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Je vous propose aujourd'hui l'interview d'Isabelle Smadja par Nicolas Liau. Vous aurez peut-être envie de réagir à nouveau, et vos commentaires seront les bienvenues. Je vous demanderai seulement, mais est-il besoin de le faire, de répondre avec toute la modération nécessaire quant au ton employé. C'est que les avis ne sont pas les mêmes, alors ne nous emballons pas ;-) L'adresse : Interview d'Isabelle Smadja
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M'est avis que tout texte peut être critiqué aussi bien de manière élogieuse que de manière moins élogieuse. Il semble que Isabelle penche plutôt pour le deuxième choix. Il est un proverbe qui dit: l'art est difficile, mais la critique est facile. Je ne sais si c'est vrai, mais une critique argumentée demande du travail et je ne peux nier celui-ci. Et je ne sais si la critique péjorative est plus facile que la mise en éloge, mais il me semble qu'on la trouve souvent plus argumentée mais aussi plus sélective dans ses sources. En est elle pour autant plus justifiée? Cependant, il me semble que la critique d'Isabelle apparaît à un moment inopportun, on pourrait ainsi lui reprocher de sortir un travail sur le seigneur des anneaux juste au moment ou un film fort "publicité" apparaît. Ce qui pourrait nous pousser à penser qu'il s'agit purement d'un ouvrage à rentrée financière agissant un peu comme un journal à scandale. Car je ne vois pas très bien quel but est recherché dans pareil travail. Je vais maintenant m'attarder sur le caractère racial qu'Isabelle démarque dans le seigneur des anneaux. On ne peut pas le nier! Oui, Tolkien crée des races! Oui il les pourvoit d'attributs caractériels et physiques propres. Mais le monde n'est il pas ainsi? Alors pourquoi pas l'univers Tolkiennien? Ne préfère-t-on pas l'abeille à la guêpe? Le citron n'est il pas plus sûre que la pêche? L'enfant n'est il pas plus naïf que l'adulte? Ces différences d'espèces ou non existent et il n'est nul besoin de les nier. Tolkien a créé la race des Orcs, des Trolls,... mais il ne cherche aucunement à en faire un rapprochement avec le monde réel. Car si ces races sont faites haïssables, je ne pense pas que ce soit pour en faire un parallélisme ou message raciste. Oui, le seigneur des anneaux se déroule dans un monde où vivent diverses races intelligentes bonne ou mauvaise. C'est d'ailleurs ce qui en fait une oeuvre fantastique ou de fantasy. Mais il ne cherche pas à faire valoir un idéal raciste au sens stricte du thème. Exemple, dans "perry-the-winkle" Tolkien met en avant l'acceptation de la différence et de la nuance. Ainsi je pense que c'est de faire des rapprochements entre notre monde réel et celui de la fantasy qui est dangereux. car l'un se veut "idéaliste", l'autre ne l'est certe pas. Si on peut reprocher à Bush son idée très typée et, à mon goût, malsaine d'un "combat du bien contre le mal", on ne peut reprocher à Tolkien d'en faire le thème d'un roman. Car si l'on veut parler racisme, il n'est nulle doute que certains passages de la Bible (surtout 1er testament) sont bien plus raciste que le seigneur des anneaux et que quiconque chercherait à le démontrer pourrait, tout comme Isabelle Smadja avec le seigneur des anneaux, le faire. Il n'en est pas moins que le message que nous voyons en la bible est plus que tous "respect et tolérance" et non "Et on tuera tous les affreux" ;-). Tout ressort de l'interprétation, car celle-ci ne ressort pas toujours (souvent) la volonté de l'auteur. Encore moins quand on s'est décidé à y trouver quelque chose de prédéfini. Bien, j'en ai fini de m'embrouiller les pinceaux et laisse à d'autre le plaisir de "discourir" ;-) Ulmo |
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Bonjour, JRRVF Pour ma part, je n'ai jamais tenté de discerner chez Tolkien, l'homme, l'auteur, une "idéologie" qu'il aurait sciemment véhiculée dans son oeuvre, ou qui y serait apparue inconsciemment. J'ai surtout été frappé par ses influences littéraires (où peut-être cela m'a-t-il été inculqué par la critique, je ne sais pas) : Tolkien n'est pas, de toute évidence, un romancier au sens strict du terme ; il n'avait que peu d'égards pour la littérature de son temps, et encore moins pour celle des XVIIIe et XIXe siècles ; "post-shakespearien" (inclusivement) semble avoir été pour lui un terme favori pour qualifier péjorativement un type de merveilleux, d'ailleurs repris chez Disney dans sa forme la plus vulgaire. À Oxford, il n'appartenait pas à cette majorité d'académiciens "classiques" qui n'ont guère d'affection pour la poésie (et la civilisation) anglo-saxonne : c'est pourtant dans cette matière que Tolkien s'était investi. Il aimait les tragédies classiques, certes, et peut-être était-ce le souffle épique qui le portait le plus : car il était bien plus germanique que gréco-latin de coeur. L'héroïsme germanique (scandinave, nordique - et ici qu'il soit clair que je discute sans savoir vraiment de quoi je parle, et je puis me tromper, mais je ne me réclame que d'un minimum de culture générale), cette tradition, dis-je, représente bien, je pense, tout ce qu'Isabelle Smadja dénonce : l'image de la femme, la fascination pour la mort, l'héroïsme au combat, l'"avilissement", dans le coeur des héros, de la tribu ennemie. Reste Dieu ; mais certains prétendent l'avoir trouvé là. Tolkien, qui n'avait rien d'un guerrier lui-même, n'a pas décapité beaucoup de Danois dans sa vie ; il n'a jamais eu de Chef outre son cher Créateur, et il ne s'adonnait que très rarement aux rituels païens. Il était marié, très (très) conservateur, et il n'a pas inventé le féminisme moderne. Je ne puis dire si ses goûts littéraires, son imaginaire plus personnel (The Lost Road, The Notion Club Papers), faisaient ou ont fait de lui un raciste ou un mysogine. Sans doute y avait-il quelque chose en dormance chez lui à ce point de vue. Il y a bien des choses qui dorment chez vous ou moi, y compris d'ailleurs chez Mme Smadja, ce qui semble évident en la lisant... C'est qu'elle s'est fait, il me semble, la spécialiste de ce qu'elle connaît bien. Quant au reste, elle le tait : bien fait pour elle ! Permettez que je poursuive tout de même. En somme, ce qu'I. Smadja reproche à M. le conteur, c'est de n'être pas un artiste "engagé" qui pèse bien les "conséquences" des oeuvres qu'il fait connaître au public, les "idéologies" qui y sont véhiculées. (Elle ne prête pas au Professeur des intentions malsaines, ou du moins l'espère-t-on.) Le Seigneur des Anneaux serait donc nocif pour ses lecteurs, pernicieux, pervers. Voilà, si j'ai bien compris, ce qui nous enrage ici, et je pense que les gens ont somme toute raison de reprocher à la critiqueresse d'ignorer tout un pan de l'oeuvre pour mieux chercher la bête noire, la trouver, et la tenir à bout de bras en déclamant à Ragnarok. Mais de tels jugements ne seront jamais sûrs - d'où l'invitation à la discussion, bien venue ; et le Seigneur des Anneaux est plus riche que cela. Car Tolkien n'abusait pas lorsqu'il l'appelait "heroic romance" : si j'ai dit que Tolkien n'était pas, a priori, un romancier tel qu'on l'entend en pensant à certains auteurs dont Mme Smadja se sert (à tort, je trouve, car j'en vois peu la pertinence) dans ses délibérations, il n'en reste pas moins que ses personnages ont des qualités (et des défauts) bien humains qui les différencient des héros germaniques que j'ai cités, sont "caractérisés" (trop peu pour certains, trop mal pour d'autres) à la manière du roman, ont une certaine psychologie, etc. Qui plus est, la première partie du livre, qui selon moi cadre très mal avec le reste (ce qui lui donne un certain charme ; on a vu les raisons de tout cela dans HoME VI), ressemble davantage au Hobbit ; et cette race de Hobbits en est héritée, ce qui peut nous distraire du fait que nos héros, plus particulièrement Aragorn, Boromir, Faramir, Éowyn, ainsi que tous les Gondoriens mais surtout les Rohirrim (qui sont des Anglo-Saxons), qui eux surtout mènent cette guerre sans merci contre les Orques, sont grandement influencés par ceux de la poésie médiévale de tradition anglo-saxonne. Aragorn, qui est en vérité un personnage double, d'où ses deux noms, est un héros assez fade : il se contente d'être vertueux, et l'héritier d'Elendil, l'Élu, en quelque sorte. Quelqu'un peut-il me trouver son équivalent dans Le Père Goriot...? Grands-Pas, lui, a un passé, et des défauts : il ressemble en cela davantage un personnage de littérature "moderne"... peut-être. Et c'est ainsi qu'on peut distinguer la voix du narrateur épique des chapitres du livre V, par exemple, à celle du Hobbit dans les premiers chapitres ; il y en a d'autres, celle du romancier ou du philosophe, à plusieurs reprises. En vérité, je trouve qu'il est impossible, et futile, de considérer le Seigneur des Anneaux dans son ensemble (et de porter des jugements globaux), car c'est une oeuvre complexe et hétérogène, riche en perspectives (dont une, traductologique, injustement négligée !), et c'est lui faire tort, à mon sens, de négliger un ou plusieurs aspects importants de l'oeuvre au profit d'un autre, quelle que soit l'excuse évoquée. Au sujet des Orques, il y a certains moments, dont un en particulier, qui nous amènent à se demander où se situe la "voix de l'auteur" dans tout ça (il me semble que c'est celle qu'accuse Mme Smadja, après tout), car on croirait (ou voudrait ?) peut-être la percevoir plus distinctement qu'à l'habitude dans ces passages : est-il du côté de nos valeureux Hommes de l'Ouest ? Est-il un hobbit ? Un Elfe ? (Vraiment ? Ces Noldor, du Silmarillion ? On peut en douter !) Il n'est certainement pas un Orque. Est-ce Gandalf ? Non. Évidemment, on pense tout de suite aux hobbits, et plus particulièrement à Sam. J'ai la conviction personnelle (partagée par d'autres) que lorsqu'il a rajouté ce personnage qui avait dès sa première apparition la personnalité très marquée que l'on connaît (à la différence des autres), Tolkien s'inspirait surtout de lui-même. Mais si cela est vrai, je ne pense pas non plus que Sam ait été un idéal pour lui ; il l'a déjà critiqué, notamment dans sa relation avec Gollum. Or, nous nous penchons ici sur les idéologies et le "message", et si tant est que Tolkien écrivait avec de telles intentions (ce que je trouve, pour ma part, fort douteux !), il faudrait peut-être se demander quelles sont les leçons que tirent nos héros de l'aventure qu'ils ont vécu : la morale de l'histoire. Certes, les bons gagnent et les méchants meurent... Encore que je ne sois pas tout à fait certain de la Bonté du virginal Frodo, à l'issue du récit... non plus que du destin des Orques. Car à la Porte Noire ce sont eux qui, pour une rare fois, sont attaqués, et bien que nombre d'entre eux fussent tués avant la chute de Sauron, et à Minas Tirith et dans bien d'autres batailles, la majorité demeurait en Mordor, et lorsque la tour de Sauron fut mise a bas et son pouvoir défait, les Orques s'enfuirent, pris de folie ; la plupart eurent la vie sauve et n'ont pas été chassés. Mais le narrateur, dans le style héroïque (est-il besoin de le rappeler ?), nous dit qu'ils sont allés se terrer quelque part loin de tout espoir, alors que les Hommes qui combattaient à leurs côtés reconnûrent la majesté et la valeur des Hommes de l'Ouest. Si l'on veut en tirer une conclusion politico-idéologique, qu'on se sente bien libre de le faire ; pour ma part je trouve cela bête et puéril. Il faut s'imaginer nos pauvres idiots de lecteurs-consommateurs en train de coller cette histoire à dormir debout aux réalités du monde, et d'en tirer des leçons. Belle influence ! On devrait sûrement interdire, en ce cas, la lecture de tous ces ouvrages nuisibles d'avant les Nouvelles Lumières (i.e. la rectitude politique). D'où la constatation, peut-être, que Tolkien n'était pas tout à fait un écrivain de son temps, et qu'Harry Potter, c'est une toute autre paire de manches... que bien plus de gens sont prêts à porter, pour ainsi dire ! On a souvent cité le passage où Sam est témoin, pour l'une des première fois, des conséquences de la guerre : le meurtre d'un Suderon, où était-ce un Estrien, peu avant l'interrogatoire avec le bon Faramir, un pur descendant des Númenoréens celui-là. (Vous voyez que je suis loin de faire l'autruche ; mais si le nazisme a pu souiller de vieilles traditions, et combien d'autres choses, ce n'est pas mon problème, ni celui de Tolkien, d'ailleurs.) Il y a plusieurs passages de ce genre, où un flou apparaît dans ce manichéisme trop visible, dont un qui concerne les Orques Shagrat et Gorbag, et la réfléxion est la même : n'est-ce pas l'aspiration de tous les êtres qui vont sur deux pattes, au fond, de pouvoir tranquillement vivre en paix, et d'être libres ? Bien sûr, les Orques, même s'il l'avaient souhaité, n'avaient évidemment aucun salut : ils étaient damnés, étant des créations du Mal ; leurs pensées et leurs actions aboutissent nécessairement au conflits et à la violence. Mais on peut voir ici, je pense, pour un court instant, alors que le rédacteur du Livre Rouge se tait, que le tumulte de la guerre est laissé loin à l'Ouest, alors que Sam écoute parler ces deux bêtes par le truchement d'un traducteur improbable, que Tolkien ne leur refusait pas une âme. Tout cela avec humour, bien entendu, car ce n'est pas tout à fait sérieux...! Enfin, pas pour tout le monde. Then not far inside, or so he thought, he heard the two captains' voices talking again. He stood still listening for a little hoping perhaps to learn something useful. Perhaps Gorbag, who seemed to belong to Minas Morgul, would come out, and he could then slip in. `No, I don't know,' said Gorbag's voice. `The messages go through quicker than anything could fly, as a rule. But I don't enquire how it's done. Safest not to. Grr! Those Nazgûl give me the creeps. And they skin the body off you as soon as look at you, and leave you all cold in the dark on the other side. But He likes 'em; they're His favourites nowadays, so it's no use grumbling. I tell you, it's no game serving down in the city.' `You should try being up here with Shelob for company,' said Shagrat. 'I'd like to try somewhere where there's none of 'em. But the war's on now, and when that's over things may be easier.' `It's going well, they say.' 'They would.' grunted Gorbag. `We'll see. But anyway, if it does go well, there should be a lot more room. What d'you say? – if we get a chance, you and me'll slip off and set up somewhere on our own with a few trusty lads, somewhere where there's good loot nice and handy, and no big bosses.' 'Ah! ' said Shagrat. `Like old times.' `Yes,' said Gorbag. 'But don't count on it. I'm not easy in my mind. As I said, the Big Bosses, ay,' his voice sank almost to a whisper, `ay, even the Biggest, can make mistakes. Something nearly slipped you say. I say, something has slipped. And we've got to look out. Always the poor Uruks to put slips right, and small thanks. But don't forget: the enemies don't love us any more than they love Him, and if they get topsides on Him, we're done too. (LotR, IV, 10 The Choices of Master Samwise.) |
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Je touve qu'Isabelle Smadja a peu progressé! Certes elle est beaucoup plus prudente dans ses propos; la façon dont son ouvrage a été accueilli et notamment des réponses qui lui ont été faites comme celles du "Compte Rendu" ne l'ont pas laissée insensible; la courtoisie est de rigueur' bien davantage que pour Tolkien. |
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BRAVO Greenleaf !!! |
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A moi le tour...:-) Mj : "Je touve qu'Isabelle Smadja a peu progressé!" Je dirais pour ma part qu'on a carrément stagné, à part pour quelques considérations lénifiantes sur la "belle plume" de Tolkien et la qualité globale de l'ouvrage. Je ne vois pas un seul changement dans les prises de positions que j'ai trouvées dans "La tentation du mal", mais bon, c'est une interview, pas un post sur le forum... Dame Smadja voulait s'expliquer, pas débattre, ce me semble... Je ne suis toujours pas convaincue par l'explication, mais puisque, rendons-lui cette grâce, I. Smadja prend au moins la peine d'argumenter sa critique, je vais essayer de faire de même. Je commence par citer le deuxième paragraphe : "j’ai vraiment l’impression qu’il y a des gens qui se permettent de critiquer, de m’insulter parfois, alors qu’ils ne m’ont même pas lue." C'est plutôt drôle, quand j'ai lu "La tentation du mal", je me suis justement fait cette remarque : "Il y a vraiment des gens qui se permettent d'insulter carrément, pourquoi pas de calmnier, alors qu'ils n'ont même pas lu le livre"... Un peu excessif j'en conviens, et puisque Cédric, tout à fait à raison d'ailleurs, nous appelle à la modération, je vais même me retenir de suggérer que le livre a été lu en diagonale... :-) Quoique puisque nous sommes ici pour commenter cette interview, je ne résiste pas à l'envie de citer deux petites choses qui ont retenu mon attention : "Les Elfes sont beaux et blonds; les Orques sont noirs et hideux."(paragraphe 3) Pas de chance, les Elfes sont bruns, Dame Smadja... Les Vanyar seuls font exception, et les descendants d'Indis en Terre du Milieu, mais cela ne fait vraiment pas assez pour associer blondeur et beauté d'âme. Luthien est brune, Elrond également, ainsi qu'Arwen, et Finwë, pour citer seulement ceux qui me reviennent dont la description ne laissait pas de doute. Si nombre de lecteurs s'imaginent les Elfes blonds, c'est leur droit le plus strict mais ce n'est absolument pas la faute de Tolkien. "Il est vrai que Legolas l'elfe et Gimli le nain apprennent peu à peu à se connaître, mais leur accord ou leur réconciliation ne se construit que sur la base d'une même volonté de destruction des Orques : c'est autour d'un ennemi commun, une sorte de bouc émissaire, que se fait l'accord."(paragraphe 4) Je sais que la suite du paragraphe va dans le sens de l'amitié entre les peuples, mais dans un souci de rigueur, je réagis quand même : non seulement il n'y a rien, mais alors rien du tout, qui permette d'affirmer que Legolas et Gimli ne font que se tenir les coudes contre un ennemi commun, mais en plus les arguments iraient plutôt dans le sens contraire. Les deux personnages commencent par se détester, par respect pour les traditions, si j'ose dire. Aucun d'entre eux ne paraît savoir d'où vient la haine entre Nains et Elfes, je cite le chapitre IV du livre II :"Ce n'est pas par la faute des Nains qu'a décliné cette amitié, dit Gimli. - Je n'ai pas entendu dire que c'ait été la faute des Elfes, dit Legolas." Et ce ne sont pas les remontrances de Gandalf à ce moment (il évoque justement l'ennemi commun qu'il faut combattre dans la bonne entente) qui vont y changer quoi que ce soit. D'ailleurs, quand il ne s'agit que de se serrer les coudes, on ne peut finalement reprocher grand chose à nos deux amis, comme en témoigne la réaction de Legolas à l'intérieur de Moria, au moment de l'attaque des gobelins : "mais Legolas dut entraîner Gimli après eux : en dépit du danger, celui-ci s'attardait près de la tombe de Balin...". Pas besoin de sentiments, donc, pour s'entraider face aux orcs. L'amitié véritable viendra après, en Lothlorien, où il semble que l'influence de Galadriel (en tous cas une influence liée à la forêt, pas à la guerre, vu que c'est justement le seul havre de paix qu'ils auront traversé) les rapproche. Ce n'est pas un accord, je n'irai pas parler de réconciliation puisque c'étaient leurs races, pas eux, qui ne s'entendaient pas. C'est la naissance d'une amitié, et puisque Mme Smadja a eu la bonne foi de reconnaître que le SdA est un roman de qualité, elle pourrait bien admettre que c'est franchement réducteur de parler de trêve conclue dans la nécessité. "je pense même que J.K. Rowling a clairement montré sa dette envers Tolkien : le nom de « Voldemort » n’est pas une traduction : il est en français dans l’original. C’est sans doute une allusion à « Mordor », qui a plus de sens également en français qu’en anglais." Hum, la racine "mor" signifie "noir", cela m'étonnerait qu'il y ait un grand rapport avec la mort ! Tolkien a construit ses noms propres sur les racines deses propres langues, sûrement pas en rappelant des mots étrangers. Cela me rappelle cette affirmation du livre selon laquelle "nazgûl" serait une déformation de "nazi". Or "nazg" signifie "anneau", dans la langue de Mordor, et il y a beaucoup trop d'anneaux pour que tous aient un rapport avec les SS. S'il faut chercher des consonnances qui rappellent vaguement des mots d'autres langues, on aura vite fait de trouver tout et n'importe quoi (je vous renvoie au petit délire de Vinyamar sur le fuseau "Tolkien et les rave"). Tant que j'y suis, un détail n'apparaissant pas dans l'interview, mais qui constituait dans le livre un point important de l'argumentation au chapitre "Misogynie chez Tolkien" (désolée pour le titre exact, mais je pense que vous trouverez). Nous y trouvons une belle mise en avant de la haine de la femme en tant que créature vouée à l'engendrement. La preuve avancée : l'affirmation, au premier chapitre, de Ham Gamgee, qui se trouve en train de décrire la maison des Brandybuck, où a été élevé Frodo, comme un endroit des plus malsains : "Une vraie lapinière, à tous points de vue.". On suit l'idée : il y a beaucoup de femmes et elles font beaucoup de petits, donc c'est malsain... Aïe! Bref, c'était un peu long mais tant qu'on est ici, autant être rigoureux. Alors après ceci, je veux bien croire que Mme Smadja a lu attentivement le SdA avant de le critiquer, mais apparemment, certains détails ont échappé à ses investigations minutieuses, et cela ne s'arrange pas précisément dans son interview... Et je n'ai pas l'impression d'être allée chercher la petite bête pour redorer le blason de mon bouquin fétiche, je pense qu'il n'y a plus grand monde sur ce forum qui en soit resté à penser que "les Elfes sont blonds". Voilà pourquoi, malheureusement, je crains que tout ceci n'arrange pas tellement la crédibilité du propos de Dame Smadja. Mais poursuivons. Il reste des points éminemment douteux, et je n'ai pas l'impression que toutes les interprétations possibles aient été envisagées. Retour sur le paragraphe 3 : "De fait, tout chez les Orques est perfide et mauvais : leur langue est abominable, à l'opposé de la "belle langue elfique" ; leur apparence physique est hideuse par opposition à la belle apparence des elfes. On lit par exemple en II, 7 "vous avez les yeux perçants de votre belle race, Legolas". Depuis quand une race est-elle plus belle qu'une autre ? Ne serait-ce que dans cette volonté de faire croire que l'apparence physique révèle parfois la valeur morale, l'ouvrage de Tolkien me paraît comporter des éléments suffisamment ambigus pour qu'on ait le droit d'avancer une réflexion critique." Pour ma part, ce que je ne cesserai pas de reprocher à l'ouvrage de Mme Smadja, c'est qu'il se base sur des préjugés élevés au rang d'axiomes sans prendre un mot pour les justifier. Tu parlais, Mj, de la critique de l'anti-progressisme. Voici un exemple : n'importe qui a le droit de ne jurer que par la technique, mais ce n'est pas une raison pour honnir ceux qui n'en font pas autant. Voilà un point qu'il aurait été judicieux de développer dans cette interview. Je reste sur ma faim... Ben oui, je suis peut-être naïve, bouchée et complètement retardataire mais je ne comprends toujours pas pourquoi il devrait être grotesque de se méfier du progrès. Je me rapproche d'H. Arendt, pour qui l'avancée des moyens de destructions suit de près celle des techniques. Je n'ai aucune sympathie pour les bombes atomiques et, j'ose le dire, absolument aucun respect pour la "colossale" intelligence de notre ami Albert, capable du même coup d'inventer la théorie de la relativité et de la livrer au monde comme une fleur sans réaliser le moins du monde quelles pourraient être ses charmantes applications pratiques. Et l'affirmation de Gandalf à Saruman, "celui qui brise les choses pour savoir de quoi elles sont faites n'est pas digne du titre de sage", n'a rien d'un propos bêtement réac, parce qu'il faut bien faire attention à "briser". Ce n'est pas la connaissance que Tolkien critique. Les Elfes ont été de grands savants en leur temps. Ce qu'il récuse, c'est précisément le fait de faire passer la connaissance avant tout, quitte à détruire pour connaître, ou à utiliser ses connaissances pour détruire, ou à chercher à savoir sans réfléchir aux conséquences, au hasard, au point de collaborer avec Sauron à la création des anneaux pour le seul plaisir d'avoir pu en apprendre un peu plus (je me demande s'il n'avait pas un peu la même idée que moi d'Einstein ?). Mettons que ça se discute, si vous voulez. En tous cas cela ne se démonte pas en trois phrases. Enfin, je relève la remarque d'Ulmo : "Cependant, il me semble que la critique d'Isabelle apparaît à un moment inopportun, on pourrait ainsi lui reprocher de sortir un travail sur le seigneur des anneaux juste au moment ou un film fort "publicité" apparaît. Ce qui pourrait nous pousser à penser qu'il s'agit purement d'un ouvrage à rentrée financière agissant un peu comme un journal à scandale." Bien bien, je suis en train de battre mon record de longueur de post, j'espère que je ne vous ai pas trop lassés. Je termine en demandant, avec le grand sourire de rigueur :-))), si quelqu'un a eu l'impression que j'étais en train de réagir au quart de tour parce qu'on avait osé commettre le sacrilège de suggérer que mon bouquin fétiche ne serait pas totalement parfait. J'espère avoir quant à moi assez bien argumenté pour qu'on ait vu que j'avais des raisons de réagir. A présent, Dame Isabelle, puisque j'ai eu la grande joie de comprendre que vous fréquentiez ce site magnifique, s'il vous arrive de faire un tour sur ce fuseau et que vous désirez profiter du "droit de réponse et du droit de parole" que personne ici n'aurait l'audace de vous dénier, pourquoi ne pas vous y expliquer sur les points qui sont restés obscurs dans votre interview ? Etant donné la bonne réputation de JRRVF et le sérieux de ceux qui s'y retrouvent, je suis certaine que nombre de vos détracteurs seraient prêts à écouter quelques arguments de plus... |
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Un tout petit mot que j'oubliais, au sujet des femmes : je vous renvoie à l'argument de Vincent Ferré, pour qui les femmes sont en outre celles qui poussent les héros à agir (cela va assez dans le sens de ce que je disais je trouve : elles créent un équilibre. Et un grand bonjour au collectif toulousain qui n'a pas quitté le forum même en week-end, à ce que je vois :-) |
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Pourquoi s'obstine-t-on à faire grand cas de cette illétrée ? On a vu qu'elle était totalement à coté de la plaque. Pourquoi s'entêter ? |
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Ecoute Alfonso, merci de nous donner ton avis mais avec le mal qu'on se donne pour avancer, je ne veux pas t'offenser mais tu nous tires un peu en arrière, là ! Je te l'accorde, beaucoup d'entre nous ont pu avoir la même réaction à chaud, mais on est ici pour s'expliquer, justement. Tu crois qu'on va aller très loin à se renvoyer à la figure des "illettrée", "abrutie", "sectaires" et autres ? I. Smadja s'est prêtée à cette interview en réponse à nos commentaires, si tu n'es pas convaincu nous serons ravis de savoir pourquoi, nous sommes justement en train d'expliquer pourquoi, nous, nous ne sommes pas convaincus. Pas de chercher les raisons profondes de je ne sais trop quoi, là-dessus c'est à l'auteur de s'expliquer. |
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J'approuve tout à fait le message d'Illa dont le ton en particulier me rejouit !"Il y a des choses bonnes en ce monde et qui valent la peine qu'on se batte pour elles" (Sam à Osgilliath)(version 100%PJ ou déplacement de texte ?) Pour préciser ma pensée sur le pessimisme de Tolkien, je crois qu'il a été démontré ici qu'il ne prêchait pas un optimisme béat sur la nature humaine. Je pense d'ailleurs que ce serait lui faire affront que prétendre le contraire, l'homme cet animal pensant ne cessant de nous surprendre par ses aptitudes à s'abandonner à la beauté du mal. Mais l'homme doué de raison, sait aussi se dépasser et accomplir des merveilles quand le "coeur" arme sa volonté et surtout quand il n'est pas seul! et ce sont ces circonstances peut-être exceptionnelles mais qui se trouvent particulièrement mises en évidence dans notre livre favori qu'I.Smadja occulte totalement. |
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Ylla, c'est sans doute l'un de tes plus longs posts, mais quel plaisir de te lire :-) J'aimerai rebondir sur ta conception très intéressante "d'orcs robots". Le statut des orques demeure problématique (même pour Tolkien), mais rien ne nous empêche d'y trouver des solutions nous même. |
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Inutile de s'empresser de jouer l'arbitre. Je ne vais pas perdre mon temps à insulter et à être grossier avec cette personne. Mon post n'était pas un défoulement que j'ai jetté sous l'effet de l'énervement. En effet, je loue et j'admire votre attitude de vrais passionnés qui désirent faire comprendre et convaincre au travers de discutions et de débats avec les autres, seulement I. Smadja ne me semble pas (d'après moi) être une personne dotée d'un grand sens de l'autocritique et de la remise en question relativement au arguments qu'elle donne. Mais je ne la connais pas! me diras-tu.. et tu as raison je ne lui ai jamais parlé et je ne tient pas à ce que cela se produise, mais je le sens voilà tout. Je préfère en fin de compte tenter une discution avec une personne dont l'esprit est un peu plus ouvert et dont mes arguments ont ne serait-ce qu'une infime petite chance d'être pris en considération et je serais frustré si j'étais à votre place et que je parlais à un mur. Que veux-tu... amicalement ;) |
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Cher Alfonso :-) "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" Silmo |
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personellement ce qui me choque aussi dans la critique de Smadja c'est la manière dont elle attaque les conceptions de tolkien sur le progrès . Comme si on ne pouvait pas avoir le droit de douter un instant de l'idéologie qui nous domine depuis 3 siècle à savoir que tout progrès technique amnène un progrès dans l'humanité . |
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Désolée , je poursuis . |
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Je viens d'ouvrir un fuseau sur le destin des orcs dans le légendaire. Avis à Vinyamar et Greenie, entre autres ... |
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S. ;-) |
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J'espère que la réponse que je fais ici à Mme Smajda sera appropriée. C'est difficile de répondre à un tel article, car certaines de ses positions sont argumentées, et donc ne peuvent être contrées que de manière argumentée, et d'autres se balaient d'un revers de main. Mme Smajda prétend avoir lu d'autres oeuvred de Tolkien que le SdA. Bien. les quelles ? Parce que, si elle a lu le Silmarillon, comment se fait-il qu'elle ose dire que "tous" les Elfes sont "blonds" ( hum... Luthien... Arwen... Thingol ... et les autres... ils sont en général bruns ) et "sages" ( Feanor, sage ? Thingol, sage ? Eol, sage ? ). Si elle a vraiment lu le Silmarillon, elle a dû le lire en diagonale pour passer à côté de çà. En ce qui concerne les Orcs ( ah! ces fameux orcs! ): c'est assez facile de prétendre que Tolkien a créé une race qui dans son monde serait "biologiquement" mauvaise. Or, la race des Orcs n'est pas "biologiquement" mauvaise. Elle est "biologiquement", au départ, celle des Elfes ou des hommes, ou un mélange des deux, d'êtres enlevés, torturés, dépouillés d'eux-mêmes, transformés par la volonté d'un tyran diabolique (au sens propre ) en machines à tuer. Des types qui auraient en quelque sorte subi un lavage de cerveau pour devenir des troufions fanatisés, de la chair à épée pour leur propre créateur. Que cette "méchanceté fanatique" devienne héréditaire pourrait poser problème, mais le pose moins si on gratte un peu : un bébé orc est élevé par des parents orcs, donc totalement possédés par le Ténébreux, et sera donc dressé dès la naissance pour correspondre à ce qu'il doit devenir. Le monde du Ténébreux est un monde sans libre-arbitre. Un monde, aussi, où règne le terreur interne : les Orcs ont peur de leurs chefs. Et si les personnages "positifs" luttent contre les orcs, ce n'est pas "parce que ce sont des orcs". C'est simplement parce qu'ils se défendent. Si les orcs se contentaient de cultiver un bout de terre ou de vendre de la bière, ils ne seraint pas massacrés. Ils sont tués parce que c'est la guerre, et qu'ils sont dans l'autre camp. Et une fois la victoire assurée, les orcs fuyards ne sont pas poursuivis. Je dois d'ailleurs dire que je trouve Mme Smajda bien optimiste quant à la nature humaine. pour avoir dans ma jeunesse rencontré pas mal d'anciens combattants, je peux dire que beaucoup d'entre eux détestaient les allemands bien plus parce qu'ils étaient des "boches" et parce qu'ils étaien l'ennemi qu'à cause de l'idéologie Nazie.( j'ai dit beaucoup, je n'ai pas dit tous, et je suis parfaitement consciente qu'il y a eu aussi beaucoup de combattants défendant la liberté et la démocratie ). La lecture purement idéologique de la guerre 40-45 est paradoxalement plus le fait des générations qui ne l'ont pas vécue que des autres ( et surtout de ceux qui ont connu 14-18 ). |
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Un mot rapide et hors-sujet sur "Mordor", repris par Ylla dans son beau message : bien sûr, on connaît l'étymologie de Mordor, et c'est en langue elfique. Mais personnellement (et c'est une idée qu'on ne peut affirmer ou infirmer catérogiquement), je crois qu'il se peut que Tolkien ait arrêté son choix sur la racine "mor-" pour former tous ces dérivés de "noir", "obscurité", etc., en songeant au latin. Évidemment, je suis incapable de comprendre ni même d'imaginer quelle pouvait être la démarche suivie dans l'invention de ces langues, mais je me doute bien que ce n'est pas en empruntant un peu partout. Sauf que le professeur dût être conscient de la ressemblance avec cette racine importante du latin, (qui n'a pas la même signification, mais l'analogie est aisée), et peut-être cela fournissait-il à l'auteur, et à la racine, une motivation supplémentaire. Pour le reste, cela ne change rien : le parallèle entre Mordor et Valdemort a de quoi laisser pantois, et sème le discrédit... greenie |
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Pas de chance, les Elfes sont bruns, Dame Smadja... Les Vanyar seuls font exception, et les descendants d'Indis en Terre du Milieu, mais cela ne fait vraiment pas assez pour associer blondeur et beauté d'âme. Luthien est brune, Elrond également, ainsi qu'Arwen, et Finwë, pour citer seulement ceux qui me reviennent dont la description ne laissait pas de doute. Si nombre de lecteurs s'imaginent les Elfes blonds, c'est leur droit le plus strict mais ce n'est absolument pas la faute de Tolkien. C'est un peu facile de dire que c'est la fautes des lecteurs !
C'est sur que pour la plus part d'entre nous, une agregee, docteur en philo c'est carrement une illetree. Bon a lire son interview on voit qu'elle s'en reduit nettement son propos, qu'elle evite de repondre a la critique ("elle n'a pas lu le silmarion"). Ceci dit il faut bien admettre que quand elle ecrit: D’un côté, je m’y attendais, parce que je suis persuadée que, pour certains, Le Seigneur des Anneaux est un livre-culte. Et, de fait, ils lui vouent un véritable culte : c’est Le Livre, si bien que l’interprétation devient une exégèse et doit être livrée avec énormément de précautions, et que la critique est sacrilège. elle decrit quelque chose qui existe sur ce forum par exemple (c'est quand meme etonant de dire que le bouquin de Smadja n'est pas serieux -- bon je suis en gros d'accord-- et d'y accorder tant d'attention). Par ailleurs je n'ai pas lu beaucoup de critiques negatives de Tolkien par ici (au pire on lache du bout des levres que d'autre on fait bien pire). CdC |
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C'est absolument sans importance mais je réponds pour le principe ;) CdC, quand Smadja parle des Elfes blonds, oui, justement, on voit ce qu'elle veut dire : les grands blonds au teint clair et aux yeux bleus, dotés par ailleurs de toutes les qualités morales... des prototypes de bons petits aryens comme tous se devraient de l'être ! Ca ne te rappelle rien ? D'autre part, qui t'a dit qu'on trouvait le livre de Smadja fondamentalement pas sérieux ? Les arguments sont franchement tangents, à la limite du risible dans certains cas (cf l'histoire de la "lapinière", où elle construit son argumentation sur un faux-sens manifeste du traducteur), mais ce sont tout de même des arguments, et comme on vient justement sur ce forum pour réfléchir sérieusement, la moindre des choses est d'opposer des contre-arguments quand on en a, non ? Tu trouves que ça relève vraiment d'une mentalité bouchée et rigides de bibliolâtres ? Après, si tu trouves que nous sommes en train de tirer nos arguments par les cheveux parce qu'il nous faut absolument des arguments à lui opposer, je n'ai vraiment plus rien à te dire. Si nos arguments à nous ne te semblent pas valides, le débat est ouvert, profites-en. Sinon, tu peux considérer qu'ils sont de bonne foi. Et juste un petit détail : en général quand on s'occupe pendant des mois de suite à débattre d'un auteur, c'est qu'au départ on l'apprécie, non ? Tu trouves vraiment très étonnant, sur un forum d'études consacrées à Tolkien, qu'on ne répète pas toutes les trois lignes que c'est un auteur abominable, à l'idéologie douteuse et qui ne mérite pas qu'on s'intéresse à lui de toutes façons ? Franchement ? |
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CdC>>>Par ailleurs je n'ai pas lu beaucoup de critiques negatives de Tolkien par ici. Le Seigneur des Anneaux n'est pas mon livre culte. Je trouve maints défauts à Tolkien en tant qu'écrivain, mais j'y trouve aussi de grandes satisfactions de lecteur. Il en va de même pour Dostoïevski, Kafka, Balzac et Mann, mes autres écrivains favoris. Tous ont leur style, leurs obsessions, leurs errements. Tous sont très différents. Dès lors quelle démarche adopter? Creuser la veine de ce qui nous déplait ou explorer l'émerveillement que l'on ressent lors d'une lecture? Pour ma part, je prends plus de plaisir à discuter de ce que j'aime, plutôt que de dénigrer. Mais chacun fait comme il l'entend. Il n'est jamais bon qu'un écrivain soit admiré sans la moindre retenue. Mais Tolkien, dont l'oeuvre est trop singulière et hybride pour cela, ne fait et ne fera jamais partie de cette catégorie, un livre comme celui d'Isabelle Smadja en est une bonne illustration (en passant, je vous remercie madame et vous sais gré d'avoir bien voulu vous prêter au jeu d'une interview sur ce site). Même ici sur JRRVF, je vois des discussions passionnées sur le sens de ses écrits que j'invite Isabelle Smadja à suivre, non des louanges béâtes. Ceux qui aiment Tolkien n'ont vu nul racisme dans ses écrits ; plutôt un appel à la tolérance et à la compassion, et c'est, j'en gagerais, pour cela qu'ils l'aiment. Ils s'étonnent donc avec une sincérité non feinte de ce qu'Isabelle Smadja voit dans Le Seigneur des Anneaux un sommet de racisme, de bellicisme et de conservatisme. Ce fuseau et les réponses qu'il comporte me paraissent attester de cette sincérité. J'ai moi-même apporté ma contribution à ce débat dans mon compte-rendu du livre de Mme Smadja, mais maladroitement, trop vite et d'une façon insatisfaisante. Elle a raison de le souligner. J'y reviendrai, sous une autre forme, et avec de meilleurs arguments. Or, la particularité du livre d'Isabelle Smadja est non pas qu'elle critique Tolkien en tant qu'auteur, ce qui aurait été une démarche tout à fait légitime, mais en tant qu'idéologue, colporteur d'une idéologie détestable. Sa démarche est contradictoire. En refusant à Tolkien le droit à recevoir un traitement critique traditionel, elle l'exclue de l'espace littéraire classique. Mais dans le même temps, elle se comporte comme si Le Seigneur des Anneaux devait être perçu comme faisant partie de cet espace littéraire traditionel, ce qui n'est pas le cas puisque son assise est mythologique (qu'elle lise donc Le Silmarillion!), en le comparant avec des écrivains classiques comme Hugo et Balzac, que j'admire beaucoup au demeurant. Ces comparaisons là n'ont aucune pertinence. La lutte contre le racisme est une question très grave, pour laquelle il convient de faire beaucoup. Je ne sais pas dans quelle circonstances Mme Smadja a acquis la conviction qu'elle se devait de dénoncer le racisme du Seigneur des Anneaux alors que celui-ci me parait inexistant. Toujours est-il que nos réactions ici ne traduisent pas une incapacité à admettre la critique d'un auteur fétiche mais révèlent la perplexité de lecteurs doués de bon sens devant la nature des accusations portées. Il est naturel que l'on réagisse face à ce qui perpétue une longue tradition de dénigrement de Tolkien pour des raisons non littéraires. Enfin, je crois que Madame Smadja est à sa façon aussi perplexe devant Le Seigneur des Anneaux, dont elle ne semble pas percevoir la nature particulière, que nous le sommes devant son livre, notamment lorsqu'elle parle des lecteurs de Tolkien comme d'une inquiétante confrérie. Elle en trace un portrait, dont on ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer, où je ne me retrouve pas. Je doute qu'aucuns ici s'y retrouvent. Je n'ose imaginer quels lecteurs de JRR elle a rencontré pour se forger une telle opinion d'eux. :) Bref, en ce qui me concerne, libre à tous de critiquer Tolkien, mais je ne souscrirai à la critique que si je la trouve pertinente, bien argumentée et convaincante. :) |
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J’ai pris connaissance aujourd’hui de ce qui s’est écrit dans ce forum et j’aimerais vraiment répondre plus longuement – répondre également au compte-rendu de M. Semprini, ce que je n’ai pas encore fait, les questions de l’interview ne portant pas sur ce sujet. Mais d’une part je ne sais pas si ça vous intéresse – c’est à vous de voir… Et d’autre part, je ne trouverai pas le temps de me replonger vraiment dans Tolkien avant la fin de la semaine prochaine. C’est la rentrée, j’ai un temps plein en lycée et ça fait beaucoup de travail. Plus généralement la réponse du Seigneur des Anneaux à la question que pose les conflits guerriers ne me satisfait pas : il est trop simple de justifier la guerre (ou la réaction guerrière à une violence) par la présence d’un être (et de ses troupes) qui serait voué au mal. L'histoire de la seconde guerre mondiale a, certes, donné raison aux interprétations manichéennes du monde : il y eut bien alors sous la dictature de Hitler, d'un côté le mal, la haine et une volonté de destruction, et d’un autre côté, le bien, le courage et les valeurs morales (même si les motivations de ceux qui se sont mis dans le camp du « bien » étaient bien plus compliquées que cela : les Américains n’avaient pas les mêmes raisons d’agir que les Anglais, que les Français…). Reste que la réponse manichéenne ne me semble pas aujourd’hui la réponse la plus appropriée : n’est-il pas temps de penser qu'il y a, aujourd'hui comme hier, des cultures et des sociétés différentes qui, chacune à sa manière, génèrent leur part de cruautés, d'injustices et de violences ? Ce qui me gêne dans le succès actuel du Seigneur des Anneaux, c’est que l’explication qu’il donne aux rapports de force existant dans le monde est profondément manichéenne : il y a – en la personne de Sauron –une incarnation d’un mal absolu. |
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J'accueille ce nouveau message avec une joie très sincère, et suis heureuse de voir que nous allons pouvoir revenir sur les points qui n'étaient pas bien ressortis dans l'interview. Pour commencer, je reviens sur ceux de mes arguments dont je vois qu'ils ont déjà déclenché une réaction. Pour la "lapinière", s'il s'agit du symbolisme du lapin, je rappelle ce que j'ai déjà évoqué : "hole" signifie aussi bien terrier que trou. Dans la mesure où "hobbit" est phonétiquement proche de "rabbit" (j'aurais même avancé "human rabbit", enfin ceci avec toutes les réserves qui s'imposent quant à une possible surinterprétation), et où, c'est plus apparent dans "Bilbo le H" (au départ un livre destiné aux enfants, lesquels sont habitués aux contes mettant en scène toutes sortes d'animaux des bois), les hobbits semblent présenter plusieurs ressemblances avec des lapins, je crois que la traduction juste de "hole" aurait dû être plutôt "terrier". Dans ce cas, plus question de symbolisme quand on parle de garenne, c'est grosso modo l'équivalent hobbit de notre fourmilière, j'y vois seulement un clin d'oeil à "Bilbo". Et mille pardons encore pour les "Dame Smadja" et autres, si c'était ce à quoi les "noms très bizarres" faisaient référence. Dans un forum où Tolkien est courament appelé JRR ou Toto et où les membres ne se privent pas de se donner des titres similaires (sans compter les pseudos exotiques dont mon surnom de martienne n'est sûrement pas le plus normal :)), j'ai cru pouvoir user d'un peu d'irrévérence, mais je ne veux offenser personne et je me corrigerai très volontiers. En attendant avec impatience la suite de ce débat, Cécile Cristofari alias Ylla, mais que vous pouvez tous appeler comme vous voudrez. |
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Madame, nous sommes doublement honorés de votre présence sur le forum, après l'interview que vous avez accordé à JRRVF. Je ne suis pas certain que vous aurez le temps de lire tout ce que nous tenterons d'écrire ici, car je comprend bien que vous avez des tâches plus pressantes que de défendre un livre qui ne représente pas toute votre carrière.
Le problème, ou du moins l'un d'eux, c'est qu'en France, nous ne percevons pas le Seigneur des Anneaux comme un livre vraiment adulé. Certes, il dispose de sa foule de fan, mais c'est un livre plutôt dénigré et ma perçu en France. Je suis d'accord avec vos arguments au sujet de l'amitié, de la loyauté, etc... cela ne suffit pas à faire du livre un gage de bonne morale. Les SS ont fait preuve de ces même vertus. Néanmoins, regardé dans le détail (c'est à dire de quelle amitié il s'agit, sur quoi elle est basée, de quel courage ou héroïcité il s'agit..) cela donne un peu plus à réfléchir. Mais passons. (je citerai un exemple: "[...] tout héros ne joue qu'un petit rôle dans les grandes actions" T1, p.360) Par contre, je ne peux pas être d'accord avec ce que vous dites: Ce n'est pas là ce que Tolkien a tenté de faire. Le 'Nettoyage de la Comté', même si vous y voyez là des contradictions importantes avec le reste de l'oeuvre, aurait pu mettre le lecteur sur la voie: Tolkien ne justifie pas la guerre, même face au mal. Tout comme vous l'avez fait, il ne fait que constater qu'elle est parfois inévitable. Tolkien ne donne pas d'explication manichéenne aux rapports de force existant. Pour finir (temporairement) au sujet de lien avec Harry Potter, il me semble indéniable, dans leurs source communes. L'histoire d'un petit paysan qui devient roi est aussi immortelle que celle d'une bergère qui devient princesse, c'est l'histoire éternelle et universelle du petit et de l'humble qui devient grand par l'exercice de la vertu. C'est encore le genre d'histoire que je me permet de raconter et même d'écrire, et je craindrais de me trouver un jour sous les assauts d'une critique similaire à la vôtre, qui n'aura pas su voir le fond de la pensée du livre, et démêler les apparentes contradiction pour découvrir au fond une écriture subtile à discerner mais ferme dans son propos. |
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J'ai oublié quelques liens utiles (au pire, pour d'autres lecteurs éventuels) au sujet des débats sur le manichéisme: - Du bien et du Mal, e leurs origine, une synthèse facile à lire |
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ce fuseau est intéressant, et il est bon que son ton reste le même. la seule solution est sans doute d'écrire de longs messages, permettant de développer une véritable argumentation ? Vincent |
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Je suis sincèrement heureux de vous voir poster ici, Mme Smadja. Puisse ce forum modifier votre opinion des lecteurs de Tolkien. :) Suivant l'exemple de Vinyamar, je vous invite à consulter le lien ci-après, si vous ne l'avez pas déjà fait: Vous y trouverez, sous les mentions de votre interview et de celle d'Irène Fernandez, trois articles dénonçant certains préjugés environnant Tolkien: Tolkien et le racisme; Tolkien, auteur pour enfant?; Tolkien, mythologie ou littérature? Je vous suggère également de consulter la très riche section Essai de ce site. J'espère que vous trouverez quelque profit à ces lectures. :) |
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Vinyamar : "Je comprend tout à fait votre point de vue concernant l'avertissement que vous avez voulu donner à une jeunesse (ou une vieillesse, bref, à un "lectorat") par trop fascinée. Il est tout à fait sain de vouloir tirer un "drogué" de sa cam, si je peux prendre cette analogie, et de lui expliquer pour cela les méfaits de ce qu'il consomme (même si, d'expérience, ce n'est pas la bonne méthode)." Un livre, de la drogue ? Les réactions au sujet de Tolkien ne se prêtent pas à l'analogie, je crois. Le SdA n'est pas Scream, il n'y a aucun phénomène inquiétant qui lui soit lié, au pire peut-on, comme le fait Mme Smadja, parler d'une idéologie contestable? Bien. Mais qui met-on en garde contre la lecture de Victor Hugo ? Hugo a pourtant, à sa manière, justifié l'esclavage et la "mission civilisatrice" des Blancs, largement contribué à la légende du personnage pour le moins contestable de Napoléon Ier et souscrit à une idéologie progressiste ethnocentrée dont nous avons pourtant assez de recul pour nous méfier... Je ne vois personne s'insurger contre Hugo pourtant, parce qu'on reconnait sa valeur d'écrivain. Alors, va pour s'élever contre certaines idées, mais faisons la part des choses. N'allons pas qualifier de danger public un livre qui n'en a ni l'air ni la chanson. "Je vois bien ce que vous vouliez faire en tordant le bâton de l'autre côté, et si le SdA avait été un livre communément lu, et nous avions l'habitude de plus de considération, "nous" aurions sans doute réagi de manière moins virulente face à lui." Ce qui ne veut pas dire que nous aurions été d'accord... Il est vrai que nous pouvons souvent avoir le sentiment de constituer une minorité, face à une tradition critique visiblement très remontée contre tout ce qui a rapport à la SF ou la fantasy. Le livre d'I. Smadja aurait peut-être déclenché des réactions un peu moins rapides si cela n'avait pas été le cas, il n'empêche que les arguments demeurent et que nous n'aurions pas moins trouvé à les contredire. "le lecteur (...) n'a curieusement jamais vu dans le SdA (quand il le lit avec son coeur et non avec sa tête seule) de justification de la guerre, mais tout le contraire..." Si ce n'est pas forcément clair dans le SdA, au moins dans le Silmarillon, il est vrai que la guerre est liée à une certaine esthétique, mais avec une grande ambiguité. Les guerres donnent leur forme au monde ; le problème de fond pourrait se résumer ainsi : sans les guerres le monde serait tellement plus agréable à vivre, et tellement plus ennuyeux à regardr. Qu'on se demande un instant ce que serait le monde sans la guerre et sans le malheur, la réponse n'est pas si simple qu'on pourrait croire. On pourrait par exemple que dans une certaine mesure, le malheur est nécessaire pour apprécier le bonheur. Mais ce n'est pas sur cet aspect que Tolkien met l'accent. La guerre, au niveau individuel, apporte son lot d'atrocités. Je crois que Frodo et Sam représentent, plus encore que les gens du commun (et surtout à mon avis, qu'un enfant jeté au beau milieu d'une réalité horrible et qui le dépasse totalement), l'individu lui-même, au contraire de certaines personnalités du Silmarillon, plus proches de types. Le Silmarillon dépeint la guerre vu d'un point de vue extérieur, le point de vue par exemple du passionné d'histoire, qui rêve aux époques passées et regrette bien rarement pourtant les souffrances et les boucheries qui ont été le prix de l'évolution historique. Vus après coup, les plus grands massacres s'intègrent au tableau d'ensemble, et malheureusement, sans eux il est probable que nous n'y verrions pas la même beauté. Les "belles armes et les grandes chevauchées" sont sans doute dans le SdA le seul écho de ce filtre du regard historique. Bref, le SdA est un plaidoyer pour l'individu, face à des forces destructrices. Non seulement ce n'est pas dangereux, mais s'il faut absolument lire la morale d'un livre (ce que je conteste tout à fait, soit dit en passant), c'est même salutaire. La cruauté qui se dégage de certains passages vient d'une part de pessimisme qu'on ne peut pas condamner sans procès. J'espère qu'on ne continuera pas trop longtemps à discuter en terme de salutaire et pas salutaire ; avant de m'arrêter moi-même, je pose cependant la question : croyez-vous qu'il soit vraiment très sain de nier les horreurs commises par les hommes et de déclarer l'homme bon, envers et contre tout ? Ce genre d'attitude ne conduit-il pas justement à finir par montrer du doigt la partie de l'humanité qui sera restée le plus près de sa bonté naturelle, à terme à virer à l'ethnocentrisme ou au sectarisme ? Comme quoi les dangers ne sont pas toujours où on les attend... |
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Madame Smadja, je laisse la discussion se poursuivre… |
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Chère Madame Smadja Je suis très heureuse de pouvoir répondre à votre interview . Vous affirmez ainsi que « J.R.R. Tolkien oriente la pensée des lecteurs vers l'idée que la pitié est dangereuse : les méchants le demeurent et mieux vaut les tuer avant qu'ils ne vous tuent. » en prenant pour exemple la trahison et la mort de Saroumane . Alors , non , non et non , on ne peut pas dire que ce livre montre que la pitié est dangereuse et qu’il vaut mieux tuer les méchants avant qu’ils ne tuent .
Mais il y a autre chose . Enfin , ce n’est pas la guerre qui sauve la monde , c’est le courage de Frodon et Sam ainsi que l’intervention de Gollum .Encore une fois ce qui sauve le monde c’est la chaîne de compassion.
Biensûr il y a les orcs – comme il y a les méchants extraterrestre : ils sont avant tout – à mes yeux – un procédés littéraire .
Une dernière chose : vouloir tordre le bâton dans l’autre sens pour le seul motif de le tordre , me semble un peu risqué …On peut toujours lire n’importe quel livre , écrit , ouvrage en y interprétant ce qu’on veut car une grande part de l’interprétation est une projection . Mais bien sûr il y a le bâton à tordre ..c’est tellement important …et dommage . Si je critique votre ouvrage et votre objectif , ce n’est pas une attaque personnelle contre vous en tant qu’individu . J’espère donc que vous ne le prendrait pas ainsi . Je laisse moi aussi la discussion se poursuivre . Vanessa
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Madame Smadja, Je me permet de relever un second de vos arguments ( après celui des Orcs - voir plus haut ), qui est celui de la sacralisation des femmes dans le Seigneur, en prenant pour exemple Galadriel et Eowyn. Il est vrai que Galadriel est une femme qui semble à première vue parfaite et inaccessible. Inaccessible, elle l'est en effet pour le narrateur ( Frodon ). galadriel est un être rescapé des temps lointains, qui a connu les Arbres de Valinor et les Valars. Elle est, si j'ose m'exprimer en termes "contemporains" à la fois souveraine et grande prêtresse. Impressionnant pour un petit bourgeois provincial. Mais Galadriel n'est pas parfaite. Si elle se trouve en Lorien, c'est que les rivages de Valinor lui sont interdits. L'exil est pour elle la punition de sa rebellion, de son ambition. Ambition qu'elle réussira à dominer ( épreuve de l'anneau ) mais malgré tout toujours présente. Galadriel est simplement lointaine parce qu'elle gire à un autre niveau que les Compagnons, mais elle est loin d'être la Sainte Vierge parée de toutes les vertus. Quant à Eowyn... Eowyn, idéalisée, parfaite ? Alors là ... Eowyn est humaine, simplement. C'est une jeune princesse, isolée dans une cour triste à mourir, qui tombe amoureuse du premier "prince charmant" qui se présente, tout autant parce qu'il est prince ( et bientôt Roi ) que parce qu'il est charmant, d'ailleurs. L'amour d'Eowyn, pour romantique qu'il peut paraître, n'est pas du tout désintéressé. Et Eowyn, pour devenir "vierge guerrière" et oublier ses déconvenues amoureuses sur le champ de bataille, oubliera quand même son rôle de Régente du Royaume et mettra en danger la succession dynastique. Alors, Eowyn, attachante, touchante, adorable sans doute, mais idéale, alors sûrement pas. La seule femme qui pourrait paraître idéalisée dans le Seigneur, c'est Arwen, vue per les yeux amoureux d'Aragorn. L'Arwen, Pénélope préférée par le Roi à Eowyn/Jeanne d'Arc. Peut-être est-ce là que l'on pourrait trouver trace du conservatisme de Tolkien vis à vis des femmes : dans le choix du Roi. Mais, outre le fait que partir à la guerre n'est selon moi pas une victoire pour les femmes, Arwen n'est pas idéale non plus. Elle épouse un homme sans se rendre réellement compte à quoi elle s'engage, et n'adhère pas vraiment à son nouveau peuple ( elle ne comprendra la mortalité des hommes et ce qu'elle implique qu'au décès de son époux ). Alors, non. Je ne vois pas d'idéalisation de la femme dans le Seigneur ( euh... Lobelia ? LOL ! ). dans l'oeuvre complète : Luthien, sans doute, ou Melian,sa mère. Mais elles ne sont pas entièrement "humaines" ( au sens large hommes-elfes-nains-hobbits-orcs ... ). ce sont des créatores angéliques ou semi-angéliques. Et les Anges, bien sûr, sont des créatures idéales.... PS : pardonnez-moi ce petit HS en réponse à votre post dans ce fuseau, mais le Legolas/Apollon tel que vous en parlez est plutôt la consquence du choix d'un acteur qui plaît beaucoup aux femmes par PJ plutôt que le personnage de Tolkien, prince guerrier, ami fidèle, élément de stabilité de la Communauté, mais pas irradiant de séduction physique. Du moins, pas plus qu'un autre... |
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Réponse à Isabelle Smadja : Athée autant que vous m’apparaissez (pardon si je me trompe), toute ma vie active engagée dans la défense du monde du travail, antiraciste à l’épiderme sensible, femme autant que mère, et surtout solidaire de cette jeunesse que nous avons sevrée d’idéal, votre essai me blesse parce que précisément c’est là, sur tous ces points, que pour moi vous avez failli, en dénaturant les propos d’un auteur qui tout en étant sans doute conservateur et conformiste n’a jamais par son œuvre porté atteinte aux idéaux que j’ai toujours défendus. J’espère pouvoir vous faire lire un texte «plus structuré» que j’avais préparé à votre intention mais je ne sais pas si j’en trouverai le moyen et ce ne serait pas vraiment regrettable car il est sans aucun doute très maladroit. Dans votre message précédent vous déclarez que amitié, loyauté, courage »ne sont pas des valeurs sûres et suffisantes pour garantir du comportement exemplaire ou même simplement moral d’un individu »; certes pas plus qu’un inventaire de connaissances s’il ne trouve pas sa justification ne peut garantir la pertinence d’une démonstration comme je le reproche à votre essai. Mais l’homme étant ce qu’il est, faible et fragile ces valeurs ne se constatent évidemment ni de façon constante ni à un même degré et c’est dans le groupe (la communauté) qu’elles se construisent ou se confortent. Quand vous occultez ces valeurs par un regard absolument négatif sur chacun des personnages du Seigneur des Anneaux , c’est pour le priver de son élan dans une dynamique positive et essentiellement vous permettre de démontrer le pessimisme de Tolkien, car dans ce style narratif qui ne laisse aucune place à l’introspection des caractères, où les personnages n’existent que par leurs actes, la structure de l’histoire s’élabore en fonction de leurs qualités respectives et l’argument littéraire prend leurs couleurs. |
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PS a crtains forumistes, permettez moi de ricanner, quand je vois nombres d'intervenant ayant traite en substance Isablle Smadja d'illetree beotienne faire maintenant assaut d'amabilite. |
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semprini répondra mieux que moi, mais pour avoir vu la nouvelle version, il n'a pas "revu sa copie" ; il a simplement précisé sur son argumentation sur certains points. Vincent (Ferré) |
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cher madame smadja je voudrai connaître votre motivation exacte qui vous a amener a la lecture du seigneur des anneaux.car si vous aite partie avec l'idée que vous alliez lire un livre qui fait l'apologie du fascisme et parait'il aimée par certain groupes néo nazis( je doute qu'ils ais compris le livre étant donné qu'ils on du mal a faire la différence entre une vache et un mouton )il est a mon sens par la suite difficile d'en démontrer le contraire.ce qui me fait dire que vous avez certainement et tout simplement était influencer par tout ce que vous avez déjà lu ou entendu.ce qui enlèverai toute pertinence et objéctivité a votre thèse.si au contraire vous avez lu le s.d.a. en vous disant je vais lire un bon livre sur la fantasy en faisant abstraction de tout ce que vous aviez entendue de mal auparavant j'accepte votre critique mais je n'y adhére pas.certain point qui montre qu'elle est fausse on déjà était aborder par d'autre sur ce forum et qui sont assez éxplicite.quand j'ai décider de me mettre a la lecture du s.d.a.je ne savait pas de quoi il en retourner je savait seulement que c'était de la fantasy.j'ai attendue de finir le s.d.a. et les autres écrits de tolkien pour pouvoir allez sur les forums et les site du net ainsi je n'est subit aucune influence de qui que se soit quand au contenue du livre et la personalité du professeur tolkien et résultat nous avons pas le méme point de vu.sacher que si nous vouons un culte comme vous le dite au s.d.a. et que nous le défendons c'est bien a cause de ses qualités d'humanisme,de tolérance,d'amour,de liberté et de pacifisme.vous dite également que tolkien oriente la pensée des lecteurs vers l'idée que la pitiée est dangereuse:les méchants le demeurent et mieux vaut les tuer avant qu'il ne vous tuent.perméter moi de vous dire que seul votre pensée a était orientée dans ce sens.car c'est bien grace a la pitié de frodon en vers gollum que les terres du milieux on était sauvée, les serviteurs de sauron n'ont il pas était laisser sains et sauf une fois celui-ci déchue.pour terminer encore deux questions.puisque pour vous tolkien a écrit un livre raciste comment qualifiait vous les personnes présente sur ce site de raciste ? derniere question vous aite vous déjà retrouver face a une personne qui désir vous tuer. penser a ce que vous ferié dans ce cas la. |
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Je ne peux répondre aujourd’hui sur tous les points que vous évoquez. Je laisse de côté pour l’instant ce qui concerne le pessimisme de l’ouvrage et je donne une réponse rapide. En fonction encore une fois de vos réactions, je continuerai ou non ma défense un peu plus tard. Bref, si vous voulez ne plus me lire, dites-le moi. Avez-vous lu mon livre ? (question qui vaut aussi pour Cdc, en retour à sa question sur le Silmarillion, que j’ai lu par devoir et non par plaisir : n’ayant pas succombé sous le coup de la fascination pour Tolkien, vous comprendrez sans doute combien de longs passages, notamment toutes les généalogies du moindre personnage, peuvent paraître fastidieuses ; mais j’en ai lu attentivement les histoires, celles de Sauron et celle de Beren, celle de Vinyamar et d’Ulmo, puisque leurs pseudos sont présents sur ce forum, celle des elfes et des nains… : je l’ai lu et non étudié, de sorte que je ne me suis pas autorisée à le critiquer, mais ma lecture m’a permis de m’apercevoir que j’en tirerais des conclusions analogues et qui ne tranchait pas avec mon analyse du SdA : la distribution tranchée entre le bien et le mal y est présente également, ainsi que l’idée pour le moins discutable que la fin parfois justifie les moyens ; enfin les Orques, capables de torturer, cf Turin Turambar, y apparaissent humanisés dans une certaine mesure ).
Autre exemple : Vanessa (que je remercie par ailleurs pour son amabilité) que je cite: « Je parlerais plutôt des idées conservatrices . Peut-être à bientôt, peut-être non : à vous de voir, là également. Encore un mot cependant. Vous me demandiez pourquoi j’ai écrit sur Tolkien. J’espère que vous comprenez mieux ma démarche : que l’on puisse écrire un livre pour défendre des idées, et pour prévenir de ce qui, dans un livre, vous semble contenir une forme de racisme. |
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Isabelle Smadja, peut-être avez vous pris l'accueil qui vous est réservé dans ce fuseau pour une marque de faiblesse, et vous sentez-vous autorisée à employer la calomnie. Semprini vous répondra (mais il ne pourra forcément, pour des raisons qui vous échappent, vous expliquer pourquoi il n'a pas retravaillé ce texte avant). en ce qui me concerne je relève : faut-il vraiment répondre à une attaque ad hominem (alors que vous critiquez plus haut ce procédé) ? sur ce point comme sur beaucoup d'autres, vous vous trompez totalement et ne savez pas de quoi vous parlez. ma "carrière" (et je devine beaucoup de dépit derrière votre attaque) n'est pas liée à Tolkien, et le temps que je consacre à cet auteur, pour permettre aux lecteurs francophones d'avoir accès à ses textes, pourrait être employé à des fins plus égoïstes et intéressées. le fanatisme, l'irrationnel, je les vois chez vous (ajoutés au mépris pour autrui) plus que chez les lecteurs de Tolkien. j'avais décidé, l'année dernière, de ne pas mettre en ligne le compte rendu que j'avais écrit sur votre ouvrage très discutable et bâclé, à tous points de vue. vous m'agressez, et je me réserve le droit de vous répondre quand je le souhaiterai. Vincent Ferré |
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Pour mettre en perspective mes 3 questions: 1) Le questionement de la connaissance par Isabelle Smadja du Silmarion, de History of Middle earth (ainsi que des lettres) est revenu souvent sur ce forum (renforce par leur absence dans la bibliographie du livre). On peut glosser sur la possibilite de faire une analyse pertinente du SdA sans s'appuyer sur l'integralite du corpus mais si tel n'est le cas, je pense que ca vaut une explication de methodologie (en tout cas, plus argumente que "la lecture d'une grande part du legendaire est assomante, alors vous comprenez ...) 2) Concernant le poeme, etant donne qu'il est en exergue on peut tres bien defendre une analyse plus ou moins hors contexte. Je trouvais l'analyse assez pertinente jusqu'a ce qu'une forumiste fasse le lien avec des poemes du Kalevela 3) IS n'a pas encore directement repondu a ma question. Elle nous dit avoir ecris ce livre pour prevenir une forme de raciste (OK, il n’est pas necessaire d’esperer pour entreprendre, ni de reussir pour perseverer disait l’autre). Mais ma question, c’est plutot “pourquoi vous ?”. En effet IS n’est pas un chercheur en literature, en histoire ou en linguistique et n’est pas non plus a ma connaissance connu pour des publications anterieurs temoignant d’une lutte contre le racisme. Par ailleur, si je ne m’abuse le titre c’est “la tentation du mal” (l’analyse sur le racisme apparait dans un second temps). On peut donc penser que la problematique du racisme chez Tolkien n'arrivait pas en premiere position lors de la redaction du texte. Cependant si je comprend que personne n'apprecie l'insulte, il faut bien dire que le livre a des allures de pamphlet
CdC |
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I. Smadja : "l’inflation dans le titre de l’article de Semprini fut, d’après moi, la brèche dans laquelle beaucoup se sont engouffrés : en passant de « Le SdA ou la tentation du mal » à « Isabelle Smadja ou la tentation de l’absurde », il autorisait à rompre le pacte tacite qui veut qu’on ne prenne pas pour cible une personne privée mais qu’on ne s’attaque qu’aux idées qu’elle a mises en avant (...) Mais il est vrai que Ferré défend sa carrière, qui sera d’autant plus « brillante » que Tolkien sera lavé de tout soupçon de racisme… (...) Attaquer le SdA, c’est pour vous, mais pour d’autres également – dont Vinyamar , me semble-t-il, attaquer votre jeunesse, ainsi que votre manière de concilier votre culture catholique et votre engagement d’athée." Ainsi donc, maintenant que Semprini a eu l'idée déplorable de "rompre le pacte", les arguments ad hominem vont pleuvoir et il ne sera plus possible d'en revenir au livre et rien qu'au livre. Que c'est dommage, cette discussion s'annonçait si bien. "Vous semblez penser qu’on ne critique pas Shakespeare pour l’antisémitisme du Marchand de Venise, qu’on ne dit jamais rien sur Céline, Barrès et d’autres, qu’on passe sous silence les affinités de Stendhal pour la noblesse ou les errements d’Aragon sur Staline: c’est faux, bien sûr." On tourne en rond. J'ai effectivement répondu à Vinyamar qu'on ne "mettait pas en garde" contre Hugo, mais nous en étions aux termes employés. Le post de Vinyamar pouvait laisser comprendre qu'il s'agissait de contrer un danger public que serait le SdA. Il n'est pas question de "danger". Contester certaines idées, c'est une choses ; cela ne suffit pas à écrire que le livre met en danger une génération. Bref. Vous semblez fermement convaincue que nous défendons Tolkien pour la simple raison qu'il s'agit de Tolkien, et vous traitez nos critiques comme des réactions d'auto-défense brutale. Est-il vraiment inconcevable que certains d'entre nous défendent Tolkien, simplement parce qu'ils ont trouvé des arguments pour sa défense ? Laissez-moi vous exposer le genre de critiques qui nous font souvent réagir avec agacement (ou me font réagir du moins, mais j'ai pu avoir le sentiment qu'il en était de même pour d'autres, reprenez-moi si je me trompe). Il s'agit de remarques du type : "d'abord est-ce qu'il ne serait pas un peu réac ce livre ?", "rasciste, pourquoi pas ?" etc, en deux mots : des affirmations en l'air, l'air de rien, non argumentées bien entendu et fondées sur on ne sait trop quoi. Est-ce qu'il n'est pas légitime d'être irrités lorsque sortent des postulats sans autres arguments que des "pourquoi pas", et éventuellement, "forcément si vous n'êtes pas d'accord on ne va pas pouvoir discuter" ? Nous sommes ici pour discuter, justement. Nous répondons aux arguments par des arguments, aux phrases en l'air par des phrases en l'air. Vous nous avez donné vos arguments. Nous essayons de vous expliquer en quoi ils ne sont souvent pas, pour le moment, de nature à vous convaincre. Vous adopter précisément l'attitude que vous nous reprochez : vous braquer sous la critique, sous prétexte que nous défendons ce livre dans le seul but de le défendre. Au vu de nos posts, que reste-t-il encore pour vous permettre d'affirmer que c'est le cas ? Nos arguments sont-ils lettre morte ? Laissent-ils supposer que nous les avons trouvés parce qu'il nous en fallait coûte que coûte ? C'est beaucoup d'extrapolation. D'ailleurs, je me permets de faire remarquer que quand bien même nous les aurions trouvés après une recherche désespérée, ceci prouve tout de même que les arguments existaient. Ne pratiquons pas la discrimination et répondons à tout :-). D'ailleurs, nous-mêmes ne nous privons pas de nous opposer à Semprini ou à d'autres, je n'ai pas encore repéré de grands sachems sur le site. Nous respectons ceux qui ont travaillé à des articles ou apporté une contribution d'une manière ou d'une autre intéressante. Ce qui ne veut pas dire que nous n'en discutons pas. Les articles sont toujours sujets à discussion, il arrive que certains soient directement postés sur le forum et les je n'ai jamais vu les éventuels contradicteurs se gêner ; le seul cas où ils sont mal accueillis est celui où ils contredisent sans rien avancer pour appuyer leur propos. Cela dit, je ne vois pas non plus l'intérêt de contredire our contredire. Discuter, préciser, nuancer peut suffir parfois. Je ne vois pas en quoi ce serait moins honorable. "Déplorant que pas une seule femme ne fasse partie de la communauté de l’anneau, déplorant donc la misogynie de cet ouvrage, je cite pourtant, p.122 de mon livre, le discours d’Eowyn qui « pourrait servir de modèle pour l’émancipation des femmes." Justement, ce que nous critiquons, c'est votre définition de ce qui doit être un modèle d'émancipation. Et vous n'avez toujours pas répondu à cela. Au passage, j'espère que nous aurons encore l'occasion de vous lire par la suite, si vous avez l'occasion de revenir. Pour en revenir à ce que je disais, je ne suis en ce qui me concerne pas forcément d'accord avec votre modèle du féminisme ; je serais tentée de dire que cela même n'est pas la question. Le plus grave, à mes yeux, c'est que vous partez de postulats qui à bien y réfléchir ne sont pas du tout des évidences. Vraiment, une femme sera plus heureuse si elle adopte l'existence des hommes, si elle se lance dans la politique, la guerre etc ? C'est de cela qu'il est question, pour Eowyn. Alternative : au lieu de donner la mort, elle donnera la vie (je suis morte de honte de sortir un cliché pareil, mais cela résume assez bien). Est-ce plus dégradant ? Moins enrichissant ? Moins glorieux ? Et en dehors de tout ceci, la femme est-elle jamais représentée comme soumise, opprimée ? Eowyn se voit interdire la bataille par son oncle. Bon. Mais c'est le roi, son oncle. N'importe qui d'autre serait en état de se faire commander par lui, cela n'a rien à voir avec la féminité. Peut-être me direz-vous alors que la pression culturelle est encore plus à craindre que les interdictions effectives. Le problème, c'est que la pression culturelle pousse Eowyn, et les autres femmes, vers un état qui n'est pas si pénible. Ou s'il doit l'être, vous n'avez pas montré en quoi. C'est précisément ce qu'on vous reproche. Vous avez peut-être montré que selon les standarts de la société actuelle, la condition féminine chez Tolkien est déplorable. Mais comme un standart n'est jamais qu'une idée reçue et absolument pas une vérité de fait, cela ne nous avance pas à grand chose. "Parlons alors ici du racisme et du manichéisme du SdA : je maintiens qu’il y en a dans le SdA." Il y en a, certes. D'un côté, le mal absolu ; de l'autre, le bien qui n'a rien d'absolu. Je vous recommande vivement à ce propos la lecture du débat actuellement en cours sur "Le destin des orcs" (quelqu'un a déjà donné le lien un peu plus haut), où nous discutons justement de ce qu'est cette race qui doit représenter le mal. Je maintiens qu'elle n'a rien d'humain. Mais ce que je veux surtout souligner est que s'il existe un mal absolu, en revanche il n'y a aucun autre extrême pour le combattre. Les hommes et les elfes ne sont pas toujours radicalement bons. Boromir par exemple, dont on commet souvent l'erreur de ne retenir que le portrait d'une brute, au mieux d'un écervelé à gros bras, meurt pourtant en voulant défendre ses compagnons, et se comporte, tout au long du récit, de manière courageuse et loyale. C'est pourquoi je renverserai l'impression qu'on a fréquemment : Boromir n'est pas le faible qui chute mais se rachette dans son ultime combat. C'est un personnage exemplaire (malgré des flambées d'arrogance éventuelle, mais qui ne prennent jamais le pas sur sa considération des autres), qui trébuche pourtant, et ce de manière fatale. S'il faut le ranger dans un camp ou dans l'autre, il est indéniablement bon. Et pourtant il n'était pas imperméable au mal. Et il faut encore rappeler l'attitude de Sam envers Gollum, pour ne citer que les principaux... Tolkien pouvait-il mieux montrer qu'il n'y a pas de bien absolu ? Dès lors, on peut au mieux affirmer qu'un camp est "moins pire" que l'autre. Ce n'est pas exactement la vision du manichéisme que vous dénoncez. Le droit n'est, à cent pour cent, nulle part. Evidemment, pour montrer cela, Tolkien aurait pu choisir la solution la plus courante : montrer qu'il y a du bon dans le camp adverse. Au lieu de cela, il souligne les faiblesses de ceux pour qui il prend parti. La position n'est finalement pas si illégitime : de l'extérieur, on peut toujours penser qu'on se montrerait soi-même tolérant et miséricordieux envers ses ennemis. Une telle attitude n'est pas si fréquente en temps de guerre, où ceux qui nous agressent (et on verra toujours une agression, même si les choses sont souvent plus complexes) apparaissent le plus fréquemment comme des monstres. Dénoncer au contraire la part d'ombre de son propre camp, c'est finalement contourner le mur au lieu de vouloir l'enfoncer à coup de poing et cela peut être beaucoup plus convaincant. Un dernier point, en attendant la suite du débat (que certes votre présence enrichit, et dont j'espère qu'elle continuera à le faire) : au sujet du mot nazgûl, Sosryko a eu la bonté de me citer une lettre de Tolkien, dans laquelle il affirme explicitement que la langue de Mordor est inspirée du gaélique, dont les sonorités lui déplaisaient (un petit tour en Grande-Bretagne celtique après examen des langues de Terre du Milieu permet aisément de comprendre pourquoi). En gaélique, "nasc" signifie "lien, collier" : ceci rappelle très nettement le lien à Sauron que constitue l'Anneau, et se trouve en parfaite cohérence avec l'interprétation globale du rôle de l'Anneau. Il semble part ailleurs que Tolkien ait considéré les fins de morts en g, rz, zg comme particulièrement disgracieuses (voir Gorbag, Lugburz...). Le mot nazg, d'où vient nazgûl, est en réalité une combinaison des deux. |
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Si c'est pour faire Isabelle Smadja contre le reste du monde (enfin JRRVF), autant arretez tout de suite. L'interret potentiel de cette discussion n'est pas que des forumistes expliquent a IS pourquoi elle a irremediablement tord ou qu'IS expliquent aux forumistes pourquoi leurs critiques se reduisent a des reactions de fans outrages par la critique de leur fetiche (voir de reactions catholiques). On arrivera a rien comme ca n'y dans un sens ou dans un autre. Peutetre qu'en posant des questions relativements precises a IS et si IS repond de maniere relativement precise, une problematique commune (meme si elle est partielle) pourra se degager. Peut etre, peut on degager deja des problematiques differentes et ouvrir les fuseaux ad hoc histoire de ne pas avoir des posts trop touffus (methodologie et bibliographie, motivations, tentation du mal, racisme, condition feminine, sexualite, apologie ou non de la guerre, JdR sont des sujets qui peuvent etre traite separemenent et les abordes ensemble dans un meme poste ou meme un meme fuseau c'est courrir le risque de la confusion). Bref, Stop ou Encore ? CdC
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Tiens, Vincent, nos posts se sont croisés :). J'espère que ça ne va pas en faire trop... CdC : Le "nous" dont je parle ? Mais tu n'es absolument pas obligé de t'y inclure, CdC, je n'ai pas cité de noms :-). Lorsqu'il m'a semblé que mes arguments recoupaient ceux de certains autres forumistes (se reconnaît qui veut, après tout j'ai peut-être fait des contresens et je ne veux rallier personne malgré lui), j'ai pu employer le pluriel, il me semble avoir déjà précisé "reprenez-moi si je me trompe". Mettons que "nous" veuille dire "moi et ceux qui sont de mon avis", et si tu n'es pas de mon avis, aucun problème. Pouvons-nous refermer la parenthèse ? |
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>Personnellement je souhaiterais que la discussion reprenne dans differents fuseaux thematiques (eg le SDA et les femmes, le SDA et le racisme, la tentation du mal, methodologies...) non, on ne peut pas disperser la discussion sans nuire à son efficacité Vincent |
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Nazgul = nazi : seigneur dieu, j'abandonne ! J'aurais beaucoup à dire sur la démarche d'un auteur assez attaché à son oeuvre pour n'en fournir de son vivant au public qu'une partie réduite, par rapport à ce qu'il aura écrit pour sa propre satisfaction, et dont par conséquent je suppose qu'il aura créé ses langues en toute honnêteté avec lui-même, selon le même principe qui lui a permis de construire les langues des Elfes (en se basant sur des principes d'euphonie, tout d'abord) ; enfin les "auteurs à message" sont rares, très rares, et en général l'écrivain a d'autres préoccupations en tête, et c'est tout nier de ce qui peut faire la singularité de sa démarche que de lui plaquer des raisonnements improbables, quitte dans le pire des cas à se raccrocher à un éventuel message de son inconscient pour se justifier, et il reste encore beaucoup à dire sur la soi-disant évidence selon laquelle le critique a toutes les leçons à donner à l'auteur au sujet de son oeuvre et peut même le contredire... Mais ni vous ni moi n'arriverons à convaincre l'autre, les preuves des deux parties étant épuisées. Je ne poursuivrait donc pas sur ce point un débat qui ne peut plus que rester stérile. |
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Chère Madame Smadja, Malgré la proposition de Coeur de Canard, je me permet de répondre aujourd'hui à vos derniers posts. Si vous me le permettez, et sans attaque personnelle aucune. Premièrement, en ce qui concerne les attaques personnelles, restons en là, s'il vous plaît. Je sais que Vincent ou MJ sont suffisemment grands pour se défendre seuls, mais je n'aime pas qu'on attaque ceux que j'aime. Même s'ils sont aussi politiquement et idéologiquement éloignés de moi que Marie-Jeanne. Une Marie-Jeanne qui n'a fait que se présenter et qui est effectivement athée ( en quoi est-ce flatteur ? ), antiraciste ( sa vie en témoigne ) et engagée dans la défense du monde du travail. Deuxièmement, le site : nous ne menons pas ici un "combat contre les pourfendeurs de notre idole ". Ce serait d'ailleurs le dernier endroit où le mener, car nous ne prêcherions que des convaincus. Et si certains fuseaux traitent de la couleur des yeux d'un personnage, c'est en général en réponse à des arguments genre " Legolas a les yeux bleus donc c'est un bon Aryen". Qu'il y ait parmi les Tolkiendili des "fans débiles", c'est vrai. Celà irritait d'ailleurs au plus haut point Tolkien lui-même. Que nous soyons tous une bandes d'obtus ... je vous invite à lire certans fuseaux de la section légendaire, pour vous faire une idée de notre diversité et de l'ouverture d'esprit et de l'érudition de certains d'entre nous. Et qu'on ne vienne pas dire qu'on attaque ma jeunesse en attaquant un auteur que j'ai découvert à quarante ans passés. Troisièmement : la guerre chez Tolkien, ou plus particulièrement dans le SdA et la réalité. Quatrièmement : " Nazgul" = Nazi ? Et alors! Peut être que oui, peut être que finalement, non, dans les années cinquante, Tolkien n'a pas "relevé" la similitude. Curieusement, à cette époque-là, l'on était beaucoup moins obsédé qu'aujourd'hui par le nazisme. Cinquièmement : le féminisme. J'ai déjà dit plus haut ce que je pensais d'Eowyn. Je l'aime bien, mais je ne me reconnais pas dans son combat, et j'estime ( et j'estimerai toujours ) que la place d'une femme n'est pas l'épée ( ni le fusil mitrailleur ) à la main, et que le fait d'avoir la responsabilité d'un peuple pendant l'absence du Roi n'est pas une cage. Sans doute suis-je rétrograde, mais je l'assume. Michèle |
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Madame Smajda, sachez que nous sommes réellement heureux et honorés de vous avoir avec nous sur ce forum, et que nous* espérons que nous pourrons dialoguer encore avec vous. Certains message, je le vois, doivent être déplaisant à lire, nous espérons que vous vous trouverez de quoi nourrir une discussion adulte avec les autres contributions. * beaucoup d'entre nous (principe de précaution...)
Comme d'autres l'ont fait remarquer, votre dernier message était un peu surprenant dans sa virulence. J'ai cru voir soudain tout un fiel que vous aviez besoin de dévider, tout un sourd ressentiment contre beaucoup de contrariétés. Après tout, cela est excusable, certaines attaques à votre encontre n'ayant pas été très correctes. Mais nul ici ne pensait que cela aurait aucune incidence sur vous. Comme en témoigne Alfonso, dont j'admire ici les excuses qu'il vous a adressé, personne ne pensait se trouver un jour face à vous. Je suis d'accord avec vous concernant le fanatisme de certains lecteurs de Tolkien. Ceux-là sont souvent des ignorants qui se croient savants, ceux qui hurlent contre la traduction de Ledoux sans avoir lu l'original, ou qui ne supportent pas en effet que l'on porte atteinte AU Livre ! "La relation que certains entretiennent avec cet auteur tient plus de la croyance, de la foi et de la passion que de la seule rationalité, en ce sens qu’ils y cherchent la confirmation du sens qu’ils ont donné à leur vie" C'est à mon avis tout à fait exact, et l'expérience s'est renouvelée plusieurs fois sur ce même forum. Je me limiterai pour mon compte à l'idée de passion. La foi et la croyance sont des choses bien différentes, qui ne sont pas applicables sur les oeuvres de Tolkien. me trompé-je en pensant que vous avez baigné dans une atmosphère religieuse durant toute votre enfance et que vous retrouvez, plus ou moins consciemment, chez Tolkien les sources chrétiennes dont vous vous êtes peu à peu éloignée ? Attaquer le SdA, c’est pour vous, mais pour d’autres également – dont Vinyamar , me semble-t-il, attaquer votre jeunesse, ainsi que votre manière de concilier votre culture catholique et votre engagement d’athée Vouloir corriger et mettre sur la bonne voie les lecteurs qui croient trouver dans le SdA la confirmations de leurs propres croyances ou sens de la vie est très louable, et de nombreux autres livres (en anglais) l'ont tenté. Mais la chrétienté de l'oeuvre ne fait pas beaucoup de doute, et de l'avis de l'auteur, et de ses proches à l'époque, et de ceux qui l'ont étuidés très pointilleusement par la suite, et de nos propres études auourd'hui (et celles de certains autres auteurs: Didier Rance et Gregory Solari par exemple). Vous réfutez violemment cet aspect, mais surtout votre violence se disperse et s'en prend à Mj du Gondor loin, très loin de ce qu'elle méritait. Puis vous renchérissez sur l'intolérance abominable dont elle fait preuve, à vos dire, tandis qu'elle se prétend pleine de tolérance. C'est là un couplet trop entendu pour ne pas déceler aussitôt son origine, d'autant plus qu'elle ne peut provenir du message de Mj qui ne s'y prétend ni tolérante, ni porteuse de valeurs "catholiques" (elles n'a pas mentionner ses valeurs, seul son prénom lui a valu votre verve). Vous dites que l'on vous avait déconseillé d'écrire en mal sur Tolkien à cause de ses fanatiques. Je veux bien vous croire, mais ils sont bien moins nombreux que les autres, il me semble. Vous alliez aussi plaire à beaucoup de personnes très méfiantes vis-à-vis du SdA. Vous dites que la réception de Tolkien n’est pas du même ordre que la réception d’un auteur classique. c'est un autre argument auquel je susi sensible et qui est vrai. Mais Tolkien n'est pas un auteur classique comme les autres, et je vais tout à fait dans votre sens à ce sujet: Tolkien n'a rien d'un auteur classique. Ses oeuvres sont, selon ses propres termes, des "monstres", et il a renouvelé un genre littéraire qui ne vivait plus pour l'inclure dans la littérature moderne. L'étude de ses sources est un voyage sans fin, l'étude de ses langues est pour certains un plaisir aussi rare et singulier que la confection de maquette de trois mâts, et le débrouissalage de ses textes sont un jeu auquel nous nous adonnons, et qui est permis à cause de l'aspect incomplet (malgré tout) et monstrueux de l'oeuvre. Vous vous plaignez aussi qu'on ne puisse critiquer Tolkien sans être traîiné dans la boue.
D'autres accusations ne tiennent pas la route, mais méritent d'être étudiées: c'est le cas du racisme. La question, dans notre société aux aguets en tout cas, mérite d'être posée. On peut se tromper aussi en tentant d'y répondre, c'est humain non ? ("rien de ce qui est humain ne m’est étranger" citez-vous ailleurs...), c'est votre droit. C'est le nôtre de tenter de détordre ce que vous avez "trop tordu" (selon votre image).
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Coeur de Canard, je me permet de te faire remarquer que je ne trouve pas très courtois de s'adresser à son interlocutrice à la 3eme personne et de lui fabriquer un raccourci de pseudo en "IS" (je ne l'ai pas vue signer de la sorte...). |
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Ylla: que chacun parle pour lui meme, ca simplifiera les choses. |
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Juste un petit message pour vous dire que je reprendrai la discussion – celle des arguments, non des invectives - à la fin de la semaine, pas avant. J’ai trop de travail et même si, vous l’avez compris, ce sujet me tient à cœur, je ne peux y consacrer de temps dans la semaine. Vous pouvez m’appeler IS ou Isabelle Smadja, peu importe, du moment que vous m’avez reconnu comme une personne ayant droit à sa dignité – ce qui n’était pas si évident que cela auparavant, accordez-le moi. Je vous promets de faire mon possible pour que les attaques personnelles cessent (Vinyamar m’a un peu défendu, en rappelant qu’il s’agissait pour moi d’une forme de catharsis ou de défoulement ; mais je reste persuadée que le titre de l’article de Semprini avait sa part de responsabilité en attaquant dans son titre ma personne et son absurdité). Je suis consciente de l’effort que chacun consent ici et je vous en sais gré. |