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Cher Silmo, oui, le doc de Dumas était très émouvant, de même que certaines confidences des entretiens donnés à France Culture en 2014.
Merci-merci pour l'info du replay de l'émission sur Téléphone, que je n'avais pas vu passer : ) S. |
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Pour les médiévistes, triste disparition ce we d'Alain Erlande-Brandenburg qui fut aussi un grand directeur de musées. Je l'ai connu en 1990 et jusqu'à2020. Durant ses dernières années, il était bien malade avec sa canne. Pourtant il ne loupait aucune inauguration d'exposition, ni la biennale des antiquaires, plus ou moins vaillant, il était toujours là. On lui doit de beaux ouvrages d'un grand historien. Je me souviens de l'époque où il emmenait ses enfants au Louvre ou au Grand Palais en disant "une expo / un burger / une expo / un McDo". C'était la récompense pour supporter 2 heures d'archéo ou d’impressionnisme. Il racontait tellement bien les œuvres que les gens se réunissaient autour de lui comme autour d'un conférencier. c'était un grand historien généreux. Sans lui, les musées du Moyen-Âge de l’hôtel de Cluny à Paris et le musée de la Renaissance au château d'Ecouen ne seraient pas ce qu'ils sont devenus. On pense souvent aux vedettes, à nos héros, et parfois, parfois... à nos vieux historiens. |
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Silmo a écrit :
En effet, et j'ai moi-même parfois évoqué certains d'entre-eux en ces lieux (Jacques Le Goff, Jean Favier, Alan Ducellier), Alain Erlande-Brandenburg étant lui plus précisément un historien de l'art. Silmo a écrit :
En effet, et ce sont de très beaux musées, qui avaient d'ailleurs conjointement proposé en 2009 l'excellente exposition « Le bain et le miroir » (que nous avons évoquée dans un autre fuseau), laquelle exposition ayant été notamment l'occasion pour moi d'aller découvrir le château d'Écouen, qui vaut vraiment le déplacement.
RIP Alain Erlande-Brandenburg (1937-2020) B. |
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l'expo "Le bain et le miroir" n'était pas faite par Erlande-Brandenburg mais par Isabelle Bardies-Fronty qui est toujours bien vivante, heureusement. C'est une amie. On a usé nos fonds de culotte en même temps sur les bancs de l'Ecole du Louvre. C'est aussi une grande médiéviste. Son expo était superbe. |
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Silmo a écrit :
Évoquer cette exposition ne signifiait pas une confusion de ma part, cher Silmo. :-) Merci cependant pour tes précisions : je ne savais pas que tu connaissais Isabelle Bardies-Fronty et que tu avais fait l'École du Louvre ! ^^' B. |
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Alors je vais livrer un peu ma vie privée mais sans flagornerie. Isabelle a une carrière plus belle que la mienne et Brandenburg, n'en parlons pas. J'irai à ses obsèques demain matin. |
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Silmo a écrit :
Donc, si j'ai bien compris, il n'y a que les céramiques du deuxième quart du VIe av. J.-C. qui n'ont pas fait l'objet de tes études ? Ou alors tu voulais parler des productions du 1er quart du Ve siècle av. J.-C., le fameux « siècle de Périclès » ? En tout cas, cela fait effectivement beaucoup d'œuvres à étudier ! Silmo a écrit :
Ah, voila donc notamment pourquoi tu avais été si attentif à la question du transfert des dépôts de l'État aux musées régionaux dans un certain fuseau... ;-) Silmo a écrit :
À bientôt donc... ^^ B. |
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hi hi hi |
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Je ne crois pas avoir jamais contribué à ce fuseau précédemment et j'admets bien volontiers que les neuf dixièmes des rockers qui y figurent me sont parfaitement inconnus. E. |
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La mort de Jean Raspail n'est pas passé inaperçue, et ce au-delà même des cercles (royalistes ou nationalistes) dans lesquels semblent évoluer ses plus fervents admirateurs. On m'a ainsi chaudement recommandé dernièrement son roman L'Anneau du pêcheur (1995), que l'on m'a dit être fort bien écrit, et dont le propos renvoie à l'existence d'antipapes d'origine rouergate dont j'avais lu par ailleurs l'histoire (assez complexe et mal connue) durant ma jeunesse aveyronnaise. B. |
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Son roman le plus célèbre n'est pas mon préféré et il est très dommage de résumer Raspail à ce seul ouvrage. |
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Ce n'était certainement pas l'un de mes auteurs favoris, mais au moins il est question d'anneau... on est dans le thème avec ce site ! |
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Décidément, je redouble, mais avec un nouvel obituaire plus directement tolkienien, puisque l'acteur Ian Holm vient de décéder, ainsi que le rapporte le Figaro. E. |
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Elendil a écrit :
En effet, outre sa prestation très honorable dans le rôle de Bilbo dans les deux trilogies jacksoniennes, Ian Holm a aussi prêté sa voix au personnage de Frodo dans l'adaptation radiophonique du SdA par la BBC en 1981. Mais, nous partageons sûrement cet avis, Elendil, il a brillé de bien meilleure façon ailleurs, et dans des écrins bien mieux ciselés :) Qu'il repose en paix. I. |
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Ian Holm, l'hécatombe se poursuit. |
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Silmo a écrit :
Il est également très bien dans Greystoke: The Legend of Tarzan, Lord of the Apes de Hugh Hudson, film dans lequel il joue le rôle de D'Arnot. Cela fait un bon moment maintenant que je me dis qu'il faudrait que je revoie eXistenZ de David Cronenberg : ce film de SF est moins connu que le célèbre Alien de Ridley Scott, mais il se trouve que Ian Holm fait en tout cas partie du casting des deux longs métrages. Entre les deux trilogies jacksoniennes, j'avais eu aussi l'occasion de le voir sur grand écran jouer dans The Aviator de Martin Scorsese et Lord of War d'Andrew Niccol. RIP Sir Ian Holm Cuthbert, dit Ian Holm (1931-2020) B. |
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Sans oublier le magistral Kafka de Soderbergh (1991) ... |
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ISENGAR a écrit :
Je ne prétendrais pas être un expert de sa filmographie, même si je dois dire qu'il joue particulièrement bien dans Alien. Pour Brazil et Le Cinquième élément, deux films que j'apprécie beaucoup, j'avoue ne plus avoir un souvenir bien net des rôles qu'il jouait. Quant aux films jacksoniens, je trouve qu'il y a trouvé le ton juste pour jouer Bilbo. Il n'y a guère que la scène à Imladris, comme le souligne Silmo, que je trouve ratée. Et j'ai tendance à penser que ce n'est nullement de sa faute, mais celle du réalisateur, qui a malheureusement jugé bon d'y ajouter des effets spéciaux dont on aurait parfaitement pu se passer. C'est d'ailleurs une des qualités que je reconnais à PJ : il a eu l'intelligence de recruter beaucoup d'acteurs talentueux, qui ont grandement contribué au succès des films. E. |
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Dans Brazil, ceci par exemple : |
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Bien sûr, dans Brazil, Ian Holm est M. Kurtzmann, le directeur du service de la distribution des renseignements apparaissant au bout de ce fameux plan d'introduction dont parle Silmo. ^^ Silmo a écrit :
À mon avis, pas pour très longtemps... mais ceci dit, la version "Full Movie HD" que tu indiques a l'air d'être pleine de petites coupes un peu partout : en fait, on dirait que l'éditeur de cette vidéo YouTube a saucissonné le film et en a fait deux puzzles mis bout à bout (??!)... ^^' Silmo a écrit :
Fort bien, cher Silmo. ;-) Quant aux trilogies de PJ, quels que soient tous leurs défauts, le personnage de Bilbo tel que l'incarne (de façon convaincante) Ian Holm, constitue un des éléments de réussite contribuant à faire, décidément, du premier film de la première trilogie le meilleur de tous. ;-) Enfin, j'avoue que j'ai une question qui me brûle les lèvres, alors je la pose : pourquoi, cher Silmo, t'exprimes-tu si souvent sur le présent forum en employant des petits caractères ? Tout ce que tu peux écrire en ces lieux ne relève pas forcément de la digression... ^^ B. |
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Les petits caractères, c'est parce que je chuchote :) |
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Merci pour tes précisions quant au chuchotement... ;-) Silmo a écrit :
Les Promesses de l'ombre (Eastern Promises) est un très bon Cronenberg, en effet, et Viggo Mortensen y est excellent : je l'avais vu au cinéma également, et il est diffusé assez régulièrement à la télé. Silmo a écrit :
J'aime bien moi aussi les premiers Tarzan avec Weissmuller et Maureen O'Sullivan, le film de Van Dyke de 1932 mais aussi celui de Gibbons et Conway (Tarzan and his mate) de 1934, le dernier a avoir été réalisé sans trop subir la censure pudibonde du code Hayes (les plans de baignade de Jane nue avec Tarzan avaient dû être coupés à l'époque, mais heureusement ils ont pu tout de même être réintégrés au montage par la suite).
B. *
P.S. (suite à l'édition du message de Silmo):Complétant son message, Silmo a écrit :
En effet, et il y a bien longtemps maintenant que je connais l'existence de cet autre film, avec Sean Connery dans le rôle du chevalier vert... mais sans avoir encore jamais eu l'occasion de le voir ! ^^' [EDIT: correction de fautes] |
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J'ai appris, l'autre nuit, la mort de l'historien israélien d'origine polonaise Zeev Sternhell, survenue ce 21 juin à l'âge de 85 ans. Il était notamment connu pour ses recherches sur les origines intellectuelles françaises du fascisme en Europe et pour sa thèse de l'existence d'une droite révolutionnaire française, située entre les anti-Lumières et le fascisme, incarnée notamment un temps par divers mouvements – le boulangisme, les ligueurs de Déroulède, l'Action française... –, et dont les théoriciens (notamment les nationalistes Maurice Barrès et Charles Maurras, mais aussi un marxiste « révisionniste » antirationaliste comme Georges Sorel) furent actifs de 1885 à 1914. Cette thèse de Sternhell a remis notamment en cause la thèse classique des trois droites de René Rémond. Sternhell a fait partie de mes lectures quand j'étais étudiant, notamment dans le cadre de mes recherches en histoire politique française du XIXe siècle (et plus particulièrement sur le Second Empire de Napoléon III). Il y aurait trop de choses à dire sur sa thèse, que ce soit pour l'approuver sur certains points ou pour la nuancer sur d'autres, mais en tout cas, j'étais d'accord avec Sternhell (et je le suis encore aujourd'hui) pour ne pas intégrer le bonapartisme (conçu comme césarisme plébiscitaire propre au XIXe siècle) dans une préhistoire du fascisme. Ainsi se forge, au court du quart de siècle qui précède la Première Guerre Mondiale, la droite révolutionnaire qui donne son expression politique à la révolution intellectuelle et traduit en idéologie politique les prémisses philosophiques de la révolte contre les Lumières. Cette droite populaire, parfois prolétarienne mais violemment antimarxiste, sécrète un nationalisme de la Terre et des Morts, de la Terre et du Sang. N'est-il pas étrange de voir en ce phénomène nouveau, pur produit de la crise de conscience du tournant du siècle, des profonds changements qui affectent la société, une forme de bonapartisme (*) ? Cette droite nouvelle répond à des besoins intellectuels, sociaux, psychologiques, que le bonapartisme, produit de la société pré-industrielle, n'entrevoyait même pas. Le bonapartisme manque de ces deux ingrédients essentiels : le radicalisme antimarxiste et le nationalisme organique, à caractère biologique. Il n'est pas porté par l'historicisme, par l'antirationalisme, par le déterminisme, par un profond pessimisme culturel et une crainte toujours vive de la décadence ; il n'entend pas façonner une nouvelle morale, un nouveau type de société ni de nouvelles règles de comportement politique. Ce vieux populisme de coup d'État supporté par une masse de paysans avides d'ordre et de stabilité n'appartient pas au XXe siècle. (*) Telle est pourtant la thèse des trois droites de R. Rémond, cf. Les Droites en France, Paris, Aubier, 1982. [Note de l'auteur] Zeev Sternhell, La droite révolutionnaire, 1885-1914. Les origines françaises du fascisme, collection « Folio Histoire » Gallimard, 1997 (première édition : 1978), Introduction « La droite révolutionnaire. Entre les anti-Lumières et le fascisme », p. XLV-XLVI. Sternhell était surtout un historien des idées : c'était sa force et aussi sa faiblesse, comme pour tout chercheur spécialiste (quelle que soit sa discipline). Ses travaux et ses thèses sur les origines françaises du fascisme ont régulièrement suscité des controverses et des critiques volontiers virulentes de la part de nombreux historiens français. Il y a sans doute des choses discutables dans ce qu'il a proposé à travers ses recherches historiques, notamment sa relative minoration du rôle de la Première Guerre Mondiale dans la naissance du fascisme, et il est bien possible qu'au nom d'un définition in fine assez large du fascisme, il ait eu notamment tendance, à la longue, à voir du fascisme là où il n'y en avait pas toujours forcément au sein du nationalisme français de l'entre-deux-guerres. Mais de façon générale, il a eu, en tout cas, le mérite de mettre les pieds dans le plat, et de susciter le débat là où, peut-être, certains auraient préféré qu'il n'y en ait pas. Sternhell fut, par ailleurs, un homme engagé à gauche, francophile, attaché à l'héritage des Lumières du XVIIIe siècle, sioniste non-marxiste figurant parmi les fondateurs du mouvement pacifiste israélien Shalom Akhchav (La Paix maintenant). Il meurt au moment où la paix en Israël/Palestine semble, hélas, plus chimérique que jamais, par la volonté imbécile d'extrémistes de tous bords (comme d'habitude).
Saluer la mémoire de Zeev Sternhell m'amène à réparer ici un oubli en saluant également la mémoire d'un autre historien, français, décédé le 28 février 2018, lui aussi à l'âge de 85 ans, et notamment spécialiste de l'histoire des fascismes, des relations internationales, de la France et de l'Italie des XIXe et XXe siècles, à savoir Pierre Milza. Lui aussi a fait partie de mes lectures quand j'étais étudiant, notamment en tant que biographe de Napoléon III, ce qui correspondait alors parfaitement à mon sujet de recherches en maîtrise et master. Sa biographie du premier président de la République française sous le nom de Louis-Napoléon Bonaparte et du dernier empereur des Français sous le nom de Napoléon III (1808-1873), biographie publiée chez Perrin en 2004, avait été critiquée, dans une certaine presse d'opinion « républicaniste », comme étant trop complaisante à l'égard du personnage et de son régime, comme s'il fallait encore de nos jours donner un énorme crédit aux outrances d'un Victor Hugo (Ego Hugo !), outrances que n'approuvait pas même un Émile Zola, pourtant fort peu suspect de sympathie envers le régime impérial comme on le sait. Citons Zola justement, au passage, lequel a écrit ceci, en août 1895 dans le journal le Gaulois : « le Napoléon III des Châtiments, c'est un croquemitaine sorti tout botté et tout éperonné de l'imagination de Victor Hugo. Rien n'est moins ressemblant que ce portrait, sorte de statue de bronze et de boue, élevée par le poète, pour servir de cible à ses traits acérés, disons le mot, à ses crachats. » Et Zola d'ajouter plus loin : « Le Napoléon III des Châtiments, avec le temps, deviendra comique. » Pour ma part, qu'il s'agisse des Châtiments, d'Histoire d'un crime, de Napoléon le Petit ou de L'Année terrible, tous les écrits hugoliens relatifs à Napoléon III et au Second Empire, étudiés en partie au lycée, m'ont tellement paru truffés de charges balourdes, d'outrances haineuses, voire de « fake news », qu'ils m'ont précisément motivés pour étudier ensuite, à l'université, la réalité historique de la période et du personnage de l'empereur, au-delà ce que Hugo voulait à tout prix que l'on en retienne. Victor Hugo était un grand poète, un grand romancier et un dessinateur inspiré, mais au rayon de la politique, c'est une autre histoire : avec lui, le problème n'était pas la justesse des causes choisies (contre la peine de mort, pour la justice et la liberté, contre la misère), mais le poids de son ego dans l'engagement (Louis-Napoléon, qu'il a d'abord soutenu, avait osé ne pas le nommer ministre !), et l'exagération de la portée de sa trajectoire politique par les vainqueurs (républicains) de l'Histoire.
Or donc, face à ceux qui restent tentés, encore aujourd'hui, de faire de Napoléon III une sorte de Dieu du Mal hugolien dont aurait triomphé la République ou le premier dictateur moderne qui aurait préfiguré le fascisme à travers le bonapartisme, Pierre Milza s'est contenté de faire son travail d'historien, honnête, documenté et sans complaisance pour les idées reçues. Je ne suis pas nostalgique de l'Empire, et Milza ne l'était pas non plus. On lui a cependant reproché de diminuer les fautes de « Napoléon le Petit », mais pourtant il n'a fait... que tenir compte des faits, lesquels ne sont pas toujours ce qu'un Hugo (entre autres) s'est cru autorisé à en dire, tout simplement. Concernant le bonapartisme, ou plus précisément le modèle politique césarien de Napoléon III, Milza le conçoit comme une matrice idéologique (césarienne et plébiscitaire) commune à deux familles politiques françaises, celle d'un national-populisme dans le sillage du boulangisme, et celle de la démocratie plébiscitaire, finalement principalement représentée par le gaullisme sous sa forme originelle et n'ayant guère survécu à De Gaulle lui-même. Pour ma part, du côté d'un national-populisme, je ne crois pas que l'on puisse établir de postérité évidente au bonapartisme au-delà du boulangisme (Milza reconnaît lui-même des mutations idéologiques postérieures trop profondes pour qu'il y ait une filiation directe, et en cela, comme je l'ai dit plus haut, Sternhell me parait avoir raison d'estimer que le bonapartisme n'appartient pas au XXe siècle), tandis que du côté de la démocratie plébiscitaire, je constate comme beaucoup d'historiens que les analogies entre bonapartisme et gaullisme sont nombreuses et que cela s'intègre à la fameuse thèse des trois droites de René Rémond, mais sans que cela me paraisse véritablement s'appliquer au-delà de la période proprement gaullienne de la Ve République (si riche en référendums notamment, ce qui fut nettement moins le cas après la démission de De Gaulle). Les romans nationaux ne sont pas ma tasse de thé, que ceux-ci véhiculent, par exemple, l'idée d'une France vierge de toute tentation fasciste ou l'idée d'une France destinée de toute éternité à devenir une gentille république avec Victor Hugo en guise de prophète. L'histoire de la France renverra toujours à des réalités bien plus complexes et bien moins manichéennes qu'un roman national invitant forcément à se bercer d'illusions quand on le prend trop au sérieux. Sauf à se prendre éventuellement pour Michelet, le travail de l'historien ne consiste pas (ou plus) à être complaisant vis-à-vis de cela, et même si c'est toujours une histoire que l'historien raconte, avec un point de vue qui reste forcément lié à sa propre époque, ce doit être, autant que possible, un roman vrai, c'est-à-dire un récit d'évènements vrais, pour reprendre les mots de Paul Veyne, certes évidemment sans prétendre à un détachement absolu de l'historien comme le rappelait volontiers Sternhell, mais en rejetant en tout cas les tentations du manichéisme et de l'anachronisme. Voila notamment pourquoi il m'arrive d'avoir envie de hausser les épaules quand, entre autres exemples, j'entends tel démocrate « républicaniste » associer tranquillement bonapartisme et fascisme, ou quand j'entends tel « libéral-conservateur » associer, tout aussi tranquillement, socialisme, nazisme et fascisme, ou même quand je vois tel ou tel tolkienologue se satisfaisant des amalgames grossiers d'un J. R. R. Tolkien « apolitique » mélangeant socialisme, nazisme et stalinisme : j'ai autre chose à faire que de chercher à les convaincre qu'ils ont tort, mais pour moi, tout cela n'est simplement pas sérieux, et l'appréhension que nous devons avoir de l'histoire de l'humanité, et a fortiori de l'histoire des idées, me parait mériter mieux que tous ces amalgames sans aucune portée, faute de rigueur intellectuelle. Les historiens sont là pour faire la part des choses, ou du moins essayer de la faire à travers cette connaissance mutilée (encore une expression de Paul Veyne) que constitue l'histoire. Pierre Milza et Zeev Sternhell étaient de ceux-là, sans être évidemment infaillibles... et sans être d'ailleurs forcément d'accord entre eux : ils ont notamment débattu ensemble, il y a quelques années sur France Culture, de l'histoire et de l'avenir du fascisme en France, en se tutoyant mais avec animation (et avec Finkielkraut au milieu, ce qui donne un tableau radiophonique assez amusant, du moins à mes yeux, car avec Finky je ne peux pas m'empêcher de penser notamment au fameux Finkielkraut Sampler, mais le débat entre les deux historiens n'en est pas moins intéressant sur le fond).
RIP Pierre Milza (1932-2018)
RIP Zeev Sternhell (1935-2020) Amicalement, B. |
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Hyarion a écrit :
C'est un peu comme faire l'amalgame entre Jackson et Tolkien... ]:D je blaaague ! ne perds pas ton temps à répondre. Il faut que tu dormes un peu ! :)
L'évocation de Milza et Rémond me projette avec délice dans le souvenir ému de mes années étudiantes :) I. |
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Pour ma part, je vais faire concis. Hugo forever, Napoléon III never.... Dans les Châtiments, l'Expiation est remarquable ainsi que le "Souvenir de la nuit du 4" qui est une des plus belles compositions de la langue française (Aragon disait 'la meilleure leçon de poésie qui soit') |
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Silmo a écrit :
Pour ma part, je m'en tiendrais plutôt à la synthèse de Hyarion, aussi touffue soit-elle, car elle me semble tenir un équilibre difficile entre le talent gigantesque de Hugo et ses motivations profondes, pas toujours aussi altruistes que les causes qu'il choisit de défendre, ainsi qu'entre les torts et les erreurs indéniables de Napoléon III et ses réalisations réelles et souvent oubliées, lesquelles ne furent ni négligeables, ni entièrement tournées vers sa personne. E. |
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On passera sur Sedan et je reconnais à N III les mérites de l’extension du Louvre, l'éphémère Palais de l’industrie, la création de l'Opéra, l'aménagement de Compiègne et Saint-Cloud, la bise à Victoria, etc... bref ses propres lieux de plaisirs et de frivolité que nous avons joie à visiter aujourd'hui (pas Victoria, les Palais), pourtant à l"époque une débauche indécente de crédits pour son seul divertissement et les "séries", bordels mondains de l'époque... Tant d'insouciance, au point de perdre une guerre ! |
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Décidément, le sort s'acharne sur les historiens, décès de Marc Fumaroli, 88 ans et vieux réac, mais qui fit tellement pour le Louvre. Je ne salue pas toutes ses opinions mais son extraordinaire travail, toujours constant, pour le patrimoine et les musées. |
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Silmo a écrit :
Je comprends ce que tu veux dire, cher Silmo, et je peux comprendre ton point de vue. Dans Souvenir de la nuit du 4, que tu cites, Hugo évoque les victimes anonymes de la violence politique et de l'oppression, la grand-mère du poème apparaissant comme une métonymie du peuple opprimée. Mais pour autant, je crois qu'Émile Zola a raison quand il dit que le Napoléon III des Châtiments n'est qu'un « croquemitaine sorti tout botté et tout éperonné de l'imagination de Victor Hugo » sans rapport avec la réalité complexe du personnage, et en tenant compte de tout ce qu'il a pu se passer, en Europe et dans le monde, depuis 1853, Napoléon III ne me parait pas être un bon exemple pour personnifier le Mal historique comme le désirait Hugo. Que penserait ce dernier d'Hitler, de Staline, ou de Mao, sachant ce qu'il espérait, lui, Hugo, du XXe siècle ? Quant aux tyrans sanguinaires actuels, en Syrie ou ailleurs, c'est encore autre chose... Les Châtiments ont pris un énorme coup de vieux... de même que tous ses écrits contre Napoléon III censés édifier l'humanité... Puisque je ne l'ai pas fait précédemment, il me faut ici citer Milza : Louis-Napoléon n'était ni un cynique comme Morny, ni un sabreur sans remords comme Saint-Arnaud. Vingt ans après la révolte des Romagnes, il n'avait pas complètement oublié qu'il avait combattu avec son frère aux côtés des soldats de la liberté. Certes, le bannissement, les tentatives avortées de coups de force, les années passées en forteresse à Ham l'avaient endurci et accoutumé à l'idée que le cheminement de l'histoire ne se fait pas sans heurt. Il n'en avait pas moins été choqué par le zèle excessif de ses lieutenants dans la répression de la résistance parisienne. De l'image manichéenne que donnera du 2 décembre l'auteur de l'Histoire d'un crime, on retiendra surtout que l'outrance et la mauvaise foi ne furent pas seulement du côté des vainqueurs. Tout est affabulation et volonté de diabolisation dans le récit que fait Hugo de la fusillade des Grands Boulevards : Le coup d'État était perdu ; il fallait un coup de terreur pour le relever. On le fit. Louis-Napoléon ordonna de massacrer tous les passants qui encombraient les boulevards de la rue de Richelieu à la rue Saint-Denis. On fusilla, on massacra surtout les femmes et les enfants ; une rivière de sang coula sur le boulevard. [...] Chaque général avait reçu un million et chaque soldat deux pièces d'or. On avait pourvu aux dépenses de cette corruption et de cette orgie en dévalisant la Banque de France de vingt-cinq millions (*). Non seulement Louis-Napoléon n'a pas « ordonné » le massacre, mais il a incontestablement été dépassé par l'évènement et affecté par le bilan humain d'un succès payé au prix fort. À Paris, la répression armée avait été disproportionnée aux risques encourus par les putschistes. En province, ce fut principalement sur le plan judiciaire que s'exerça, sous la pression du « parti de la peur », l'élimination plus ou moins prolongée des défenseurs de la République. Dans les deux cas, le prince-président subit plus qu'il ne dirigea l'action de ses partisans, complices sans scrupules et sans pitié, ou notables effrayés par la menace d'une révolution sociale. Pour reprendre les termes du général de Barail, « Louis-Napoléon n'a pas fait tout ce qu'il voulait et n'a pas voulu tout ce qu'il a fait » (**). Il s'en excusera auprès de George Sand lorsque celle-ci, venue solliciter en janvier 1853 la clémence de l'empereur pour quelques-uns de ses amis, se verra répondre : « Ah ! C'est vrai, mais ce n'est pas moi. [...] Demandez tout ce que vous voudrez, pour qui vous voudrez. »
(*) Hugo (Victor), Histoire d'un crime, Paris, 1877. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2004, chapitre 8, p. 224-225. S'agissant du témoignage de George Sand, je me permets de compléter Milza avec un passage de la biographie d'Éric Anceau, qui apporte notamment une précision de date : George Sand [...] qui se vit accorder une audience, le 29 janvier 1852, trouva devant elle un homme [(Louis-Napoléon)] très différent de celui qu'on lui avait décrit : « J'ai vu une larme, une vraie larme dans cet oeil froid et il m'a tendu les deux mains tout d'un coup [et] m'a dit : "Demandez-moi tout ce que vous voudrez pour qui vous voudrez (*)" » Cependant, elle n'obtint pas l'amnistie générale qu'elle réclamait, mais uniquement des grâces particulières et une nouvelle entrevue, le 6 février, fut suivie des mêmes résultats. (*) Lettre à P.-J. Hetzel du 30 janvier 1852, in G. Sand, Correspondance générale, Garnier frères, 1969, tome X. Éric Anceau, Napoléon III. Un Saint-Simon à cheval, Éditions Tallandier, 2008, Deuxième Époque, chapitre VI, p. 198-199. S'agissant encore de George Sand, son jugement sur Napoléon III au moment de sa mort, en 1873, est reproduit en annexe (n°15) de la biographie d'Anceau : c'est un jugement qui, sans être complaisant, me parait équilibré et bien plus fin que n'aura pu jamais l'être celui de Hugo. Silmo a écrit :
Il y aurait trop de choses à dire, sur le Paris haussmannien, le Louvre et les Tuileries enfin réunis, sur la « fête impériale », les « séries » de Compiègne, les opéras-bouffes d'Offenbach, les courtisanes et le demi-monde de l'époque, l'opéra Garnier, le Salon officiel et le Salon des refusés (voulu par Napoléon III)... Tout cela mériterait de longs développements... que je t'épargne. ;-) :-) Silmo a écrit :
Tu sais que c'est plus compliqué que cela... ^^ La défaite française lors de la guerre de 1870-1871 ne s'explique pas que par la « fête impériale », et la France a notamment été, par la suite, bien contente d'avoir les moyens financiers (hérités de l'Empire) de payer rapidement la dette de guerre pour mettre fin à l'occupation prussienne d'une partie du pays. Du reste, Napoléon III a capitulé à Sedan mais il a refusé de discuter de pourparlers de paix avec Bismarck : il n'a donc pas perdu la guerre, mais une première phase de celle-ci, le conflit s'étant poursuivi sans lui, tandis qu'il était, du reste, prisonnier. Silmo a écrit :
Ah mais non, cher Silmo, au contraire, une fois n'est pas coutume, parlons-en un peu, de Sedan... et en compagnie de Victor Hugo, qui n'y était pas (ou alors seulement « après », en bon téléologue), mais qui bien sûr nous en parle dans un poème de son recueil L'Année terrible (1872) : https://fr.wikisource.org/wiki/L'Année_terrible/Sedan [...]
À Sedan, bombardée par des centaines de canons prussiens, comme le constate Milza et bien d'autres historiens, et contrairement à ce que raconte Hugo, Napoléon III a cherché la mort, en parcourant à cheval le champ de bataille, malgré la maladie de la pierre qui le rongeait. Mourir à Sedan, comme le note Milza, aurait mis fin à ses souffrances physiques et morales et aurait pu racheter les ultimes fautes de son règne aux yeux de l'Histoire. Il aurait pu mourir, comme un des officiers de son escorte, et il a voulu mourir, mais la mort, ce jour-là, n'a pas voulu de lui... peut-être parce que, quelque part, il était alors déjà mort, ainsi que le pensait George Sand. Alors, comme il voulait cependant éviter le massacre des milliers de soldats français qui l'entourait, il a fini, lui qui n'avait plus le commandement de quoi que ce soit à ce moment-là (ni militaire, ni politique), par prendre la responsabilité que personne ne voulait prendre, à savoir celle de hisser le drapeau blanc. Et lorsqu'il a ensuite rendu son épée, il ne l'a fait qu'en son nom propre, sans engager la France comme puissance combattante (ce qui n'arrangeait pas les affaires de Bismarck). Plus tard, en exil, pour s'expliquer au sujet de cette « capitulation honteuse » si vivement reprochée, Napoléon III déclarera : « On a prétendu qu'en nous ensevelissant sous les ruines de Sedan, nous aurions mieux servi mon nom et ma dynastie. C'est possible. Mais tenir dans la main la vie de milliers d'hommes et ne pas faire un signe pour les sauver, c'était chose au-dessus de mes forces. [...] Mon cœur se refuse à ces sinistres grandeurs. » Dès le lendemain de la capitulation, prisonnier des Prussiens, il écrivait à l'impératrice Eugénie : « J'aurai préféré la mort à être témoin d'une capitulation si désastreuse, et cependant, dans les circonstances présentes, c'était la seule manière d'éviter une boucherie de 100 000 personnes. [...] » Je crois qu'il y a une différence entre ne pas aimer ou détester quelqu'un, et carrément le haïr. Je ne comprends pas comment Hugo a pu haïr à ce point Napoléon III, en tant qu'adversaire ou ennemi politique. Si j'essaie de comparer, très modestement, avec mes propres détestations politiques, je n'ai pas le sentiment d'éprouver autant de haine. Ainsi, pour prendre des exemples évidents m'ayant notamment cassé les pieds durant tout un quinquennat, je déteste Sarkozy et Fillon. Je les déteste politiquement pour les « valeurs actuelles » qui sont censés être les leurs à des degrés divers, et je les déteste également pour le rapport personnel abusif qu'ils ont avec le pouvoir, les lois, les apparences et bien sûr avec l'argent. Les différents procès qu'ils ont actuellement au derrière sont tous mérités sur le principe, et j'espère (sans me faire d'illusions) qu'ils seront effectivement condamnés, pour l'exemple, même si ces individus-là, malheureusement, s'en sortent toujours, d'une manière ou d'une autre. Ce que j'éprouve à leur égard est un mélange de détestation et de mépris. Mais je m'efforce tout de même d'éviter de tomber dans la haine, à leur égard comme à celui des autres politiciens que je déteste (à droite et à l'extrême-droite, naturellement, mais aussi à gauche, du côté qui est censé être le mien, et à l'extrême-gauche, sans oublier quelques insupportables faux-culs centristes, et bien-sûr Macron et ses courtisans, que je déteste aussi cordialement). Il ne me viendrait pas à l'esprit de consacrer toute une œuvre artistique engagée à ces détestations, à consacrer des poèmes à cela, en y incluant des noms qui n'évoqueraient plus rien à personne 160 ans plus tard, sauf pour les historiens et les passionnés d'histoire. Alors certes, Hugo en son temps réagissait à un contexte politique (celui d'un coup d'État et de sa répression en particulier) qui n'est pas censé être celui que nous connaissons en France au XXIe siècle, mais il n'empêche que quand je relis les Châtiments, je sais certes de qui Hugo parle quand il parle de Morny, de Maupas, de Rouher, de Baroche, de Montalembert, etc., parce que j'ai longuement étudié la période, mais honnêtement je trouve que tout cela n'a plus guère de portée aujourd'hui, et dès lors les attaques hugoliennes m'ennuient sans convaincre. On a dit qu'il importait peu que l'on ne souvienne plus de tous ces personnages, parce que leur seule nomination suffisait à les déshonorer, en 1853 et pour la postérité. Pour ma part, j'aurai tendance à paraphraser plus ou moins Karl Marx, qui reprochait à Hugo de grandir Napoléon III au lieu de le rapetisser comme il le prétendait : paradoxalement, Hugo aide tous ces gens à ne pas être oubliés et a posteriori finit, quelque part, par les honorer malgré lui ! Alors, du coup, se pose la fameuse question : pourquoi tant de haine ? Seul le piège de l'ego me parait, un peu, expliquer la chose...
Mais je m'en voudrais de ne partager ici qu'un regard critique, voire négatif, sur Victor Hugo. Le Hugo politique, encore très célébré à l'époque du bicentenaire de sa naissance, m'a beaucoup agacé par le passé, mais à présent, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et j'avoue sans peine que mon regard est plus apaisé. Du reste, on parle moins aujourd'hui du Hugo politique, et plus du Hugo créateur, et cela me convient quand même bien mieux... car c'est ce qu'a produit l'Hugo créateur, immense écrivain, que j'ai envie de retenir. Hugo poète, Hugo romancier, Hugo dessinateur, Hugo spirituel, et Hugo sensuel aussi : la créativité de cet Hugo-là m'attire bien davantage, comme celle de beaucoup d'artistes du XIXe siècle, époque décidément chère à mon cœur de lecteur et d'esthète, si j'ose m'exprimer ainsi. Silmo a écrit :
Aïe, aïe, aïe... Comment faire bref, François... dans un monde où le mètre-étalon du partage et de la communication numérique mondiale semble être le réseau social Twitter, avec son nombre de caractères limités ? Eh bien, pour faire bref, je suppose qu'il suffit de suivre le mouvement vers le « toujours plus court »... Sur le réseau de Mark Z., cela fait longtemps que je n'écris plus que de très courts messages en partageant surtout des images (comme sur Instagram), et j'évite de plus en plus de commenter les posts des autres, pour éviter les polémiques stériles et chronophages. J'ai la faiblesse de penser qu'un forum de discussion comme JRRVF — un forum littéraire, qui plus est — n'a pas (encore) forcément vocation à s'inscrire dans la même logique... Ceci dit, tu n'es pas le premier à me reprocher mes longueurs et mes pavés, y compris parmi les JRRVFiens... Mais je ne sais pas ce que vous voulez... Du temps pour lire autre chose ? Mais, moi aussi, j'ai besoin de temps pour lire autre chose, chaque jour ici et ailleurs... et je m'efforce de le prendre, ce temps, même avec des journées bien remplies et qui ne sont pas plus extensibles que les vôtres ! Quant à la nuit pour sommeiller, personne ne vous oblige à veiller pour voir si je vais pondre éventuellement quelque-chose sur le présent forum, pendant que tout le monde dort ou est censé dormir... :-) Tu veux des résumés, François... alors que je fais pourtant déjà des efforts pour éviter de faire trop de digressions... ^^' Et à chaque fois que je poste quelque-chose ici, je me dis : « je ne devrais pas : qu'est-ce qu'ils vont encore s'imaginer ? » Mais bon, je prends bonne note de tes remarques, et en m'excusant de ne pas avoir sans doute été encore assez concis cette fois-ci, je vais essayer de continuer à faire des efforts... en espérant quand même que l'on ne m'obligera pas à en venir à me limiter au mot de Cambronne (très concis, certes, mais facilement mal interprétable)... ;-) Amicalement, :-) B. (qui, au lieu de faire le zouave sur JRRVF, doit enfin terminer une relecture de thèse, entre autres choses urgentes...) [EDIT: corrections de fautes diverses] |
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J'envisageais notamment de glisser un mot au sujet de la modernisation politique et industrielle de la France sous Napoléon III, modernisation toute imparfaite au demeurant à nos yeux contemporains — la condition sociale des classes ouvrières était infiniment plus dure qu'on ne parvient à l'imaginer aujourd'hui, sauf à voyager dans les nouveaux ateliers du monde en Asie du Sud-Est — mais Hyarion en a dit plus que je ne l'aurais fait. J'ai failli aussi évoquer Sedan et la tache indélébile de la reddition, qu'Hugo représente en effet assez injustement en s'acharnant sur l'homme à terre. Sans doute aurait-il mieux valu en effet pour la réputation posthume de Napoléon III que celui-ci eût trouvé la mort sur le champ de bataille... Il est vrai que cet empereur-ci n'avait aucunement le génie militaire de son prédécesseur — au sujet duquel il y aurait sans doute plus à dire en matière de volonté de puissance et de mépris de la vie d'autrui. Bref, Hyarion, pour ma part, je ne te reprocherais aucunement d'éventuelles longueurs. C'était une belle synthèse, plus complète que je n'aurais su l'écrire, même si j'avais eu le temps (j'ignorais tout de l'implication de George Sand, par exemple), et aussi équilibrée que j'aurais souhaité l'être. Bref, je ne vois rien à y retrancher. :) E. |
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Comme disait Pilate "Quod scripsi, scripsi" (ce que j'ai écrit restera écrit), je continue à chérir Hugo et détester Napoléon le petit, dont la Commune nous a au moins débarrassés, pour hélas temporairement installer un premier Adolphe (Thiers de son nom). Il repose au Père-Lachaise dont je suis le très proche voisin, 300 m., mais j'aime moins le mausolée de ce personnage que le mur des Communards. Lorsque le cimetière à pu ouvrir, je suis sitôt allé déposer quelques cerises sur la tombe de Jean-Baptiste Clément, pas sur celle de Thiers. |
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Et encore un petit truc pour se détendre, nos chères Goguettes en trio mais à quatre et cette fois-ci à deux, qu"importe l'arithmétique :-) https://www.facebook.com/lesgoguettes/vi...370277685/ Faut mettre le son S. |
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Elendil a écrit :
Merci, Elendil. :-) Elendil a écrit :
Oui, je suis d'accord en tout point avec cela, et c'est notamment à cette aune que, quand Victor Hugo parle de l'oncle Napoléon Ier comme étant « Napoléon le Grand » et du neveu Napoléon III comme étant « Napoléon le Petit », je ne peux pas m'empêcher d'y voir une ironie tragique, y compris vis-à-vis du point de vue de Hugo sur l'Histoire... Silmo a écrit :
Bien entendu, François. :-)
Le régime du Second Empire, déjà très fragilisé dès les premières défaites militaires françaises du mois d'août 1870, s'est littéralement évaporé à la suite de la défaite de Sedan, survenue le 1er septembre. Au passage, pour l'anecdote, un des derniers décrets signés par l'impératrice Eugénie, régente en l'absence de l'empereur, fut un décret d'attribution de la Légion d'honneur à... Jules Verne, qui venait de finir de publier Vingt Mille Lieues sous les mers au mois de juin. Bref, dès que la nouvelle du désastre de Sedan est connue à Paris, le régime impérial s'est évanoui presque tout seul, incapable de survivre à la défaite et à la captivité d'un empereur qui était pourtant encore plébiscité au mois de mai... À cette aune, si Napoléon III a été renversé, son sort politique n'a cependant rien à voir avec ceux de Charles X ou de Louis-Philippe Ier qui, eux, ont été directement renversés par des révolutions avec barricades, en 1830 et 1848, sans rapport avec une guerre extérieure. Lorsque, le 4 septembre 1870, la république est proclamée à Paris, Napoléon III est prisonnier du roi de Prusse (il restera captif en Allemagne jusqu'en mars 1871) et cela faisait, de toute façon, déjà quelque temps qu'il ne commandait plus rien, politiquement et militairement, comme je l'ai dit précédemment. La foule ayant envahi ce jour-là le siège du Corps législatif, les députés (bourgeois) d'opposition républicains comme Gambetta et Favre, qui avaient de facto un boulevard politique devant eux, ont voulu éviter, face aux clameurs de la foule parisienne, que la situation ne finisse par leur échapper en faveur de quelque révolution (blanquiste ou socialiste internationaliste) autrement plus radicale. La proclamation de la république à l'Hôtel de Ville, par Gambetta, s'est donc en fait imposée par la force des choses, et ne doit pas être confondue avec la future Commune de Paris sous peine d'anachronisme. S'agissant de la composition du gouvernement de la Défense nationale qui se met alors en place, « gouvernement des Jules » (Favre, Ferry, Simon, Trochu...) constitué presque entièrement de députés républicains de Paris, tout au plus a-t-on consenti à y intégrer Henri Rochefort, tout juste sorti de prison, comme caution d'extrême-gauche (drôle de caution, à vrai dire, quand on pense a posteriori à la personnalité bizarre du personnage, Rochefort ayant certes brillé comme opposant républicain railleur vers la fin du Second Empire, avant de soutenir ensuite plus ou moins la Commune, ce qui lui valu d'ailleurs la déportation en Nouvelle-Calédonie [malgré le soutien de Hugo et la protection de Thiers], mais qui s'est retrouvé plus tard parmi les partisans nationalistes du boulangisme, et plus tard encore parmi les antidreyfusards [qui n'étaient certes pas tous de droite]). Bref... la Commune de Paris ne nous a donc débarrassés de rien du tout, mon cher François, mais cependant je te comprends sans peine lorsque tu dis préférer aller devant le mur des Fédérés ou la tombe de Jean Baptiste Clément au Père-Lachaise plutôt que devant le mausolée de Thiers dans ce même cimetière... Au passage, pour celles et ceux que cela intéresserait, l'histoire de la Commune, de ses origines révolutionnaires à sa répression, a fait l'objet de plusieurs conférences télévisées d'Henri Guillemin pour la TSR, en 1971. Catholique de gauche (et même plutôt très à gauche pour un catholique), Guillemin était un historien engagé, avec donc un fort parti pris (essentiellement contre la trahison et la lâcheté permanentes de la bourgeoisie) dont il faut naturellement tenir compte quant à son interprétation des évènements et des personnages historiques, mais cet esprit démystificateur était, en tout cas, de la trempe d'un Decaux pour ce qui est de savoir raconter le passé avec conviction au grand public : https://www.rts.ch/archives/dossiers/hen...paris.html Silmo a écrit :
Merci beaucoup, François. :-) Silmo a écrit :
Hahaha, merci pour le partage ! J'ai particulièrement apprécié ce passage : LA PRINCESSE CHLOROQUINE
LE CONSUL ALTOVIRUS
LA PRINCESSE CHLOROQUINE
À quoi ça tient, parfois, l'amour ! ;-) Amicalement, B. [EDIT: corrections de fautes diverses] |
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Cette amusante video ne doit pas nous faire oublier les traditions Goscinnyennes et Uderzoniennes de ce site. On a toujours rendu hommage à Astérix. De mémoire, il n'y eu jamais de Altovirus dans les albums d'Astérix, par contre chez les Helvètes, on trouve tout de même un fameux gouverneur de Condate, Gracchus Garovirus fellinien dans ses orgies.
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Altovirus ou Garovirus : l'un n'empêche pas l'autre, comme là, avec en plus un bel hommage à Téléphone récemment évoqué il y a peu ici-même ;-) |
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content que tu découvres en t'amusant, les Goguettes c'est chouette
et je crois qu'on avait déjà évoqué le conducteur de char Coronavirus dans "Astérix et la Transitalique" en 2017 |
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Un immense bonhomme qui s'éteint... |
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La nouvelle est effectivement tombée ce matin : Ennio Morricone est mort dans la nuit de dimanche à lundi dans une clinique de Rome, des suites d'une chute, à l'âge de 91 ans. Un peu plus de trente ans après, ce très grand compositeur et chef d'orchestre rejoint donc le très grand cinéaste qui lui restera le plus souvent associé, son ami Sergio Leone (1929-1989), dont il fut le camarade de classe à l'école primaire avant de constituer plus tard avec lui un duo majeur et incontournable du septième art. Même s'il s'agit d'une nouvelle à laquelle il fallait bien s'attendre un jour ou l'autre, ce matin je suis triste. En matière de musique de film, comme en matière de musique tout court, Ennio Morricone, au moins depuis l'adolescence et même avant, fait partie de mon horizon musical personnel comme en font partie ses autres illustres collègues, eux aussi disparus, Bernard Herrmann, Miklós Rózsa, Basil Poledouris, Jerry Goldsmith, Georges Delerue, Maurice Jarre, Wojciech Kilar, John Barry... Si je devais choisir une seule musique de film de Morricone, ce serait évidemment celle composée pour Le Bon, la Brute et le Truand (Il buono, il brutto, il cattivo / The Good, the Bad and the Ugly), et en particulier le saisissant morceau The Ecstasy of Gold (L'Estasi Dell'oro), qui fut une révélation dès ma découverte de ce chef d'œuvre de Leone, vu pour la première fois au début des années 1990, dans la petite télé en noir et blanc de la maison familiale...
Mais il y aurait tant d'autres musiques de films à mentionner, celles des films de Leone donc bien sûr, qui représentent sans doute la partie la plus éclatante de l'œuvre du prolifique Morricone, mais aussi celles de bien d'autres longs métrages, italiens, français, américains... Toutes ses compositions, écrites durant plus d'un demi-siècle pour des productions diverses, ne sont certes pas d'une qualité égale, mais Morricone n'en fut pas moins un immense musicien, d'une très grande créativité. Ainsi, récemment encore, en 2015, il avait montré qu'il n'avait pas perdu la main en écrivant la musique originale du film Les Huit Salopards (The Hateful Eight) de Quentin Tarantino (ce dernier citant par ailleurs régulièrement les partitions de Morricone dans les bandes originales de ses films). À noter que Morricone fut aussi un compositeur de musique de concert ou musique dite savante, ayant notamment écrit plusieurs concertos pour orchestre et divers instruments solistes. RIP Ennio Morricone (1928-2020)
https://www.francemusique.fr/actualite-m...s-de-films Amicalement, B. [EDIT (07/07/2020): corrections de fautes et ajout de la deuxième image] |
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j'avais découvert ce compositeur avec le film "Mission" en 1986 et dont j'écoute encore régulièrement le CD. |
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Oui, Mission, quel beau film et quelle belle musique. I. |
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Hier soir, dimanche, à 19h00, la chaîne ARTE a rendu hommage à Ennio Morricone en rediffusant Morricone dirige Morricone, réalisé par un de ses enfants, Giovanni Morricone, et qui propose un concert filmé à Munich en 2005, avec le Münchner Rundfunkorchester (orchestre de la Radio de Munich), le Chor des Bayesrischen Rundfunks (choeur de la Radio bavaroise) et la soprano Susanna Rigacci, sous la direction du compositeur et chef d'orchestre italien en personne. Plusieurs morceaux de musique de films de Morricone sont interprétés à cette occasion, extraits notamment des longs métrages Il était une fois dans l'Ouest (C'era una volta il West) de Sergio Leone, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto) d'Elio Petri, Sacco et Vanzetti (Sacco e Vanzetti) de Giuliano Montaldo, 1900 (Novecento) de Bernardo Bertolucci, Mission (The Mission) de Roland Joffé, Les Incorruptibles (The Untouchables) de Brian De Palma, Cinema Paradiso (Nuovo cinema Paradiso) de Giuseppe Tornatore, et bien sûr Le Bon, la Brute et le Truand (Il buono, il brutto, il cattivo) de Sergio Leone. L'enregistrement du concert est complété par des extraits de films et un entretien avec le compositeur.
Ce lundi soir, toujours en hommage à Ennio Morricone, ARTE rediffuse, à 20h55, Il était une fois la révolution (Giù la testa), un des films de Sergio Leone qui est souvent un des plus méconnus mais qui n'en mérite pas moins d'être vu ou revu : https://www.arte.tv/fr/videos/069830-000...evolution/ B. |
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Peter Green vient de nous quitter. Il était le fondateur du célèbre groupe Fleetwood Mac, qu'il abandonna en plein succès naissant en 1970. Fragile, torturé, profondément dépressif, il a traversé les années 70 et 80 comme il a pu, avant de revenir apaisé dans les années 90 et de redémarrer une carrière discrète avec les bluesmen de Splinter Group, puis avec des prestations en solo dans les années 2010.
Bien entendu, ce Peter Green là n'a rien à voir avec un autre Peter Green plus ancien, qui a été un critique désagréable de la Fraternité de l'Anneau à sa sortie en 1954 dans le Daily Telegraph (Lettre 149). I. 8.( |
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triste disparition (que de souvenirs d'albums écoutés en boucle au lycée). 8.( |
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Et une triste nouvelle de plus ! :( Je ne sais pas si c'était prémonitoire mais tout récemment encore (le 25 février dernier), Mick Fleetwood organisait à Londres un concert-hommage en l'honneur de son vieux complice, durant lequel défilèrent une belle brochette de rockstars : David Gilmour de Pink Floyd, Steven Tyler d'Aerosmith, Billy Gibbons des ZZ Top, Kirk Hammett de Metallica, Pete Townshend des Who, Noel Gallagher… Un beau témoignage de respect pour son incroyable talent et son impact sur le monde de la musique. Un coffret est prévu pour octobre mais on peut déjà apprécier de nombreuses vidéos de cette performance sur YouTube (tapez Peter Green Tribute Concert). |
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merci de l'info |
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Autant en emporte Olivia, une parisienne s'en va à 104 ans, Olivia de Havilland, inoubliable dans "Autant en emporte le vent" et grande activiste pour les droits sociaux des artistes. Plus que centenaire, c'est bien. je m'en souviens surtout dans Robin des Bois. |
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Quelques années après, alors qu'elle venait de fêter ses 104 ans, Olivia de Havilland rejoint donc sa sœur Joan Fontaine, disparue en 2013 et avec laquelle elle avait certes toujours eu des relations difficiles... Restent bien sûr les films de ces deux grandes actrices. À l'occasion du centième anniversaire d'Olivia de Havilland, en 2016, Rafik Djoumi avait raconté, sur le réseau de Mark Z., cette anecdote liée au choix de l'actrice de s'être installée en France et d'être devenue française et parisienne : Un jour, je m'étais installé aux enchères du square Montholon pour y revendre des DVD. N'ayant guère que des zones 1 américains, je ne me faisais pas trop d'illusion. Pourtant un vieux monsieur très élégant en récupéra une pile et me questionna sur différents titres, notamment ce que valait la copie de l'édition collector des Aventures de Robin des bois. Rafik Djoumi, message public sur Facebook, 1er juillet 2016.
RIP Olivia Mary de Havilland (1916-2020) B. |
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Gisèle Halimi, la célèbre avocate franco-tunisienne, est morte aujourd'hui, 28 juillet, à Paris, à l'âge de 93 ans. C'était une belle personne, qui aura eu « une belle vie », pour reprendre les mots d'un de ses fils. Puisse la profonde justesse (selon moi) des engagements qui furent les siens, pour le droit à l'avortement, la criminalisation du viol, l'abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l'homosexualité, continuer à être toujours fermement reconnue aussi longtemps qu'il faudra défendre, dans ce monde de cinglés, la liberté pour toutes et tous dans la justice, en particulier la liberté des femmes à disposer de leur corps et leur droit à vivre en harmonie avec celui-ci, sans avoir à subir les carcans « traditionnels », idéologiques et religieux imposés par d'autres. À noter tout de même, à titre de nuance, que le positionnement — plus ou moins prohibitionniste — de Gisèle Halimi concernant la question complexe de la prostitution fut, par contre, très décevant... mais personne n'est parfait et chacun connaît (ou devrait connaître) les limites de tout militantisme face au réel, quel que soit le bord politique. Avec des personnalités comme Gisèle Halimi, la notion de féminisme, fut-elle plurielle, avait en tout cas un sens qui tend malheureusement à se perdre un peu aujourd'hui, tout comme la notion d'antiracisme d'ailleurs, les causes associées à ces notions valant mieux que ce que tendent à en faire, de nos jours, certains esprits « radicaux » peu soucieux d'éviter le piège de la pensée « lithique » sur fond de cirque médiatique, mais c'est là une autre histoire...
RIP Zeiza Gisèle Élise Taïeb, dite Gisèle Halimi (1927-2020) B. |
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Voilà une actualité et surtout un plaidoyer dont le forum de JRRVF devrait pouvoir se passer. Merci d'en prendre note. |





