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Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Cédric - 15/01/2004

Voici le nouvel edito de Semprini :
- Critique du Retour du Roi.

Peut-être dernier édito d'une très belle série (ou alors, devons-nous attendre à un ultime édito pour la sortie du DVD version longue ? ;-), je renouvelle tous mes remerciements et félicitations à notre ami cinéphilo-tolkienlogue ;-))

Bonne lecture !
Cédric.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - greenleaf - 15/01/2004

Magnifique.

Merci, merci beaucoup de ce compte-rendu qui non seulement donne corps à mes propres réflexions, plus paresseuses, mais souligne les importants dilemmes de l'adaptation et ne manque pas non plus d'aborder le travail cinématographique de Jackson, qui fut pour moi, je pense, la plus grande des déceptions.

greenleaf




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - vincent - 15/01/2004

bravo semprini
(souffle un peu, avant "bilbo", puis les 'sequels' sur Legolas, Gimli, etc. :-)

Vincent




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Silmo - 15/01/2004

Bravo Semprini et merci.

Maintenant que la liste des éditos est complète, je vais pouvoir me faire un petit reccueil.

J'ai bien rigolé à un moment en te lisant car dans un fuseau de la section "films", quelqu'un avait demandé quel réalisateur on aurait hypothétiquement préféré à PJ pour tourner le SdA... et j'avais failli poster un message pour répondre Ingmar Bergman :-) Et puis je m'étais abstenu craignant que ça ne parle qu'aux vieilles barbes (je parle pour moi :-)).

S'agissant de la construction du film qui alterne les plans immenses et en grande partie numériques (sauf certains paysages) avec les gros plans systématiques pour toutes les scènes de personnages, je crains que PJ ne s'en soit malheureusement expliqué dans un de ses commentaires du film (je crois dans la version longue des Deux Tours): plus un personnage est filmé de près, dit-il, moins il y a de décor autour et si la scène est ratée, elle devient plus facile à remprendre ou à refaire en post-production.... et c'est aussi une économie de décor!!! Au moins, il n'a pas honte de le dire. Remercions le de sa franchise.

Merci d'avoir évoqué la scène des Elfes vers les Havres avec l'apparition en rêve d'Eldarion. Je crois qu'il n'en avait pas encore été question dans les fuseaux que j'ai consultés et c'est vrai que c'est un moment magnifique.

Je te trouve un peu dur avec Elijah Wood que tu trouves trop souriant à la fin du film. Entre l'hébétude et la douleur constipée, il fallait bien que son cachet soit justifié par une troisème tête d'expression, non?

Silmo


Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - sosryko - 15/01/2004

Oui, merci Semprini,
pour la somme de travail
pour une certaine leçon de regard et de cinéma
(et combien nous en avons besoin en ces temps sombres où tout se vaut)
mais aussi pour les réflexions sur les problèmes (et solutions possibles) d'une adaptation cinématographique auxquelles tu a su donner corps tout au long de tes éditos.
Tous ceux qui t'ont découvert sur la dernière Feuille on pu s'en rendre compte et l'apprécier.
Ton dernier édito a toutes ces qualités.

Sosryko


Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - mati04 - 15/01/2004

Je joints mes felicitations aux autres pour la somme de travail effectué et l'interet constant de tes editos.Meme si je ne partage ton point de vue et en particuliers ton approche du cinema.
Pour reprendre ton expression je recherche plus le "cote sensorielle" lorsque je vais au cinema.En effet je ne vais pas dans une attente de reflexion lorsque je vais voir un film d'aventure(ce que je pense que cette trilogie est non ?).J'en veut pleins les yeux et tant pis pour mon cerveau abetit.
Pour ce qui est de la critique filmique au sens stric je ne porterais pas de jugement n'etant pas assez calé sur le sujet.Cependant je prefere un film mal filmé comme le retour du roi qu'un chef-d'oeuvre comme Citizen Kane ou je me suis vraiment ennuyé.
Je reconnais que parfois la maniere de filmer de P.J. frise le ridicule ainsi la scene digne de 30 millions d'amis des deux tours (presentation de shadowfax), le porteur de la flamme olympique ou encore lors de la sortie de Theoden avec




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - mati04 - 15/01/2004

OUPS desole mauvaise manip je reprens.
La sortie de theoden avec aragorn et compagnie dans les deux tours ou sur le pont ils balaient les uruk par dizzaine.ceci dit c'est aussi une des faiblesses du livre aussi(mais c'est un autre probleme). tu dis aussi que cette approche cinematographique enleve l'emotion.je prendrais l'exemple de l'arbre blanc.il m'a suffit de le voir pour en ressentir de l'emotion pas besoin de plus j'ai comblé les trous du film a ce sujet par ma connaissance du livre(je reconnais que ce point de vue n'est pas tres sympa pour ceux qui ne connaissent pas le livre).

enfin je finirais par te remerciais encore pour tes editos qui m'ont fais reflechir sur une approche differente de cette adaptation et c'est pourquoi je traine souvent sur ce forum sans il est vrai souvent intervenir.il faut dire que le niveau de certains po
st sont parfois d'un tels niveaux que je me sens parfois tout petit.                                                                                                                                                                                                               Ps desole pour les fautes de syntaxes et d'otographes mais je n'ai pu retoucher mon post vu mon erreur de manip




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - ISENGAR - 15/01/2004

Merci pour cet article plus qu'éclairé, Semprini.
Un véritable bol d'air frais après tout ce qui a pu être déjà dit, en moins sage, en moins bien ou en moins intelligent, sur le sujet.

I.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - babel - 15/01/2004

Merci pour cet édito (cette série, devrais-je dire), qui rencontre complètement ma propre opinion des films de Jackson.
Même en laissant le livre de côté, il y a trop de scènes qui ne fonctionnent pas sur un plan purement cinématographique. Problèmes de mise en scène, de cadrage, de durée de plan. Problème d'excès et d'inconstance. Tout simplement, Peter Jackson ne sait jamais où s'arrêter. La surenchère est le premier problème, tant au niveau de la direction d'acteurs (Frodo, Sam parfois, Denethor !...) que du visuel (l'armée des morts !) ou simplement de la narration (la charge contre les oliphants, les batailles en général...). Jusqu'à anesthésier tout sentiment.
Dommage qu'un tel potentiel graphique soit finalement plombé à ce point par la construction bancale de la narration. Bancale car trop focalisée sur la surface, l'instant présent. A en oublier que l'univers créé par Tolkien forme un tout. Même si on ne le découvre véritablement qu'après lecture des oeuvres annexes, le SDA-livre laisse entrapercevoir la vastitude de cet univers. Et force est de constater que les films de PJ ferment et clôturent terriblement cet univers.
C'est drôle, mais la scène que je préfère du RdR est exactement la même: la vision d'Eldarion par Arwen... Où ont-ils trouvé un gamin avec un tel regard ? Puis un elfe mal rasé m'a sortie de la magie de cet instant. Comme à chaque fois qu'une scène sublime apparaît à l'écran, elle s'est faite tuer par le plan suivant. Manque d'équilibre...

b.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Finrod - 15/01/2004

Que dire de plus ? Comme d'habitude, cet édito est agréable à lire, pertinent, très bien fait et surtout remarquablement argumenté. Ca fait plaisir de lire des critiques telles que les tiennes à côté de toutes les âneries que l'on trouve le plus souvent dans la presse et sur Internet. Bref, merci Semprini ! :-)

L.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Finrod - 15/01/2004

J'oubliais : cette fameuse scène de la vision d'Eldarion par Arwen m'a pour ma part laissé plutôt de marbre. Il s'agit d'un des rares points pour lesquels je ne partage pas l'avis de Semprini. Ca doit être que j'ai vraiment trop de mal avec la "Arwen" du film ;-). Par contre, je suis définitivement à 100% d'accord sur le fait que l'un des pires problèmes avec PJ se trouve dans sa propension presque insupportable à la surenchère, et ce dans tous les domaines. Le trop plein de gros plans, d'effets spéciaux, de mouvements de caméras incessants à tendance à me donner la nausée. Et quel manque de subtilité dans cette vision du "phare" de Barad-dûr par exemple... Mais bon, ce n'est pas la peine de revenir encore là-dessus ;-).

L.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - babel - 15/01/2004

--> Finrod
Ce qu'il y a, avec Arwen, c'est qu'elle est présente à la fois dans de très bonnes scènes comme dans des scènes exécrables. Alors on peut la rejeter en bloc comme séparer le bon du mauvais... Ca dépend du spectateur. J'aime beaucoup sa première apparition à Fondcombe (devant Narsil), la vision de son destin dans TTT (même si les explications concernant le thème de la mortalité sont bien incomplètes, jusqu'à pratiquement dire le contraire de ce qu'elles devraient par omission), et la scène précitée dans le RdR. Je déteste les scènes d'adieu à Fondcombe, le "rêve" d'Aragorn dans TTT, et tout particulièrement l'Arwen "bannière-surprise" du RdR.

Un rôle très ingrat, finalement. On glose beaucoup sur Liv Tyler, mais il faut bien avouer qu'elle n'a pas trop dû savoir sur quel pied danser au cours du tournage...

b.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - myau - 15/01/2004

Et bien je ne vais pas être tres original, bravo pour ce tres beau texte, franchement...
maintenant (et ça on peut le deviner facilement) je ne suis pas d'accord avec tout..
Mais quand même pas mal de chose !!
En plus tout est argumenté, donc tout passe, bon style....un régal à lire....
Avant de poster, j'ai pris soin de lire ta critique des 2 tours, que je n'avais pas encore eu le plaisir de lire..(ayant lu celle du 1er dans la feuille de la compagnie 2)...
et celà confirma cette vision...

tout particulierement la toute fin du commentaire concernant les débats soulevés : il est vrai que tant de discussions, parfois d'affrontements comme tu le glisse si judicieusement ;) , sont basées sur, je cite, "des lectures différentes du livre que des conceptions différentes du cinéma"...
Et là "tout" est dit....encore bravo....
Pour conclure, juste une petite question, mais elle me semble tres importante : pourquoi alors tous ceux qui ont lu Tolkien n'ont pas un avis négatif sur le film, certains trouvant même qu'il est assez (pas totalement, j'en convient) fidèle à son auteur ?
Pas besoin d'aller tres loin, seulement sur un forum voisin, où on peut voir cohabiter textes et études sur Tolkien et forum où la plupart des gens sont fan du film...)
Celà amene une deuxieme question : les amateurs des "deux" SDA ont-ils mal ou moins bien compris Tolkien que les autres (on me l'a reproché une fois...)?
Difficile de répondre, j'en conviens...

Allez Bonne journée à tous (et évitez de vous acharner sur moi, j'ai déjà donné ! :D




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - babel - 15/01/2004

--> myau
A vrai dire, je ne trouve même pas que les problèmes les plus évidents du film aient quoi que ce soit à voir avec Tolkien. Prends n'importe quelle histoire et raconte-la au cinéma avec le style adopté par PJ pour le SDA, et les mêmes personnes trouveront les mêmes choses à y redire. Une mauvaise direction d'acteur, une surenchère à tous les niveaux, des ralentis inopportuns n'appartiennent qu'au domaine cinématographique. Par exemple, alors qu'il fallait une fin sobre, PJ propose un déluge de sentimentalisme qui sonne tellement faux que toute émotion est impossible. A nouveau, le problème n'est pas le rapport livre-film, mais bien la manière de filmer les choses.

Après ça, on peut effectivement râler sur les incohérences scénaristiques, les manques ou les modifications par rapport au livre, mais à vrai dire, ça paraît finalement assez secondaire au regard des simples problèmes de mise en scène. A quoi cela sert-il de construire des décors plus vrais que nature si le cadrage et la direction d'acteurs appauvrissent la scène qu'on veut filmer de manière si dramatique par moment (Je repense à la scène d'adieux à Rivendell, exemple parmi d'autres)... A quoi cela sert-il de pousser le réalisme des décors, des costumes... si c'est pour laisser Eowyn abattre un mastodonte de deux coups de tranchet et faire de Legolas une machine invincible ?




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - myau - 15/01/2004

oui, mais apres celà rejoint la notion cinématographique elle-même...
personellement, je trouve (celà n'engaga bien évidemment que moi)que le film en lui-même est fantastique et tres bien filmé....ien sûr, je reconnaît que je suis loin d'être un spécialiste de cinéma.. (si on avait plus de film comme ces 3 là...^^)
Reprenant ce que dit Semprini sur le trop de la présence de plan rapprochés (visage) et de la caméra qui "bouge" souvent...
mais n'est-ce pas un peu logique d'avoir plusieurs de ces plans dans une durée totale de plus de 10 heures ?? pendant une telle durée, on peut noter de multiples plans identiques...
mais bon à chacun sa vision, bien sûr...;)

Concernant la fin, je ne voit pas ce qu'on peut lui reprocher, A MOINS que...si elle n'est pas assez longue...
en plus elle est sobre et assez bien amenée...Sentimentalisme ? je ne trouve pas, juste montrer (aie le mot qui fâche ? ;) la tristesse du départ...qui aurait pu être mieux expliqué, ça c'est sûr...

Bref, je trouve que le film en lui même est vraiment..enfin vous voyez...^^




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Moraldandil - 15/01/2004

Bravo, Semprini.
Voilà une synthèse détaillée et pesée sur l'ouvrage de PJ, qui souligne bien des débats récurrents ces derniers temps. J'y soucris presque entièrement.

Presque, parce que la vision d'Arwen en chemin m'a plutôt agacé personnellement. Mais c'est peut-être du fait de Liv Tyler, dont j'ai fini par mal supporter la larmoyance (pour employer un suffixe en vogue)... ;-)

Il me semble que l'opposition pour / contre est assez tranchée pour ce volet, ce que tu as bien éclairé par l'opposition de deux visions distinctes du cinéma. Je dois l'avouer, pour moi, cela reste plus que de belle images qui bougent : l'aspect visuel ne suffit pas à compenser la pauvreté de la mise en scène et du scénario.

Bravo encore, et merci.

Bertrand




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Yyr - 15/01/2004

De la modération, voyons ... Cédric sera bientôt contraint, sur le moteur de recherche, d'interdire les recherches à partir des mots-clés "bravo" & "Semprini" ;) ...

Merci.
Beaucoup :)

Je peux en effet offrir aux nombreux amis qui connaissent ma passion pour Tolkien autre chose qu'un visage défait, hagard, déprimé et muet, lorsqu'ils me demandent "alors, tu as dû aimer ?" : des liens sur tes éditos ! :)

Je dis cela très sérieusement : J'aurais personnellement pris les choses forcément trop à cœur (peut-être pire qu'Isengar ;)). Tu as su à la fois donner une critique objective et rigoureuse - cela se sent - sans pour autant te priver d'exercer un réel jugement * (qui rejoint d'ailleurs, j'ai l'impression, celui de la majeure partie des tolkiendili dont je partage la sensibilité à cette "profondeur tolkiénienne") ... - jugement auquel je me fies (je n'ai pas regardé les films - mais on n'arrête pas de m'en parler évidemment, et de me demander un avis ... je _cites_ donc le tien en général ;)).

* ai-je besoin de préciser, hélas, comme aujourd'hui on aurait trop tendance à croire qu'objectivité signifie s'efforcer d'équilibrer parfaitement les avantages et les inconvénients en toute chose ... et de conclure absolument que "tout se vaut" :| soupir ...

Sinon, par rapport à l'inspiration Starwars, n'ai-je point aussi entendu ci et là parler de jar jar bins de service ? ...

Jérôme




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Alfonso - 15/01/2004

Parvenir à mettre des mots sur ses idées avec une telle exactitude c'en est presque de la poésie, je ne vois pas comment le dire autrement...

<< La connivence qui s’établirait alors entre les spectateurs et les personnages se ferait non pas sur un plan immédiat et émotionnel comme chez Peter Jackson mais sur un plan où le spectateur apprivoiserait les personnages, dont les traits seraient révélés plus subtilement, et comprendrait la nature de leur rôle dans un plus grand dessein qu’eux-mêmes, les admirant de plus loin >>

..et ce n'est qu'un exemple.

Encore Merci Semprini !


Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - romaine - 16/01/2004

Cet édito est mesuré, argumenté, approfondi....un vrai plaisir à lire! Bon, ce n'est pas parce que c'est une constante dans le travail de Semprini qu'il faut s'abstenir de le remercier. Merci Semprini :o)

Pourtant je rejoins assez mati 04 dans sa défense des films qui privilégient le "côté sensoriel". Je trouve assez agréable d'être bluffée par les effets visuels, les beaux paysages et les costumes soignés. (J'assume ;o) )

De ce fait, je ne suis pas dérangée par le choix de Jackson d'avoir fait un film "grand spectacle" et de ne pas avoir approfondi les thèmes philosophiques de l'oeuvre ou même la subtilité des personnages. En gros, je n'en veux pas à Jackson d'avoir fait un film "commercial" plus qu'un film "intello", tant qu'il n'y a pas tromperie de sa part sur la marchandise, et il me semble que ce choix était patent depuis le premier film.

En revanche, et sans connaître rien en technique cinématographique, la fin est baclée, hachée, on dirait qu'elle est finie à toute vitesse, ce qui est regrettable, même pour un film commercial.

Concernant le "tout ce vaut" qui agace Yyr, je comprends, et partage: tout ne se vaut pas. Cependant, c'est assez difficile de faire la part des choses....sans être aussi attachée que myau à l'idée selon laquelle tout dépend de la vision de chacun, je constate de grosses divergences sur une même scène:

Personnellement, la scène Arwen/Eldarion m'a plutôt déplu, je la trouve mièvre, et ne saurais précisément expliquer pourquoi, je dis donc que c'est "ma vision" (Yyr, si tu me dis que le "chacun sa vision" est l'apanage des gens qui ne savent pas argumenter, tu auras peut être raison, mais ce ne sera pas gentil du tout ;o) )




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Yyr - 16/01/2004


Ouh là ... la dernière question m'a l'air compliquée, surtout à cette heure :) enfin ... pour moi ; la seule chose que je tiens pour certaine étant par ailleurs que je ne souhaite aucunement fâcher Dame Romaine, j'attendrai au moins demain - si j'ai l'occasion de poster demain :)

Sinon, je ne sais si le choix était patent dès le premier film (?) (sans doute, personnellement, je l'ai peut-être pressenti *avant* le premier film ... quelques indices ... :) ... et je me suis vite sauvé en Faërie trois beaux hivers durant) ; mais quoi qu'il en soit je ne crois pas que Peter Jackson l'avait annoncé : je crois même qu'il avait plutôt mis en avant sa fidélité à l'oeuvre de Tolkien, non ? Mais, si ce choix de "surface" était délibéré chez PJ, alors, ce que je n'admets pas, mais alors pas du tout, c'est que l'on utilise une oeuvre telle que celle de JRR T pour produire sciemment de la surface, du grand spectacle ... au détriment de la profondeur, c'est-à-dire : du goût rapide et divertissant pour les yeux (comme, en exagérant je le concède, un fast-food pour le ventre), au détiment du sens pour l'âme (- qui n'a pas besoin de choses intellectuelles). Ce qui est l'antithèse de Tolkien. Une oeuvre, une histoire, des noms, ça se respecte. Si on n'a ni l'envie ni le talent de leur rendre un véritable témoignage, on invente sa propre histoire et on la met en scène ... bien sûr c'est plus difficile, ça demande des efforts ...

Enfin, bon, voilà, ah la la je ne suis pas sérieux. Que veux-tu, ce sujet, c'est comme dire du mal des Elfes devant Sam :) il perd sinon sa sagesse son calme ...




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Lothiriel - 16/01/2004

ENFIN !!! :-D Merci Semp'. comme d'hab, on n'est pas d'accord sur tout, mais cette prose est toujours un plaisir à lire. quelle argumentation !
je suis bien d'accord avec toi sur les problèmes de montage, notamment à partir de la fin de la bataille des Champs du Pelennor. Je pense vraiment que le gros défaut de ROTK c'est d'être ouvertement une "VL abrégée". d'accord aussi sur les regrets d'avoir privilégié le film d'action, le film épique, sur une intériorité et une plus grande profondeur des personnages. d'accord aussi sur certaines scènes, que je qualifie de "faciles" faute de mieux (notamment la scène du palantir, n'est-ce pas Edrahil, et bien sûr l'Oeil).
pas d'accord sur la scène d'ouverture, que j'aime bien, alors même qu'elle est un peu ridicule. d'ailleurs, j'aime aussi beaucoup la scène du Mont Venteux dans la Communauté, que tu égratignes au passage ! pas d'accord sur Gandalf qui pousse Denethor au feu, j'interprète la scène de manière plus nuancée : Gandalf sauve Faramir puis Pippin, Gripoil affolé par les flammes se cabre et Denethor s'enflamme. hasard ou nécessité ? :D pas d'accord sur Frodo à la fin, je trouve Elijah Wood plutôt touchant (OK, il n'arrive pas à la cheville de Sean Bean dans la Communauté, mais bon ...).

j'ai vu Ran très récemment : je ne peux donc que souscrire à ton dernier paragraphe. j'ai vu aussi, la semaine passé, un ovni nommé Soy Cuba, film d'un russe commandé par Castro et sorti en 64. en le voyant, j'ai plusieurs fois pensé aux films de PJ, en me demandant ce que telle ou telle scène du SDA aurait donné avec ce type de réalisation (très longs plans-séquences ; esthétisme primant sur le narratif ...).

je suis heureuse aussi que la scène de la vision d'Arwen soit évoquée : je la trouve très belle - comme l'était celle des Deux Tours montrant la future mort d'Aragorn. au passage, Silmo, tu as dû zapper des messages, je suis quasiment certaine de l'avoir évoquée déjà ;-)

j'aime beaucoup ROTK, je le précise. Moins que la Communauté, moins que les Deux Tours - mais pour ces deux-ci, j'ai déjà oublié mon sentiment post "première version", ce qui fausse la comparaison. Cinématographiquement, je lui reproche son côté haché. du point de vue de l'adaptation, je lui reproche ce choix de l'action à outrance. je le regrette d'autant plus que certains passages laissent annoncer de belles choses, surtout quand on songe à la bande-annonce - mais où est passée la scène où Eomer pleure Eowyn ? PJ me donne l'impression d'aimer ses personnages et pourtant de ne pas les laisser prendre toute leur épaisseur. C'est le cas de Faramir, d'Eomer, même d'Eowyn laissée sur son champ de bataille ; mais également d'Aragorn, de Gandalf même (fichue scène des coups de bâton sur Denethor !). quel dommage ...




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Emeric - 16/01/2004

Bravo pour cet immense travail de trois années Semprini!

J'aimerais avoir plus de dévellopements sur un point particulier : à plusieurs reprises tu fais allusion à une certaine réussite plastique du film. Dans quel sens ? Pour ma part l'une des choses qui m'avaient frappées était au contraire un sentiment pervasif d'artificialité tout au long des films, qui me distrayait de la "suspension  de l'incrédulité" qui m'aurait permie de les apprecier plus pleinement.

Emeric




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Swing Kid - 16/01/2004

Bonjour à tous.

Ce message est le premier que j’écris sur un forum Internet. Cela fait plusieurs jours que je lis les réactions des uns et des autres sur l’œuvre cinématographique de Peter Jackson, et je ne résiste pas à l’envie d’y apporter à mon tour mon petit grain de sel.

( En aparté, j’ai cherché en vain un endroit où je pourrais me présenter à vous en ma qualité d’amateur de l’univers des terres du milieu. Quelqu’un peut-il m’indiquer le fuseau approprié ? )

Dans l’ensemble, j’ai été plutôt surpris par la teneur qui m’a semblé sévère de certains commentaires. Les points qui sont soulevés ici ou là ( la représentation de l’œil au sommet de Barad-Dur, la scène de la destruction de l’Unique à travers la lutte de Frodo et Gollum, l’exploit de Legolas contre un oliphant, le plan du visage de Frodo après la piqure d’Arachne, etc…) me semblent être des points de détail sur lesquels on pinaille. L’œuvre de Peter Jackson n’est pas exempte d’imperfection, bien sur, comme toute œuvre humaine. Mais si je reconnais l’existence de certaines des imperfections signalées, elles restent à mes yeux d’ordre mineures par rapport au plaisir procuré par l’ensemble de l’œuvre.

Oui, la vision des trois films de Peter Jackson m’a enchanté et certaines scènes, appuyées par une musique qui selon moi les renforce, m’ont fait vibrer : Ainsi l’arrivée des Rohirrims sur le champs de bataille du Pélennor, maintes fois évoquée, est un pur moment de bonheur.

Reprenant l’analogie entre une connaissance scientifique partagée par des initiés et un article de vulgarisation scientifique destiné au grand public, je qualifierais l’œuvre de Peter Jackson comme étant une agréable et plutôt bien faite œuvre de vulgarisation  illustrant l’univers de Tolkien, offerte au public.

Excès d’indulgence de ma part ? C’est possible, mais le mérite premier à mes yeux de l’œuvre de Peter Jackson est avant tout de braquer le projecteur sur un auteur qui mérite d’être connu et lu par le plus grand nombre.

Si malgré les défauts qui sont soulignés ici et là concernant les films, ces derniers incitent les gens qui ne le connaissaient pas, à lire Tolkien ; alors Peter Jackson mérite ma ( notre ? ) reconnaissance.

Concernant l’Edito de M. Semprini, j’ai apprécié son argumentaire, mais j’avoue que lorsque je regarde un film, je ne sais pas analyser  comme lui le travail de fabrication du film ( Plans, montage, …). Je réagis simplement, instinctivement, sans savoir le disséquer. Je ne saurais donc lui répondre sur ce terrain là. ( Je concède toutefois que certaines scènes de combat dans la foule sont un peu brouillées par un manque de stabilité des images ).

Pour ma part, je n’ai rien à reprocher au jeu des acteurs.

Le lien qui rattache le travail de Peter Jackson à celui de Georges Lucas, est pour moi un éloge si l’on compare aux opus IV, V, et VI de Star Wars.

Pour conclure, je signalerais néanmoins au risque de me contredire, que je suis allé revoir hier pour la seconde fois, le retour  du Roi. Est ce le fait d’avoir lu sur ce site des critiques sévères sur le film, qui ont troublé mon esprit, en soulignant des aspects qui m’avaient échappé lors de ma première projection il y a un mois ?
J’admets ne pas avoir retrouvé à l’identique le plaisir procuré initialement, sans que je sache pourquoi. Mais bon, globalement, l’impression reste positive.

Bien cordialement à vous tous.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Silmo - 16/01/2004

Lothiriel>>>"au passage, Silmo, tu as dû zapper des messages, je suis quasiment certaine de l'avoir évoquée déjà ;-)" Oops, désolé! :-))




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Semprini - 16/01/2004

Là, c'est trop, vous exagérez. :) Merci à tous! :)

Semprini, qui aime autant les (bons) films à grand spectacle que les (bons) films dits "intello".




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Semprini - 16/01/2004

Emeric, je trouve que l'usage cumulé de maquettes, des superbes paysages néo-zélandais, du matte-painting et de la colorisation (étalonnage) numérique nous donne parfois des plans plastiquement très réussis. Artificiels certes, mais si l'on suit les descriptions de Tolkien, comme PJ l'a fait, il est difficile de rendre compte d'une construction aussi dantesque que Minas Tirith par exemple sans artificialité. Je préfère encore la solution de PJ au tout numérique du Lucas de The Phantom Menace.

Bienvenue Swing Kid! :)




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Lothiriel - 16/01/2004

Swing Kid : "Excès d’indulgence de ma part ? C’est possible, mais le mérite premier à mes yeux de l’œuvre de Peter Jackson est avant tout de braquer le projecteur sur un auteur qui mérite d’être connu et lu par le plus grand nombre."

Tu n'es pas le premier à écrire cela, et cela me chiffonne toujours autant. si les films de PJ ne sont qu'une pub géante pour les livres, c'est dommage, non ? le premier mérite de PJ, puisqu'il est cinéaste, est de procurer du plaisir à ses spectateurs (et la première critique à lui faire est d'en avoir ennuyé certains !). une adaptation, quelle qu'elle soit, n'a pas vocation à donner envie de lire le livre ; elle est d'abord une oeuvre en soi, pour un support spécifique et un public spécifique. le fait d'avoir poussé nombre de personnes à lire le SDA n'excuse pas les faiblesses des films de PJ - ni ne rend ses qualités encore plus visibles, d'ailleurs.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Messaline85 - 16/01/2004

je suis nouvelle aussi, et je n'avais pas encore donner mon sentiment sur l'adaption de PJ....
hé bien, j'aurais pu faire un copier/coller de la réponse de Swing Kid qui reflète à 100% mon point de vue.

Pour moi, c'est avant tout une adaptation particulièrement réussie, qui aura le mérite d'avoir fait découvrir la lecture et le monde de Tolkien au plus grand nombre, la plupart des jeunes que j'ai rencontré et qui ont aimé le film ont tous eu très envie de lire le livre...

J'ai trouvé le film très bien fait dans l'ensemble, même si certains détails m'ont ...disons.. embêtés... dans un premier temps, je trouve que le rythme est bon et c'est un bon spectacle. J'ai particulièrement apprécié les versions longues des deux premiers, je pense ne pas être déçue par la vl du "Retour du roi".

Pour moi, le film et le livre sont distincts, simplement parce qu'on ne peut les comparer, mais j'apprécie les deux...




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Swing Kid - 17/01/2004

Bonjour à tous.

Je réponds d’abord à Lothiriel.
Ma vision d’une adaptation est la suivante : J’aime une œuvre pour des raisons qui me sont propres. J’ai envie de la faire partager autour de moi . J’invite tout à chacun à venir au contact de l’œuvre originale que j’aime (bouche à oreille). Je veux aller plus loin et rendre hommage à l’œuvre originale qui m’a plu, par le biais d’un média qui touchera davantage de population.
Je monte un projet de film, trouve des financiers, une équipe, et réalise un rêve personnel. Avec le secret espoir que l’œuvre d’adaptation que je réalise me fera partager ce que j’aime avec le plus grand nombre.
Je crois que c’est la démarche qui est propre à toute adaptation.
S’il s’agit de faire seulement une œuvre en soi, alors faisons directement une œuvre originale et nouvelle.

« le premier mérite de PJ, puisqu'il est cinéaste, est de procurer du plaisir à ses spectateurs (et la première critique à lui faire est d'en avoir ennuyé certains !) »

Je ne peux que regretter que les films de P.Jackson ont ennuyé une partie des spectateurs.
Mais je constate aussi qu’il en a enthousiasmé bien d’autres ( dont je fais partie ), et il nous a  procuré du plaisir. Il me semble que c’est le propre de toute œuvre d’art d’avoir ses laudateurs et ses détracteurs. Ce qui donne tout son intérêt à une œuvre d’art, c’est qu’elle suscite le débat. Rares sont celles qui emportent une unanimité totale, et l’unanimité ne mène pas bien loin.

Comme je l’ai déjà dit, j’ai eu beaucoup de plaisir à regarder les films de P.Jackson. Aussi dans mon esprit, je ne le réduis pas à une simple campagne de pub. Je dis simplement que si ses défauts l’emporte sur le reste, on ne peut au moins lui retirer l’ambition d’avoir voulu mettre un coup de projecteur sur un auteur et une œuvre qui nous sont chers. Et que ce point ne compte pas pour rien à mes yeux.

Réponse à Méssaline85 :
Merci de ton soutien. Je compte sur toi pour consolider les faiblesses de mon argumentaire si nécessaire …

Réponse à Yyr :
Je reconnais qu’il est difficile de faire admettre que la soupe est bonne à celui qui ne voit qu’un infâme brouet. Et lycée de Versailles .

J’avoue avoir découvert des imperfections reprochées au film, à la lecture des messages sur ce forum, et ne pas les avoir remarqué auparavant en projection. Comme je l’ai déjà dit, j’ai été surpris par la sévérité de certains jugements. Il en est, après réflexion, que je ne conteste pas, mais ma sensibilité personnelle et le plaisir que j’ai eu à voir le film, font qu’en regard de l’ensemble, je les tiens à mes yeux pour des points de détail mineurs.

Mais je suis heureux de découvrir des points de vue opposés au mien, et de pouvoir en débattre.

Je vous dis tous à bientôt. Chaleureusement votre.





Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Lothiriel - 17/01/2004

SwingKid "S’il s’agit de faire seulement une œuvre en soi, alors faisons directement une œuvre originale et nouvelle."
>> la pénurie de scénarios originaux est d'ailleurs une des faiblesses du cinéma actuel. Ceci dit, je n'ai pas dit qu'il s'agissait de faire SEULEMENT une oeuvre en soi, mais D'ABORD ;-) C'est quand même le but premier de toute création artistique et une adaptation est une création (une re-création éventuellement). Une adaptation n'a pas vocation à faire découvrir l'oeuvre littéraire dont elle est issue, elle a vocation à faire un film. PJ en a abondamment parlé en disant qu'il avait pensé en lisant le SDA qu'une telle histoire ferait un bon film. que le film en question fasse ensuite lire Tolkien est un effet induit - positif - mais non une raison suffisante pour être indulgent et "pardonner" les critiques qu'on a à faire au film - quand on a à en faire, bien évidemment.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Swing Kid - 17/01/2004

Lothiriel, je constate que nous ne donnons pas la même vocation à une oeuvre d'adaptation. Néammoins,je prends en compte ton point de vue. Et peut-être que dans quelques temps, après réflexion, m'aura t'il fait évolué, ... ou peut-être pas.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Yyr - 17/01/2004


Romaine : Yyr, si tu me dis que le "chacun sa vision" est l'apanage des gens qui ne savent pas argumenter, tu auras peut être raison, mais ce ne sera pas gentil du tout ;o)

Après reflexion, non, ce n'est pas ce que je dirais ; tu peux te rassurer :)


Swing Kid : Si malgré les défauts qui sont soulignés ici et là concernant les films, ces derniers incitent les gens qui ne le connaissaient pas, à lire Tolkien ; alors Peter Jackson mérite ma ( notre ? ) reconnaissance.

Non :




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Lambertine - 17/01/2004

Chers Lothiriel et Swing Kid,

Je ne sais pas si le cinéma actuel est plus pauvre ou plus riche que le cinéma des années 50,50 ou 30. A mes yeux ( mais je peux me tromper ) les cinéaste se sont inspirés de romans plus ou moins connus depuis l'invention du média.
Ceci étant, les films sont plus ou moins proches des oeuvres originales, et ont leur vie propre, c'est vrai. Et plus ou moins selon les films, selon le fait que le livre d'origine soit plus ou moins connu etc...
Ce qui est assez original avec le film de PJ ( que je ne me suis pas privée de critiquer... ) c'est qu'il est l'un des rares qui ait attiré l'attention des spectateurs sur le livre... qu'ils se sont mis à lire. Je n'ai pour ainsi dire jamais rencontré personne qui se soit mis à lire Hugo, Eco, Philip K.Dick, Herbert ou Margaret Mitchell après avoir vu Les Misérables, Le Nom de la Rose, Minority Report, Dune ou Autant en emporte le Vent. J'en ai connu pas mal que le film de PJ a amené à lire Tolkien ( et même pour certains à venir ici ). Et pas seulement le SdA, mais l'oeuvre dans son ensemble. Est-ce une qualité du film ou une faiblesse ? Je n'en sais rien...




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Messaline85 - 17/01/2004

en effet, c'est une question qu'on peut se poser...

Personnellement, j'ai toujours aimé lire, mais je rencontre tellement de gens, plus ou moins agé qui déteste lire et pour qui c'est une corvée, ça me rend triste qu'ils se privent d'un tel plaisir...
Et après les films, pas mal de ses mêmes gens ont commencer à s'interesser et à lire Tolkien puis autre chose...
pour moi, c'est une grande qualité...




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Edrahil - 17/01/2004

J'en ai connu pas mal que le film de PJ a amené à lire Tolkien ( et même pour certains à venir ici ).

*sifflote tranquillement* Tiens, on parle de moi ? :) :)

Sinon, je tiens à remercier également beaucoup Semprini pour son édito extrêmement clair et très agréable à lire. Je m'y retrouve dans la majorité des points évoqués, sauf - au même titre que Finrod et Moraldandil - en ce qui concerne le passage avec Eldarion, qui m'a également laissé de marbre.

Mais j'en suis convaincu, c'est en partie à cause de la mièvre Liv Tyler et de ses yeux de merlan frit que je n'ai pas accroché... :D

En ce qui me concerne, c'est effectivement PJ qui, avec ses 2 premiers films m'avait poussé à m'intéresser à Tolkien - et accessoirement, m'a fait découvrir ce merveilleux site - ce dont je lui suis reconnaissant. Maintenant, j'ai autour de moi de nombreuses personnes qui se limiteront très certainement aux films, quelques-unes d'entre elles n'ayant pas supporté la différence de rythme entre les 2 supports, car s'attendant, au regard des films, à un roman d'aventures classique. Je ne suis pas pas excessivement optimiste quant à l'intérêt porté à Tolkien qui ressemble davantage à une "mode", dans l'ensemble, qu'à un réel intérêt durable. Nous verrons, avec le temps, ce qu'il en restera.
Quant à ce dernier volet, malheureusement, là où j'attendais un traitement particulièrement intéressant des thèmes tokieniens abordés plus ou moins fidèlement dans les 2 premiers volets, je n'ai eu qu'un défilé de belles images qui bougent dans un film amputé de scènes majeures. Mais je ne m'étendrai pas plus, vu que tout a déjà été dit à ce propos. ;-)
Bref, immense déception pour ce volet...
Et encore bravo et merci, Semprini. :)

E.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Mj du Gondor - 18/01/2004

Ce nouvel « édito » est  effectivement un plaisir pour la lecture , une référence pour la critique.
Difficile Semprini, de te contester l’analyse ;et certainement il n’est pas un dérapage technique qui ait pu t’échapper. Je me fierai sans hésitation à ton jugement sur la conception du film, sur ses erreurs, ses faiblesses du point de vue de la technique cinématographique.
Quant au rapport à l’œuvre je crois que tout a été dit déjà et ton argumentation à juste titre  ne se situe plus à ce niveau, la condamnation étant sur ce point sans appel !.
Mais un peu de contestation ou plutôt une exploitation de quelques uns de tes arguments pour tenter de revaloriser une vison différente :
Dans ton introduction tu évoques ce que le film révèle : » une frontière entre ceux qui perçoivent d’abord le cinéma comme une expérience sensorielle et ceux qui y recherchent une vision porteuse d’un sens s’offrant à la réflexion du spectateur »

Il me semble que cette phrase résume bien nos divergences d’opinions exprimées dans les différents fuseaux consacrés à l’adaptation.
Les deux approches sont à mon sens tout aussi légitimes et ne sont pas révélatrices de nos attitudes vis à vis de l’œuvre écrite.
Il n’est pas impératif de souhaiter retrouver sur un écran la réplique exacte de notre univers de lecture. ( Je dis bien non impératif mais je comprends que certains y aspirent !)
En dépit de toutes les erreurs techniques accumulées par PJ et que tu soulignes certainement fort à propos , il faut bien reconnaître que la première catégorie a été comblée peut-etre grâce à ces quelques grands moments que tu lui reconnais quand tu déclares notamment « qu’il (PJ)a porté à son plus haut degré un type de splendeur visuel »et en insistant plus loin par cet avis : »Le Retour du Roi réserve d’ailleurs des scènes spectaculaires au spectateur, comme l’arrivée de Gandalf et de Pippin à Minas Tirith, l’exaltant allumage des feux d’alarme de Minas Tirith, ou la charge des Rohirrim. »

Aussi, je ne peux pas manquer de me réjouir de cette appréciation même si elle est réductrice : « il y a des moments de très grande beauté plastique dans son adaptation qui pourraient suffire à combler ceux qui retiennent avant tout chez Tolkien son génie visuel. ». Oui !: La splendeur glaciale du hall de Denethor,le départ de Faramir sacrifié, la veillée d’armes de Pippin, jusqu’à la beauté cuivrée de Frodon dans son ultime résistance à l’Anneau et la chute dantesque de l’empire de Sauron !

Ce sont ces grands moments qui nous font oublier les évidentes fautes de goût, celles que tous ont relevées et que je complèterai encore par : la porte mélodieuse de la Moria , le palais « féérique » de Galadriel, (dans le 1, mais qui ne passent vraiment pas !) la pièce montée de la vue générale de Minas Tirith, l’éclair « transpatial ??, » de Minas Morgul et ses illuminations glauques ……..

Tu termines par ce constat : « Par quoi l’on voit que depuis le début des débats soulevés par l’adaptation du Seigneur des Anneaux se confrontent et s’affrontent aussi bien des lectures différentes du livre que des conceptions différentes du cinéma. » J’ajouterai que l’adaptation cinématographique d’une grande œuvre littéraire et en particulier du genre du SDA qui allie sujets de thèses et pure narration d’un récit merveilleux constitue encore à elle-seule un genre particulier  : n’est-il pas raisonnable de scinder les deux approches , de renoncer à rechercher devant un écran la profondeur du livre  en s’abandonnant plutôt à ce que l’image peut nous offrir pour enrichir notre imaginaire c’est à dire cet aspect visuel !
Une salle de cinéma est-elle vraiment propice aux investigations intellectuelles ? l’aspect épique ou d’épopée s’accommode bien par contre du grand spectacle !
Mj




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Alfonso - 19/01/2004

Mj du Gondor>> Une salle de cinéma est-elle vraiment propice aux investigations intellectuelles ?


Il ne s'agit même pas d'investigations intellectuelles, car cela suppose un effort du spectateur pour rester à l'écart. Mais plutôt d'être transporté agréablement pendant le film dans un monde vivant, qui prend forme tout seul, et sans l'aide du livre. Je m'attendais du Retour du Roi à ce qu'il soit ce genre de film qui nous donne la nostalgie de repenser à tel moment, tel lieu, tel personnage. Qu'à l'aide d'une seule scène en tête, ce monde autonome reprenne vie. C'est la façon de faire des films que Peter Jackson n'a pas choisi. Ce faisant, je n'ai fait aucune expérience, rien qui soit particulièrement fort et que mon esprit ait gardé.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Alfonso - 29/01/2004

Cependant, je pense qu'il serait mérité que Peter Jackson obtienne l'oscar du meileur réalisateur pour les raisons que Semprini évoque dans son Edito et pour couronner en quelques sorte son projet entier (comprennat les trois films) qui l'a tout de même occupé pendant plus de 6 ans.

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Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Alfonso - 29/01/2004

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Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Alfonso - 29/01/2004

mais mince à la fin..!

Je cite donc Semprini:

Etre responsable, dans les instants les plus frénétiques de la production du Seigneur des Anneaux, de sept équipes de tournage différentes, être capable de rassembler une équipe de décorateurs, de directeurs artistiques, de digital compositors de ce calibre, et les amener à créer ces très grands moments du cinéma d’effets spéciaux que contient le film n’est pas un mince exploit.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - ISENGAR - 30/01/2004

Il était une fois un chef de service d'une administration que je ne citerai pas. Très ambitieux, dédaigneux envers les collègues aux grades inférieurs, méprisant envers tout ce qui portait jupon, ce brave homme s'est retrouvé à la tête d'un service lourd et besogneux.

Après deux années à brasser du vent et à briser des équipes autrefois solidaires, le chef de service s'est vu confier par une hiérarchie aussi aveugle qu'incompétente, l'organisation d'une mission capitale.
Pendant 6 mois, il a été responsable, dans les moments les plus frénétiques de l'organisation de cette mission, de quatre équipes de tri, d'intendance et de saisie. Il a été capable de rassembler une armée de volontaires désignés d'office pour le rassemblement de la masse de documents liés à l'opération, de mobiliser d'autres chefs de services à ses côtés (de toute façon, ils n'avaient guère le choix), d'imaginer avec le service informatique un logiciel de recensement et de statistiques dédié rien qu'à cette même opération. Et il a amené comme un chef tout ce beau monde à de très grands moments de la vie trépidante de la fonction publique.
Ce n'étais pas un mince exploit.

Sauf que l'opération fut du boudin.

Tant de mois de travail et d'efforts pour ça...
Il a fallu l'intervention des plus hautes instances en personne pour redresser la situation : ces grands pontes sont même venus travailler un dimanche pour recommencer toute une partie du machin à zéro. Un dimanche... pour des hauts fonctionnaires de l'Etat... rooooh !

Alors oui, ce chef de service méritait bien son oscar : il l'a reçu en pleine tronche ! Avec une spéciale dédicace de la part du ministre en personne.
Aujourd'hui il sévit dans un placard, quelque part dans un sous-service d'une sous-direction quelconque... Sa carrière est brisée (et c'est bien fait pour sa g... hum !)

Hélas.
personne n'est venu corriger les horreurs de Jackson. Et en guise de placard, il se retrouve sous les feux de la gloire...

Et on ose dire que les fonctionnaires sont des privilégiés...

I.;o)




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Swing Kid - 30/01/2004

Réponse à la façon humour des Deschiens :

« Oui, mais Jackson, il n’est pas chef de service dans une administration, lui … » ( ; - )))




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Silmo - 30/01/2004

Je crois, Isengar que c'est en observant le fonctionnement de l'administration (française?!?! - sur laquelle je ne crache pas, j'y bosse...) qu'un américaion a décrit le fameux "syndrome de Peter" (ça ne s'invente pas ;-))) )... principe en vertu duquel tout fonctionnaire, tant qu'il travaille bien, est récompensé par des promotions... puis arrive forcément un moment où il occupe un poste où il a été nommé après une gratification mais pour lequel il n'est pas assez qualfié. On dit qu'il a atteint son "seuil d'incompétence"..... et il reste là à ne produire que du mauvais boulot...




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Edoras - 30/01/2004

Sauf qu'en ce qui concerne le mauvais boulot de Jackson, ca reste un jugement assez subjectif si j'en juge par le succès mondial des trois films (phénomène qui ne peut pas être négligé il me semble...) et les opinions divisés que l'on peut trouver un peu partout sur ce forum...

Ah et au fait, en ce qui concerne l'intervention des hautes instances cinématographiques (je suppose qu'on peut penser aux producteurs n'est ce pas ?) leur intervention en général n'a guère d'effet bénéfique comme le montre les films dont le réalisateur a quitté la fabrication du film en cours de montage pour un "différent artistique" (un réalisateur est un technicien comme un autre aux states c'est la façon polie de dire viré !)...

Certains ont dit il me semble que les films étaient simplistes et réducteurs fait pour une vision sans réflexion... Je n'ose pas imaginer ce que ca aurait donné si les producteurs avaient été aux commandes.
Non je ne cherche pas à faire valloir l'argument "oui mais ca aurait put être pire", argument facile si l'en est, je fais juste remarquer que c'est tout aussi facile de dire qu'un intervenant extérieur aurait amélioré sensiblement le film !




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Remy - 31/01/2004

J'espère qu'il n'est pas trop tard pour te dire que tu as fait un beau travail Semprini. J'ai réagi spontanément à deux moments durant cette lecture. Il y ce moment là :"Le Retour du Roi de Peter Jackson ont eu sur l’auteur de ces lignes un singulier effet : l’anesthésie des sentiments, la désensibilisation de la sensibilité, l’atrophie de l’intelligence, le sentiment d’une grande fatigue." Où ma réaction fut: "Wow! Je pensais que c'était moi-même qui avait par moment de la difficulté à me concentrer et à saisir le fil." Et celui là : "... la symbolique du Roi Elessar guérisseur, passée aux oubliettes du montage..." Un sujet qui n'a pas été beaucoup brassé dans les fuseaux, puisque ce passage apporte une certaine profondeur prophétique au retour du roi en Gondor lors que Haleth affirme que le roi attendu sera reconnu par ses mains de guérisseurs. Comme une prophétie devenue rumeur folklorique qui prépare le retour du roi devant ce peuple et non comme ce retour empressé-de-par-son-évidence du roi au cinéma.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Lambertine - 02/02/2004

Si tu veux discuter de la problématique du Roi-Guérisseur ( et de son absence dans le vilm ) : vois le fuseau " La Voie Royale".




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Poldorea - 04/02/2004

Bonjour à tous. Je ne m'exprime malheureusement pas aussi souvent que je le voudrais sur cet excellent forum, faute de temps, mais je souhaitais tout de même te féliciter, Semprini, pour l'excellent travail que tu as effectué dans tes éditos. Tu as jeté un regard assez objectif sur la réalisation de PJ, et il est vrai que le RdR manque cruellement de profondeur eu égard au sujet qu'il traite.

D'un autre côté, je suis fan de Tolkien depuis mon jeune âge (ça fait presque 20 ans que je lis et relis le SdA sans jamais m'en lasser), mais le fait de voir sur écran certaines des choses que je ne m'étais jusque là qu'imaginées m'a procuré un bonheur indéniable. Ces instants n'ont été toutefois que trop rares, par rapport à beaucoup de scènes qui ne correspondaient pas du tout au livre et à l'idée que je m'en faisais. A la décharge de P. Jackson, je dirais toutefois, après avoir vu un documentaire diffusé sur Canal+ (dans lequel intervenait aussi Vincent ;-)), que finalement, il n'a pas eu trop le choix de l'adaptation qu'il allait faire, il lui fallait produire du "grand spectacle", sinon les financements n'auraient pas été au rendez-vous, les producteurs estimant au final qu'une oeuvre plus profonde et d'un abord plus "philosophique" n'aurait sans doute pas été un grand succès commercial, sauf pour les amateurs de Tolkien qui auraient déjà lu le SdA. Il ne faut pas oublier que le cinéma est une industrie, dont le but est de rapporter de l'argent, et pour cela il faut ratisser large, quitte à faire des compromis dans la réalisation d'une adaptation (je ne me permettrai d'ailleurs pas de dire quoi que ce soit sur la réussite du film sur le plan purement cinématographique, ce n'est pas du tout ma tasse de thé, car je suis avant tout un "sensoriel", bien incapable de voir la différence entre les différents plans ;-)). Quoi qu'il en soit, j'estime pour ma part (j'assume entièrement mon point de vue), avoir passé plus de 3 heures qui ne m'ont semblé que quelques minutes et qui, en dépit de nombreux manques et déviations par rapport à l'original (je n'ai en particulier pas digéré l'attaque des morts-vivants sur Minas Tirith, cette vague verte qui balaie tout, alors que le récit original est d'une grandeur épique qui aurait beaucoup mieux convenu après la scène de la charge des Rohirrim), m'ont tout de même fait passer un bon moment.

Voilà mon idée sur la question, et j'espère que je n'ai pas été hors sujet en écrivant cela dans ce fuseau...

M.




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Lambertine - 06/02/2004

Cher Semprini,

J'ai mis un certain temps avant de répondre à ton édito, mais il est tellement riche qu'il est difficile d'y réagir du tac au tac.
J'ai été déçue par le Retour du Roi. Je m'attendais à mieux. Ou à autre chose. Cependant, je me permets de réagir à certains de tes arguments.

je fais partie de ceux qui ont une expérience sensorielle du cinéma. Ou plutôt, de ceux qui ne peuvent s'ouvrir à la réflexion que si l'expérience sensorielle a eu lieu. Je l'avoue : je n'aurais pas pu reconnaître le SdA dans une histoire tronquée, ou dans une non-représentation du monde issu des livres. Je n'aurais pu regarder un tel film que d'une façon externe, sans connaître l' "enchantement" qui fait rentrer le spectateur dans l'histoire. Et j'avoue qu'un film que je regarde de façon externe, je l'oublie très vite.

Le SdA, dis)tu, a été traîté comme un simple récit d'aventures. "Simple" n'est pas le mot que j'utiliserais, car il reste complexe, même dans les films. Mais récit d'aventures, certainement. Et le SdA est un récit d'aventures. On a parfois tendance à l'oublier à force d'y voir tout le reste, de découvrir la richesse et la profondeur de l'univers tolkiennien, mais la première lecture du Seigneur est en général celle-là : une belle histoire d'aventures, palpitante, angoissante.

Au sujet de la surenchère dans les batailles : surenchère dans une bataille, dirai-je, celle des Champs du Pellenore, à partir de l'arrivée des Oliphants. Mais ce qui m'a touchée ( eh oui ! ) dans les scènes de bataille, c'est l'impression de fouillis, de désordre qui était représenté. Pas de belles batailles bien rangées, non : l'horreur et la confusion. Ce qui est à mon avis une bonne chose.

Manichéisme : je ne suis pas d'accord non plus. C'est vrai que les plus belles scènes de compassion sont absentes. Mais le Gollum du film est bien un être troublé, déchiré. Sa scène de repentance est bien dans le film et, à mon humble avis, bien plus forte que dans le livre ( je sais, je radote, mais malgré tous les arguments que l'on a pu m'avancer, je n'ai jamais pu voir de repentance chez Gollum avant Cirith Ungol. Juste un certain attachement pour Frodo ).
De même : Gandalf n' "envoie" pas Denethor ( un Denethor franchement raté ) à la mort : Grispoil bouscule un Denethor imbibé d'huile, et il tombe sur le bûcher qu'il a lui-même allumé. Je n'aime pas la scène, mais n'arrive à y voir ni meurtre, ni exécution.
Je n'ai pas vu non plus de pathos aux Havres Gris, mais passons...

Je ne parlerai pas de technique. Je n'y connais rien, bien que j'aimes beaucoup le cinéma. J'avoue ne pas comprendre ce qui peut choquer dans la façon de filmer de PJ et de ses acolytes, ni ce qui rend la scène du mont venteux calamiteuse ( ce qui la rend calamiteuse pour moi, c'est l'attitude de Frodo ). Par contre, je suis d'accord sur le montage ( ou plutôt le démontage ) du film que j'appellerais "massacre à la tronçonneuse" tant il est visible que ce que nous avons vu n'est qu'une oeuvre tronquée.

Au point de vue émotionnel : j'avoue encore une fois être tombée dans le piège du film, particulièrement, justement, au moment du "je peux vous porter vous", ou après la destruction de l'Anneau, lorsque Frodo et Sam sont seuls "à la fin de toute choses".

"Essai fictionnel en mouvement" : je ne crois pas qu'il eut été bon de faire du SdA un essai fictionnel en mouvement, parce que, justement, je n'arrive pas à voir dans le Seigneur un essai fictionnel, mais plutôt un roman mythologique inclassable, dans lequel on trouve,et retrouve, et retrouve encore des choses nouvelles à chaque lecture.

Adapter le SdA en étant moins "fidèle" aux événements ? Franchement, je doute que celà eut pu apporter quoi que ce soit au film. je ne parle pas des "petites" scènes ajoutées à la Eldarion, qui sont effectivement bienvenues. Je crois au contraire que si l'auteur a décrit ces événements-là, c'est qu'il avait ses raisons de les décrire. C'est pourquoi ce qui m'a le plus dérangé dans cette ébauche de film, c'est bien plus ce qui ne s'y trouvait pas ( je pense en particulier aux maisons de Guérison, ou à la fin de Saruman ) que ce qui s'y trouvait ( mis à part ce dont j'ai déjà parlé dans d'autres fuseaux ) ( HS : en voyant le Guépard, je n'ai jamais pu envisager une seconde que le prince Salina survive au générique de fin. Je dirais que sa mort est là sans y être ).

L'influence de Star Wars : est effectivement ridicule lors de la charge des Olifants, mais pourquoi la voir dans la scène - très belle à mon goût - de la mort de Theoden. Le "Tu l'as déjà fait" est une phrase assez classique, et plutôt bien venu à cet endroit là ( sans oublier que ce ne serait qu'un "renvoi de ballon", Lucas ayant allègrement pioché dans Tolkien pour écrire son épopée )

Hiératisme des personnages : pourquoi aurait-il fallu les rendres hiératiques ? les personnages du SdA sont, si on peut dire celà d'êtres de fictions, des êtres de chair et de sang, terriblement humains ( non-humains compris ). je ne peux parler que pour moi, mais jamais je n'ai admiré "de loin" Frodon ou Aragorn, quel que soit leur rôle dans le dessein du monde. J'ai au contraire tremblé, souffert, pleuré, ri, fumé, mangé, aimé avec eux. Et je dirais que le seul moment ou le Roi m'ait jamais paru hiératique, c'est dans le film, justement. En gisant de pierre. Un de mes plus grands chocs au cinéma.
Et je ne vois pas non plus en quoi le Legolas du film est plus "humain" et moins archétypal (?) que celui du livre. J'avoue que parfois il m'ennerve, mais pas par son "humanité".

Voilà. J'espère ne pas attirer sur moi les foudres du Forum pour avoir émis ces quelques bémols concernant ta critique...

Michèle

PS : au sujet de longs plans-séquenses, as-tu vu "L'Arche Russe" ?




Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - Semprini - 06/02/2004

Bonjour Lambertine,

>>>J'espère ne pas attirer sur moi les foudres du Forum pour avoir émis ces quelques bémols concernant ta critique...

Tu plaisantes, j'espère. :) Tu as tout a fait le droit de critiquer mon édito, qui est loin d'être parfait.

Tes commentaires relèvent souvent du subjectif, comme mes avis d'ailleurs. Je ne suis donc pas sûr que nos positions soient réconciliables.

Je n'avais pas pour but dans ma critique d'aborder des questions de "technique" cinématographique. J'ai simplement essayé d'identifier les raisons des sentiments mitigés que j'ai éprouvés. Et ces raisons, comme toujours au cinéma, doivent être trouvées dans la mise en scène d'un film. J'ai acquis, ce faisant, la conviction que conserver la plupart des péripéties narratives du SdA nuit à son rendu cinématographique du fait de sa condensation (qui s'oppose selon moi au traitement requis du passage du temps, clé dans le SdA), et par l'accélération que celle-ci lui imprime. La réduction des péripéties (c'est-à-dire du temps consacré aux combats) que j'ai proposée aurait en outre peut-être permis de réintégrer certains passages importants du livre qui ont été omis (la fin de Saruman dont tu parlais par exemple). Bref, j'essaie simplement d'être honnête avec moi-même: puisque je trouve que le film est trop dense et trop accéléré, c'est donc qu'il faut couper certaines scènes pour mieux raconter les autres.

Lambertine>>>HS : en voyant le Guépard, je n'ai jamais pu envisager une seconde que le prince Salina survive au générique de fin. Je dirais que sa mort est là sans y être ).

Mais justement, c'est exactement là où je voulais en venir, Lambertine: le sentiment d'un évènement peut être éprouvé sans que cet événement soit décrit au cinéma, sans devoir tout montrer comme le fait PJ. A propos du Guépard d'ailleurs n'as-tu pas constaté à quel point Visconti mettait sa caméra loin des personnages, en certaines occasions, au contraire de PJ?

Lambertine>>>J'avoue ne pas comprendre ce qui peut choquer dans la façon de filmer de PJ et de ses acolytes, ni ce qui rend la scène du mont venteux calamiteuse.

Le Mont venteux est mal filmé et mal monté. C'est une telle évidence selon moi que je n'en dirai pas plus, même si le terme calamiteux est un peu fort. :) (en passant, PJ dans son commentaire de la version longue de La Communauté de l'Anneau, le dit presque lui-même: il explique qu'il s'agissait de la première scène du film tournée et qu'ils n'avaient pas encore pris leur marque à ce moment)

>>>pourquoi aurait-il fallu les rendres hiératiques ?

Je m'en suis expliqué dans l'édito. Et revois le Guépard. :)

>>>PS : au sujet de longs plans-séquenses, as-tu vu "L'Arche Russe" ?

Vu l'Arche Russe. Mais cela n'est pas du tout à cela que je faisais allusion. L'Arche Russe est constitué d'un seul plan séquence. Un impressionnant exploit technique, mais je préfère personnellement les films découpés un minimum. L'Arche Russe aurait gagné à l'être.

Pour terminer, j'aime beaucoup les films d'aventures (presque autant les Indiana Jones que les 7 samourais d'ailleurs :) ). Je les préfère simplement plus sobres et moins condensés, où l'émotion n'est pas extirpé du spectateur à grand renfort de gros plan interminables et d'acteurs larmoyants. J'ai d'ailleurs distingué deux problèmes dans mon édito: Le RdR en tant que film et le RdR en tant qu'adaptation.

Bon week-end!


Le Tournage - Edito n°15 - Vos réponses - babel - 06/02/2004

Tiens, Lambertine...
Comment as-tu ressenti les scènes aux Havres Gris ?