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Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 26/09/2022

Un truc amusant, c'est quand UmbarParrot écrit : "cela fait réagir et pérorer les perroquets" Smile




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 26/09/2022

"Semprini" a écrit :

ce qui relève à mon avis d'une certaine candeur ou à tout le moins d'une volonté de réécrire l'histoire

Je dirais que cela ne pose pas problème s'il s'agit d'une question d'acteur et d'actrice. Au théâtre, on peut facilement considérer que n'importe quel acteur peut jouer le rôle d'Hamlet, sans que l'acteur ressemble le moins du monde à un rejeton de la lignée royale du Danemark et sans qu'on considère que cela change la donne à l'intérieur de la diégèse et dans la nature du personnage. C'est une convention. C'est aussi possible au cinéma. Au niveau des acteurs, la recherche d'une plus grande diversité est une problématique qui s'entend tout à fait : cela permet de rendre les rôles du répertoire accessibles à un grand nombre. Ce qui est gênant, c'est que cette question est souvent envisagée sous un angle unilatéral : des personnes peuvent protester si un personnage censé être noir est incarné par un acteur blanc, tandis que l'inverse est considéré comme un rééquilibrage des possibilités d'accéder à tel rôle (grand ou petit).
Lorsqu'il s'agit de modifier une donnée de l'histoire et dans la nature des personnages, c'est différent, bien sûr.
Dans le cas d'Arondir, j'ai vu les deux aspects : celui de l'acteur qui peut accéder à un rôle d'Elfe de Tolkien qui a priori ne correspondait pas à son apparence - ce qui importe du côté de la sociologie de la distribution des rôles dans le monde du cinéma et des séries ; celui du premier personnage d'Elfe "noir" à l'intérieur de la diégèse - ce qui correspond plutôt à l'idée d'une modernisation/adaptation/expansion de la source dans la perspective que j'évoquais l'autre jour plus haut.
Les enragés et polémistes ont tôt fait de confondre les deux niveaux, voire de se cacher derrière l'un pour attaquer l'autre, et Ismael Cruz Córdova, l'acteur qui incarne Arondir, a reçu malheureusement beaucoup de messages négatifs ou haineux, comme d'autres. Il y a bel et bien eu des horreurs depuis la publication des informations sur la distribution des rôles, ce qui a d'ailleurs rendu l'abord du sujet plus difficile. Je dois cependant noter que ça a permis à certains de faire passer l'intégralité du questionnement, donc aussi sa partie légitime, dans le domaine de l'interdit ou du non-dicible, ce qui était plutôt pratique, d'ailleurs, pour valoriser la promotion de la série. En tout cas, on voit sur les réseaux à quel point certains ont pris plaisir, face à une négativité certes toxique, à faire croire que toute critique était forcément négativement toxique, ce qui est loin d'être le cas - tout en oubliant que la positivité façon "la série est forcément la meilleure du monde, les critiques n'existent pas etc.", c'est tout aussi blâmable que l'excès inverse.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 26/09/2022

Silmo a écrit :

la technique du crawl elfique ...
Ou encore ... "Qu'est-ce que vous nagez bien, chef"
https://www.youtube.com/watch?v=97mJ1t0wYpw
...

^^ "la main en sifflet et vers l'extérieur..." haha

M'en fiche j'verrai pas cette série ! Tout les commentaires que je lis ici confirme qu'une fois de plus, ils nous saoulent avec leur épisodes produits à coups de millions de $$ !!
Dommage que ce soit toujours la même histoire... des sommes folles dépensées, mais la saveur du récit est perdue.

Lisez le hors-série n°54 de "philosophie magazine" plutôt ;-)




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - vivien - 27/09/2022

Bravo Mairon,

Je suis entièrement d'accord avec toi, Merci pour ton argumentation extrêmement limpide.

J'ajouterai, que pour avoir tant et tant d'avis racistes sur le sujet, que je soutiens amazon dans sa volonté de diversifier la distribution d'acteurs....

La piètre qualité de la série est bien ailleurs...

Et après avoir vu le dernier épisode, on frôle la catastrophe industrielle.. J'ai décidé d'en rester là.

Les choix scénaristiques, sont désormais catastrophiques, outre leur infidélité à l’œuvre ou la chronologie, ils inventent carrément des choses absolument incohérente avec "l'esprit" de l’œuvre de la terre du milieu ou même des films de Jackson.
Même ceux qui n'ont jamais ouvert un livre ne doivent plus comprendre grand chose!

Je ne vois vraiment pas comment les héritiers de Tolkien ont pu valider cette histoire absolument invraisemblable!

Enfin même si nous enlevions les références à l'univers de la terre du milieu, nous nous retrouverions face à une série d'une lenteur absolue ou l'intrigue avance peu ou de manière téléphonée. Toute l'action va se précipiter dans les deux derniers épisodes

à bientôt,




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 27/09/2022

Vivien a écrit :

nous nous retrouverions face à une série d'une lenteur absolue ou l'intrigue avance peu ou de manière téléphonée

C'est hélas le calibre de toutes les mini-séries en 8 épisodes tels que produites par Amazon, Netflix, Disney et Cie. Toujours le même schéma : Deux premiers épisodes à gros budget pour attirer le chaland suivis de quatre plus médiocres afin d'étirer la sauce en finissant par deux épisodes plus léchés destinés à donner envie de voir la saison suivante avec un cliffhanger.
Et si c'était une série télé en 12 ou 15 parties, il y aurait un épisode Halloween et un autre spécial Noël.  Sad

S.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 27/09/2022

@Vivien : concernant la validation des choix scénaristiques par les ayants droits qui semble te questionner... les royalties peut-être ^^

@ Silmo : toi et d'autres donnez tous les arguments (s'il était besoin d'en fournir) pour ne pas regarder cette série... je crois donc que tu peux simplement rayer de ta liste "à voir le temps venu" ;-)
... et à tous ceux qui comme Silmo hésitent : Résiste, prouve que tu exiiistes !!




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 28/09/2022

Silmo a écrit :

C'est hélas le calibre de toutes les mini-séries en 8 épisodes tels que produites par Amazon, Netflix, Disney et Cie. Toujours le même schéma : Deux premiers épisodes à gros budget pour attirer le chaland suivis de quatre plus médiocres afin d'étirer la sauce en finissant par deux épisodes plus léchés destinés à donner envie de voir la saison suivante avec un cliffhanger.

Tiens, qu'est-ce qui explique le nombre d'épisodes  (8)? J'allais dire que Foundation d'Apple suivait fort bien ces règles, mais la saison a tout de même 10 épisodes et surtout Lee Pace. Mention spéciale au showrunner qui se réclame de Carl Sagan; ce monde est tragique.

Je pense aussi à Kenobi, spécialement sur le côté étalage de confiture.

Heureusement, il reste des bonnes surprises, comme Clark (Netflix), Tokyo Vice ou Watchmen (bon, c'est chez HBO).

Aucune idée du pourquoi dans la réduction du nombre d'épisodes, y compris pour Rings of Power - z'auraient pas pu réduire le temps imparti à chaque épisode ?




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 02/10/2022

Semprini a écrit :

[...]
Le sujet du wokisme est tout autre et n'est pas lié à ce que Tolkien était ou à ce qu'on a dit de lui. Il s'agit simplement de reconnaitre que par son usage de personnages de couleurs dans chacune des quatre histoires de la série, selon une approche multiculturelle largement indifférente à l'histoire de la Terre du Milieu (il y a un mélange total de couleurs dans chaque peuple, comme si finalement le sujet de la couleur n'existait pas En Terre du Milieu, ce qui permet par exemple à la Reine régente de couleur noire de Numenor d'être la fille d'un Tar Palantir de couleur blanche, et ce qui relève à mon avis d'une certaine candeur ou à tout le moins d'une volonté de réécrire l'histoire), la série répond à un cahier des charges woke qui est aujourd'hui à Hollywood une condition d'une production à gros budget. Il est bien sûr fréquent (et assez naturel) que les adaptations reflètent l'esprit du temps qui les a vu naitre et ce faisant prétendre mettre au goût du jour les matériaux littéraires adaptés. Mais il me paraitrait curieux de parler de la série sans évoquer le cahier des charges (et donc notamment son côté woke) qui a si manifestement présidé à sa conception.

Bonjour Semprini, et merci pour ta réponse. Je te réponds brièvement à mon tour concernant ton dernier point en particulier.
Ma remarque, générale, concernait l'utilisation formelle des mots "woke" et "wokisme", avec toutes les connotations que l'on peut y mettre, et le fait que cela ne renvoie pas forcément (loin s'en faut...) à un consensus en matière d'usage actuellement. Pour autant, sur le fond, je comprends tout-à-fait les raisons qui t'ont amené à écrire ce que tu as écrit, car je suppose, pour notamment connaître ton blog cinéphile depuis longtemps, que ton propos ne se voulait pas politique.

Mairon a écrit :
Semprini a écrit :

...ce qui relève à mon avis d'une certaine candeur ou à tout le moins d'une volonté de réécrire l'histoire

Je dirais que cela ne pose pas problème s'il s'agit d'une question d'acteur et d'actrice. Au théâtre, on peut facilement considérer que n'importe quel acteur peut jouer le rôle d'Hamlet, sans que l'acteur ressemble le moins du monde à un rejeton de la lignée royale du Danemark et sans qu'on considère que cela change la donne à l'intérieur de la diégèse et dans la nature du personnage. C'est une convention. C'est aussi possible au cinéma.

Je suis bien d'accord : le caractère inclusif d'un casting de film de cinéma ou de série télévisée n'a jamais été un problème en soi, me concernant. Tout dépend de l'esprit dans lequel les choses sont faites, et la matière à partir de laquelle on travaille, en particulier s'agissant d'adaptations d'œuvres littéraires. Depuis le début de toutes ces polémiques autour de la série Amazon, je repense personnellement à une adaptation cinématographique de la pièce de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing) par Kenneth Branagh, sortie en salles en 1993. L'action de la pièce (publiée en 1600) est censée se passer à Messine, au temps des Vêpres Siciliennes, mais c'est de l'Angleterre élisabéthaine de Shakespeare dont il est question quant au ton et à l'esprit. Dans le film britannico-américain de Branagh, tourné en Toscane avec notamment des costumes plus ou moins fantaisistes rappelant surtout les XVIIIe et XIXe siècles, le ton et l'esprit sont naturellement le reflet de la culture anglo-américaine des années 1990, à l'image de bien d'autres films hollywoodiens de l'époque. Branagh est à la fois réalisateur du film, scénariste et membre du casting – il joue Benedict, en partenariat avec sa compagne de l'époque, Emma Thompson qui interprète Béatrice –, et ledit casting comprend aussi notamment Denzel Washington dans le rôle de Don Pedro d'Aragon, ainsi que Keanu Reeves dans le rôle du frère de Don Pedro.

Denzel Washington n'était peut-être pas l'acteur auquel on pouvait spontanément s'attendre pour jouer un rôle shakespearien qui ne soit pas celui du personnage principal d'Othello, mais j'ai toujours trouvé juste son interprétation de Don Pedro dans le film de Branagh, car c'est tout simplement un bon acteur, quelle que soit la couleur de sa peau. Or, au moins sur la forme, n'est-ce pas cela qui compte, avant tout ? Sur le fond, ne reste que l'éventuel problème de l'univers fictif que l'on met en scène, en fonction du lien qu'il entretient ou non avec le réel et surtout en fonction de sa densité en matière d'arrière-plan. Là où une pièce de théâtre de Shakespeare comme Beaucoup de bruit pour rien laisse une large marge de manœuvre pour être adaptée sans être forcément pour autant foncièrement dénaturée, une adaptation de tout un univers de fiction littéraire comme celui de Tolkien ne relève évidemment pas du même registre, sachant que dans le cas de la série Amazon, on ne peut même pas vraiment parler d'adaptation, comme cela pouvait encore être le cas (quoique de façon de plus en plus théorique, au fil des films) avec les trilogies de Peter Jackson. Faute de matière littéraire à adapter au-delà des narrations du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, il ne restait plus aux showrunners de la série qu'à broder sur de la matière très dense mais pour eux d'une disponibilité plus ou moins "émiettée" pour des raisons de droits. Le résultat, d'après les divers commentaires de téléspectateurs que j'ai lu jusqu'ici, ne semble pas, à cette aune, et sans grande surprise, être concluant, que ce soit vis-à-vis de l'"inspiration" tolkienienne ou que ce soit vis-à-vis de la série en elle-même comme production audiovisuelle.
Mais pour ce qui est en particulier de la question du casting, il semble que, sur le fond, il y ait un problème d'incompatibilité entre deux médiévalismes, l'un tolkienien lié à un auteur qui se voulait directement connecté à ses sources, l'autre étant surtout une libre alternative fictionnelle à une histoire sans lien direct avec le Moyen Âge, celle des États-Unis. C'est dans un tel contexte que viennent se mêler le fait que l'on peut trouver différentes teintes de peau chez les personnages tolkieniens (dans le contexte d'un certain médiévalisme) et les impératifs socio-culturels d'une époque dont Hollywood se veut le reflet. La question est complexe, mais c'est à cette aune que l'on peut peut-être mesurer la pertinence de faire jouer des personnages tolkieniens sans se soucier de la couleur de peau des acteurs et des actrices. Qui joue quel rôle, et pour raconter quoi ? On pourrait sans doute citer d'autres exemples, mais Denzel Washington qui joue Don Pedro d'Aragon le fait très bien a fortiori dans un contexte narratif qui n'appelle pas à rechercher une absolue cohérence "mélanique" dans un univers fictionnel mis en scène de façon forcément suggéré par le cadre théâtral d'origine – à cette aune, par exemple, pas plus au début de la pièce de Shakespeare qu'au début du film de Branagh, le public n'a à se soucier des détails (à connotation éventuellement plus ou moins historique) de la guerre dont reviennent Don Pedro et ses compagnons d'armes avant d'être confrontés aux péripéties amoureuses sur lesquelles se focalise l'histoire racontée. J'en viens à me demander s'il n'y aurait pas eu (un peu) moins de polémiques s'il avait été question d'adapter de nouveau le Seigneur des Anneaux, mais cette fois-ci avec un casting proposant, si possible sans le biais d'une politique de quotas, des rôles importants à des acteurs et des actrices de type ethnique autre que caucasien. Dans ce cas-là, on se serait peut-être davantage posé la question de la valeur intrinsèque d'une interprétation de comédien dans un véritable contexte d'adaptation, et les considérations politiques – au moins dans leurs dimensions les plus clivantes – se seraient sans doute moins imposées aux dépens des considérations artistiques. Du moins est-ce mon avis.

Peace and love,

B.

[EDIT: correction de fautes]




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Gawain - 03/10/2022

Bien vu le lien avec Denzel Washington !
Tu sais si cela avait fait polémique à l'époque ?




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 03/10/2022

Pas de polémique connue, dans mon propre souvenir, pas plus que pour le rôle de Mercutio, l'ami de Romeo dans l'adaptation William Shakespeare's Romeo + Juliet, le film de Baz Luhrmann (1996). Un rôle qui avait été assuré avec brio par Harold Perrineau, qu'on a vu par la suite dans Lost et dans Matrix.


La peste soit sur vos deux maisons, motherfuckers !

I.

PS : mais dans les années 90, les rézossocios et leurs cortèges de crétins numériques n'existaient pas.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 03/10/2022

Hyarion a écrit :

Je suis bien d'accord : le caractère inclusif d'un casting de film de cinéma ou de série télévisée n'a jamais été un problème en soi, me concernant. Tout dépend de l'esprit dans lequel les choses sont faites, et la matière à partir de laquelle on travaille, en particulier s'agissant d'adaptations d'œuvres littéraires.

Merci Hyarion. En effet, ce n'est nullement un problème en soi. Et l'on peut citer plusieurs exemples se rapportant à d'autres adaptations, comme tu l'as fait. Le problème vient précisément de ce que tu dis ensuite : "l'esprit dans lequel c'est fait et la matière à partir de laquelle on travaille". Or, pour qui a vu les épisodes de la série (ce qui est mon cas, et cela joue pour beaucoup dans ma réaction), il est manifeste que ce choix est justement symptomatique de l'absence d'attention à l'illusion d'historicité pourtant si chère à Tolkien. Il n'y a aucune attention portée à l'Histoire, aux généalogies, à la géographie, à la sociologie, aux différentes ethnies, dans cette série où les couleurs se mélangent non pas selon un rapport de plausibilité et d'histoire mais uniquement de visibilité multiculturelle (chaque récit doit avoir son quota de couleurs y compris au sein de la même famille). Ce n'est pas très sérieux si l'on se place dans le contexte de la Terre du Milieu et même du point de vue de la génétique la plus élémentaire. Mais c'est juste un symptome parmi d'autres de la piètre qualité des scénaristes. Bref, j'en ai assez dit sur cette série, qui n'en mérite pas plus. :)




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 09/10/2022

Cher Semprini, comme on dit dans ma région, je me suis "pris à ma force" (j'ai fait l'effort), et j'ai regardé les premiers épisodes des Anneaux de Pouvoir, puisque tu me le suggérais : belles images, beaux paysages; aux deux premiers épisodes, des références intéressantes, hélas des trucs too mutch,
L'emploi du subjonctif (car j'ai vu en VF), ce sera au moins un atout pour l'éducation des gamins
Je ne ferai pas un visionnage seconde par seconde comme certains ;-)  (JR, si tu nous lis)
mais même les premières phrases sont discutables. Et donc très librement inspirées sans être du Tolkien.
Des choses m'ont amusé comme situer Le Rhovanion en haute montagne plutôt qu'en plaine ou colline, ou, hilarant, inventer le "marteau de Féanor", bonne occasion de vendre un chouette produit dérivé, les producteurs ne manquent pas d'imagination afin de se faire du blé.
Mon seul commentaire sera donc "bof, bof".
Un divertissement qui, comme dans toute mini-séries, ne dépasse pas deux premiers épisodes potables et j'en ai vu quatre, pas sur d'adhérer à la suite.
C'est pas du Tolkien mais le début est correct, la suite est, je trouve, assez (trop) bavarde.
Au fait, je crois que c'est Wéwé qui m'avait dit qu'il était techniquement impossible de dégainer une épée d'un fourreau dans le dos, pourtant on en voit dans plein de films et séries Big Grin
Silmo

PS: à propos de ciné culinaire, oh, tout n'est pas que comédie car ce que je collectionne, ce sont les scènes, pas les films entiers quoique, la gourmandise, la privation, le bien manger, le service, les histoires de restaurants,  etc...Je ne citerai pas toute la collection, ce serait trop long mais quelques exemples : le Festin de Babette, une tragi-comédie, Fanny et Alexandre (entre repas au début et restriction en deuxième partie, une tragédie), ma scène culinaire préférée, la première du film "Le Cirque" de Chaplin qui attrape une poule, lui pique son oeuf, le met dans une boite de conserve pour le cuire, le sale avec le peu qu'il a dans son gilet, renonce à le manger pour l'offrir à la fille du directeur du cirque, etc. Ce n'est pas de la comédie, éventuellement de la tragi-comédie et Chaplin en a fait d'autres,
Je pourrais aussi citer, hors comédies, Scola, Fellini, Renoir, Claude Sautet, Bunuel, Carné (filmé pendant les restrictions de l'occupation),  TRAN Anh Hung (l'odeur de la papaye verte) et tant d'autres...
PPS : une scène tragie-comique à revoir dans "La Terrasse" d'Ettore Scola, une rupture au restaurant entre Mastroianni et, me semble-t-il,  Carla Gravina où Marcello refait la danse des petits pains de Chaplin dans la Ruée vers l'or, réveillon de légende et encore une scène culinaire (comédie ou pas??)




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 09/10/2022

Gawain a écrit :

Bien vu le lien avec Denzel Washington !
Tu sais si cela avait fait polémique à l'époque ?

Comme l'a écrit notre ami JR, "dans les années 90, les rézossocios et leurs cortèges de crétins numériques n'existaient pas", même si, par ailleurs, il pouvait parfois se produire certaines polémiques concernant certains films à cette époque – je pense notamment à Basic Instinct de Paul Verhoeven, tourné à San Francisco et sorti en salles en 1992 : certaines associations communautaires avaient protesté contre le film en sous-entendant plus ou moins que certains aspects de l'histoire (notamment le fait que le personnage féminin principal, interprété par Sharon Stone, soit fortement soupçonné d'assassiner exclusivement des hommes à coup de pic à glace) pouvait donner in fine une mauvaise image des femmes bisexuelles ou lesbiennes (alors que ce n'était pourtant pas du tout le propos de Verhoeven, malgré son goût bien connu pour une certaine provocation).
S'agissant de Beaucoup de bruit pour rien de Kenneth Branagh, il semble, pour ce que j'ai pu lire dans les quelques critiques de la presse ayant été mises diversement en ligne a posteriori, que la prestation de Denzel Washington (lorsqu'elle est directement évoquée) ait été plutôt appréciée et même soulignée pour sa qualité, comme en témoigne une critique parue à l'époque dans le New York Times :

Mr. Washington is amazingly good as an idealized Shakespearean monarch, the sort of character that sleeps on a page but comes to life when played by a charismatic actor.

M. Washington est incroyablement bon en monarque shakespearien idéalisé, le genre de personnage qui dort sur une page mais qui prend vie lorsqu'il est joué par un acteur charismatique.

Vincent Canby, “A House Party of Beatrice, Benedick and Friends”, The New York Times (May 7, 1993)

Vincent Canby, “A House Party of Beatrice, Benedick and Friends”, The New York Times (7 mai 1993)

Semprini a écrit :
Hyarion a écrit :

Je suis bien d'accord : le caractère inclusif d'un casting de film de cinéma ou de série télévisée n'a jamais été un problème en soi, me concernant. Tout dépend de l'esprit dans lequel les choses sont faites, et la matière à partir de laquelle on travaille, en particulier s'agissant d'adaptations d'œuvres littéraires.

Merci Hyarion. En effet, ce n'est nullement un problème en soi. Et l'on peut citer plusieurs exemples se rapportant à d'autres adaptations, comme tu l'as fait. Le problème vient précisément de ce que tu dis ensuite : "l'esprit dans lequel c'est fait et la matière à partir de laquelle on travaille". Or, pour qui a vu les épisodes de la série (ce qui est mon cas, et cela joue pour beaucoup dans ma réaction), il est manifeste que ce choix est justement symptomatique de l'absence d'attention à l'illusion d'historicité pourtant si chère à Tolkien. Il n'y a aucune attention portée à l'Histoire, aux généalogies, à la géographie, à la sociologie, aux différentes ethnies, dans cette série où les couleurs se mélangent non pas selon un rapport de plausibilité et d'histoire mais uniquement de visibilité multiculturelle (chaque récit doit avoir son quota de couleurs y compris au sein de la même famille). Ce n'est pas très sérieux si l'on se place dans le contexte de la Terre du Milieu et même du point de vue de la génétique la plus élémentaire. Mais c'est juste un symptome parmi d'autres de la piètre qualité des scénaristes. Bref, j'en ai assez dit sur cette série, qui n'en mérite pas plus. :)

Merci pour ta réponse, Semprini.
Compte tenu de ce que tu as écrit, je comprends parfaitement que tu n'aie pas envie d'en dire davantage sur cette fan-fiction géante. ;-)
Ne l'ayant pas visionné moi-même (et n'étant pas du tout motivé pour le faire), je ne saurais évidemment en dire plus sur cette série Amazon, mais je trouve, en tout cas, désolant que l'évènement ultra-médiatisé qu'a été le lancement de cette série n'ait, le plus souvent, une fois plus, et du moins jusqu'à présent, généré que des "débats" superficiels et stériles, renvoyant à des problématiques concernant Tolkien qui mériteraient d'être abordées de façon approfondie, nuancée et actualisée, mais dont le traitement médiatique semble pourtant, à mes yeux, n'avoir pratiquement pas évolué depuis vingt ans et l'époque de la première trilogie de Peter Jackson : la tyrannie de l'urgence et des apparences, le tourbillon médiatique à travers lequel on s'efforce d'attirer l'attention fugitive du public sans volonté de faire vraiment réfléchir, tout cela reste décidément d'actualité, ce qui n'est certes pas une surprise...

Hier soir, je suis allé au concert, pour écouter l'Orchestre national du Capitole de Toulouse interpréter, sous la direction d'une jeune cheffe norvégienne – Tabita Berglund –, des pages symphoniques de l'opéra Tristan et Isolde (« Prélude et mort d'Isolde [Prélude und Liebestod] ») de Richard Wagner et la Symphonie N°1 en mi mineur (op. 39) de Jean Sibelius. Entendre l'orchestre jouer le Prélude de Tristan und Isolde, tout en crescendo, vous fait plonger, de mon point de vue (et parallèlement au fait que la musique vaut évidemment pour elle-même), aussi bien dans le mythe littéraire de Tristan et Yseult (source de l'opéra de Wagner) que dans le mythe de Lancelot et Guenièvre transposé au cinéma par John Boorman dans son chef d'œuvre Excalibur (long métrage où le mythe se rajoute ainsi au mythe, par l'usage ô combien bienvenu, entre autres, de la musique de Wagner dans ce merveilleux film).

Comme il me semble que nous sommes loin de tout cela avec tant de productions audiovisuelles aujourd'hui... Je n'arrive même plus à avoir envie d'aller au cinéma en ce moment, alors même que je reste, s'agissant de découvrir des nouveautés, bien plus enclin à aller dans des salles obscures "à l'ancienne" qu'à passer des heures à regarder des séries en boucle sur Prime Video ou Netflix (contrairement à d'autres, je ne suis pas anti-télé, mais consommer des séries par le biais de ce genre de plateformes de VOD privées n'est pas la même chose que regarder la télévision "à l'ancienne", comme c'est encore mon cas, même si j'apprécie évidemment la possibilité du replay lorsque l'horaire initial d'un programme ne m'arrange pas).
Pour l'anecdote, les derniers films que je suis allé voir sur grand écran sont Matrix Resurrections de Lana Wachowski (un film plutôt sympathique, de mon point de vue, même si certains fans de la série de films Matrix ont, parait-il, hurlé à la trahison...) et The Northman de Robert Eggers (film un peu trop référentiel et dont j'ai déjà parlé succinctement dans une note au bas d'un message posté dans le fuseau dédié à Robert Howard)... soit deux films sortis en salles il y a donc déjà quelques mois. Mais bon... je ne désespère pas de voir ma curiosité à nouveau stimulée par quelque nouveau film de cinéma à venir, malgré un contexte général tout de même fort morose.

Peace and Love,

Amicalement à tous,

B.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 09/10/2022

voici une contribution qui aurait plus sa place dans l'espace libre que dans le fuseau consacré aux adaptations Smile




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 10/10/2022

Silmo a écrit :

voici une contribution qui aurait plus sa place dans l'espace libre que dans le fuseau consacré aux adaptations :)

... Tout comme, par exemple, les deux PS cinéphilo-culinaires de ton précédent message, semble-t-il... ;-)
Dans les deux cas, je pense que nous restons dans la continuité des échanges propres à ce fuseau, malgré quelques digressions peut-être (et quand bien même : je ne crois pas, pour ma part, m'être beaucoup éloigné du sujet lors de mes interventions, même s'il est vrai que je n'ai vu que des bandes-annonces de la série en question). Du reste, dans un autre fuseau, sauf erreur de ma part, un participant ne semble pas loin de nous reprocher d'excessivement évoquer en ces lieux "la série dont on parle trop en ce moment (même sur JRRVF)" : peut-être n'était-ce là qu'une boutade de la part de Paul, mais espérons en tout cas que nos propos, dépassant de facto la dichotomie "j'aime/je n'aime pas" propre habituellement aux échanges sur ce type de sujet, inviterons à une certaine indulgence... ^^

Mais je vois que les échanges concernant une certaine fan-fiction géante autorisée débordent à présent dans le fuseau "Revue de presse V", alors pour le coup, j'apporte ma pierre au recentrage desdits échanges dans le présent fuseau dédié à ladite fan-fiction, en recopiant donc ici le dernier message en date de notre ami JR :

Dans un autre fuseau, ce jour, ISENGAR a écrit :

Autre exercice pas évident : l'interview par téléphone avec transcription quasi littérale de tout ce que j'ai pu dire :D
https://www.20minutes.fr/serie/4004248-20221010-anneaux-pouvoir-fan-fiction-pro-selon-experts-tolkien

J'ai demandé des petites corrections au journaliste (par exemple rajouter "réédition Bragelonne" pour le Dictionnaire Tolkien, remplacer "grandes jambes" par "grandes gens", remplacer "à chier" par "moche"...)

Je reconnais qu'il y a une part Isengar de ma personnalité qui ressort de cette entrevue ]:D

I.

PS : et je précise que je n'avais pas vu l'épisode 7, catastrophique, lorsque j'ai été interviewé.

Merci beaucoup, mon cher JR, pour cet exercice très frais, fort riche en spontanéité dans l'expression : en lisant la transcription, c'est bien simple, j'ai eu l'impression de t'entendre parler en face de moi. ;-)

Amicalement,

B.

P.S. : il semble, dans le sillage des propos de JR dans l'entretien en question, que l'expression "fan-fiction" appliquée à la série Amazon puisse être mal perçue par certains... Je continue pour ma part d'assumer l'expression, car elle n'est évidemment pas à prendre au premier degré : les fans font des fan-fictions, et c'est bien leur droit, les concepteurs de productions audiovisuelles basées sur des univers littéraires devraient avoir une autre ambition, car c'est à ces derniers que l'on donne des moyens conséquents pour faire un travail d'adaptation destiné à une large audience ; à cette aune, le niveau d'exigence ne saurait être le même, d'où une expression mettant en fait l'accent sur le décalage entre les moyens à disposition sur la forme et le résultat sur le fond (résultat par ailleurs possiblement tout-à-fait honorable à l'échelle d'une authentique fan-fiction).




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 10/10/2022

Silmo a écrit :

voici une contribution qui aurait plus sa place dans l'espace libre que dans le fuseau consacré aux adaptations Smile

Pas tant que ça. Je dirai même que ces remarques ont leur place dans ce fuseau et contribuent à l'argumentaire dans l'ensemble. Mais je vois qu'entre temps Hyarion a répondu ^^

Je vous prie d'excuser mes propos s'ils semblent amers, mais ces fan-fiction, pseudo-adaptation ou ce que vous voudrez me déçoivent tellement ou me fatiguent peut-être que je n'ai même plus l'énergie ni l'envie de jeter ne serait-ce qu'un oeil à ce genre de production (puisqu'il ne s'agit en faite que de ça, produire un objet commercial).

Contrairement à beaucoup d'entre vous ici, je ne suis qu'un modeste lecteur de Tolkien (entendez par là que je ne sais probablement par le lire à moitié aussi bien qu'au moins la moitié d'entre vous devez être capables) cependant touché par la magie de ses mots il y a de nombreuses années et qui ne se sent pas du tout en phase avec tout ce bruit autour de son oeuvre, sur la scène médiatique et audiovisuelle surtout.
Comme le résume si bien JR Turlin dans cette interview pour 20 mn : "Tolkien n'est plus qu'un pretexte".
La puissance de l'image n'est pas à démontrer et je crains parfois que cela ne vienne ternir plus que rehausser mon goût pour ces récits.
Un simple exemple pourtant anodin mais je me souviens encore que je n'imaginais pas du tout Frodo tel qu'il a pu être incarné à l'écran mais difficile de l'imaginer autrement maintenant en reprenant le livre ?

Remarque triviale peut-être, mais j'appréhende que toutes ces images sans parler de ce qu'elles génèrent dans leur sillage (déformé par des polémiques confuses voire des tentatives de récupération plus que douteuses) ne m'enlèvent la fraicheur, sinon la saveur des ces pages pourtant combien délicieuses.
N'est-ce pas Tolkien qui disait "... mieux vaut laisser la fantasy aux mots, à la véritable littérature" ? "La littérature opérant d'esprit à esprit, elle est donc plus féconde" qu'une "forme visible unique (imposée)".

Et de se demander si l'on ne devrait pas regretter cette époque pas si lointaine où le nom de Tolkien ne semblait encore pas si connu ni revendiqué ?
Hélas pas si sûr car il est certain que tout ce tintouin a profité aux éditions de livres et donc aux lecteurs : dilemne ^^




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 11/10/2022

Hyarion a écrit :

en lisant la transcription, c'est bien simple, j'ai eu l'impression de t'entendre parler en face de moi. ;-)

:lol: :lol: :lol:

Ce qui est dommage, c'est que pas mal de mots ont été avalés dans la retranscription, des "et" des "que", dont l'absence change parfois complètement le sens d'une phrase.
et puis je dois avoir un accent, c'est pas possible autrement pour expliquer que "bagarre avec Gollum" soit devenu "guerre avec Gollum"... j'ai dû insister sur l'accent tonique du deuxième A de bagArre... :p

paul a écrit :

Et de se demander si l'on ne devrait pas regretter cette époque pas si lointaine où le nom de Tolkien ne semblait encore pas si connu ni revendiqué ?

Nous sommes nombreux à s'être posé la question et à conserver une nostalgie d'une lointaine époque où le Seigneur des Anneaux était une porte extraordinaire connue de quelques initiés, parfois amateurs de jeux de rôles, et parfois abonnés au bulletin de la Fée Wink et plus tard, premiers promeneurs de JRRVF.
Mais un petit cercle d'initié, s'auto-alimentant de connaissances passionnantes mais circulaires, ça ne fait ni avancer la recherche sur un auteur et son oeuvre, ni valorise celle-ci auprès d'un plus large public. Ce qui a tendance à marginaliser l'ensemble, auteur, oeuvre et fans et ne rend finalement service à aucun des trois.
Aujourd'hui, effectivement, ça part dans tous les sens. Le curseur n'est pas facile à placer, quand l'argent se met à couler à flot.

Mais il ne faut pas être trop nostalgique. On ne peut jamais revenir en arrière. Alors, avançons, camarade !

I.

PS : j'ai regroupé les deux réponses en une.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 11/10/2022

Les showrunners de la série, manifestement aussi courageux que talentueux, ont décidé de répondre à certaines critiques choisies pour leur pertinence, à la limite elles aussi du génie. Je retranscris grosso modo les réponses du duo, avec un peu de fourberie quand même:

1. Les femmes naines à barbe

"On a mis quelques poils, et puis il y a des favoris. Tolkien lui-même s'est un peu contredit par moments."


2. Les elfes et leurs cheveux.

"Si Tolkien avait écrit un guide exhaustif des styles capillaires de la Terre du Milieu, on le saurait"


3. Les costumes ont l'air trop neufs

"Nous ne sommes pas d'accord avec vous. Au fait, votre chemise est neuve ? Oui ? Parfois, les vêtements sont neufs."


4. La série est trop lente

"Certains blockbusters vont trop vite au début et puis s'écroulent sous leur propre poids. Nous n'allons pas trop vite."


5. Galadriel est trop masculine et n'a rien à faire à Numenor (ou en Numenor ? On peut dire les 2 !)

"Montrez-moi où Tolkien a écrit que Galadriel n'y est jamais allée. Sinon, Galadriel est surnomée Nerwen, ce qui veut dire damoiselle masculine. Enfin, elle n'est pas masculine."


Ce n'est pas non plus l'honnêteté qui les arrête. Et ils sont un peu du genre à remuer la tête pour faire fonctionner leur éventail.

"Dwarf wives in The Rings of Power don’t have beards"

J.D. Payne: They actually do, it’s not accurate. We looked at various versions of what facial hair on dwarf women might look like. There are beard hairs applied lovingly one at a time [onto Disa actress Sophia Nomvete] and there are these sort of mutton chops on the side.

Patrick McKay: I would go further to say that Tolkien himself — if you study his entire body of work — has answered this particular question both ways. There’s a very strong argument to be made that dwarf women should have beards, and a very strong argument to be made that they don’t. We’re happy with where we landed.

Elves don’t have shaved heads or short hair”

Payne: If Tolkien ever wrote a comprehensive style guide to hairstyles in Middle-earth over its thousands of years of history, I would love to see it.

McKay: Part of this show is to go deeper and broader into each of these races and cultures. To say that any culture as rich and with as long of a history as the elves would all have the same hair for 9,000 years … that doesn’t seem to correspond and harmonize with the breadth of the imagination that Tolkien left us.

Galadriel acts too masculine and she never went to Númenor”

Payne: I would love to see in Tolkien where it says Galadriel never went to Númenor — that doesn’t exist. Second, one of her nicknames is “Nerwen,” which means “man-maiden.” And third, she does not act masculine!

McKay: Also, the name “Galadriel” is loosely translated in Elvish as a maiden with a crown of golden hair. The reason she had a crown of golden hair is because when she would fight and do all sorts of sparring with other elves … she would braid her hair and put it up on top of her head [to stay out of the way]. So in the etymology is the idea that Galadriel is a warrior.

The costumes look too new”

McKay: I certainly don’t agree with that note. I think we are always talking about a lived-in world, and we’re always talking about adding breakdown [to give costumes a more worn-in look]. But also: That’s not a bad shirt you got on. Is it new?

[I confirm my shirt is new.]

McKay: Guess what? Sometimes clothes are new.

“The show’s pacing has been too slow”

Payne: I hope that people can key in for the journey. A lot of blockbusters have a breakneck pace where you’re wheeled from one set piece to the next until it all collapses under its own weight. Tolkien will take his time and let you sink into characters, to a journey, and journeys can be hard in Tolkien. I hope people will have the patience to settle in for a Tolkien epic.

That said, in THR’s The Rings of Power cover story, the duo conceded that some scenes in season one weren’t as urgent as they could have been. “There are things that didn’t work as well in season one that might have worked in a smaller show,” McKay said. “It has to be about good and evil and the fate of the world, or it doesn’t have that epic feeling you want when you’re in Tolkien.”




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 11/10/2022

Merci pour ce partage.
Cette interview vient d'où ?

UmbarParrot, citant les deux coureurs de spectacle a écrit :

Montrez-moi où Tolkien a écrit que Galadriel n'y est jamais allée

La remarque vaut aussi pour Tar-Miriel en terre du Milieu.
A ce rythme là, on peut ajouter plein de trucs.
Saison 2, épisode 3 : Donald Duck en costume de Spiderman apprend à Shelob comment faire de belles toiles.
Hein, quoi ? Montrez-moi un texte de Tolkien qui le contredit. Non ? Eh ben ok, allons-y ]Big Grin

Ça me rappelle le duo Peter Jackson et Mark Ordesky en 2001, tout ça.
Finalement rien ne change Smile

I.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 11/10/2022

Cette interview vient d'où ?

Ici.

C'est un article (ou plutôt une tribune) du Hollywood Reporter.

Avec mes sincères félicitations pour l'article sur 20minutes, que j'étends au journaliste aussi. C'est de loin le plus critique, alors qu'ailleurs on n'entend qu'à demi-mots "Bon, le rythme c'est un peu compliqué, il y a peut-être quelques niaiseries, l'inspiration est parfois un peu libre"...

Finalement rien ne change

Peut-être pas, mais la trilogie de Jackson se positionne quand même tout près du top du domaine des adaptations, domaine certes pas très reluisant.
La série d'Amazon touche pour moi le fond (avec Fondation d'Apple TV, qui m'a bouleversé dans ce sens avant RoP).




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 11/10/2022

ISENGAR a écrit :

Mais il ne faut pas être trop nostalgique. On ne peut jamais revenir en arrière. Alors, avançons, camarade !

I.

La nostalgie cependant n'est-elle pas au coeur de l'oeuvre de Tolkien ? ;-)
Merci pour ta réponse bienveillante.
De toute façon, le temps fera le tri...




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - paul - 11/10/2022

Un peu plus haut, j'avais cru bon d'inviter les participants de ce fuseau à lire le hors série de philosophie magazine (trouvé par hasard dans mon cas au début du mois dans une maison de presse) consacré à Tolkien et son mythe mais je m'aperçois que le sujet à déjà été traité ici même ainsi que sur le forum voisin... j'aurais effectivement pu m'en douter ^^' Je suis bien coufu.
C'est vrai que la rédaction aurait pu faire d'autres choix pour les images mais la question a déjà été soulevée ;-) Je referme cette parenthèse, c'est tout à fait hors sujet !




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 12/10/2022

ISENGAR a écrit :
UmbarParrot, citant les deux coureurs de spectacle a écrit :

Montrez-moi où Tolkien a écrit que Galadriel n'y est jamais allée [(à Númenor)]

La remarque vaut aussi pour Tar-Miriel en terre du Milieu.
A ce rythme là, on peut ajouter plein de trucs.
Saison 2, épisode 3 : Donald Duck en costume de Spiderman apprend à Shelob comment faire de belles toiles.
Hein, quoi ? Montrez-moi un texte de Tolkien qui le contredit. Non ? Eh ben ok, allons-y ]:D

Mais oui, parfaitement, allons-y ! Pour trouver l'inspiration, les sources, d'hier et d'aujourd'hui, ne manquent pas...


Odilon Redon (1840-1916).
Araignée ou Araignée souriante, 1881.
Fusain, estompe, traces de gommage, grattage (rayures) et fixatif sur papier vélin chamois, 49,5 x 39 cm.
Paris, musée d'Orsay, conservé au département des Arts graphiques du musée du Louvre.


Daniele Messina, dit "Charlie Fleed" (né en 1979).
Spider Duck 2 (“Don't worry Donald, practice makes you perfect...”), sans date (c. 2017).
Art digital.

Après... tout dépend de ce que l'on veut vraiment faire, notamment en matière de "remplissage de trous" en Terre du Milieu... ^^'

Plus sérieusement, merci à UmbarParrot pour le partage de cet article/tribune du Hollywood Reporter : son contenu tend à confirmer la large part d'enfumage qui semble caractériser toute cette histoire depuis le début... Ceci dit, je n'aimerai pas être à la place de ces "coureurs de spectacle", comme dit JR : par l'impératif d'attirer l'attention du public et de la garder sur une durée potentiellement très longue, il y a un côté "dealer", dans ce métier, qui le rend différent, me semble-t-il, du travail traditionnel d'un scénariste de film de cinéma, même quand le scénariste est aussi réalisateur. La pression doit être énorme, de même que le besoin de s'arranger en permanence avec la vérité par rapport à ce que l'on fait... Je repense à ces phrases prononcées par Orson Welles à la fin de son film F For Fake (Vérités et Mensonges, 1973) : “What we professional liars hope to serve is truth. I'm afraid the pompous word for that is "art". Picasso himself said it. Art (he said) is a lie. A lie that makes us realize the truth.” Dans le cas de showrunners comme ceux de la série Amazon dont il est question ici, je me demande où ils peuvent bien se situer, en matière de vérité et en matière d'art... En fait, la seule vérité qu'ils me paraissent révéler, en l'état, renvoie à la « loi du marché »...

Peace and Love,

B.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 13/10/2022

excellente citation à rappeler et malvenue d'Orson Welles.
Picasso a bien joué la-dessus  pour sa propre fortune mais l'art n'est pas que mensonge ou tromperie, sinon autant fermer tous les musées et les bibliothèques.
Loi du marché, oui mais beauté aussi, sinon je change de job, sauf à penser que les auteurs ne sont que des producteurs, pas des artistes. Je reconnais, certes que ce fut un gagne pain pour beaucoup mais sans rien enlever à la création.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 14/10/2022

Mieux vaut en rire qu'en pleurer... Source

La version complète en VO suit les morceaux les plus juteux à la traduction approximative.

Les livres traitent d'un Mal Absolu, presque abstrait. Nous voulions faire de Sauron un personnage à part entière, et montrer son cheminement vers le statut de Dark Lord. D'une certaine manière, c'est l'origine de Sauron.

Nous nous sommes inspirés du Paradise Lost de Milton. Satan captive le lecteur, il est si charismatique qu'il séduit l'audience, qui contemple ainsi sa propre Chute.

Si vous suspectez Halbrand et que cette suspicion est plus tard confirmée, cela a une dimension émotionelle. La tragédie est une des plus grandes formes d'art. C'est la raison pour laquelle on regarde encore Roméo et Juliette bien qu'on sache comment ça se termine. Tandis qu'une surprise ne fonctionne qu'une fois

J'espère qu'après ce final épisode, notre audience pourra regarder cette saison à nouveau, avec cette nouvelle perspective. Nous espérons que la saison 2 donnera à notre audience une appréciation nouvelle pour la saison 1, qui peut être vue par un nouveau prisme.

Les Showrunners indiquent que Sauron jouera un rôle majeur dans la saison 2, son parcours d'anti-héro offrant des similitudes avec certains personnages iconiques de télévision

La saison 1 débute par: Qui est Galadriel ? D'où vient-elle, quelles sont ses blessures, ses motivations ? Nous faisons la même chose avec Sauron pour la saison 2. Nous ferons la lumière sur tout.

Sauron peut maintenant être Sauron. Comme Tony Soprano ou Walter White. Il est maléfique, mais de manière complexe. Nous pensions que montrer cela dès la saison 1 ferait trop d'ombre au reste. Donc, la saison 1 est comme Batman Begins, la saison 2 est The Dark Knight, avec Sauron opérant à visage découvert. Nous sommes très enthousiastes. La saison 2 a une histoire canonique. Il y a probablement une part de l'audience qui se disent, "c'est ce qu'on voulait pour la saison 1 !" La saison prochaine, nous leur donnerons.

The Rings of Power’s biggest season one secret is out: Sauron has been hiding in plain sight as Halbrand, the Aragorn-like drifter who pretended — or, at least, allowed Galadriel to believe — that he was a long-lost king of the Southlands.

Showrunners J.D. Payne and Patrick McKay gave The Hollywood Reporter some insight into the thought process of introducing the Dark Lord as a charming “low man,” and also teased what comes next for the character in season two.

“What’s in the [The Lord of the Rings books] is an all encompassing evil that everyone is afraid of, and is so powerful, it doesn’t even have to be manifested physically,” McKay says. “He’s an image of an eye in [Peter Jackson’s The Lord of the Rings] films, he’s the eye on the tower. We felt Sauron should be a character in his own right. We wanted to study the currents running within him in a way that hopefully would reward audiences as they follow him moving forward as he becomes the Dark Lord. You now know him as a person outside the name ‘Sauron.’ In some ways, we wanted to do an origin story for Sauron. We didn’t want to make a show that was about the hunt for Sauron, but we love the idea of Sauron as a deceiver who could, hopefully, deceive some of the audience.”

Adds Payne: “There’s something that Milton does in Paradise Lost that we talked about a lot. Where he makes Satan a really compelling character. In some ways, he’s the first antihero where he’s compelling and you can’t take your eyes off of him. Milton did that on purpose because he wants you to fall along with Adam and Eve. He wants Satan to be so persuasive that he also seduces [the reader] and you’re unconsciously won over, so that you perceive your own fallenness and your need for redemption.”

Continues Payne: “In Tolkien, Sauron is a deceiver and we know that in Second Age he appears in ‘fair form.’ So what if he sneaks up on you and is able to get you to sympathize with him and get you to be on board with him so that once you actually realize who he is, that he’s already got his hooks in you? So it’s not just as easy as, ‘This person is evil, I’m going to back away,’ because you’ve already formed some level of attachment to him. What if we could get the audience to go through a similar journey?”

Many online had guessed Halbrand was Sauron along the way, which showrunners note is just fine with them — the goal wasn’t to fool everybody with a twist that feels totally out of the blue.

“If you had a sneaking suspicion over the course of an entire season, and then that suspicion is ultimately confirmed, that’s an emotional engagement,” Payne says. “Tragedy is one of the highest art forms. There’s a reason people are still putting on Romeo and Juliet hundreds of years after it was written even though you know what happens at the end. A surprise only rewards you on one viewing.”

“I hope after the last episode airs, viewers watch the whole season again, which is now a different experience,” McKay says. “We hope that, as we get into season two, it makes people like season one even better because you’re seeing it through a new prism.”

Speaking of the next season of the Prime Video series — which has begun filming, yet isn’t expected until sometime in 2024 — the producers hint Sauron will play a major role as he moves forward as an antihero in the model of some iconic TV characters.

“Season one opens with: Who is Galadriel? Where did she come from? What did she suffer? Why is she driven?” says Payne. “We’re doing the same thing with Sauron in season two. We’ll fill in all the missing pieces.”

“Sauron can now just be Sauron,” McKay adds. “Like Tony Soprano or Walter White. He’s evil, but complexly evil. We felt like if we did that in season one, he’d overshadow everything else. So the first season is like Batman Begins, and the The Dark Knight is the next movie, with Sauron maneuvering out in the open. We’re really excited. Season two has a canonical story. There may well be viewers who are like, ‘This is the story we were hoping to get in season one!’ In season two, we’re giving it to them.”




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 15/10/2022

Cet entretien est particulièrement savoureux, notamment par le manque de modestie des showrunners. On a le droit de se référer aux classiques, aux films et aux séries les mieux accueillies (ce qui n'est guère le cas de TROP à la réception tout de même contrastée), mais le faire dans une visée apologétique de la sorte...
Milton ?
Chez Milton, Satan a de la grandeur : d'une part, le personnage est l'ange déchu par excellence, d'autre part, Milton est un immense écrivain, pas quelqu'un qui essaie ses gammes en matière de versification et de caractérisation.
Tolkien lui-même, lorsqu'il écrit à propos des Valar, de Melkor, de Sauron, s'inspire de différentes mythologies et des classiques, qui donnent le ton pour écrire un personnage de nature divine et le faire parler : chacun peut avoir en tête les propos de Morgoth face à Húrin, la façon de s'exprimer d'Eru lui-même dans l'Ainulindalë, les prises de parole de Manwë, d'Ulmo. C'est ce qui explique l'intérêt des lecteurs pour le panthéon tolkienien : une véritable aura de divinité entoure ces personnages.
C'est important à considérer. Sauron n'est pas un être humain, ni un elfe d'ailleurs. Il va bien sûr sombrer dans des péchés et des vices qui concernent aussi l'humanité, mais c'est en tant que dieu/ange déchu qu'il le fait et c'est une différence essentielle. Et je parle d'un "vrai" dieu/ange déchu, pas d'un personnage de comics hésitant entre l'anti-super-héroïsme ou de personnage dans un monde à l'imaginaire très mêlé et souvent à l'opposé de la recherche d'un Tolkien (cf. Stephen King et Neil Geiman comme points de référence, je crois, et pour ce qui concerne la télévision, les mondes à la Supernatural).
C'est pour cela que j'espérais que Halbrand ne fût pas Sauron, car vu le traitement d'Halbrand, cela ne pouvait conduire qu'à une seule chose : une nouvelle fois, le martyre du personnage de Sauron dans une œuvre dérivée.
Cette fois-ci, le pire, c'est qu'ils partent... d'une idée de Tolkien, pourtant présente en dehors de leurs droits d'adaptation - mais précisément, cela leur enlève le contexte de l'évolution du personnage chez Tolkien. Je pense à l'idée de pénitence et de rédemption. On sait dans quel contexte particulier elle est présente à la fin du Premier âge en ce qui concerne Sauron : ces éléments sont nécessaires à la compréhension du personnage (la scène devant Eonwë, la peur du jugement des Valar, la fuite, la volonté de Sauron d'agir pour le bien, sa rechute puisque son hybris reprend le dessus, ainsi que son habitude d'imposer sa volonté aux autres, puis le recours aux expédients maléfiques), mais la série n'en disposait pas.
Les scénaristes ont donc tricoté quelque chose qui peut difficilement avoir la même qualité, et qui s'avère difficile à suivre. Leur prologue était déjà confus : pourquoi faire mourir Finrod après le Premier âge ? Pourquoi dire que les orques se sont multipliés après la chute de Morgoth, donc sous influence sauronienne, alors que la suite indique précisément l'inverse ? Même si la narratrice du prologue n'est pas fiable (forcément, rien n'est fiable chez la "Galadriel" de la série, à part la certitude du public que cette Elfe fait beaucoup de bêtises), c'est dur à suivre. On est censé croire que Sauron aurait voulu changer et faire le bien, mais il le faisait tout de même en sacrifiant des orques à la recherche d'un pouvoir occulte ? Puis Sauron prend une forme humaine (?), est vaincu par Adar qui est celui qui va mettre en œuvre le projet initial de Sauron (créer le Mordor) ? Comment Sauron se retrouve-t-il en pleine mer ? Soit il voulait en finir, soit il avait la préscience de savoir que Galadriel allait rencontrer son esquif à un moment donné ? La série semble confondre plusieurs niveaux : le pur hasard (mais quel pur hasard permettrait à Galadriel de tomber sur Sauron en pleine mer puis de conduire Sauron successivement dans les lieux les plus intéressants à visiter pour lui ?), le plan divin (la providence d'Eru, donc : c'est très tolkienien comme idée, que Galadriel ait été complice involontaire de Sauron, évidemment, par Manwë !), le plan ourdi de longue date (Sauron connaît la Musique, mais bon, à ce point-là...).
Surtout, c'est traité comme dans une série B, tout ça. Je veux bien que les images soient belles, mais le résultat de cette mystery box d'Halbrand est plutôt affreux : c'est du lieu commun à la pelle et ça me fait penser à ce qu'on aurait dans un Marvel. Après, le personnage et les showrunners enrobent cela d'un discours qui fait comme si c'était très intéressant et réfléchi, mais franchement, non : l'exécution ne me donne pas l'impression qu'il s'agit de Sauron. C'est plutôt un personnage de méchant standard passé par le filtre d'une imagination qui n'est pas assez forte pour aller jusqu'à la sève mythique et qui essaie d'y suppléer en faisant passer l'affaire pour telle dans le discours d'escorte.

Le point le mieux réussi dans la série, c'est les Harfoots, parce qu'au moins leur histoire est relativement indépendante du reste. Mais leur inclusion a été motivée par la complaisance et ils sont liés à un autre point de scénario qui est encore plus complaisant : nous avons donc affaire à l'origin story de... Gandalf, évidemment. Et comment est-elle signifiée ? C'est ce que je trouve rigolo dans la fabrique de cette série : l'Étranger est désigné comme Istar, donc par une réplique easter egg destiné au public de lecteurs pro-adaptations (parce que je ne sais pas pour vous, mais moi, je me moque absolument de la présence d'easter eggs détail utilisés comme leurres lorsque l'esprit de l'œuvre n'est pas respectée et que l'essentiel est chamboulé voire nié), un easter egg complètement extrait de son contexte dans l'œuvre originelle. Mais qu'est-ce qui va désigner définitivement Gandalf pour les amateurs des films, en réalité ceux qui sont cajolés prioritairement par l'équipe ? Eh bien, la reprise d'une citation présente seulement dans le premier film de Jackson, avec juste un changement de prénom.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 15/10/2022

Je m'étonne que personne ne donne la véritable raison du scénario de cette série : la découverte par les scénaristes d'un texte posthume de Tolkien retrouvé dans une valise oubliée et qui sera sans nulle doute rendu public d'ici peu. Selon les meilleures sources, son titre serait : "Galadriel & Sauron: A love story". Car le stade de la fan-fiction ou du jeu de rôle en Terres du Milieu a désormais été dépassé.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 16/10/2022

Excellent  :lol:




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Yyr - 16/10/2022

Hi ! Hi ! :)




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hisweloke - 17/10/2022

N'ayant pas vu la série - encore faut-il se prendre l'abonnement adéquat - il y a quand même quelque chose que je ne suis pas bien dans les critiques sur Halbrand/Sauron...

L'idée même de vouloir montrer comment "un" Sauron devient "le" Sauron que nous avons au 3e âge - sans présumer, donc, de la réalisation effective dans ladite série, mais juste en lisant propos et spoilers - me parait, pour le moins, "couillue" - si vous me le permettez: tout au mieux, osée et bienvenue - quoique casse-gueule...
Les ressources convoquées par les showrunners, entre Shakespeare et Milton, sont plutôt judicieuses, au demeurant... Milton surtout, dont on a pu tisser, sinon des liens explicites, au minimum une parenté de surface avec le légendaire tolkiénien... Bienvenu, donc... Car là, clairement, Tolkien ne nous donne que peu de billes (mais voir infra, plus largement.)

Je m'explique un peu plus... Comment le "mal" apparaît et se développe, à l'absolu, est une question intéressante, non? Lucas s'y est frotté et s'y est (à mon sens) cassé les dents, assez pitoyablement. Le Darth Vader de sa "première" trilogie (au sens de la date de parution) est impressionnant, inquiétant, puissant, délétère... Et trouve son point d'achoppement juste dans le "Retour du Jedi", où l'Empereur est aussi bien campé, sombre et terrible à souhait - le Morgoth de Lucas en quelque sorte. Tout cela fonctionne "plutôt bien", efficacement... Mais je suis loin d'être satisfait de la seconde "trilogie", soit la "préquelle", où cet Anakin nouveau, un gentil gamin facétieux, doit devenir le Vader redouté et craint de tous... C'est laborieux, et pour le moins... Stupide.  Ou: Raté, je trouve. Peu impressionnant, guère inquiétant sinon dans l'acceptation la plus faible du terme - oh, il tue des gamins sans vraie raison, le vilain colérique que voilà... - faible et... peureux, comme un adolescent asocial découvrant la dureté de la vie et n'y comprenant rien, ne cessant de s'y chercher, ne sachant rien gérer alors qu'il a tout à sa disposition... C'est raté, que je dis... amené de façon inintéressante et déplaisante. Insuffisant, pour le moins, à l'aune du mythe qu'était sensé incarner Vader...

Mais plus largement, Morgoth même, chez Tolkien, peine à me convaincre... Le seul texte, que j'aime fondamentalement, où je le "sens" comme une présence implacable, une force de nuisance en mouvement, c'est les "Wanderings of Hurin". Ah, là, bigre... Chaque mot fait ou défait... Tout mot, tout acte, pèse son poids...

Bref, l'idée de montrer un Sauron en devenir, quand bien même Tolkien ne l'aurait pas ou peu fait, m’interpelle à plus d'un titre ; ce que l'acteur lui-même donne à voir en interview de ses lectures et questions est intéressant...

D.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 17/10/2022

Montrer Sauron en devenir, pourquoi pas (bien que le sujet ne m'intéresse pas), même si c'est faire preuve de peu d'imagination que de vouloir imiter Star Wars. Mais montrer une love story entre Sauron et Galadriel, avec Sauron en anti-héros auquel Galadriel redonne confiance, comme le fait la série, c'est une autre histoire. Encore une fois, on ne peut pas parler de cette série ridicule et à cent lieues de Tolkien sans l'avoir vue sinon on raisonne hors sol.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 17/10/2022

Cher Semprini,
afin de t'écouter, j'ai vu les 4 premiers épisodes (du temps perdu) mais m'en suis tenu là. Faut pas pousser (hors-sol). Je n'ai pas bu le calice jusqu'à la lie.
A propos de calice, j'ai préféré m'offrir en dvd "le Calice d'argent (the Silver Chalice)", tout premier film de Paul Newman, un péplum un peu long, décors en carton mais scénario correct - Jack Palance en Simon le Magicien fait le job) - le héros, orfèvre, est recruté par Luc et Joseph d'Arimathie pour réaliser un vase destiné à inclure  la coupe de la Cène en y ajoutant les portraits des apôtres, ce qui l'entraine à Jérusalem, Antioche, Rome. Un curieux film inégal (dvd rare à trouver en ligne) mais pas mauvais quoiqu'en disent les critiques sur le net qui ne connaissent pas les sources à l'origine du scénario.
Pour la scène culinaire, je ne t’épargnerai pas Smile , quinze ans avant Fellini, le banquet de Néron dans ce film vaut celui du Satyricon ou celui de Garovirus un an plus tard dans Astérix. Smile
S.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 17/10/2022

PS (faut toujours un ps) : j'aime bien la comparaison avec Star Wars  Smile




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Semprini - 17/10/2022

Silmo a écrit :

Cher Semprini,
afin de t'écouter, j'ai vu les 4 premiers épisodes (du temps perdu) mais m'en suis tenu là. Faut pas pousser (hors-sol). Je n'ai pas bu le calice jusqu'à la lie.
A propos de calice, j'ai préféré m'offrir en dvd "le Calice d'argent (the Silver Chalice)", tout premier film de Paul Newman, un péplum un peu long, décors en carton mais scénario correct - Jack Palance en Simon le Magicien fait le job) - le héros, orfèvre, est recruté par Luc et Joseph d'Arimathie pour réaliser un vase destiné à inclure  la coupe de la Cène en y ajoutant les portraits des apôtres, ce qui l'entraine à Jérusalem, Antioche, Rome. Un curieux film inégal (dvd rare à trouver en ligne) mais pas mauvais quoiqu'en disent les critiques sur le net qui ne connaissent pas les sources à l'origine du scénario.
Pour la scène culinaire, je ne t’épargnerai pas :) , quinze ans avant Fellini, le banquet de Néron dans ce film vaut celui du Satyricon ou celui de Garovirus un an plus tard dans Astérix. :)
S.

Merci Silmo. Quatre épisodes c'est déjà bien ! :) Mais effectivement, tu as manqué les développements de la love story entre Galadriel et Sauron/Vador. Pour ma part, j'ai tout vu pour être en mesure d'avoir un avis. Je n'ai jamais vu Le Calice d'argent, qui n'a pas très bonne réputation mais a l'air rigolo à te lire. Un banquet qui vaut celui, prodigieux, du Satyricon de Fellini ? Et bien, cela doit être quelque chose ! Fellini, ça c'était un cinéaste. Dommage qu'il n'ai pas adapté Le Seigneur des Anneaux. Au moins, la mise en scène aurait été très belle.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 17/10/2022

Loin de Fellini, hélas et mal réputé pour son côté kitch mais bien inspiré d'un roman de Thomas Costain qui connaissait ses sources, y compris ce qui ridiculisait antisémitisme et ses clichés. Malgré ses moyens modestes côté décors, parfois surprenants, les auteurs s'efforcent de passer quelques messages bienvenus.
Côté cuisine, citons "un superbe paon rôti capturé en Égypte, un sanglier venant des chasses réservées de César, de succulents écureuils arrosés de jus de pavot, des huitres garnies de prunes de Damas et saupoudrées de cumin et de benjoin, des saucisses farcies aux œufs de pluvier aux cœurs de faisans, des sauterelles adultes frittes dans du miel et dorées comme le soleil, de gras et jeunes ortolans rôtis à point entourés d’œufs brillants comme des perles.... plus tard, il est question d'un dîner de chapon moelleux farci de graines de lotus et de langues de colibris"
Bon appétit et je ne fais que citer sans inventer !
S.
et si le sujet commence à t'intéresser, sans être exhaustif, je mentionnerai par exemple "Tolérance" (1989, SALFATI) avec la création d'une académie culinaire, ou "Salé,sucré" (1994, ANG Lee), "Saveurs et servitudes" (2011, WANG Feng), la liste est longue :-)




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 17/10/2022

Il y a déjà quelques jours, UmbarParrot a écrit :

Mieux vaut en rire qu'en pleurer... Source
[...]

Merci à UmbarParrot pour ce nouveau partage. J'aurai pu y réagir le jour-même, mais c'est aussi bien que Mairon ait d'abord donné son avis le lendemain, a fortiori en ayant pris la peine d'avoir vu la série Amazon de bout en bout, ce que je n'aurai certainement pas la patience de faire pour ma part, du moins dans l'immédiat.

Après tout, je pourrais dire que, pour l'heure et en la matière, j'ai assez donné, il y a presque dix ans, lorsque je suis allé voir en salles la deuxième trilogie de PJ, en 2012, puis en 2013, puis enfin en 2014, en faisant à chaque fois l'effort de formuler en ces lieux, comme il se doit, des critiques réfléchies et nuancées (à propos d'une deuxième trilogie qui me semble être, au final, un ratage à peu près complet... ce que n'est pas la première trilogie de PJ en comparaison, le premier film de 2001 restant pour moi celui qui a in fine le mieux vieilli) : à l'époque (de la deuxième trilogie), c'était JR qui passait son tour, alors tant mieux si les rôles se sont inversés cette fois-ci, car cela contribue, quelque-part, à la dimension communautaire des échanges sur ce forum vieux de bientôt un quart de siècle.

Je suis globalement d'accord avec Mairon, pour tout ce dont je puis juger (n'en déplaise à Semprini, semble-t-il) sans avoir vu de la série autre chose que quelques extraits — dans des bandes-annonces, et aussi plus récemment dans une sélection de séquences dont un(e) fan de la série a fait une vidéo, autour de la thématique Sauron/Galadriel désormais fameuse...

Mairon a écrit :

Cet entretien est particulièrement savoureux, notamment par le manque de modestie des showrunners.

C'est à mon avis le point le plus saillant de ce nouvel entretien, qui semble décidément confirmer un attitude des intéressés déjà présente dans l'autre entretien précédemment évoqué par UmbarParrot. Même sans avoir vu la série, même en souhaitant rester aussi mesuré que possible dans mon jugement, leur prétention saute aux yeux. Et ils osent, en particulier, se réclamer du Paradise Lost de Milton ? Après tous les discours lourdement promotionnels déjà précédemment entendus sur cette série, personnellement, je crois que l'on touche le fond.

Hisweloke a écrit :

Les ressources convoquées par les showrunners, entre Shakespeare et Milton, sont plutôt judicieuses, au demeurant... Milton surtout, dont on a pu tisser, sinon des liens explicites, au minimum une parenté de surface avec le légendaire tolkiénien...

Certes, et d'ailleurs, pour mémoire, un fuseau en ces lieux est consacré au Paradise Lost de Milton : ce sujet
Mais des références bienvenues sur le principe ne garantissent pas, en soi, la justesse et l'inventivité d'une approche narrative.

Ce que je trouve vraiment consternant, personnellement, c'est le fait que les deux "coureurs de spectacle" (©JR/Isengar) en question n'aient rien trouvé de mieux comme idée d'histoire qu'une énième variation sur le thème de l'origin story. Franchement, quel concept éculé... On ne compte plus les films et séries qui s'appuient là-dessus, alors même que c'est là loin d'être une idée neuve. En ce qui me concerne, c'est la dernière chose que j'ai envie de (re)voir (encore) appliqué dans une fiction audiovisuelle... non seulement parce que cela ne m'intéresse pas (ou ne m'intéresse plus : on en avait déjà assez vu avec ce que George Lucas a fait de Star Wars, par exemple), mais aussi et surtout parce que cela ne fait qu'acter une volonté de s'appuyer sur un univers littéraire célèbre, de façon utilitaire, pour raconter tout autre chose que ce que cet univers propose à l'origine.
Nous parlons là de Tolkien, mais à cette aune, je pense évidemment aussi à Robert E. Howard, car le film Conan the Barbarian de John Milius, en son temps, entrait pleinement dans un tel paradigme : je ne vais pas répéter ici tout ce que j'ai bien des fois déjà dit et répété ailleurs, mais rappelons simplement que Milius a scénarisé et réalisé un film (en soi toujours très bon à mon avis, par ailleurs) dont le propos ne reprenait seulement que quelques éléments fictionnels proprement howardiens (dont le célèbre nom de Conan lui-même), éléments tous largement sortis de leurs contexte d'origine, pour raconter tout autre chose qu'une histoire de Conan de Howard, le personnage principal joué par Arnold Schwarzenegger apparaissant de facto comme un personnage qui n'est tout simplement pas Conan le Cimmérien, un personnage que Howard a notamment volontairement créé sans lui donner de biographie. La fonction d'un tel personnage, chez Robert Howard, n'est pas principalement d'être un héros ou même un anti-héros dont les aventures seraient en permanence au centre du propos : sa fonction est plutôt d'être une sorte de révélateur pour les personnages dont il croise la route, dans le contexte d'une dichotomie civilisation/barbarie placée dans le contexte d'un univers de fantasy. À cette aune, raconter une histoire de vengeance autour d'un traumatisme survenu dans l'enfance et, entre autres, d'un "secret de l'acier", ce qu'a choisi de faire Milius dans son film, n'a rien à voir avec Howard, malgré la plasticité que peut offrir l'Âge Hyborien comme terrain de jeu narratif, à l'instar de la Terre du Milieu.
On pourra noter que le film de Marcus Nispel, trente ans après celui de Milius, toujours en utilisant le nom de Conan, a proposé une fois de plus une origin story. Ce fut aussi le cas, un peu avant le Conan de Nispel, lorsque Michael J. Bassett a réalisé, là encore, une origin story d'un autre personnage howardien, Solomon Kane, créé lui aussi par Howard sans lui donner de biographie. Résultat : Milius s'en est bien sorti parce que son film, en tant que tel, est maîtrisé de bout en bout, et qu'il est en particulier porté par la magnifique musique de Basil Poledouris, mais les deux autres films de cinéma, nés certes dans un autre contexte, se sont incontestablement plantés. Le fait est qu'une origin story n'a selon moi d'intérêt que si l'auteur lui-même l'a imaginé au départ, a fortiori comme un élément essentiel vis-à-vis de l'histoire racontée. Chez Howard, ce n'est pas le cas pour Conan le Cimmérien ou Solomon Kane, mais c'est le cas pour Agnès de Chastillon, personnage howardien que l'on pourrait éventuellement qualifier de féministe avec bien plus de raison qu'on ne le fait avec Eowyn ou Galadriel, à mon humble avis : la nouvelle Sword Woman, écrite par Howard en 1934 et qui met en scène Agnès pour la première fois, attend toujours une adaptation, parmi tant d'autres récits de Howard. Au lieu de cela, on préfère continuer à (essayer d')exploiter le filon "Red Sonja" (si éloigné de Howard)... mais j'arrête-là la digression.

Tout cela pour dire que les origin stories relèvent non seulement d'un domaine narratif battu et rebattu, mais qu'elles n'ont pas vocation à s'imposer systématiquement quand on prétend vouloir intéresser un public, surtout si cela ne renvoie pas aux conceptions originelles des auteurs dont on est censé s'inspirer. J'ai parlé de Howard, mais c'est la même chose pour Tolkien. Celui-ci n'a pas, à ma connaissance, prévu des textes inédits détaillant la "jeunesse" de Galadriel ou de Sauron, de telle sorte que cela apparaitrait comme essentiel dans la fonction de ces personnages au sein de la fiction tolkienienne. Pourquoi ne pas simplement respecter cela, et ne pas dès lors même s'abstenir d'exploiter des noms de personnages célèbres, et le nom de leur créateur même, afin qu'ils servent de prétexte à des "coureurs de spectacle" pour "donner aux masses ce qu'elles demandent" ? Ce dont je suis profondément las, aujourd'hui, c'est de tout le mélange de paresse et de prétention qui se manifeste à l'occasion de la conception et de la diffusion d'une production audiovisuelle comme cette série Amazon censée s'inspirer de Tolkien. Ce n'est pourtant pas si compliqué : soit on s'inspire d'un auteur en s'en réclamant directement et on l'assume dès lors avec tout le degré d'humilité et d'originalité requis, soit on s'inspire éventuellement d'un auteur (ou de plusieurs auteurs) mais en assumant de raconter des histoires originales sans chercher à exploiter des noms (d'auteurs, de leurs univers, de leurs personnages) comme autant de marques commerciales. Mais non, visiblement, il est bien trop tentant, pour ces gens, de se réclamer de quelque-chose de connu pour vendre leur came, avec une belle étiquette valant label sur l'emballage : voila bien là quelque-chose typiquement à l'image de l'absence totale de prise de risques qui caractérise notre époque, en matière de productions audiovisuelles destinées à une large audience. À cette aune, la véritable audace, si elle devait (enfin) se manifester, ne résiderait plus, à mes yeux, dans le fait d'explorer sempiternellement la "face cachée" de personnages célèbres (combien de fois cela a-t-il déjà été fait ?), mais à créer de nouveaux personnages originaux, tout simplement, ce qui est toujours possible même en s'inspirant directement de sources anciennes, et même a fortiori en entendant ne pas être complètement soumis aux conformismes du moment. Comme nous en sommes loin aujourd'hui... du moins à ce qu'il me semble.

Semprini a écrit :

Fellini, ça c'était un cinéaste. Dommage qu'il n'ai pas adapté Le Seigneur des Anneaux. Au moins, la mise en scène aurait été très belle.

Quand je pense au cinéaste qui a réalisé, entre autres, La strada, Les Nuits de Cabiria, La dolce vita, Huit et demi, Satyricon et Le Casanova de Fellini, au cinéaste qui a imaginé un projet de film comme celui de Voyage à Tulum — que Fellini a finalement adapté en bande dessinée avec Milo Manara —, je me demande ce qu'il aurait bien pu faire avec Le Seigneur des Anneaux, une oeuvre qui me semble ne pas être, disons, assez latine pour correspondre à l'imaginaire fellinien, et cela malgré la maîtrise qui était assurément celle de Fellini en matière de mise en scène... J'aurai, pour ma part, été curieux de voir ce que John Boorman (qui, par ailleurs, a connu Fellini) aurait fait en ayant la possibilité d'aller jusqu'au bout de son projet d'adaptation du roman de Tolkien... Le résultat n'aurait sans doute pas été forcément très orthodoxe d'un point de vue "strictement" tolkienien (ainsi que le laisse notamment deviner le scénario parvenu jusqu'à nous), mais Boorman aurait sûrement proposé une vraie vision d'auteur, en tout cas.

Silmo a écrit :
Hyarion a écrit :

[...] Je repense à ces phrases prononcées par Orson Welles à la fin de son film F For Fake (Vérités et Mensonges, 1973) : “What we professional liars hope to serve is truth. I'm afraid the pompous word for that is "art". Picasso himself said it. Art (he said) is a lie. A lie that makes us realize the truth.” Dans le cas de showrunners comme ceux de la série Amazon dont il est question ici, je me demande où ils peuvent bien se situer, en matière de vérité et en matière d'art... En fait, la seule vérité qu'ils me paraissent révéler, en l'état, renvoie à la « loi du marché »...

excellente citation à rappeler et malvenue d'Orson Welles.
Picasso a bien joué la-dessus  pour sa propre fortune mais l'art n'est pas que mensonge ou tromperie, sinon autant fermer tous les musées et les bibliothèques.
Loi du marché, oui mais beauté aussi, sinon je change de job, sauf à penser que les auteurs ne sont que des producteurs, pas des artistes. Je reconnais, certes que ce fut un gagne pain pour beaucoup mais sans rien enlever à la création.

Il ne faut pas oublier le ton et l'esprit avec lesquels Welles prononcent ces phrases, dans un film sur le vrai et le faux évoquant notamment la question de la valeur que l'on accorde aux notions d'auteur et d'art. Dans ces propos, qui se situent à la fin de son film, il y a de l'ironie, mais pas du tout de cynisme, a fortiori lorsque l'on n'oublie pas la méditation qu'Orson Welles partage précédemment dans ce même long métrage, dans une séquence où il se met en scène en train de contempler la cathédrale de Chartres, qu'il admirait beaucoup (également lecteur de Montaigne, le réalisateur de Citizen Kane était francophile) : https://www.youtube.com/watch?v=oB3tj1c1Itg

J'accompagne cette belle citation, que je n'ose traduire, de deux tableaux auxquels elle m'aura fait penser.


Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875).
La Cathédrale de Chartres, 1830/1872.
Huile sur toile, 64 × 51,5 cm.
Paris, musée du Louvre.

And this has been standing here for centuries. The premier work of man perhaps in the whole Western world, and it's without a signature: Chartres.
A celebration to God's glory and to the dignity of man. All that's left, most artists seem to feel these days, is man. Naked, poor, forked radish. There aren't any celebrations. Ours, the scientists keep telling us, is a universe which is disposable. You know, it might be just this one anonymous glory of all things, this rich stone forest, this epic chant, this gaiety, this grand, choiring shout of affirmation, which we choose when all our cities are dust, to stand intact, to mark where we have been, to testify to what we had it in us to accomplish.
Our works in stone, in paint, in print, are spared, some of them for a few decades or a millennium or two, but everything must finally fall in war or wear away into the ultimate and universal ash. The triumphs and the frauds, the treasures and the fakes. A fact of life. We're going to die. “Be of good heart”, cry the dead artists out of the living past. Our songs will all be silenced — but what of it? Go on singing. Maybe a man's name doesn't matter all that much.

Orson Welles, F for Fake.


Zdzisław Beksiński (1929-2005).
Œuvre sans titre (Peinture AA83), 1983.
Huile sur panneau, 87 x 73 cm.
Sanok (Pologne), Musée historique.

Peace and love,

B.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Silmo - 18/10/2022

We're going to die. “Be of good heart” selon Orson Welles
Bon, au cas où, il y a tout de même un défibrillateur dans la nef de la cathédrale de Chartres, en entrant à gauche  Smile




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 18/10/2022

Hisweloke, je dirais que l'acteur qui joue Halbrand/Sauron n'est pas mauvais, mais que le discours d'escorte qu'il utilise pour parler de son jeu est plus ambitieux que son jeu lui-même et que la direction de son jeu. Tout cela est en-deçà de ce que j'attends pour dépeindre un ange/dieu déchu comme Sauron, mais les choix scénaristiques dans l'affaire ne peuvent que ternir celle-ci. J'ajoute qu'il est louable que les acteurs aillent au-delà du cahier des charges. Christopher Lee, par exemple, parvenait à donner un tour un peu particulier au personnage de Saruman dans la trilogie de Peter Jackson, qui venait sans doute du mélange de sa longue expérience d'acteur et de sa vraie connaissance de l'œuvre originelle. In fine, cependant, même si cela peut être plutôt positif pour qui recherche les fragments de l'original, Lee jouait essentiellement le Saruman de Jackson, évidemment.

Tu évoques la "prélogie" de Star Wars. J'étais encore adolescent à l'époque de sa diffusion (je suis en début de trentaine), mais j'avais déjà approché les classiques (faisant grec et latin) et je sentais que le cadre était malaisé pour réussir à lier à l'esprit Star Wars de la trilogie originelle à une ambition plus grande, plus tragique, qui était nécessaire pour souligner la transformation d'Anakin et de la République en Vader et en Empire (respectivement). Lucas ne pouvait pas non plus être Shakespeare (là où les showrunners de TROP se voudraient Milton ?!), qui mélange les registres et même les genres comme diable (ce qui fut sur nos bords considéré comme une abomination, avant les Romantiques), mais Shakespeare n'avait pas comme mission secondaire de vendre des produits dérivés, cela étant dit. Ajoutons à cela que la prélogie a été assez maladroite dans sa construction (d'où l'idée plus tard de faire les séries Clone Wars) : en faisant du premier épisode la préquelle de la préquelle, Lucas a diminué le temps disponible, ensuite, pour traiter de ce qui comptait à propos du renversement d'Anakin.
Curieusement, je trouve plutôt les mêmes problèmes dans cette série, en ce qui concerne Halbrand/Sauron, ou le rétrécissement et la rapidité incroyables de la création des Anneaux - enfin des Trois...

Il n'est pas impossible de concevoir la progression d'un personnage sauronien, en se fondant sur ce que Tolkien en dit. Il a fourni la trame, explicite ou implicite, même s'il y a des doutes, notamment dans l'essai sur la motivation des personnages du Silmarillion (dans les derniers HoME). La difficulté, c'est que la série a réussi à reprendre certains fragments de cette idée (sur l'histoire de la demi-repentance complexe de Sauron), mais évidemment, en l'absence des droits et vu le changement d'inspiration, ça donne... autre chose. Et en suivant la mode actuelle, on aboutit à un duo Sauron/Galadriel, qui permet bien pratiquement de suivre la tendance perceptible dans des séries de genres variés mais aussi dans l'imaginaire. Pendant ce temps, la relation Sauron/Celebrimbor a été délaissée : elle est évidemment plus difficile à mettre en place. Il faut imaginer ce que Tolkien laisse dans la brume et qui est difficile, là où Sauron/Galadriel correspond à des motifs et à des types déjà assez souvent vus à l'écran.

Morgoth me semble en effet efficace et bien écrit en effet dans l'histoire de Húrin. J'ai envie de citer ses mots :
"I am the Elder King: Melkor, first and mightiest of the Valar, who was before the world, and made it. The shadow of my purpose lies upon Arda, and all that is in it bends slowly and surely to my will. But upon all whom you love my thought shall weigh as a cloud of Doom, and it shall bring them down into darkness and despair. Wherever they go, evil shall arise. Whenever they speak, their words shall bring ill counsel. Whatsoever they do shall turn against them. They shall die without hope, cursing both life and death."
Comme ailleurs, ici, on sent que Tolkien connait ses classiques - et évidemment, il comprend le mythique, le tragique, l'épique... de façon intime. Il sait aussi faire parler un dieu maléfique. Ensuite, comme tu l'écris, ça se sent dans les Wanderings of Húrin, du côté de l'influence indirecte de Morgoth.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - UmbarParrot - 18/10/2022

Mairon a écrit :

Il n'est pas impossible de concevoir la progression d'un personnage sauronien, en se fondant sur ce que Tolkien en dit. Il a fourni la trame, explicite ou implicite, même s'il y a des doutes, notamment dans l'essai sur la motivation des personnages du Silmarillion (dans les derniers HoME). La difficulté, c'est que la série a réussi à reprendre certains fragments de cette idée (sur l'histoire de la demi-repentance complexe de Sauron)

J'ai toujours eu une certaine fascination quant à la situation de Sauron à la fin du 1er âge. Je le vois reconnaître sans peine la défaite et donc la futilité morale de son entreprise, en bon utilitariste corrompu. D'autant plus qu'il peut en rejeter la responsabilité sur son ancien patron. Ce premier constat ouvre la porte à un second bien plus pénible à digérer : celui d'avoir eu potentiellement tort sur toute la ligne, sentiment d'autant plus plausible que l'absence nouvelle de Morgoth lui fait prendre la mesure de l'emprise que ce dernier avait sur lui. Cette succession d'humiliations devient insupportable pour le fantasque Sauron, qui rechigne à s'incliner devant Eönwë, pas aidé par la symétrie de leurs positions respectives, en prime.

Sauron, peut-être, fantasme alors sur une solution satisfaisant son narcissisme: il est le seul à pouvoir imposer, sous sa puissance fédératrice, la coexistence apaisée en Terre du Milieu, chose que les Valar, Elfes, Nains, Humains et compagnie sont trop moralement atrophiés pour envisager. Délusion qui se transformera à son rythme en désillusion avant d'être tout à fait abandonnée. Annatar émergera plus tard sous d'autres motivations...

La lassitude et l'amertume avec laquelle Charlie Vickers joue Sauron se prête parfois bien à cette interprétation, si on replace l'action au début du 2nd âge. C'est un des rares acteurs qui se montre relativement supportable, je trouve. J'ai su parfois aussi apprécier la bonhomie de Durin et sa compagne.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 10/12/2023

Quelque temps plus tard...

Je ne sais pas quand la série télé Amazon des "Anneaux de Pouvoir" reviendra à nouveau sur le devant de la scène avec une nouvelle saison, mais c'est peu de dire que l'absence d'attente vis-à-vis d'elle reste constante me concernant...

Je me permets de remonter ce fuseau parce que l'on y a parfois parlé aussi d'autres productions audiovisuelles, et que, comme j'ai déjà pu l'écrire ailleurs, depuis l'automne de l'année dernière, je me suis décidé à retourner de temps en temps dans les salles obscures, et ce jusqu'en octobre dernier, après quoi la motivation a de nouveau fondue, face à une offre d'aujourd'hui qui continue à ne pas beaucoup me parler, l'accumulation des soucis s'arrangeant rien (même si je n'ai pas renoncé, pour autant et par ailleurs, mais lorsque j'ai encore le temps, aux visites de musées, aux concerts classiques [tant que je peux], et au visionnage de films en DVD)...

Or il se trouve que je viens justement de retrouver les tickets de séances de cinéma pour les quelques films récents que j'ai vus sur grand écran depuis novembre 2022...

Inventaire :

  • La Maison d'Anissa Bonnefont, d'après le roman/récit/autofiction homonyme d'Emma Becker. Je n'aime pas le genre littéraire contemporain de l'autofiction, qui reflète trop souvent un privilège de "bobo" produisant du vide nombriliste, mais j'ai fait une exception pour ce roman-ci et donc pour le film qui en est librement inspiré, en raison du sujet traité — la prostitution, ici vue d'un regard féminin. Le film m'a paru, dans l'ensemble, plutôt correct, sachant tous les clichés (souvent misérabilistes) que l'on risque toujours de trouver dans un long métrage traitant d'un tel sujet : dans ce cas-ci, malgré la maladresse de certains passages (pour lesquels il aurait parfois mieux valu rester proche du roman de Becker), la prétention réaliste de certains éléments pourtant téléphonés (le jugement de la famille d'Emma sur son activité, par exemple) et la persistance de préjugés à l'égard du sujet (influence du porno, etc.), le film tient globalement la route, l'inévitable couplet moralisateur m'ayant paru avoir été mis davantage en veilleuse que d'habitude, ce qui contribue déjà en soi à rendre ce long métrage regardable, de mon point de vue ;
  • Avatar 2 : la voie de l'eau de James Cameron. Je suis allé à la séance à reculons, car j'ai toujours détesté le côté mégalomane de Cameron et la promotion pachydermique de ses films à chacune de leur sortie en salles. Cependant, après une première demi-heure laborieuse où l'on s'efforce de justifier le film comme étant la suite du précédent, je reconnais que l'on se laisse prendre par l'histoire, certes cousue de fil blanc (comme d'habitude), de cette fable écologique, truffée par ailleurs de références à d'autres longs métrages célèbres de Cameron ;
  • Caravage (L'Ombra di Caravaggio) de Michele Placido. De facture assez classique, mais sans être lourdement didactique pour autant, ce film constitue une bonne évocation de la vie tourmentée du peintre et de sa créativité, dans le contexte violent, inégalitaire et intolérant de son temps (fin XVIe, début XVIIe siècle ; Caravage est mort la même année qu'Henri IV en France, en 1610). La photographie du film est excellente, mettant en valeur les teintes que l'on retrouve dans la peinture du Caravage, dont les tableaux, et ceux d'autres peintres de l'époque (dont Artemisia Gentileschi, qui apparait dans le film) ont été reproduits en imitant les textures d'origine, pour plus de crédibilité. Malgré quelques petits problèmes de post-synchronisation des voix pour cette production franco-italienne, le casting du film m'a paru à la hauteur du sujet traité. Les décors et les costumes sont réalistes, avec notamment ce qu'il faut de saleté, comme dans un autre film "biopic" assez récent, sur un autre génie de l'époque : Michel-Ange d'Andreï Konchalovsky (ou Kontchalovski), un autre bon long métrage sur la création et ses tourments, vu sur grand écran en mai 2021 (c'était alors la première fois que je revenais dans un cinéma depuis... l'été précédent !) ;
  • John Wick : chapitre 4 de Chad Stahelski. Je n'avais jusque-là encore jamais vu sur grand écran un film de la série "John Wick", ayant découvert le premier long métrage de ladite série à la télé, quelques jours avant d'aller voir au cinéma, par curiosité, ce quatrième film, dont l'action se passe en partie à Paris (notamment à Montmartre et jusqu'à l'intérieur du musée du Louvre). Le fait de savoir que Stahelski dit s'être inspiré de Point Blank (Le Point de non-retour, 1967) de John Boorman (à mes yeux, un des meilleurs films de Boorman avec Excalibur) pour développer le personnage de John Wick, m'a aidé notamment à faire le parallèle entre, d'une part, la séquence très amusante du film de Boorman se passant dans une boîte/discothèque psychédélique californienne (le Movie-House) et se finissant par une baston, et d'autre part les séquences de bagarre de Wick comme celle se passant, dans ce quatrième film de la franchise, dans une discothèque berlinoise pour laquelle la Alte Nationalgalerie de Berlin a servi de décor extérieur : ainsi, avec ce type de référence cinéphile, le film d'action de Stahelski peut-il être regardé avec une appréciable dimension de second degré ;
  • Jeanne du Barry de Maïwenn. Tourné dans des décors magnifiques et avec des costumes somptueux, c'est un bon film historique, qui peut se regarder comme tel, sans forcément penser qu'il est aussi une manière pour la cinéaste de raconter sa vie à travers celle de la dernière favorite du roi Louis XV ;
  • Il Beomo de Petr Václav. Un excellent film historique, dont l'action se passe au XVIIIe siècle comme le précédent cité, et qui évoque pour sa part la vie en Italie du musicien et compositeur pragois Josef Mysliveček (1737-1781), admiré par le jeune Mozart. Il Beomo a été présenté comme étant dans le sillage d'Amadeus et de Barry Lyndon, sans avoir cependant la frénésie du premier (ce qui est plutôt un avantage) ni l'ampleur biographique du second (ce qui sert plutôt le propos, concentré sur la carrière italienne — à Venise, Naples, Rome... — de la vie de Mysliveček). Ce beau long métrage, notamment par le grand soin accordé à la reconstitution historique, en matière de décors, de costumes, de contexte culturel (celui du siècle des Lumières et de la façon dont on jouait la musique à cette époque), est à la hauteur de l'oeuvre musicale méconnue de ce compositeur, certes moins important que ses contemporains Haydn et Mozart dans l'histoire de la musique de ce temps, mais qui mérite de ne pas être oublié ;
  • Indiana Jones et le Cadran de la destinée de James Mangold. Une conclusion correcte de la série "Indiana Jone" au cinéma, sachant cependant qu'il était difficile de faire pire que le film précédent sorti en 2008, et ce malgré le fait que le thème du voyage dans le temps ne soit pas en soi très intéressant (car notamment trop aberrant scientifiquement). Harrison Ford s'en sort honorablement, mais vu son âge avancé, il était franchement plus que temps que la série s'arrête. Le premier film de cette série, Les Aventuriers de l'arche perdue (Raiders of the Lost Ark, 1981), reste à mes yeux le meilleur de tous, et un des rares films de Steven Spielberg que je peux revoir aujourd'hui avec plaisir (globalement, la "magie" de ce cinéaste ne "marche" plus sur moi) ;
  • Oppenheimer de Christopher Nolan. Le premier film de Nolan que j'ai pris la peine d'aller voir sur grand écran depuis Interstellar... C'est un bon "biopic" sur Robert Oppenheimer (1904-1967), monumental dans sa facture mais dans lequel le cinéaste fait l'effort d'être didactique vu la complexité du sujet. Le film, intéressant, demande de l'attention de la part du spectateur, mais j'avoue que je n'ai pas vu passer les trois heures de projection.

À cela s'ajoute quelques vieux films vus ou revus cette année sur grand écran, à la Cinémathèque de Toulouse :

  • Les Tueurs (The Killers, 1946) de Robert Siodmak, avec notamment Burt Lancaster et Ava Gardner ;
  • La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai, 1947) d'Orson Welles, qui est un des chefs-d'œuvre de Welles : je suis allé aux deux séances programmées ;
  • Péché mortel (Leave Her to Heaven, 1945) de John M. Stahl ;
  • Basic Instinct (1992) de Paul Verhoeven, déjà revu sur grand écran à la Cinémathèque de Toulouse, mais il y a déjà de très nombreuses années (vers 2005) ;
  • La Dolce Vita (1960) de Federico Fellini, chef-d'œuvre revu pour la première fois sur grand écran, en version restaurée, et lors de ce qui a été la dernière séance de cinéma me concernant pour le moment, au début du mois d'octobre dernier.

Aurai-je à nouveau à la fois le temps et la motivation pour retourner dans les salles obscures à l'avenir ? On verra bien...
Restent les films à voir ou à revoir en DVD, "à l'ancienne"... et parfois aussi quelques séries télé, diffusées en dehors des plateformes payantes, notamment sur la chaîne ARTE...

Peace and Love,

B.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 17/02/2024

Je pose ça ici, si jamais ce sujet intéresse quelqu'un :
Quelques infos sur la saison 2 des AdP

I.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 14/05/2024

Je pose aussi ça ici.

I.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 16/05/2024

Et la VF, sans surprises...
https://youtu.be/UFFyYrxMd6Y?feature=shared

I.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 26/07/2024

La saison 2 approche. Va-t-elle tenir toutes ses promesses ?
Les sites spécialisés vous présentent ces jours-ci plein de nouveaux nénelfes :

D'abord Camnir, « un Elfe expert en cartographie particulièrement doué pour naviguer dans les bois de l'Eriador », interpété par Calam Lynch ; puis Rían, « une Elfe réputée pour être l'une des meilleures archères de Lindon », jouée par Selina Lo.

Vous découvrirez également Mirdania « la protégée du maître forgeron Celebrimbor » qui sera jouée par Amelia Kenworthy.

Une fois n'est pas coutume dans ce monde de la mise en image de la Terre du Milieu, la franchise a essayé de faire un petit effort sur les noms.
On peut deviner une racine mírdan (s. joallier) dans le nom de Mirdania, ce qui pourrait être cohérent avec son rôle à proximité de Celebrimbor (même si la terminaison en "ia" ne me semble guère elfique). Quant à Rían, le nom pourrait être inspiré de la seconde partie du nom Celebrían, l'épouse d'Elrond, dont Tolkien avait tardivement précisé dans une lettre qu'il pourrait signifier "reine" (lettre 345 à Meriel Thurston).
Enfin, Camnir est plus bizarre. En décomposant en cam+nîr, on obtiendrait un nom sindarin pour le moins étrange étrange : la « Main qui pleure (?) » Big Grin


On peut aussi signaler l'apparition d'un personnage de Tolkien, le nain Narvi, celui qui a créé la Porte ouest de la Moria avec Celebrimbor. « Cet habile forgeron », nous dit la franchise, sera joué par Kevin Eldon.


J'ai piqué sans vergogne les images sur un site qui s'appelle hypnoweb.net.
La saison 2 débutera dès le 29 août sur Prime Video. Ce sera sans moi.

I.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Hyarion - 26/07/2024

ISENGAR a écrit :

La saison 2 approche. Va-t-elle tenir toutes ses promesses ?

J'ai appris, il y a déjà quelque temps (vers la fin du mois de mai dernier, de mémoire), que le personnage de Tom Bombadil a été intégré à « l'aventure » de cette série pour sa deuxième saison : les quelques photos diffusées en ligne et les propos sans relief des "coureurs de spectacle" les accompagnant (dans Vanity Fair notamment, et là encore de mémoire) ne donnaient pas envie, comme pour le reste...

ISENGAR a écrit :

Ce sera sans moi.

Ni moi. De toute façon, en matière de divertissement cet été, n'avons-nous pas déjà tout ce qu'il faut « à domicile » (dans tous les sens du terme) ?

Alea jacta est :
https://x.com/nocontextfre/status/1816477586056515629
(ou No comment, comme dirait Serge... ^^)

Amicalement,

B.

P.S. (27/07/2024 ; 02h37 du matin) : Bon, concernant l'ouverture des Jeux olympiques de Paris à laquelle j'ai fait allusion avec mon lien hypertexte, j'avoue que je n'étais particulièrement enthousiaste à la base, mais ayant tout de même regardé la cérémonie d'ouverture ce vendredi soir à la télé, je reconnais qu'elle était réussie, malgré la pluie, et les contraintes liées au fait que l'événement avait lieu au cœur de Paris et le long de la Seine. Il y a eu des choses bien, et d'autres moins bien, mais il en fallait pour tout le monde. J'imagine que Philippe de Villiers a dû avoir une attaque cardiaque devant le tableau du spectacle situé à la Conciergerie, avec Gojira et une Marie-Antoinette décapitée chantant « Ah ! Ça ira », et Alain Finkielkraut a dû pour sa part être consterné, lui qui est loin d'être bête mais qui n'aime pas le rap, de voir ce qui a été proposé du côté de l'Institut de France. Tant pis (pour eux). Pour ma part, j'ai apprécié entre autres que, musicalement, quelques grands compositeurs français soient au programme (Rameau, Saint-Saëns, Bizet, Offenbach, Satie, Dukas, Ravel et ses Jeux d'eau joués par Alexandre Kantorow, Debussy avec son Prélude à l'après-midi d'un faune...), et que les œuvres d'art des collections du Louvre soient utilisés de manière intelligente. Pour le reste, chacun ses goûts, et c'était en tout cas varié et festif la plupart du temps... mais même moi qui ne suis pas du tout amateur ni de Céline Dion, ni du répertoire d'Édith Piaf, j'ai trouvé émouvante la prestation musicale finale de la star québécoise sur la Tour Eiffel, qui fut un grand moment. Et la conclusion dans le jardin des Tuileries, avec l'allumage de la vasque de la flamme olympique, vasque finalement suspendue dans les airs avec une montgolfière : c'était tout simplement grandiose.

Bref, voilà au moins quelque-chose d'à la fois international et français (pour une fois), et de vraiment inédit, que l'on aura pu voir avec intérêt, en direct, sans même être obligé de payer un abonnement à Netflix ou Amazon Prime...
Oui, je sais, tout cela est hors-sujet, mais bon, ce n'est pas la première fois et après tout, il fallait que ce soit dit, histoire d'être un peu plus positif que d'habitude ces derniers temps...

B.

[EDIT: correction de fautes]




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 27/07/2024

Hyarion a écrit :

J'ai appris, il y a déjà quelque temps (vers la fin du mois de mai dernier, de mémoire), que le personnage de Tom Bombadil a été intégré à « l'aventure » de cette série pour sa deuxième saison

Mais oui, Tom Bombadil ! Roooh... J'avais oublié :/

Je crois qu'il est visible dans ce nouveau trailer un peu plus long, qui date d'hier :
https://youtu.be/FZYQmY4sEUM?feature=shared

Je n'ose pas vous souhaiter un bon visionnage. Si vous aimez l’œuvre de Tolkien, mieux vaut passer votre chemin.

I.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Druss - 28/07/2024

ISENGAR a écrit :

Rían, « une Elfe réputée pour être l'une des meilleures archères de Lindon », jouée par Selina Lo.
Quant à Rían, le nom pourrait être inspiré de la seconde partie du nom Celebrían, l'épouse d'Elrond, dont Tolkien avait tardivement précisé dans une lettre qu'il pourrait signifier "reine" (lettre 345 à Meriel Thurston).

Le nom Rían existe en tant que tel dans les textes, il s'agit de la femme de Huor et donc la mère de Tuor Smile




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 29/07/2024

Arf ! Merci !
Depuis que je me suis spécialisé dans le Deuxième Âge, j'oublie mes classiques Big Grin




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - Mairon - 01/08/2024

Je vais sans doute visionner la deuxième saison, parce qu'il faut le faire pour pouvoir en parler, parce que je m'intéresse à ce nouveau passage d'étape en matière de réception/"adaptation"/déformation de l'œuvre, vers des territoires de plus en plus éloignés de Tolkien, évidemment.
Je m'intéresse aussi à ce qui dans la série peut retranscrire le zeitgest des concepteurs, de l'industrie culturelle et des téléspectateurs.
Le côté complètement chimérique et absurde du projet (traiter du Deuxième Âge alors qu'on a légalement accès à quelques pages, sur les centaines qui existent ; prétendre respecter l'esprit de l'œuvre alors qu'on va à l'encontre, forcément, du matériau littéraire non accessible et qu'on suit une forme de projet de "modernisation" de cette Terre du Milieu...) me semble intéressant à étudier aussi. Tout autant que la sorte d'échec de l'opération, pour la première saison : comment, avec un tel budget, parvenir à ce résultat qui semble assez maigre (j'ai l'impression, peut-être fausse, que House of the Dragon fait bien plus parler d'elle que The Rings of Power) ?

UmbarParrot a écrit :

La lassitude et l'amertume avec laquelle Charlie Vickers joue Sauron se prête parfois bien à cette interprétation, si on replace l'action au début du 2nd âge.

J'ai eu du mal à vraiment saisir le personnage et le jeu de l'acteur ainsi... Mais je dois dire que j'ai regardé distraitement. Tout l'aspect "Galadriel rencontre Sauron fortuitement en pleine mer et s'embarque avec lui pour des aventures sans queue ni tête" primait, dans ma perception. Le reste était ni clair, ni correct. S'il fallait installer une ambivalence, ce serait celle que Tolkien place dans le personnage au début du Second Âge, mais ce n'est pas exactement ce que fait la série, il me semble. De toute façon, la rupture de la chronologie empêche toute évolution vraisemblable de ce côté-là.
Il fallait au moins se fonder sur ce que Tolkien avait écrit ailleurs, quitte à là aussi le trahir - ou ne rien faire du tout, me dis-je. Là, le choix de trahir y compris le peu de matière accessible, voire les fondements mêmes de la mythologie d'Arda (par exemple en modifiant les motifs pour faire des Anneaux, en faisant se passer en même temps des événements qui ne peuvent pas chez Tolkien avoir de vraisemblance à la même période), c'est aussi ce qui explique les problèmes de la série et l'impression de patchwork bizarre qui s'en dégage.
D'après le trailer de la deuxième saison, les Anneaux semblent déjà dominés par Sauron alors même qu'il n'a pas l'Unique ? Enfin bon, de toute façon, même sans considérer Tolkien, pour la cohérence interne de cette "Terre du Milieu", on repassera.




Une "amazon" chez Le Seigneur des Anneaux - ISENGAR - 14/08/2024

Le dernier trailer en date :

I.