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Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 26/09/2022 Un truc amusant, c'est quand UmbarParrot écrit : "cela fait réagir et pérorer les perroquets" Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 26/09/2022 "Semprini" a écrit :
Je dirais que cela ne pose pas problème s'il s'agit d'une question d'acteur et d'actrice. Au théâtre, on peut facilement considérer que n'importe quel acteur peut jouer le rôle d'Hamlet, sans que l'acteur ressemble le moins du monde à un rejeton de la lignée royale du Danemark et sans qu'on considère que cela change la donne à l'intérieur de la diégèse et dans la nature du personnage. C'est une convention. C'est aussi possible au cinéma. Au niveau des acteurs, la recherche d'une plus grande diversité est une problématique qui s'entend tout à fait : cela permet de rendre les rôles du répertoire accessibles à un grand nombre. Ce qui est gênant, c'est que cette question est souvent envisagée sous un angle unilatéral : des personnes peuvent protester si un personnage censé être noir est incarné par un acteur blanc, tandis que l'inverse est considéré comme un rééquilibrage des possibilités d'accéder à tel rôle (grand ou petit). Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 26/09/2022 Silmo a écrit :
^^ "la main en sifflet et vers l'extérieur..." haha
M'en fiche j'verrai pas cette série ! Tout les commentaires que je lis ici confirme qu'une fois de plus, ils nous saoulent avec leur épisodes produits à coups de millions de $$ !! Lisez le hors-série n°54 de "philosophie magazine" plutôt ;-) Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - vivien - 27/09/2022 Bravo Mairon, Je suis entièrement d'accord avec toi, Merci pour ton argumentation extrêmement limpide. J'ajouterai, que pour avoir tant et tant d'avis racistes sur le sujet, que je soutiens amazon dans sa volonté de diversifier la distribution d'acteurs.... La piètre qualité de la série est bien ailleurs... Et après avoir vu le dernier épisode, on frôle la catastrophe industrielle.. J'ai décidé d'en rester là.
Les choix scénaristiques, sont désormais catastrophiques, outre leur infidélité à l’œuvre ou la chronologie, ils inventent carrément des choses absolument incohérente avec "l'esprit" de l’œuvre de la terre du milieu ou même des films de Jackson. Je ne vois vraiment pas comment les héritiers de Tolkien ont pu valider cette histoire absolument invraisemblable! Enfin même si nous enlevions les références à l'univers de la terre du milieu, nous nous retrouverions face à une série d'une lenteur absolue ou l'intrigue avance peu ou de manière téléphonée. Toute l'action va se précipiter dans les deux derniers épisodes à bientôt, Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 27/09/2022 Vivien a écrit :
C'est hélas le calibre de toutes les mini-séries en 8 épisodes tels que produites par Amazon, Netflix, Disney et Cie. Toujours le même schéma : Deux premiers épisodes à gros budget pour attirer le chaland suivis de quatre plus médiocres afin d'étirer la sauce en finissant par deux épisodes plus léchés destinés à donner envie de voir la saison suivante avec un cliffhanger. S. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 27/09/2022 @Vivien : concernant la validation des choix scénaristiques par les ayants droits qui semble te questionner... les royalties peut-être ^^
@ Silmo : toi et d'autres donnez tous les arguments (s'il était besoin d'en fournir) pour ne pas regarder cette série... je crois donc que tu peux simplement rayer de ta liste "à voir le temps venu" ;-) Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 28/09/2022 Silmo a écrit :
Tiens, qu'est-ce qui explique le nombre d'épisodes (8)? J'allais dire que Foundation d'Apple suivait fort bien ces règles, mais la saison a tout de même 10 épisodes et surtout Lee Pace. Mention spéciale au showrunner qui se réclame de Carl Sagan; ce monde est tragique. Je pense aussi à Kenobi, spécialement sur le côté étalage de confiture. Heureusement, il reste des bonnes surprises, comme Clark (Netflix), Tokyo Vice ou Watchmen (bon, c'est chez HBO). Aucune idée du pourquoi dans la réduction du nombre d'épisodes, y compris pour Rings of Power - z'auraient pas pu réduire le temps imparti à chaque épisode ? Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 02/10/2022 Semprini a écrit :
Bonjour Semprini, et merci pour ta réponse. Je te réponds brièvement à mon tour concernant ton dernier point en particulier. Mairon a écrit :
Je suis bien d'accord : le caractère inclusif d'un casting de film de cinéma ou de série télévisée n'a jamais été un problème en soi, me concernant. Tout dépend de l'esprit dans lequel les choses sont faites, et la matière à partir de laquelle on travaille, en particulier s'agissant d'adaptations d'œuvres littéraires. Depuis le début de toutes ces polémiques autour de la série Amazon, je repense personnellement à une adaptation cinématographique de la pièce de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing) par Kenneth Branagh, sortie en salles en 1993. L'action de la pièce (publiée en 1600) est censée se passer à Messine, au temps des Vêpres Siciliennes, mais c'est de l'Angleterre élisabéthaine de Shakespeare dont il est question quant au ton et à l'esprit. Dans le film britannico-américain de Branagh, tourné en Toscane avec notamment des costumes plus ou moins fantaisistes rappelant surtout les XVIIIe et XIXe siècles, le ton et l'esprit sont naturellement le reflet de la culture anglo-américaine des années 1990, à l'image de bien d'autres films hollywoodiens de l'époque. Branagh est à la fois réalisateur du film, scénariste et membre du casting – il joue Benedict, en partenariat avec sa compagne de l'époque, Emma Thompson qui interprète Béatrice –, et ledit casting comprend aussi notamment Denzel Washington dans le rôle de Don Pedro d'Aragon, ainsi que Keanu Reeves dans le rôle du frère de Don Pedro.
Denzel Washington n'était peut-être pas l'acteur auquel on pouvait spontanément s'attendre pour jouer un rôle shakespearien qui ne soit pas celui du personnage principal d'Othello, mais j'ai toujours trouvé juste son interprétation de Don Pedro dans le film de Branagh, car c'est tout simplement un bon acteur, quelle que soit la couleur de sa peau. Or, au moins sur la forme, n'est-ce pas cela qui compte, avant tout ? Sur le fond, ne reste que l'éventuel problème de l'univers fictif que l'on met en scène, en fonction du lien qu'il entretient ou non avec le réel et surtout en fonction de sa densité en matière d'arrière-plan. Là où une pièce de théâtre de Shakespeare comme Beaucoup de bruit pour rien laisse une large marge de manœuvre pour être adaptée sans être forcément pour autant foncièrement dénaturée, une adaptation de tout un univers de fiction littéraire comme celui de Tolkien ne relève évidemment pas du même registre, sachant que dans le cas de la série Amazon, on ne peut même pas vraiment parler d'adaptation, comme cela pouvait encore être le cas (quoique de façon de plus en plus théorique, au fil des films) avec les trilogies de Peter Jackson. Faute de matière littéraire à adapter au-delà des narrations du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, il ne restait plus aux showrunners de la série qu'à broder sur de la matière très dense mais pour eux d'une disponibilité plus ou moins "émiettée" pour des raisons de droits. Le résultat, d'après les divers commentaires de téléspectateurs que j'ai lu jusqu'ici, ne semble pas, à cette aune, et sans grande surprise, être concluant, que ce soit vis-à-vis de l'"inspiration" tolkienienne ou que ce soit vis-à-vis de la série en elle-même comme production audiovisuelle. Peace and love, B. [EDIT: correction de fautes] Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Gawain - 03/10/2022 Bien vu le lien avec Denzel Washington ! Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 03/10/2022 Pas de polémique connue, dans mon propre souvenir, pas plus que pour le rôle de Mercutio, l'ami de Romeo dans l'adaptation William Shakespeare's Romeo + Juliet, le film de Baz Luhrmann (1996). Un rôle qui avait été assuré avec brio par Harold Perrineau, qu'on a vu par la suite dans Lost et dans Matrix.
I. PS : mais dans les années 90, les rézossocios et leurs cortèges de crétins numériques n'existaient pas. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 03/10/2022 Hyarion a écrit :
Merci Hyarion. En effet, ce n'est nullement un problème en soi. Et l'on peut citer plusieurs exemples se rapportant à d'autres adaptations, comme tu l'as fait. Le problème vient précisément de ce que tu dis ensuite : "l'esprit dans lequel c'est fait et la matière à partir de laquelle on travaille". Or, pour qui a vu les épisodes de la série (ce qui est mon cas, et cela joue pour beaucoup dans ma réaction), il est manifeste que ce choix est justement symptomatique de l'absence d'attention à l'illusion d'historicité pourtant si chère à Tolkien. Il n'y a aucune attention portée à l'Histoire, aux généalogies, à la géographie, à la sociologie, aux différentes ethnies, dans cette série où les couleurs se mélangent non pas selon un rapport de plausibilité et d'histoire mais uniquement de visibilité multiculturelle (chaque récit doit avoir son quota de couleurs y compris au sein de la même famille). Ce n'est pas très sérieux si l'on se place dans le contexte de la Terre du Milieu et même du point de vue de la génétique la plus élémentaire. Mais c'est juste un symptome parmi d'autres de la piètre qualité des scénaristes. Bref, j'en ai assez dit sur cette série, qui n'en mérite pas plus. :) Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 09/10/2022 Cher Semprini, comme on dit dans ma région, je me suis "pris à ma force" (j'ai fait l'effort), et j'ai regardé les premiers épisodes des Anneaux de Pouvoir, puisque tu me le suggérais : belles images, beaux paysages; aux deux premiers épisodes, des références intéressantes, hélas des trucs too mutch,
PS: à propos de ciné culinaire, oh, tout n'est pas que comédie car ce que je collectionne, ce sont les scènes, pas les films entiers quoique, la gourmandise, la privation, le bien manger, le service, les histoires de restaurants, etc...Je ne citerai pas toute la collection, ce serait trop long mais quelques exemples : le Festin de Babette, une tragi-comédie, Fanny et Alexandre (entre repas au début et restriction en deuxième partie, une tragédie), ma scène culinaire préférée, la première du film "Le Cirque" de Chaplin qui attrape une poule, lui pique son oeuf, le met dans une boite de conserve pour le cuire, le sale avec le peu qu'il a dans son gilet, renonce à le manger pour l'offrir à la fille du directeur du cirque, etc. Ce n'est pas de la comédie, éventuellement de la tragi-comédie et Chaplin en a fait d'autres, Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 09/10/2022 Gawain a écrit :
Comme l'a écrit notre ami JR, "dans les années 90, les rézossocios et leurs cortèges de crétins numériques n'existaient pas", même si, par ailleurs, il pouvait parfois se produire certaines polémiques concernant certains films à cette époque – je pense notamment à Basic Instinct de Paul Verhoeven, tourné à San Francisco et sorti en salles en 1992 : certaines associations communautaires avaient protesté contre le film en sous-entendant plus ou moins que certains aspects de l'histoire (notamment le fait que le personnage féminin principal, interprété par Sharon Stone, soit fortement soupçonné d'assassiner exclusivement des hommes à coup de pic à glace) pouvait donner in fine une mauvaise image des femmes bisexuelles ou lesbiennes (alors que ce n'était pourtant pas du tout le propos de Verhoeven, malgré son goût bien connu pour une certaine provocation). Mr. Washington is amazingly good as an idealized Shakespearean monarch, the sort of character that sleeps on a page but comes to life when played by a charismatic actor. M. Washington est incroyablement bon en monarque shakespearien idéalisé, le genre de personnage qui dort sur une page mais qui prend vie lorsqu'il est joué par un acteur charismatique. Vincent Canby, “A House Party of Beatrice, Benedick and Friends”, The New York Times (May 7, 1993) Vincent Canby, “A House Party of Beatrice, Benedick and Friends”, The New York Times (7 mai 1993) Semprini a écrit :
Merci pour ta réponse, Semprini. Hier soir, je suis allé au concert, pour écouter l'Orchestre national du Capitole de Toulouse interpréter, sous la direction d'une jeune cheffe norvégienne – Tabita Berglund –, des pages symphoniques de l'opéra Tristan et Isolde (« Prélude et mort d'Isolde [Prélude und Liebestod] ») de Richard Wagner et la Symphonie N°1 en mi mineur (op. 39) de Jean Sibelius. Entendre l'orchestre jouer le Prélude de Tristan und Isolde, tout en crescendo, vous fait plonger, de mon point de vue (et parallèlement au fait que la musique vaut évidemment pour elle-même), aussi bien dans le mythe littéraire de Tristan et Yseult (source de l'opéra de Wagner) que dans le mythe de Lancelot et Guenièvre transposé au cinéma par John Boorman dans son chef d'œuvre Excalibur (long métrage où le mythe se rajoute ainsi au mythe, par l'usage ô combien bienvenu, entre autres, de la musique de Wagner dans ce merveilleux film).
Comme il me semble que nous sommes loin de tout cela avec tant de productions audiovisuelles aujourd'hui... Je n'arrive même plus à avoir envie d'aller au cinéma en ce moment, alors même que je reste, s'agissant de découvrir des nouveautés, bien plus enclin à aller dans des salles obscures "à l'ancienne" qu'à passer des heures à regarder des séries en boucle sur Prime Video ou Netflix (contrairement à d'autres, je ne suis pas anti-télé, mais consommer des séries par le biais de ce genre de plateformes de VOD privées n'est pas la même chose que regarder la télévision "à l'ancienne", comme c'est encore mon cas, même si j'apprécie évidemment la possibilité du replay lorsque l'horaire initial d'un programme ne m'arrange pas). Peace and Love, Amicalement à tous, B. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 09/10/2022 voici une contribution qui aurait plus sa place dans l'espace libre que dans le fuseau consacré aux adaptations Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 10/10/2022 Silmo a écrit :
... Tout comme, par exemple, les deux PS cinéphilo-culinaires de ton précédent message, semble-t-il... ;-) Mais je vois que les échanges concernant une certaine fan-fiction géante autorisée débordent à présent dans le fuseau "Revue de presse V", alors pour le coup, j'apporte ma pierre au recentrage desdits échanges dans le présent fuseau dédié à ladite fan-fiction, en recopiant donc ici le dernier message en date de notre ami JR : Dans un autre fuseau, ce jour, ISENGAR a écrit :
Merci beaucoup, mon cher JR, pour cet exercice très frais, fort riche en spontanéité dans l'expression : en lisant la transcription, c'est bien simple, j'ai eu l'impression de t'entendre parler en face de moi. ;-) Amicalement, B. P.S. : il semble, dans le sillage des propos de JR dans l'entretien en question, que l'expression "fan-fiction" appliquée à la série Amazon puisse être mal perçue par certains... Je continue pour ma part d'assumer l'expression, car elle n'est évidemment pas à prendre au premier degré : les fans font des fan-fictions, et c'est bien leur droit, les concepteurs de productions audiovisuelles basées sur des univers littéraires devraient avoir une autre ambition, car c'est à ces derniers que l'on donne des moyens conséquents pour faire un travail d'adaptation destiné à une large audience ; à cette aune, le niveau d'exigence ne saurait être le même, d'où une expression mettant en fait l'accent sur le décalage entre les moyens à disposition sur la forme et le résultat sur le fond (résultat par ailleurs possiblement tout-à-fait honorable à l'échelle d'une authentique fan-fiction). Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 10/10/2022 Silmo a écrit :
Pas tant que ça. Je dirai même que ces remarques ont leur place dans ce fuseau et contribuent à l'argumentaire dans l'ensemble. Mais je vois qu'entre temps Hyarion a répondu ^^ Je vous prie d'excuser mes propos s'ils semblent amers, mais ces fan-fiction, pseudo-adaptation ou ce que vous voudrez me déçoivent tellement ou me fatiguent peut-être que je n'ai même plus l'énergie ni l'envie de jeter ne serait-ce qu'un oeil à ce genre de production (puisqu'il ne s'agit en faite que de ça, produire un objet commercial).
Contrairement à beaucoup d'entre vous ici, je ne suis qu'un modeste lecteur de Tolkien (entendez par là que je ne sais probablement par le lire à moitié aussi bien qu'au moins la moitié d'entre vous devez être capables) cependant touché par la magie de ses mots il y a de nombreuses années et qui ne se sent pas du tout en phase avec tout ce bruit autour de son oeuvre, sur la scène médiatique et audiovisuelle surtout.
Remarque triviale peut-être, mais j'appréhende que toutes ces images sans parler de ce qu'elles génèrent dans leur sillage (déformé par des polémiques confuses voire des tentatives de récupération plus que douteuses) ne m'enlèvent la fraicheur, sinon la saveur des ces pages pourtant combien délicieuses.
Et de se demander si l'on ne devrait pas regretter cette époque pas si lointaine où le nom de Tolkien ne semblait encore pas si connu ni revendiqué ? Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 11/10/2022 Hyarion a écrit :
:lol: :lol: :lol: paul a écrit :
Nous sommes nombreux à s'être posé la question et à conserver une nostalgie d'une lointaine époque où le Seigneur des Anneaux était une porte extraordinaire connue de quelques initiés, parfois amateurs de jeux de rôles, et parfois abonnés au bulletin de la Fée Mais il ne faut pas être trop nostalgique. On ne peut jamais revenir en arrière. Alors, avançons, camarade !
I. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 11/10/2022 Les showrunners de la série, manifestement aussi courageux que talentueux, ont décidé de répondre à certaines critiques choisies pour leur pertinence, à la limite elles aussi du génie. Je retranscris grosso modo les réponses du duo, avec un peu de fourberie quand même: 1. Les femmes naines à barbe "On a mis quelques poils, et puis il y a des favoris. Tolkien lui-même s'est un peu contredit par moments."
"Si Tolkien avait écrit un guide exhaustif des styles capillaires de la Terre du Milieu, on le saurait"
"Nous ne sommes pas d'accord avec vous. Au fait, votre chemise est neuve ? Oui ? Parfois, les vêtements sont neufs."
"Certains blockbusters vont trop vite au début et puis s'écroulent sous leur propre poids. Nous n'allons pas trop vite."
"Montrez-moi où Tolkien a écrit que Galadriel n'y est jamais allée. Sinon, Galadriel est surnomée Nerwen, ce qui veut dire damoiselle masculine. Enfin, elle n'est pas masculine."
Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 11/10/2022 Merci pour ce partage. UmbarParrot, citant les deux coureurs de spectacle a écrit :
La remarque vaut aussi pour Tar-Miriel en terre du Milieu.
Ça me rappelle le duo Peter Jackson et Mark Ordesky en 2001, tout ça. I. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 11/10/2022
C'est un article (ou plutôt une tribune) du Hollywood Reporter. Avec mes sincères félicitations pour l'article sur 20minutes, que j'étends au journaliste aussi. C'est de loin le plus critique, alors qu'ailleurs on n'entend qu'à demi-mots "Bon, le rythme c'est un peu compliqué, il y a peut-être quelques niaiseries, l'inspiration est parfois un peu libre"...
Peut-être pas, mais la trilogie de Jackson se positionne quand même tout près du top du domaine des adaptations, domaine certes pas très reluisant. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 11/10/2022 ISENGAR a écrit :
La nostalgie cependant n'est-elle pas au coeur de l'oeuvre de Tolkien ? ;-) Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 11/10/2022 Un peu plus haut, j'avais cru bon d'inviter les participants de ce fuseau à lire le hors série de philosophie magazine (trouvé par hasard dans mon cas au début du mois dans une maison de presse) consacré à Tolkien et son mythe mais je m'aperçois que le sujet à déjà été traité ici même ainsi que sur le forum voisin... j'aurais effectivement pu m'en douter ^^' Je suis bien coufu. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 12/10/2022 ISENGAR a écrit :
Mais oui, parfaitement, allons-y ! Pour trouver l'inspiration, les sources, d'hier et d'aujourd'hui, ne manquent pas...
Après... tout dépend de ce que l'on veut vraiment faire, notamment en matière de "remplissage de trous" en Terre du Milieu... ^^' Plus sérieusement, merci à UmbarParrot pour le partage de cet article/tribune du Hollywood Reporter : son contenu tend à confirmer la large part d'enfumage qui semble caractériser toute cette histoire depuis le début... Ceci dit, je n'aimerai pas être à la place de ces "coureurs de spectacle", comme dit JR : par l'impératif d'attirer l'attention du public et de la garder sur une durée potentiellement très longue, il y a un côté "dealer", dans ce métier, qui le rend différent, me semble-t-il, du travail traditionnel d'un scénariste de film de cinéma, même quand le scénariste est aussi réalisateur. La pression doit être énorme, de même que le besoin de s'arranger en permanence avec la vérité par rapport à ce que l'on fait... Je repense à ces phrases prononcées par Orson Welles à la fin de son film F For Fake (Vérités et Mensonges, 1973) : “What we professional liars hope to serve is truth. I'm afraid the pompous word for that is "art". Picasso himself said it. Art (he said) is a lie. A lie that makes us realize the truth.” Dans le cas de showrunners comme ceux de la série Amazon dont il est question ici, je me demande où ils peuvent bien se situer, en matière de vérité et en matière d'art... En fait, la seule vérité qu'ils me paraissent révéler, en l'état, renvoie à la « loi du marché »... Peace and Love, B. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 13/10/2022 excellente citation à rappeler et malvenue d'Orson Welles. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 14/10/2022 Mieux vaut en rire qu'en pleurer... Source La version complète en VO suit les morceaux les plus juteux à la traduction approximative.
Les Showrunners indiquent que Sauron jouera un rôle majeur dans la saison 2, son parcours d'anti-héro offrant des similitudes avec certains personnages iconiques de télévision
The Rings of Power’s biggest season one secret is out: Sauron has been hiding in plain sight as Halbrand, the Aragorn-like drifter who pretended — or, at least, allowed Galadriel to believe — that he was a long-lost king of the Southlands. Showrunners J.D. Payne and Patrick McKay gave The Hollywood Reporter some insight into the thought process of introducing the Dark Lord as a charming “low man,” and also teased what comes next for the character in season two. “What’s in the [The Lord of the Rings books] is an all encompassing evil that everyone is afraid of, and is so powerful, it doesn’t even have to be manifested physically,” McKay says. “He’s an image of an eye in [Peter Jackson’s The Lord of the Rings] films, he’s the eye on the tower. We felt Sauron should be a character in his own right. We wanted to study the currents running within him in a way that hopefully would reward audiences as they follow him moving forward as he becomes the Dark Lord. You now know him as a person outside the name ‘Sauron.’ In some ways, we wanted to do an origin story for Sauron. We didn’t want to make a show that was about the hunt for Sauron, but we love the idea of Sauron as a deceiver who could, hopefully, deceive some of the audience.” Adds Payne: “There’s something that Milton does in Paradise Lost that we talked about a lot. Where he makes Satan a really compelling character. In some ways, he’s the first antihero where he’s compelling and you can’t take your eyes off of him. Milton did that on purpose because he wants you to fall along with Adam and Eve. He wants Satan to be so persuasive that he also seduces [the reader] and you’re unconsciously won over, so that you perceive your own fallenness and your need for redemption.” Continues Payne: “In Tolkien, Sauron is a deceiver and we know that in Second Age he appears in ‘fair form.’ So what if he sneaks up on you and is able to get you to sympathize with him and get you to be on board with him so that once you actually realize who he is, that he’s already got his hooks in you? So it’s not just as easy as, ‘This person is evil, I’m going to back away,’ because you’ve already formed some level of attachment to him. What if we could get the audience to go through a similar journey?” Many online had guessed Halbrand was Sauron along the way, which showrunners note is just fine with them — the goal wasn’t to fool everybody with a twist that feels totally out of the blue. “If you had a sneaking suspicion over the course of an entire season, and then that suspicion is ultimately confirmed, that’s an emotional engagement,” Payne says. “Tragedy is one of the highest art forms. There’s a reason people are still putting on Romeo and Juliet hundreds of years after it was written even though you know what happens at the end. A surprise only rewards you on one viewing.” “I hope after the last episode airs, viewers watch the whole season again, which is now a different experience,” McKay says. “We hope that, as we get into season two, it makes people like season one even better because you’re seeing it through a new prism.” Speaking of the next season of the Prime Video series — which has begun filming, yet isn’t expected until sometime in 2024 — the producers hint Sauron will play a major role as he moves forward as an antihero in the model of some iconic TV characters. “Season one opens with: Who is Galadriel? Where did she come from? What did she suffer? Why is she driven?” says Payne. “We’re doing the same thing with Sauron in season two. We’ll fill in all the missing pieces.” “Sauron can now just be Sauron,” McKay adds. “Like Tony Soprano or Walter White. He’s evil, but complexly evil. We felt like if we did that in season one, he’d overshadow everything else. So the first season is like Batman Begins, and the The Dark Knight is the next movie, with Sauron maneuvering out in the open. We’re really excited. Season two has a canonical story. There may well be viewers who are like, ‘This is the story we were hoping to get in season one!’ In season two, we’re giving it to them.” Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 15/10/2022 Cet entretien est particulièrement savoureux, notamment par le manque de modestie des showrunners. On a le droit de se référer aux classiques, aux films et aux séries les mieux accueillies (ce qui n'est guère le cas de TROP à la réception tout de même contrastée), mais le faire dans une visée apologétique de la sorte... Le point le mieux réussi dans la série, c'est les Harfoots, parce qu'au moins leur histoire est relativement indépendante du reste. Mais leur inclusion a été motivée par la complaisance et ils sont liés à un autre point de scénario qui est encore plus complaisant : nous avons donc affaire à l'origin story de... Gandalf, évidemment. Et comment est-elle signifiée ? C'est ce que je trouve rigolo dans la fabrique de cette série : l'Étranger est désigné comme Istar, donc par une réplique easter egg destiné au public de lecteurs pro-adaptations (parce que je ne sais pas pour vous, mais moi, je me moque absolument de la présence d'easter eggs détail utilisés comme leurres lorsque l'esprit de l'œuvre n'est pas respectée et que l'essentiel est chamboulé voire nié), un easter egg complètement extrait de son contexte dans l'œuvre originelle. Mais qu'est-ce qui va désigner définitivement Gandalf pour les amateurs des films, en réalité ceux qui sont cajolés prioritairement par l'équipe ? Eh bien, la reprise d'une citation présente seulement dans le premier film de Jackson, avec juste un changement de prénom. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 15/10/2022 Je m'étonne que personne ne donne la véritable raison du scénario de cette série : la découverte par les scénaristes d'un texte posthume de Tolkien retrouvé dans une valise oubliée et qui sera sans nulle doute rendu public d'ici peu. Selon les meilleures sources, son titre serait : "Galadriel & Sauron: A love story". Car le stade de la fan-fiction ou du jeu de rôle en Terres du Milieu a désormais été dépassé. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 16/10/2022 Excellent :lol: Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Yyr - 16/10/2022 Hi ! Hi ! :) Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hisweloke - 17/10/2022 N'ayant pas vu la série - encore faut-il se prendre l'abonnement adéquat - il y a quand même quelque chose que je ne suis pas bien dans les critiques sur Halbrand/Sauron...
L'idée même de vouloir montrer comment "un" Sauron devient "le" Sauron que nous avons au 3e âge - sans présumer, donc, de la réalisation effective dans ladite série, mais juste en lisant propos et spoilers - me parait, pour le moins, "couillue" - si vous me le permettez: tout au mieux, osée et bienvenue - quoique casse-gueule... Je m'explique un peu plus... Comment le "mal" apparaît et se développe, à l'absolu, est une question intéressante, non? Lucas s'y est frotté et s'y est (à mon sens) cassé les dents, assez pitoyablement. Le Darth Vader de sa "première" trilogie (au sens de la date de parution) est impressionnant, inquiétant, puissant, délétère... Et trouve son point d'achoppement juste dans le "Retour du Jedi", où l'Empereur est aussi bien campé, sombre et terrible à souhait - le Morgoth de Lucas en quelque sorte. Tout cela fonctionne "plutôt bien", efficacement... Mais je suis loin d'être satisfait de la seconde "trilogie", soit la "préquelle", où cet Anakin nouveau, un gentil gamin facétieux, doit devenir le Vader redouté et craint de tous... C'est laborieux, et pour le moins... Stupide. Ou: Raté, je trouve. Peu impressionnant, guère inquiétant sinon dans l'acceptation la plus faible du terme - oh, il tue des gamins sans vraie raison, le vilain colérique que voilà... - faible et... peureux, comme un adolescent asocial découvrant la dureté de la vie et n'y comprenant rien, ne cessant de s'y chercher, ne sachant rien gérer alors qu'il a tout à sa disposition... C'est raté, que je dis... amené de façon inintéressante et déplaisante. Insuffisant, pour le moins, à l'aune du mythe qu'était sensé incarner Vader... Mais plus largement, Morgoth même, chez Tolkien, peine à me convaincre... Le seul texte, que j'aime fondamentalement, où je le "sens" comme une présence implacable, une force de nuisance en mouvement, c'est les "Wanderings of Hurin". Ah, là, bigre... Chaque mot fait ou défait... Tout mot, tout acte, pèse son poids... Bref, l'idée de montrer un Sauron en devenir, quand bien même Tolkien ne l'aurait pas ou peu fait, m’interpelle à plus d'un titre ; ce que l'acteur lui-même donne à voir en interview de ses lectures et questions est intéressant... D. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 17/10/2022 Montrer Sauron en devenir, pourquoi pas (bien que le sujet ne m'intéresse pas), même si c'est faire preuve de peu d'imagination que de vouloir imiter Star Wars. Mais montrer une love story entre Sauron et Galadriel, avec Sauron en anti-héros auquel Galadriel redonne confiance, comme le fait la série, c'est une autre histoire. Encore une fois, on ne peut pas parler de cette série ridicule et à cent lieues de Tolkien sans l'avoir vue sinon on raisonne hors sol. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 17/10/2022 Cher Semprini, Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 17/10/2022 PS (faut toujours un ps) : j'aime bien la comparaison avec Star Wars Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 17/10/2022 Silmo a écrit :
Merci Silmo. Quatre épisodes c'est déjà bien ! :) Mais effectivement, tu as manqué les développements de la love story entre Galadriel et Sauron/Vador. Pour ma part, j'ai tout vu pour être en mesure d'avoir un avis. Je n'ai jamais vu Le Calice d'argent, qui n'a pas très bonne réputation mais a l'air rigolo à te lire. Un banquet qui vaut celui, prodigieux, du Satyricon de Fellini ? Et bien, cela doit être quelque chose ! Fellini, ça c'était un cinéaste. Dommage qu'il n'ai pas adapté Le Seigneur des Anneaux. Au moins, la mise en scène aurait été très belle. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 17/10/2022 Loin de Fellini, hélas et mal réputé pour son côté kitch mais bien inspiré d'un roman de Thomas Costain qui connaissait ses sources, y compris ce qui ridiculisait antisémitisme et ses clichés. Malgré ses moyens modestes côté décors, parfois surprenants, les auteurs s'efforcent de passer quelques messages bienvenus. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 17/10/2022 Il y a déjà quelques jours, UmbarParrot a écrit :
Merci à UmbarParrot pour ce nouveau partage. J'aurai pu y réagir le jour-même, mais c'est aussi bien que Mairon ait d'abord donné son avis le lendemain, a fortiori en ayant pris la peine d'avoir vu la série Amazon de bout en bout, ce que je n'aurai certainement pas la patience de faire pour ma part, du moins dans l'immédiat. Après tout, je pourrais dire que, pour l'heure et en la matière, j'ai assez donné, il y a presque dix ans, lorsque je suis allé voir en salles la deuxième trilogie de PJ, en 2012, puis en 2013, puis enfin en 2014, en faisant à chaque fois l'effort de formuler en ces lieux, comme il se doit, des critiques réfléchies et nuancées (à propos d'une deuxième trilogie qui me semble être, au final, un ratage à peu près complet... ce que n'est pas la première trilogie de PJ en comparaison, le premier film de 2001 restant pour moi celui qui a in fine le mieux vieilli) : à l'époque (de la deuxième trilogie), c'était JR qui passait son tour, alors tant mieux si les rôles se sont inversés cette fois-ci, car cela contribue, quelque-part, à la dimension communautaire des échanges sur ce forum vieux de bientôt un quart de siècle. Je suis globalement d'accord avec Mairon, pour tout ce dont je puis juger (n'en déplaise à Semprini, semble-t-il) sans avoir vu de la série autre chose que quelques extraits — dans des bandes-annonces, et aussi plus récemment dans une sélection de séquences dont un(e) fan de la série a fait une vidéo, autour de la thématique Sauron/Galadriel désormais fameuse...
Mairon a écrit :
C'est à mon avis le point le plus saillant de ce nouvel entretien, qui semble décidément confirmer un attitude des intéressés déjà présente dans l'autre entretien précédemment évoqué par UmbarParrot. Même sans avoir vu la série, même en souhaitant rester aussi mesuré que possible dans mon jugement, leur prétention saute aux yeux. Et ils osent, en particulier, se réclamer du Paradise Lost de Milton ? Après tous les discours lourdement promotionnels déjà précédemment entendus sur cette série, personnellement, je crois que l'on touche le fond. Hisweloke a écrit :
Certes, et d'ailleurs, pour mémoire, un fuseau en ces lieux est consacré au Paradise Lost de Milton : ce sujet
Ce que je trouve vraiment consternant, personnellement, c'est le fait que les deux "coureurs de spectacle" (©JR/Isengar) en question n'aient rien trouvé de mieux comme idée d'histoire qu'une énième variation sur le thème de l'origin story. Franchement, quel concept éculé... On ne compte plus les films et séries qui s'appuient là-dessus, alors même que c'est là loin d'être une idée neuve. En ce qui me concerne, c'est la dernière chose que j'ai envie de (re)voir (encore) appliqué dans une fiction audiovisuelle... non seulement parce que cela ne m'intéresse pas (ou ne m'intéresse plus : on en avait déjà assez vu avec ce que George Lucas a fait de Star Wars, par exemple), mais aussi et surtout parce que cela ne fait qu'acter une volonté de s'appuyer sur un univers littéraire célèbre, de façon utilitaire, pour raconter tout autre chose que ce que cet univers propose à l'origine. Tout cela pour dire que les origin stories relèvent non seulement d'un domaine narratif battu et rebattu, mais qu'elles n'ont pas vocation à s'imposer systématiquement quand on prétend vouloir intéresser un public, surtout si cela ne renvoie pas aux conceptions originelles des auteurs dont on est censé s'inspirer. J'ai parlé de Howard, mais c'est la même chose pour Tolkien. Celui-ci n'a pas, à ma connaissance, prévu des textes inédits détaillant la "jeunesse" de Galadriel ou de Sauron, de telle sorte que cela apparaitrait comme essentiel dans la fonction de ces personnages au sein de la fiction tolkienienne. Pourquoi ne pas simplement respecter cela, et ne pas dès lors même s'abstenir d'exploiter des noms de personnages célèbres, et le nom de leur créateur même, afin qu'ils servent de prétexte à des "coureurs de spectacle" pour "donner aux masses ce qu'elles demandent" ? Ce dont je suis profondément las, aujourd'hui, c'est de tout le mélange de paresse et de prétention qui se manifeste à l'occasion de la conception et de la diffusion d'une production audiovisuelle comme cette série Amazon censée s'inspirer de Tolkien. Ce n'est pourtant pas si compliqué : soit on s'inspire d'un auteur en s'en réclamant directement et on l'assume dès lors avec tout le degré d'humilité et d'originalité requis, soit on s'inspire éventuellement d'un auteur (ou de plusieurs auteurs) mais en assumant de raconter des histoires originales sans chercher à exploiter des noms (d'auteurs, de leurs univers, de leurs personnages) comme autant de marques commerciales. Mais non, visiblement, il est bien trop tentant, pour ces gens, de se réclamer de quelque-chose de connu pour vendre leur came, avec une belle étiquette valant label sur l'emballage : voila bien là quelque-chose typiquement à l'image de l'absence totale de prise de risques qui caractérise notre époque, en matière de productions audiovisuelles destinées à une large audience. À cette aune, la véritable audace, si elle devait (enfin) se manifester, ne résiderait plus, à mes yeux, dans le fait d'explorer sempiternellement la "face cachée" de personnages célèbres (combien de fois cela a-t-il déjà été fait ?), mais à créer de nouveaux personnages originaux, tout simplement, ce qui est toujours possible même en s'inspirant directement de sources anciennes, et même a fortiori en entendant ne pas être complètement soumis aux conformismes du moment. Comme nous en sommes loin aujourd'hui... du moins à ce qu'il me semble. Semprini a écrit :
Quand je pense au cinéaste qui a réalisé, entre autres, La strada, Les Nuits de Cabiria, La dolce vita, Huit et demi, Satyricon et Le Casanova de Fellini, au cinéaste qui a imaginé un projet de film comme celui de Voyage à Tulum — que Fellini a finalement adapté en bande dessinée avec Milo Manara —, je me demande ce qu'il aurait bien pu faire avec Le Seigneur des Anneaux, une oeuvre qui me semble ne pas être, disons, assez latine pour correspondre à l'imaginaire fellinien, et cela malgré la maîtrise qui était assurément celle de Fellini en matière de mise en scène... J'aurai, pour ma part, été curieux de voir ce que John Boorman (qui, par ailleurs, a connu Fellini) aurait fait en ayant la possibilité d'aller jusqu'au bout de son projet d'adaptation du roman de Tolkien... Le résultat n'aurait sans doute pas été forcément très orthodoxe d'un point de vue "strictement" tolkienien (ainsi que le laisse notamment deviner le scénario parvenu jusqu'à nous), mais Boorman aurait sûrement proposé une vraie vision d'auteur, en tout cas. Silmo a écrit :
Il ne faut pas oublier le ton et l'esprit avec lesquels Welles prononcent ces phrases, dans un film sur le vrai et le faux évoquant notamment la question de la valeur que l'on accorde aux notions d'auteur et d'art. Dans ces propos, qui se situent à la fin de son film, il y a de l'ironie, mais pas du tout de cynisme, a fortiori lorsque l'on n'oublie pas la méditation qu'Orson Welles partage précédemment dans ce même long métrage, dans une séquence où il se met en scène en train de contempler la cathédrale de Chartres, qu'il admirait beaucoup (également lecteur de Montaigne, le réalisateur de Citizen Kane était francophile) : https://www.youtube.com/watch?v=oB3tj1c1Itg J'accompagne cette belle citation, que je n'ose traduire, de deux tableaux auxquels elle m'aura fait penser.
And this has been standing here for centuries. The premier work of man perhaps in the whole Western world, and it's without a signature: Chartres. Orson Welles, F for Fake.
Peace and love, B. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 18/10/2022 We're going to die. “Be of good heart” selon Orson Welles Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 18/10/2022 Hisweloke, je dirais que l'acteur qui joue Halbrand/Sauron n'est pas mauvais, mais que le discours d'escorte qu'il utilise pour parler de son jeu est plus ambitieux que son jeu lui-même et que la direction de son jeu. Tout cela est en-deçà de ce que j'attends pour dépeindre un ange/dieu déchu comme Sauron, mais les choix scénaristiques dans l'affaire ne peuvent que ternir celle-ci. J'ajoute qu'il est louable que les acteurs aillent au-delà du cahier des charges. Christopher Lee, par exemple, parvenait à donner un tour un peu particulier au personnage de Saruman dans la trilogie de Peter Jackson, qui venait sans doute du mélange de sa longue expérience d'acteur et de sa vraie connaissance de l'œuvre originelle. In fine, cependant, même si cela peut être plutôt positif pour qui recherche les fragments de l'original, Lee jouait essentiellement le Saruman de Jackson, évidemment.
Tu évoques la "prélogie" de Star Wars. J'étais encore adolescent à l'époque de sa diffusion (je suis en début de trentaine), mais j'avais déjà approché les classiques (faisant grec et latin) et je sentais que le cadre était malaisé pour réussir à lier à l'esprit Star Wars de la trilogie originelle à une ambition plus grande, plus tragique, qui était nécessaire pour souligner la transformation d'Anakin et de la République en Vader et en Empire (respectivement). Lucas ne pouvait pas non plus être Shakespeare (là où les showrunners de TROP se voudraient Milton ?!), qui mélange les registres et même les genres comme diable (ce qui fut sur nos bords considéré comme une abomination, avant les Romantiques), mais Shakespeare n'avait pas comme mission secondaire de vendre des produits dérivés, cela étant dit. Ajoutons à cela que la prélogie a été assez maladroite dans sa construction (d'où l'idée plus tard de faire les séries Clone Wars) : en faisant du premier épisode la préquelle de la préquelle, Lucas a diminué le temps disponible, ensuite, pour traiter de ce qui comptait à propos du renversement d'Anakin. Il n'est pas impossible de concevoir la progression d'un personnage sauronien, en se fondant sur ce que Tolkien en dit. Il a fourni la trame, explicite ou implicite, même s'il y a des doutes, notamment dans l'essai sur la motivation des personnages du Silmarillion (dans les derniers HoME). La difficulté, c'est que la série a réussi à reprendre certains fragments de cette idée (sur l'histoire de la demi-repentance complexe de Sauron), mais évidemment, en l'absence des droits et vu le changement d'inspiration, ça donne... autre chose. Et en suivant la mode actuelle, on aboutit à un duo Sauron/Galadriel, qui permet bien pratiquement de suivre la tendance perceptible dans des séries de genres variés mais aussi dans l'imaginaire. Pendant ce temps, la relation Sauron/Celebrimbor a été délaissée : elle est évidemment plus difficile à mettre en place. Il faut imaginer ce que Tolkien laisse dans la brume et qui est difficile, là où Sauron/Galadriel correspond à des motifs et à des types déjà assez souvent vus à l'écran.
Morgoth me semble en effet efficace et bien écrit en effet dans l'histoire de Húrin. J'ai envie de citer ses mots : Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 18/10/2022 Mairon a écrit :
J'ai toujours eu une certaine fascination quant à la situation de Sauron à la fin du 1er âge. Je le vois reconnaître sans peine la défaite et donc la futilité morale de son entreprise, en bon utilitariste corrompu. D'autant plus qu'il peut en rejeter la responsabilité sur son ancien patron. Ce premier constat ouvre la porte à un second bien plus pénible à digérer : celui d'avoir eu potentiellement tort sur toute la ligne, sentiment d'autant plus plausible que l'absence nouvelle de Morgoth lui fait prendre la mesure de l'emprise que ce dernier avait sur lui. Cette succession d'humiliations devient insupportable pour le fantasque Sauron, qui rechigne à s'incliner devant Eönwë, pas aidé par la symétrie de leurs positions respectives, en prime. Sauron, peut-être, fantasme alors sur une solution satisfaisant son narcissisme: il est le seul à pouvoir imposer, sous sa puissance fédératrice, la coexistence apaisée en Terre du Milieu, chose que les Valar, Elfes, Nains, Humains et compagnie sont trop moralement atrophiés pour envisager. Délusion qui se transformera à son rythme en désillusion avant d'être tout à fait abandonnée. Annatar émergera plus tard sous d'autres motivations... La lassitude et l'amertume avec laquelle Charlie Vickers joue Sauron se prête parfois bien à cette interprétation, si on replace l'action au début du 2nd âge. C'est un des rares acteurs qui se montre relativement supportable, je trouve. J'ai su parfois aussi apprécier la bonhomie de Durin et sa compagne. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 10/12/2023 Quelque temps plus tard... Je ne sais pas quand la série télé Amazon des "Anneaux de Pouvoir" reviendra à nouveau sur le devant de la scène avec une nouvelle saison, mais c'est peu de dire que l'absence d'attente vis-à-vis d'elle reste constante me concernant... Je me permets de remonter ce fuseau parce que l'on y a parfois parlé aussi d'autres productions audiovisuelles, et que, comme j'ai déjà pu l'écrire ailleurs, depuis l'automne de l'année dernière, je me suis décidé à retourner de temps en temps dans les salles obscures, et ce jusqu'en octobre dernier, après quoi la motivation a de nouveau fondue, face à une offre d'aujourd'hui qui continue à ne pas beaucoup me parler, l'accumulation des soucis s'arrangeant rien (même si je n'ai pas renoncé, pour autant et par ailleurs, mais lorsque j'ai encore le temps, aux visites de musées, aux concerts classiques [tant que je peux], et au visionnage de films en DVD)... Or il se trouve que je viens justement de retrouver les tickets de séances de cinéma pour les quelques films récents que j'ai vus sur grand écran depuis novembre 2022... Inventaire :
À cela s'ajoute quelques vieux films vus ou revus cette année sur grand écran, à la Cinémathèque de Toulouse :
Aurai-je à nouveau à la fois le temps et la motivation pour retourner dans les salles obscures à l'avenir ? On verra bien... Peace and Love, B. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 17/02/2024 Je pose ça ici, si jamais ce sujet intéresse quelqu'un : I. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 14/05/2024 Je pose aussi ça ici.
I. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 16/05/2024 Et la VF, sans surprises... I. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 26/07/2024 La saison 2 approche. Va-t-elle tenir toutes ses promesses ? D'abord Camnir, « un Elfe expert en cartographie particulièrement doué pour naviguer dans les bois de l'Eriador », interpété par Calam Lynch ; puis Rían, « une Elfe réputée pour être l'une des meilleures archères de Lindon », jouée par Selina Lo. Vous découvrirez également Mirdania « la protégée du maître forgeron Celebrimbor » qui sera jouée par Amelia Kenworthy.
Une fois n'est pas coutume dans ce monde de la mise en image de la Terre du Milieu, la franchise a essayé de faire un petit effort sur les noms.
I. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 26/07/2024 ISENGAR a écrit :
J'ai appris, il y a déjà quelque temps (vers la fin du mois de mai dernier, de mémoire), que le personnage de Tom Bombadil a été intégré à « l'aventure » de cette série pour sa deuxième saison : les quelques photos diffusées en ligne et les propos sans relief des "coureurs de spectacle" les accompagnant (dans Vanity Fair notamment, et là encore de mémoire) ne donnaient pas envie, comme pour le reste... ISENGAR a écrit :
Ni moi. De toute façon, en matière de divertissement cet été, n'avons-nous pas déjà tout ce qu'il faut « à domicile » (dans tous les sens du terme) ?
Alea jacta est : Amicalement, B. P.S. (27/07/2024 ; 02h37 du matin) : Bon, concernant l'ouverture des Jeux olympiques de Paris à laquelle j'ai fait allusion avec mon lien hypertexte, j'avoue que je n'étais particulièrement enthousiaste à la base, mais ayant tout de même regardé la cérémonie d'ouverture ce vendredi soir à la télé, je reconnais qu'elle était réussie, malgré la pluie, et les contraintes liées au fait que l'événement avait lieu au cœur de Paris et le long de la Seine. Il y a eu des choses bien, et d'autres moins bien, mais il en fallait pour tout le monde. J'imagine que Philippe de Villiers a dû avoir une attaque cardiaque devant le tableau du spectacle situé à la Conciergerie, avec Gojira et une Marie-Antoinette décapitée chantant « Ah ! Ça ira », et Alain Finkielkraut a dû pour sa part être consterné, lui qui est loin d'être bête mais qui n'aime pas le rap, de voir ce qui a été proposé du côté de l'Institut de France. Tant pis (pour eux). Pour ma part, j'ai apprécié entre autres que, musicalement, quelques grands compositeurs français soient au programme (Rameau, Saint-Saëns, Bizet, Offenbach, Satie, Dukas, Ravel et ses Jeux d'eau joués par Alexandre Kantorow, Debussy avec son Prélude à l'après-midi d'un faune...), et que les œuvres d'art des collections du Louvre soient utilisés de manière intelligente. Pour le reste, chacun ses goûts, et c'était en tout cas varié et festif la plupart du temps... mais même moi qui ne suis pas du tout amateur ni de Céline Dion, ni du répertoire d'Édith Piaf, j'ai trouvé émouvante la prestation musicale finale de la star québécoise sur la Tour Eiffel, qui fut un grand moment. Et la conclusion dans le jardin des Tuileries, avec l'allumage de la vasque de la flamme olympique, vasque finalement suspendue dans les airs avec une montgolfière : c'était tout simplement grandiose.
Bref, voilà au moins quelque-chose d'à la fois international et français (pour une fois), et de vraiment inédit, que l'on aura pu voir avec intérêt, en direct, sans même être obligé de payer un abonnement à Netflix ou Amazon Prime... B. [EDIT: correction de fautes] Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 27/07/2024 Hyarion a écrit :
Mais oui, Tom Bombadil ! Roooh... J'avais oublié :/
Je crois qu'il est visible dans ce nouveau trailer un peu plus long, qui date d'hier : I. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Druss - 28/07/2024 ISENGAR a écrit :
Le nom Rían existe en tant que tel dans les textes, il s'agit de la femme de Huor et donc la mère de Tuor Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 29/07/2024 Arf ! Merci ! Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 01/08/2024 Je vais sans doute visionner la deuxième saison, parce qu'il faut le faire pour pouvoir en parler, parce que je m'intéresse à ce nouveau passage d'étape en matière de réception/"adaptation"/déformation de l'œuvre, vers des territoires de plus en plus éloignés de Tolkien, évidemment. UmbarParrot a écrit :
J'ai eu du mal à vraiment saisir le personnage et le jeu de l'acteur ainsi... Mais je dois dire que j'ai regardé distraitement. Tout l'aspect "Galadriel rencontre Sauron fortuitement en pleine mer et s'embarque avec lui pour des aventures sans queue ni tête" primait, dans ma perception. Le reste était ni clair, ni correct. S'il fallait installer une ambivalence, ce serait celle que Tolkien place dans le personnage au début du Second Âge, mais ce n'est pas exactement ce que fait la série, il me semble. De toute façon, la rupture de la chronologie empêche toute évolution vraisemblable de ce côté-là. Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 14/08/2024 Le dernier trailer en date :
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