toute l’Arda. Voici, bien plus terrible que tous les dangers affrontés sur la route, le mal auquel Frodon fut confronté, un mal morgothien, diabolique dirions-nous dans notre Monde. Cet Anneau privait-il à la fin son porteur de toute volonté et de toute liberté de lui résister ? Ce qui est tenu pour sûr est la nature maléfique de l'Anneau. Qu’est-ce que le Mal ? et la tentation ? Les derniers volumes de HOME sont parfois très précis sur cette articulation entre la tentation d'une part, et la réponse à cette tentation, la participation de l'Homme et sa liberté, d'autre part. [Cf. dans la 3è Feuille de la Compagnie Le Marrissement d’Arda : fil et traduction de la Catastrophe du Conte, voir en particulier la partie II.C. Entre endurer et céder : la singularité des sémantiques] Plusieurs textes de tradition elfique abordent le mystère du mal et du Marrissement d'Arda. L'Ósanwe-kenta, l'essai par le Sage Pengolodh de Gondolin sur l'échange de pensée (télépathique) m'apparaît révélateur à bien des égards quant au Mal en Arda, et, s'il ne traite pas exactement de notre sujet, il s'applique néanmoins il me semble, puisqu'il aborde le cas où l'on cherche à forcer l'esprit d'une personne. En Arda, nous est-il dit, rien ne peut forcer l'esprit d'un Incarné ... Bien qu'en "Arda Immarrie" l'ouverture (de l'esprit) est l'état normal, chaque esprit a, depuis sa conception en tant qu'individu, le droit de se fermer ; et il a le pouvoir absolu de rendre cette fermeture effective par la volonté. Rien ne peut franchir la barrière du Refus (Aucun esprit ne peut, néanmoins, se fermer à Eru, ni à Son inspection ou à Son message. Le dernier peut être ignoré, mais l'esprit ne peut prétendre ne l'avoir pas reçu) Ósanwe-kenta, Vinyar Tengwar n°39 (traducion libre) ... mais comment expliquer, pourra-t-on lui répondre, l'emprise totale de Melkor sur certains esprits ? Pengolodh explique qu'il s'agit d'une perception erronée de ce qui se produit en réalité (cf. à ce titre la brillante hypothèse de notre ami Moraldandil : Túrin maudit : une illusion d'optique ?) : Melkor, qui est pourtant le pouvoir le plus grand en Arda, n'a pas ce pouvoir. Mais, par la torture, par le tourment imposé à un Incarné, sur son corps, sur son esprit, il peut oppresser sa volonté jusqu'à ce que cède sa victime : Ainsi par tromperie, par mensonges, par le tourment du corps et de l'esprit, par la menace du tourment infligé aux bien aimés, ou par la simple terreur de sa présence, Melkor a toujours cherché à forcer l'Incarné qui tombait en son pouvoir, ou qui venait à sa portée, à parler et dire tout ce qu'il savait. Ibid. La personne est ainsi comme une maison fermée, dont elle seule peut ouvrir (librement) la porte. Melkor lui-même ne peut forcer cette porte de l'extérieur ; il lui faut trouver (et il y parvient en général) le moyen d'exercer une pression sur sa victime, de sorte que cette pression soit jugée insupportable par elle et qu'elle lui cède et lui ouvre de l'intérieur. Il me semble que l'Anneau, d'un pouvoir de Mal hors du commun, procède bien ainsi, par une pression "insoutenable" sur le *corps* et *l'esprit*, jusqu'à ce que la *personne* cède et ouvre d'elle-même la porte. C'est bien elle qui bien que torturée « ouvre la porte ». Le porteur est condamné à céder ou à être brisé. Cf. la lettre 181 déjà citée par rapport à la situation de Frodon : Des situations « sacrificielles », c’est le nom que je leur donnerai : i.e. des cas où le « bien » du monde dépend du comportement d’un individu dans des circonstances qui exigent de lui souffrance et endurance bien au-delà de ce qui est normal ; et même, ce qui peut arriver (ou semble arriver, en termes humains), exigent une force du corps et de l’esprit qu’il ne possède pas : il est, en un sens, voué à l’échec, voué à [1] succomber à la tentation ou [2] à être brisé par la pression exercée contre sa « volonté » : c’est-à-dire contre le choix qu’il pourrait ou voudrait faire s’il était non entravé et non sous la contrainte. Lettres, p. 331 Dans le cas [2] la maison est brisée : tout vole en éclat et il ne reste personne pour participer librement au mal (ce qui se traduit soit par la mort du corps soit par la folie définitive de l'esprit) : le Tentateur en allant jusqu’à briser sa victime échoue. Dans le cas [1] en revanche, il me paraît juste de considérer que, même "à bout", même aux dernières extrémités, céder à la tentation, ouvrir la porte est un acte "libre", dans le sens où le mal n'a pas le pouvoir de faire ouvrir la porte de l'extérieur. Il était donc devenu "impossible" de résister ... Mais, lorsqu'il a passé l'Anneau au doigt, Frodon a « ouvert sa porte ». Vaincu dans un combat inégal, il a vidé "toutes" ses forces physiques et mentales ... sauf celle de passer encore l'Anneau au doigt ! Son corps n'a pas été brisé, ni son esprit ; il a bien été jusqu'à la limite (et sans doute a-t-il repoussé même ses limites tout au long de sa quête), mais à la fin, à la toute dernière extrémité posée entre être brisé et céder, il a cédé. Il lui était visiblement impossible de résister plus longtemps à la pression exercée par l'Anneau, mais si j’en crois Pengolodh il restait libre de ne pas ouvrir sa porte. Il m’apparaît évident que s'il s'en était gardé, il aurait été véritablement brisé, son esprit balayé et volé en éclat. Frodon (ou du moins sa raison) serait mort (et Sam aurait récupéré une coquille vide), mais ainsi l'Anneau aurait perdu ; Frodon serait allé au-delà du possible, en se défaisant de sa vie. Dans notre monde (ou sa vision) chrétien(ne), la différence est bien là avec le Christ, qui n'avait pas plus de possibilité de résister au Mal que le moindre des Hommes, ayant assumé l'entière condition humaine, mais qui n'a jamais cédé, et, à la fin, il est allé jusqu'à être brisé.* * S'il n'a jamais cédé, c'est aussi parce qu'à l'intérieur, le Christ n’a donné aucune prise à cette pression extérieure. La Sainteté n'est pas seulement un état du moment ; elle est aussi un chemin de vie, chemin qui ne donne aucune prise au Mal : « Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car le prince du monde va venir. Certes, il n'y a rien en moi qui puisse lui donner prise, mais il faut que le monde sache que j'aime mon Père, et que je fais tout ce que mon Père m'a commandé » (Jean 14, 30-31). Ceci pour être précis quant à la question de la liberté de Frodon au dernier moment. Mais certainement pas pour le juger : qu’aurais-je parcouru de son chemin à sa place ? Comme je le lis dans les Lettres, la Miséricorde dont Frodon a fait preuve l’a emporté (et de combien !) par anticipation sur son échec, et cela est décisif. Frodon à Orodruin - Yyr - 18/05/2009 Álamë tulya úsahtíenna, mal ámë etelehta ulcullo Que parcouré-je tout simplement aujourd’hui à sa place ? Peut-être pouvons-nous nous risquer à une analogie, bien qu’imparfaite, avec toutes nos situations de plus ou moins grande souffrance psychique, à laquelle chacun peut être confronté (et auxquelles Tolkien faisait peut-être entre autre allusion dans la lettre 181), qui poussent leurs victimes, au final à céder, qui à telle violence, qui à telle assuétude, etc… des situations de grande souffrance qui naissent dans une faiblesse (toute humaine), quand le mal s’y engouffre et élargit cette faiblesse, un échec entraînant le suivant, y ajoutant parfois un sentiment de culpabilité, et un poids qui va croissant, chaque chute ajoutant un poids supplémentaire d’assuétude pour le corps et de culpabilité pour l’esprit, qui diminue les forces pour résister à la prochaine épreuve. Cette analogie ne supporte pas la comparaison dans les moindres détails, mais elle renvoie peut-être à une manière de comprendre le poids de l’Anneau, nous qui ne l’avons pas porté. Nombreux peut-être sont ceux en notre Monde qui ont un « Anneau ». Contrairement au professeur — et ce sera bien là l'une de mes rares et minces divergences avec Tolkien :) / à moins que nous exprimions la même idée différemment ? — je ne crois pas que nous demandions à être délivré d'une tentation « au-delà de notre pouvoir » (cf. lettre 191), mais d'un Mal peut-être plus cruel d’une certaine manière, qui fait le siège de notre volonté jusqu'à que, "à bout", nous cédions et participions au mal ; voici à mon avis la Tentation dont on supplie d'être délivré, qui n'est pas au-delà de ses forces — et reste selon moi plus cohérent avec Saint Paul (cf. à nouveau lettre 191) — mais, il est vrai, diffère d'autres tentations ... elle est de celles qui promettent d'être délivré de la souffrance si on lui cède. Ces chutes occasionnent alors en retour une souffrance spirituelle énorme, parce qu'ayant participé volontairement à un mal qu'on refusait de "toutes" ses forces :| L'Anneau était porteur entre autre de ce Mal des plus cruels : celui de prendre possession de son porteur à son escient. Frodon à Orodruin - Yyr - 18/05/2009 Du Mont Destin à Cul-de-Sac : le poids de la culpabilité, la blessure de l’Anneau ‘Hélas ! il y a des blessures que l’on ne peut totalement soigner’, dit Gandalf. SdA, livre VI, chap. 7 = Lettres, p. 460 Dans ces blessures, il y a celles, physiques et psychiques, et visibles extérieurement, qui marquent Frodon après sa quête. Ce sont celles laissées par le mal de l’Anneau, à cause de la pression qu’il a exercée sur son corps et son esprit, et de la résistance longtemps victorieuse de Frodon. Il y a aussi celles plus intimes, et plus spirituelles, autant profondes, qui l’ont marqué intérieurement. Ce sont celles laissées par l’Anneau lorsqu’il a réussi à entrer, c-à-d. à faire ouvrir sa porte à Frodon, lorsqu’il a cédé. Les premières sont sa maladie et sa faiblesse. Les secondes sont les sentiments de culpabilité et de regret. Oui, même vaincu, ce genre de mal peut éventuellement laisser derrière lui, pour peu qu’on lui ait cédé seulement une fois, un poison pour le cœur, qui ne peut être (humainement) soigné : la tentation du regret et de la culpabilité. La lettre 246 est particulièrement précise quant au cas de Frodon : Il est à mon avis clair, lorsqu'un lecteur attentif y réfléchit, que lorsqu'il entra dans une période difficile et qu'il eut conscience d'avoir été « blessé par poignard, piqûre et dent, et par un long fardeau » (III 268 [p. 1054]), ce n'étaient pas seulement des souvenirs cauchemardesques des horreurs passées qui l'affectaient, mais également des reproches irraisonnés qu'il s'adressait : il se voyait, lui et tout ce qu'il avait fait, comme un échec et un ratage. « Même si j'arrive [en] Comté, elle ne paraîtra plus la même ; car je ne serai pas le même. » C'était en fait une tentation venue des Ténèbres, un dernier éclat d'orgueil : le désir qu'il avait de rentrer en « héros », ne se satisfaisant pas d'être un simple instrument du Bien. Et mêlé avec une autre tentation, plus sombre et toutefois (en un sens) davantage méritée, car quelle que soit la manière dont on peut l'expliquer, il n'avait en fait pas rejeté l'Anneau dans un acte volontaire : il était susceptible de regretter sa destruction, et de toujours le désirer. […] Lettres, p. 460 Pour reprendre une dialectique chrétienne, ce mal n’est réellement vaincu que lorsqu’on s’abandonne à la Miséricorde de Dieu, rejetant notre orgueil qui refuse nos limites, qui refuse le pardon. Pour rester dans une dialectique ardaenne (mais les deux sont superposables) cet abandon c’est désirer et attendre la Guérison d’Arda, dont des aperçus peuvent être donnés ici-bas (par exemple le Voyage plus tard de Frodon vers l’Ouest) Frodon à Orodruin - Yyr - 18/05/2009 « Il a élevé les humbles » (Luc 1, 52) Enfin, il importe de considérer ce qui compte réellement pour nous, le témoignage laissé par Frodon : en affrontant ces tentations, en faisant l'expérience de sa propre faiblesse, tant physique que spirituelle, et de sa chute finale, terriblement limité par sa condition humaine et ayant dû défendre sa liberté coûte que coûte contre l'esclavage du Mal et de l'Anneau, Frodon s'est fait encore plus petit et humble. Et il a été relevé. Et il lui a été donné de comprendre les limites et les chutes des autres, et donc de pardonner (à Gollum, à Saruman). S'il s'est fait plus petit encore, après le Mont Destin, il a grandi, par l'expérience de la souffrance et de la compassion, en charité. Le Bien Véritable n'appelle pas de reconnaissance (terrestre), et c'est à ce signe qu'on reconnaît le Bien de Frodon après sa Quête : nous devons justement nous réjouir que son histoire ne fasse pas plus de cas des mérites qui lui reviennent, à la fin [puisque plusieurs s’en plaignaient dans ce fuseau :)]. Car cela montre que ses mérites ne sont pas de ce monde. Frodon à Orodruin - sosryko - 18/05/2009 Ainsi, l'ennoblissement de l'homme cher à Tolkien fait corps avec l'humilité qui refuse toute humiliation de quelque personne que ce soit. Merci Yyr pour ce partage... à l'écriture toujours élégante et au propos nourrissant : on trouve de belles fleurs odoriférantes et des truffes savoureuses entre les racines des Ents ;-) -- Au lit Yyr ! Frodon à Orodruin - Elendil - 18/05/2009 Yyr a dit : L'Ósanwe-kenta, l'essai par le Sage Pengolodh de Gondolin sur l'échange de pensée (télépathique) m'apparaît révélateur à bien des égards quant au Mal en Arda, et, s'il ne traite pas exactement de notre sujet, il s'applique néanmoins il me semble, puisqu'il aborde le cas où l'on cherche à forcer l'esprit d'une personne. En Arda, nous est-il dit, rien ne peut forcer l'esprit d'un Incarné Je ne suis pas entièrement d'accord avec cette analyse : Pengolodh rapporte que rien ne peut forcer l'esprit d'un Incarné à s'ouvrir en pensée à un autre : dans Ósanwe-kenta, c'est de télépathie dont il est question. De fait, c'est une situation qui survient à plusieurs reprises dans le SdA, lorsque Frodo sent une impulsion extérieure l'inciter à mettre l'Anneau (et ce dès I:3). Mais dans ces cas-là, il est toujours librement capable de repousser la contrainte extérieure, même lorsque celle-ci vient manifestement directement de Sauron (sur l'Amon Hen). L'Anneau lui-même agit-il de la sorte ? Plutôt qu'une pure contrainte extérieure (qui pourrait provenir de la part de l'esprit de Sauron enfermée dans l'Anneau), j'aurais tendance à croire que l'Anneau agit à la manière de Saruman : pervertissant les capacités réflexives et cognitive de son porteur (au sujet de Saruman, je renvois à la Lettre nº210, entrée 34). J'en veux pour preuve les rêves de puissance qui se mettent à assaillir Sam dès lors qu'il porte l'Anneau : J.R.R. Tolkien a écrit : (VI:1, emphasis mine)Already the Ring tempted him, gnawing at his will and reason. Ainsi, plutôt que d'une simple torture, il s'agit bien là d'une tentation, c'est à dire quelque chose qui est déjà intérieur à la personne tentée, et presque indépendant de son objet en tant que tel (les tentations étant manifestement adaptées à la personne tentée, comme en témoigne la vision de jardins gigantesques dans la tentation de Sam). Et j'aurais pour ma part tendance à rapprocher ce phénomène de tentation d'un autre texte de Tolkien, les « Notes sur Óre » (VT 42), óre étant un terme qu'il conviendrait sans doute de traduire par « conscience, entendement intime ». On y trouve notamment : J.R.R. Tolkien a écrit : (personal translation, emphasis mine)Ce qu’était óre pour la pensée et le langage elfiques, et la nature de ses conseils – il parle, et ainsi conseille, mais n’est jamais représenté comme donnant des ordres [...] Les Hommes, disaient-ils [les Eldar], possédaient certainement (ou avaient possédé) óre, mais du fait de la « hâte » mentionnée plus haut, ils y prêtaient peu d’attention. Et il existait une raison plus sombre (liée à la « mort » humaine, pensaient les Elfes) : l’óre des Hommes était ouvert aux conseils maléfiques, et s’y fier n’était pas sûr. [...] D’où l’expression courante órenya quete nin = « mon cœur me dit » [? appliqué] à certains sentiments profonds (auxquels on devait se fier) disant qu’une certaine [? suite d’actions etc.] devra être [? approuvée] ou [?] adviendra [? ?]. [...] . Le « désastre » soupçonnaient ainsi les Elfes était une rébellion contre Eru qui prit [la] forme d’une acceptation de Melkor en tant que Dieu . Une des conséquences de ceci fut que la fea était [? emprisonnée] et Melkor avait [entre crochets mais pas supprimé : une revendication sur ceux qui s’étaient rebellés contre lui et avaient cherché la protection d’Eru >] accès à [? ?] óre, qui [? ? ?] mais étaient [? inutiles] et seuls les plus sages des Hommes pouvaient distinguer entre [? ses] encouragements maléfiques et le vrai óre . Du fait de la première Chute, la nature humaine semble ainsi irrémédiablement altérée, et la faculté de jugement humaine sujette à des « encouragements maléfiques » : on n'est pas très loin d'une définition de la tentation, celle-ci ayant pour caractéristique d'exacerber les penchants de l'individu jusqu'à lui faire perdre conscience des notions de bien et de mal. Frodon à Orodruin - Yyr - 11/07/2009 Elendil Voronda a dit :
L'Anneau lui-même agit-il de la sorte ? Plutôt qu'une pure contrainte extérieure (qui pourrait provenir de la part de l'esprit de Sauron enfermée dans l'Anneau), j'aurais tendance à croire que l'Anneau agit à la manière de Saruman [...] Attention, mon but n'était pas de dire que l'Anneau agit par ósanwë, au moyen d'un esprit, etc... mais de proposer une analogie (qui ne contredit pas au demeurant des "tentations adaptées" à chacun :)). Ce que j'ai fait ici parce que dans la discussion de ce fuseau depuis son commencement l'on peinait me semble-t-il à mettre tous les mêmes mots sur ce qui se passait chez Frodon ou/et sur ce qui constituait un échec ou/et une faute. Mon analogie a plus cette fonction-là que de chercher à systématiser l'Anneau, ce serait gravement réducteur, l'Anneau étant bien plus que ce que j'en ai dit ici ... Sinon, je vois bien ce que tu veux dire pour la manière de Saruman, mais cela ne m'apparaît pas coller parfaitement. La nature de l'Anneau et son pouvoir ont toujours été associés dans les textes à ceux de Sauron et même de Melkor (lorsque dans Home X, p.400, le pouvoir de Melkor passé dans toute la Terre du Milieu est précisément appelé l'Anneau de Melkor), et renvoient précisément à cette altération dont tu parles et à la tentation et à la corruption faisant tomber dans le mal. C'est exactement ce que tu écris (excellement) ici, j'y souscris entièrement, et je ne crois pas l'avoir contredit : Elendil Voronda a dit :
Du fait de la première Chute, la nature humaine semble ainsi irrémédiablement altérée, et la faculté de jugement humaine sujette à des « encouragements maléfiques » : on n'est pas très loin d'une définition de la tentation, celle-ci ayant pour caractéristique d'exacerber les penchants de l'individu jusqu'à lui faire perdre conscience des notions de bien et de mal. Mais ça c'est exactement la définition du pouvoir de Melkor, pas exactement celui de Saruman ;). Merci pour les précisions et critiques utiles et pour les références aux Notes sur Órë particulièrement intéressantes. Une seule critique de forme :) Notre ouebmaistre dévoué et tout et tout a mis à notre disposition deux commandes différentes : l'une pour citer les intervenants du forum, l'autre pour donner des extraits des livres. La première est la commande 'Citer', la seconde la commande 'Réf.', et cette dernière est à employer sans modération :). Frodon à Orodruin - Yyr - 28/08/2019 Je remonte ce fuseau, en lien avec la discussion sur la question du libre arbitre :). |