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A Isabelle smadja: Mais revenons au sujet à savoir votre critique du SDA: Tout d’abord votre livre je l’ai lu et même plusieurs fois et si ma réaction est si vive c’est que je le trouve pernicieux. Je ne l’ai jamais sous-estimé ; vous savez manier les arguments et leur faire dire autre chose que leur vérité. Je citerai pour exemple cette façon dont vous avez exploité les mythes pour accréditer votre thèse sur le pessimisme de l’œuvre ou cet autre épisode où vous oubliez le crime de Gollum afin de satisfaire votre démonstration sur "le mythe de l'homme d'en bas"(l'homme du peuple)pour vous en souvenir brutalement dans le chapitre suivant et exploiter le mythe de Caïn. Vos opinions sont discutables c’est d’ailleurs ou ce devrait être l’objet de ce débat, mais peut-on discuter lorsqu’il y a mauvaise foi ? Mais soyons constructifs : sans remonter trop loin dans ce fuseau: Aux propos de d’Ylla(Vanessa) sur le conservatisme de Tolkien qu’elle défend d’idée fascisante pour ne retenir que ses réticences au progrès, vous nous renvoyez au chapitre sur « l’invisibilité » qui m’a semblé le plus difficile, obscur et ambigu, et aux discours opportunistes qui ont favorisé l’installation du Nazisme. Certes vous ne pouviez que constater qu’il était prononcé par Saruman et que par conséquent Tolkien en condamnait les termes. Mais pourtant dans votre conclusion je relève : « En lisant le Seigneur des Anneaux les amoureux de Tolkien trouvent ce qu’ils seraient bien en peine de trouver ailleurs : la poésie de la guerre et de la Dictature, les quartiers de noblesse littéraire de l’attrait pour le mal ». |
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Madame Smadja, Permettez-moi de préciser quelques points. 1. Je n’ai jamais entendu réviser le compte-rendu que j’ai fait de votre ouvrage. Je n’en vois nullement l’intérêt. Et si j’en avais eu l’intention, ce n’est pas votre interview sur ce site qui m’y aurait incité, puisque ce-dernier reprend sans la modifier l’argumentation défectueuse de votre livre. Il se trouve simplement que je travaille depuis le mois d’août sur un article à caractère général qui développe certains des sujets abordés dans mon compte-rendu. Voilà ce à quoi je faisais allusion plus haut. Quant à mon commentaire relatif à la piètre qualité du compte-rendu, il relève du trait de caractère : je suis un juge sévère de mon travail, qui me paraît toujours assez médiocre. Et si je crois que mon compte-rendu l’est particulièrement, je gage que c’est parce qu’il reflète la piètre opinion que j’ai de votre livre. Car s’agissant du fond, sachez que je ne retire rien de ce que j’ai dit : votre livre me paraît absurde quant à ses conclusions, douteux quant à la méthodologie, non convaincant quant à ses arguments, et fondé sur des prémisses erronées. 2. Je suis navré que le titre de mon compte-rendu vous ait blessé, ce n’était pas mon intention. C’est je crois le ton vindicatif de votre livre et sa nature pamphlétaire qui m’ont amené à le choisir, non le fait que vous critiquiez Tolkien (comme je vous l'ai dit, je ne suis pas un "fan" qui "adore" Tolkien de façon irrationnelle, il fait juste partie mes écrivains préférés). Car le pacte tacite dont vous mettez la rupture à mon compte, c’est vous qui l’avez rompu, Madame: Votre livre ne vise pas uniquement Tolkien ; il trace un portrait plein de mépris de ses lecteurs, vus sous le jour d’inquiétants joueurs de jeux rôles assouvissant leurs fantasmes belliqueux sur le plan de l’imaginaire ; il pose comme une vérité cette généralisation non argumentée. (Or, Tolkien n’est pour rien dans la pléthore aujourd’hui de jeux violents où le but est de tuer le maximum d’adversaires ; je ne comprend pas pourquoi il faudrait lui attribuer la paternité d’un travers de la civilisation occidentale, qu’il aurait certainement lui-même condamné s’il avait été toujours vivant). Bref, vos digressions sur les lecteurs de Tolkien sont ce qui a rompu depuis longtemps le pacte que vous évoquiez. Ce qui m’amène à mon troisième point, l’accusation de communautarisme. 3. Pourquoi croyez-vous, Madame, qu’il y ait autant de sites internets sur Tolkien ? Parce que l’université et les cercles académiques ont exclu Tolkien de leur champ d’étude, dès la parution du Seigneur des Anneaux. Ils lui ont dénié le droit à cet espace de débat littéraire académique (au travers de revues et de livres), réservé à tout auteur et dont bénéficient Hugo et Balzac. Pourtant, la publication par Christopher Tolkien des notes de travail de son père, et l’abondance correspondance de Tolkien en faisaient un candidat parfait pour les tentatives d’exégèses universitaires. Mais la sentence d’exclusion prononcée par l’establishment littéraire a jeté Tolkien dans les bras de ses lecteurs qui, tant bien que mal, se sont efforcés de recréer cet espace de débat, à leur manière, enthousiaste et maladroite. Comprenez-donc que si communauté il y a, elle a été forgée par la réaction initiale des cercles académiques, non par les lecteurs. La lecture de votre livre est à cet égard révélatrice. Il donne à voir une interprétation communautaire a priori des lecteurs de Tolkien, les contraignant tous à être parqués dans une catégorie peu flatteuse. Cette approche communautaire du lectorat tolkienien, qui est pourtant extrêmement divers, vous semblez d'ores et déjà l’avoir appliquée à JRRVF, dans la sûre conscience de la qualité de votre jugement, qui a en outre des prétentions psychanalitiques. Pourtant, JRRVF n’est pas une communauté mais un lieu de rencontre convivial et agréable. Dès lors, une question se pose : Où placez-vous, Madame, au sein de votre ordonnancement des lecteurs de Tolkien, ceux qui, comme moi, sont des individualistes rétifs à l’idée de communauté, de gauche et irrémédiablement athées ? Où mettez-vous ceux qui, comme moi, se retrouvent entièrement dans votre mise en garde selon laquelle « il y a dans le monde géopolitique actuel des formes différentes de violence et de cruauté ; on ne peut s’en tenir à cette position fort confortable, certes, mais dangereuse, qui consiste à ne voir d’un côté que des monstres de guerre, et de l’autre des gens courageux ou lâches qui se défendent contre les monstres ? ». Permettez-moi de reprendre votre formule à mon compte, mais de vous demander, vraiment, ce que Tolkien vient faire dans les rapports géopolitiques actuels et dans le combat qu’il y a à mener. Si toutefois vous tenez absolument à vous engager sur ce terrain-là, sachez que Tolkien était opposé à l’hégémonie américaine et en faveur du multiculturalisme. Une image qui m'a paru assez forte a circulé sur certains sites tolkieniens l’année dernière : elle montrait G.W. Bush portant l’Anneau, avec la légende suivante : « Frodo a échoué. » Quelle meilleure preuve que Le Seigneur des Anneaux dénonce bien La tentation du Bien? :) 4. Je vous sais gré, Madame, d’être venue défendre votre livre ici. Je trouve cette démarche courageuse. Un mot cependant : évitez les attaques personnelles et gratuites. Cette règle de bienséance nécessaire à la bonne tenue d’un débat sur Internet que nous nous efforçons de respecter ici (pas toujours avec succès hélas), vaut pour vous comme pour les autres. 5. Si je me suis permis dans le début de ce post de répondre à titre personnel suite à une de vos remarques, je souhaite que nous mettions de côté les arguments de personne. Je vous propose donc de poursuivre ce débat en nous recentrant uniquement sur les arguments liés au Seigneur des Anneaux et à votre livre. Comme CdC, je suggère que nous attendions vos réponses, notamment sur mon point 3. 6. Dernière chose : Il y en a ici de bien plus « sages » que moi. :) |
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Mme Smajda a écrit: "Attaquer le SdA, c’est pour vous, mais pour d’autres également – dont Vinyamar , me semble-t-il, attaquer votre jeunesse, ainsi que votre manière de concilier votre culture catholique et votre engagement d’athée" Bigre !!! Je m'attendais à ce que Vinyamar réponde sur son "engagement d'athée" :-))) :D WRAF :D WARF :D WARF Mais passons... je voudrais revenir à une des questions posée à plusieurs reprises à Isabelle Smajda. On vous a souvent demandé, Madame, ce que vous aviez vous lu de Tolkien; et je souhaiterais prolonger cette question en vous demandant si vous avez lu ses ouvrages dans leur traduction française ou en version originale? Tout bêtement parce qu'il me semble que la réponse est importante pour savoir comment vous avez évalué la qualité littéraire de Tolkien..... En effet, bon nombre de poèmes ou parties versifiées de l'oeuvre en anglais valent bien leur pesant d'alexandrins du père Hugo. (il est amusant que l'auteur des Misérables ait été cité en comparaison à Tolkien si l'on pense d'une part au dilemne qui envahit l'esprit d'un Jean Valjean - sa fameuse Tempête sous un crâne - et d'autre part, à l'état schyzophrénique d'un Sméagol/Gollum) Sans vous infliger la lecture dans le texte de "The Lay of Leithian" qui vraisemblablement vous rebuterait (quoiqu'en VO, quand même.... - que tous les traducteurs, y compris ceux du forum, veuillent bien me pardonner - c'est autre chose!!!), sans vous infliger cela donc, reprennez seulement, je vous en prie, la lecture du poème de l'Anneau dans sa version originale (anglaise et non en Noir Parlé): un travail d'orfèvre, si j'ose dire... et puis délectez-vous ensuite de quelques-uns des chants qui apparaissent par-ci, par-là dans le SdA.... François (alias Silmo) PS: Je ne saisis pas bien, Madame Smajda, ce qui vous gêne dans les pseudos adoptés par beaucoup des forumistes ici présents. Est-ce le phénomène du pseudo lui-même pourtant fort répandu sur la toile - encore que je ne connaisse pas beaucoup de forum de discussion consacrés à Hugo et contenant quelques milliers de message comme on en trouve sur JRRVF (quelques milliers exception faite des fuseaux consacrés à l'adaptation cinématographique et aux agapes de plusieurs intervenants dans le sud-ouest) - ou bien est-ce le seul fait que sur un forum consacré à Tolkien, des intervenants utilisent, pour pseudo, des noms du Légendaire auxquels ils sont attachés? S'identifient-ils aux personnages? Pas sûr... et quand bien même... Tous ici n'aiment pas les pseudos, à commencer par un intervanant régulier qui prit un jour soin de citer un passage de "L'Ecole des Femmes": |
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Non CdC, je ne l'ai pas lu (est-ce une tare? Un manque impardonnable de culture?). Ayant d'autres dépenses plus urgentes à programmer dans les librairies, j'attends juste l'occasion de l'emprunter dans une bibliothèque. Et c'est précisément parce que je ne l'ai pas encore lu que je me garde bien d'émettre la moindre critique à son sujet. Si j'ai deux ou trois idées sur les questions que, paraît-il, ce livre pose, je le ferai plus volontiers dans les fuseaux consacrés aux dits sujets que dans celui-ci qui est consacré aux opinions de Mme Smajda (en attendant de lire, un jour, son bouquin, je distinguerai ses opinions sur Tolkien et ses lecteurs d'une part -que je ne commenterai pas - de ses opinions sur les membres de JRRVF d'autre part, que je ne me priverai pas de critiquer si ça me chante, ne t'en déplaise). Silmo |
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Madame Smadja, « Avez-vous lu mon livre » ne cessez vous de répéter ? C’est un peu fort pour quelqu’un qui se targue d’étudier Tolkien en ne faisant que lire (en diagonale ?) et non étudier le Silmarillon. Je ne serai pas la première à relever la chose, mais tous ceux qui débattent ici savent à quel point le « Seigneur » en est indissociable, et que si Tolkien a fini par publier l’un sans l’autre, c’était en se disant « mieux vaut une partie que rien du tout ». Ah oui… Votre livre. J’en ai lu une partie. Je n’y ai aucunement retrouvé ma propre analyse de Tolkien, et mes pensées rejoignent en grande partie celles de Semprini. Ce n’est pas du copinage, je ne le connais pas au-delà du pseudo. babel, pseudo non tolkiennien |
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Une petite précision tout de même, avant que n'arrive cet argument qui point déjà dans certaines de vos réponses. "Nous" (précautions oratoires... ) ne nous sentons pas le moins du monde agressés parce que "vous n'aimez pas Tolkien et que ce n'est pas bien". "Nous" ne nous faisons les gardiens d'aucun temple. Je suis sûre que chacun ici connaît des personnes fort respectables qui n'aiment pas Tolkien. Par contre, la critique facile et mal informée fait réagir. b. |
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Encore une fois, que chacun parle pour lui meme (tant pour ses opinions que pour sa defense eventuelle -- je ne pense pas, Silmo, que Viny' ai besoin d'aide pour se defendre, surtout qu'il avait choisi l'apaisement). CdC |
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Isabelle, vous savez bien que ce forum veut vous entendre, et si par hasard vous croyez déceler dans le ton des réponses la preuve du contraire, sachez que vous faites erreur : vous êtes critiquée à votre tour, sévèrement critiquée, mais on vous accorde en général, je pense, le respect. C'est une excellente chose - pour vous - de vous être manifestée : vous éviterez d'être victime de la mesquinerie toute naturelle de ces êtres humains des deux sexes, tous très égaux pour la plupart, qui vous ont malmené - non pas sans avoir lu votre livre, mais en croyant qu'ils ne seraient pas lus par la seule personne qui puisse vous défendre ici, c'est-à-dire vous-même.Vous m'avez cité en exemple - ce qui ne m'honore nullement, n'en déplaise à Vinyamar, puisque je ne vous connais pas - parmi ceux qui critiquent sans avoir lu, et vous avez bien visé ; mais vous faites bien de ne pas m'en inculper, mon message ne vous condamnait pas catégoriquement ; je me suis référé aux propos que vous avez tenu dans l'interview et que vous défendez. Vous me citez : "Voilà, si j'ai bien compris, ..." Car je n'ai pas lu votre livre, qui, heureusement ou malheureusement, n'a toujours pas gagné le pays des castors, et je prends bonne note des extraits que vous en avez donné. En vous référant à "Greenleaf, et beaucoup d'autres", vous colorez mes propos : je ne vous ai jamais accusé de malhonnêteté intellectuelle. Si votre étude ne se limitait pas à l'aspect qui fait ici l'objet de critiques sévères, c'est-à-dire l'analyse "idéologique", mais qu'elle se déployait sur d'autres plans, on n'en a pas parlé, et on n'en a pas fait l'éloge ou la critique. Ce qui serait injuste, c'est vrai. Mais en ce qui concerne cet aspect-ci, je crois connaître suffisamment vos idées pour être en mesure d'émettre une opinion. Si les jugements que portent Semprini et Vincent Ferré me portent à croire que je ne serais guère en accord avec la thèse que vous proposez dans "Tolkien ou la tentation du mal" (un titre que vous n'avez pas choisi au hasard - je suppose toujours), c'est qu'ils ont tous deux prouvé par le passé leur crédibilité. Le portrait que vous dressez de Vincent m'amuse, non seulement parce que je le connais mieux que vous, mais parce que j'aime votre façon de vouloir percer les gens à jour, tout en nous livrant vos secrets : j'ai moi-même ce penchant courageux et souvent fatal. Mais vous vous trompez encore une fois, et puisque votre but était de l'attaquer, je ne lui reprocherai pas de vous avoir offert sa réponse... Quant aux autres, que vous jugez intolérants et qui prouveraient votre hypothèse, je me permets vous offrir, sans preuves à l'appui, le gros bon sens bien de chez nous : tous les hommes sont des Orques, Tolkien ou pas Tolkien, et si vous aviez vu dans le Seigneur des Anneaux un idéal à suivre, cela ne ferait pas de "nous" des anges. Le pouvoir des mots a des limites, Isabelle. Et puisqu'une certaine Leni vient de nous quitter pour gagner son Valhalla, disons pour rester dans le ton que les images ont un pouvoir infiniment plus évocateur aux yeux de la bête humaine, en cette époque tristement télévisuelle. Je sais pour avoir côtoyé les gens de ce forum de temps à autre - et ceux de d'autres sites tolkieniens - que la majorité ont une mentalité gau-gauche à mille lieues du portrait d'illuminés que vous dressez. Pour ma part, je ne donne pas dans l'"exégèse" ; épargnez-moi donc une généralisation hâtive. Vous faites pourtant une remarque intéressante en disant que la passion pour Tolkien (que vous qualifiez de fanatique - permettez-moi de ne pas le prendre à mon compte) se traduit par une série de pseudos et de discussions pointues sur tel ou tel détail de la mythologie, ce qui n'est pas le cas pour les autres auteurs. Il faut dire d'abord que Tolkien ne suscite pas l'enthousiasme de la plupart des critiques "sérieux" et que, pour beaucoup, il ne s'agit pas de littérature proprement dite : voilà pourquoi ces intellectuels dédaigneux, à qui on réserve le droit de parole en ce qui oncerne les auteurs "classiques" - ne commente pas Camus qui veut ! -, ne se présentent pas ici sous les atours d'Elrond pour jeter de la poudre aux yeux à la masse d'adorateurs tolkienniens. L'establishment littéraire français s'attarde très peu à Tolkien, et il n'est pas surprenant que JRRVF et autres tiennent une place aussi importante dans les débats. Cet auteur suscite l'enthousiasme populaire, ce qui n'est jamais bon signe - la notoriété doit être posthume et limitée à un cercle d'érudits. Mais vous, vous n'êtes pas de ceux-là ; vous assimilez plutôt cette popularité à celle des religions. Vous êtes une originale, et vous méritez certainement une tape sur l'épaule. Vous devriez dire, pour présenter l'ensemble du tableau, que la formule littéraire employée par Tolkien, c'est la création d'un monde secondaire qui soit convaincant tout en étant différent du notre - cela est assez bien documenté, vous en avez connaissance -, ce qui le distingue des ces auteurs "classiques" dont vous parlez ; et que cela explique en partie le phénomène d'"exégèse" tolkiennienne et l'identification du lecteur à certains personnages du livre, que beaucoup s'"approprient" à la lecture tellement ils sont submergés par la Création de Tolkien. Ce "culte", qui existe bel et bien, peut naître de bien des façons chez bien des personnes ; il m'étonnerait que ce manichéisme facilement digestible soit à la source de toutes les fascinations. Ce n'est certainement pas la mienne. La création proprement dite ne vous intéresse pas, elle ne vous a pas séduit : voilà l'un des "pans" dont je parlais, et le plus important, car le Seigneur des Anneaux dépasse ce qu'il a d'applicable au monde réel : c'était là son but principal. Pour ma part, je n'"occulte" pas les Orques ou Sauron, mais je vais vous le dire : il ne m'ont jamais parus aussi intéressants que la folie d'un Denethor, l'intelligence toute simple d'un Pippin, la profondeur insondable d'un Gandalf, la connaissance aveuglante d'un Saruman. Sauron et les Orques ne sont restés pour moi qu'un simple dispositif, un rouage dans l'écriture narrative : le propos qui m'intéresse se situe tout simplement ailleurs - et il y en a des pages et des pages. Saruman nous en dit beaucoup plus long que Sauron. Les Orques ne sont pas intéressants parce qu'ils ne nous communiquent rien, ou presque, que ce soit sur la condition humaine ou tout ce que vous voudrez. Les Hommes, en ce domaine, ne donnent pas leur place... Quant aux autres créatures merveilleuses, telles les Ents, Tolkien nous en donne un meilleur portrait parce qu'ils avaient un message à livrer : c'est essentiellement celui de Tolkien en personne. Les Orques ont été négligés, tout comme Arwen ; pour l'essentiel, ils remplissent leur fonction à l'intérieur du récit et ça s'arrête là. On leur consacre tout au plus, dans les Appendices, un court paragraphe portant sur leur langue. C'est dire si Tolkien méprisait ses Orques. Quelle injustice. Bon... Tout ça, ce sont mes idées. Vous n'allez pas me reprocher de faire dans la discrimination ? Le mal absolu, ça n'attire ni ne tente plus personne... kamikazes islamistes y compris, on le sait, Isabelle. Allez dire ça à mes amis du Sud, bombardés par l'écran téloche et baignant dans la puanteur hollywoodienne : un coup d'œil rapide quotidien, et on identifie toute suite une menace beaucoup plus conséquente qui plane sur le "nouvel ordre mondial"... beaucoup mieux adaptée, et plus efficace. Cette "inquiétude" qui vous glace le sang en lisant Tolkien, c'est de la petite bière, madame. La pureté raciale, c'est une idée révolue, enterrée, invalidée, même si le racisme existe toujours. Les livres, plus personne ne les lit. La menace vient d'ailleurs. "L'idéologie que combat Tolkien est celle de la surveillance totale." Orwell était un exemple plus frappant, on ne peut plus pertinent de nos jours. Tolkien ? Je ne saisis pas bien. L'Œil vigilant ? Les palantiri ? L'Anneau ? L'Œil de Sauron est certes redoutable, mais je ne perçois pas l'allégorie. Il faudra vraiment que je lise ce livre... Enfin, votre argument final, je suis désolé de vous le dire, ne tient pas la route. La philologie, ce n'est pas la science des lettres, Isabelle. Vous parlez de sémiotique (les trois lettres "naz" ressemblent aux trois lettres "naz"), ou de phonologie (nazgul se prononce /nazgoul/, nazi se prononce /natsi/). Tolkien, si justement on le considère en philologue, ne voyait AUCUN rapport entre nazg- et Nazi. Ce genre de correspondances de signes est tout à fait fréquent entre les langues, surtout pour qui en connaît une douzaine, et ce souvent à toutes les époques de leur histoire (une trentaine, donc !). Le signe, Tolkien philologue s'en foutait carrément. Il pouvait facilement l'ignorer, rejeter la correspondance comme vulgaire, non-scientifique. Tolkien le simplet, on ne peut le dire avec certitude. Si vous avez de meilleurs arguments, accrochez-vous à ceux que vous pouvez démontrer. Les gens aiment ça, par chez vous. greenleaf le simplet |
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Ma foi, Semprini ! J'aurais du lire ton message avant : je me fais le perroquet (peu articulé) de ton point 3 ! Bon sang de bout de bois de billot ! C'est-y pas dommage, ça... |
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Silmo :-D ;-))) je ne veux faire qu'une très brève intervention, au sujet du 'naz' du nazgûl et du nazi. Cependant, dans la lettre 153 Tolkien explicite un peu le lien qu'il fait entre les orques et les peuples dénaturés par leur tyran. Un lien implicite se crée entre les nazis et les orques. On est à 1000 lieues d'un éventuel racisme, mais pas très loin d'un rapprochement entre le monde du Mordor et les nazis. |
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--> CdC : Où est le problème, exactement ? Dans le ton que j'emploie, dis-tu ? Je ne crois pas avoir été grossière, ni avoir manqué de respect à qui que ce soit. Pour répondre, il n'y avait dans mon intervention aucune question, et aucun autre but que de fournir mon avis concernant le travail de Mme Smadja et le sentiment qu'il m'inspire concernant sa pertinence. Quant à "parler pour tout le monde", il semble que la précaution oratoire explicitement (!) mentionnée n'était pas encore suffisante. Alors, où mon intervention te choque-t-elle ? Est-ce le fait que je sois on ne peut plus sincère et directe dans ce que je pense ? Fallait-il mettre des gants et tourner autour du pot ? Si tu veux vraiment savoir, tout ceci me fait l'effet d'une tempête dans un verre d'eau, et loin de moi l'envie d'agiter sa surface plus que de raison. Enfin, concernant le lien entre le "Seigneur" et "Le Silmarillon"... Bien sûr qu'on peut lire le premier sans le second. C'est ce qu'à peu près chacun de nous a commencé par faire (je connais bien l'un ou l'autre original qui a commencé avec le Silm... ;) ). On en saisit la trame, le caractère épique, éventuellement la beauté de la langue pour qui aime ce genre d'écriture (ce qui n'est guère une obligation). Par contre, affirmer que le "Seigneur" a la même signification avec ou sans le "Silmarillon" est faux à mon sens. Les thèmes principaux n'y apparaissent qu'en filigrane. Le "Seigneur", c'est la pointe de l'iceberg. Les bases du monde bâti par Tolkien, et a fortiori les éléments d'analyse de celui-ci, c'est le Silmarillon, pour une bonne part. On ne peut pas tout comprendre du premier livre sans le second. Rien que les poèmes sont terriblement obscurs (et, à la limite, sans intérêt) pour qui n'a pas ouvert le Silm. Les interactions entre les peuples ne sont pas comprises de la même façon, et la nature profonde des différentes "races" (je préfère "des différents peuples") n'est pas détaillée dans le "Seigneur" justement parce que celui-ci est écrit du point de vue des Hobbits, et qu'ils ne connaissent pas assez les peuples qu'ils rencontrent pour en appréhender la complexité. En espérant que ce soit plus clair. b. |
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Jusqu'à la lecture du Silmarillion, je ne comprenais pas bien plusieurs babioles: pourquoi les elfes et les nains ne pouvaient pas s'encadrer (un problème de collier je crois), pourquoi Galadriel flippait à l'idée de recevoir l'Unique (des histoires de famille si je me souviens bien), pourquoi Elessar était si vigoureux et si jeune d'aspect à 80 ans passés, en quoi consistait le voyage aller-retour de Gandalf après avoir été tué (un voyage hors de la pensée et du temps ?!?!?!?!), qui c'était ce type appelé Morgoth (un affreux pas beau d'après le SdA), qui était Elbereth (que je croyais être plus ou moins Vénus alors que Vénus était en fait un gros caillou brillant porté dans le ciel par un marin dont les aïeux en avaient vu des vertes et des pas mûres); je n'aurais jamais su ce qui faisait de Glorfindel un elfe exceptionnel parmi les autres (a Balroghunter), d'où étaient issus les Hauts des Galgals, comment et pourquoi la Terre était devenue courbe, quels étaient les cadavres du marais des morts, pourquoi les intendants du Gondor n'étaient pas n'importe qui, d'où venaient les palantiri, ...etc... j'arrête là ou je continue? Sans avoir lu le Silmarillion, je n'aurais sans doute rien compris au passionnant essai de Sébastien Mallet (alias Fangorn), l’anneau de Barahir, où Sébastien nous explique que l'Anneau le plus important n'est pas forcément celui que l'on croit... Encore une idée de lecture que je ne saurais trop conseiller à Mme Smadja. A part ça, le SdA tout seul, c'est bien aussi. Il parait même qu'à lire c'est encore plus mieux qu'au cinéma. Silmo PS: >>>CDC, je te serais reconnaissant de me laisser aider Vinyamar à défendre son athéisme si lui-même n'y voit pas d'objection, non mais! |
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l'anneau de Barahir |
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Merci beaucoup Edrahil... :-) Ca fait deux fois que je me plante sur un lien :-( Il faut croire que j'ai endommagé le modèle gardé en mémoire pour les copier/coller... à vérifier) |
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Madame Smadja, Puisque vous n’avez pas encore répondu, je voudrais développer deux points que j’avais omis d’inclure dans ma liste précédente et qui seront peut-être de nature à répondre à certaines de vos interrogations. 7. Vous dites>>> »Vous semblez penser qu’on ne critique pas Shakespeare pour l’antisémitisme du Marchand de Venise, qu’on ne dit jamais rien sur Céline, Barrès et d’autres, qu’on passe sous silence les affinités de Stendhal pour la noblesse ou les errements d’Aragon sur Staline: c’est faux, bien sûr… » Nul ici ne pense cela, Madame. Mais considérez la nature de votre démarche. Comme je l’ai dit, ce n’est pas une démarche critique, mais une démarche d’exclusion. Car auriez-vous écrit un livre s’intitulant Le Marchand de Venise ou la Tentation de l’Antisémitisme centré exclusivement sur l’idéologie colportée par Shakespeare? Non. Si oui, auriez-vous fait l’impasse dans cet ouvrage sur des lettres de Shakespeare où (admettons-le) il condamne, l’antisémitisme et le racisme. J’en doute. Vous viendrait-il à l’esprit de dénoncer la non-condamnation par Heidegger du nazisme sans évoquer sa correspondance avec Hannah Arendt ? Je gage que non. Il n’existe pas à ma connaissance, Madame, de livre sur un grand auteur, hormis le vôtre, car Tolkien est un grand écrivain, se donnant l’unique but de condamner l’idéologie supposée de son grand œuvre. Si l’on évoque aujourd’hui l’antisémitisme détestable de Céline, si l’on fustige à bon droit la haine de Nietzsche envers les faibles et la révolution réussie des « esclaves », c’est au milieu d’un concert de louanges énamourées pour ces auteurs, auxquels la critique a consacré des dizaines et des dizaines d’ouvrages. Toute accusation d’idéologie douteuse s’en trouve dès lors équilibrée, mise en regard de la construction critique édifiée. Ne saisissez-vous pas dans ces conditions la nature particulière de votre ouvrage, un des premiers sur Tolkien en France ? Je ne puis le croire. L’objet de La Tentation du Mal semble être de dénoncer une dérive, une vision contemporaine du monde manichéenne et agressive (et greenleaf l’a dit, beaucoup de lecteurs de Tolkien se retrouvent dans cette dénonciation). Vous faites du Seigneur des Anneaux, bien à tort, l’épicentre, à tout le moins le reflet, de ce phénomène géo-politique. Vous semblez d’ailleurs ne guère vous soucier de ce que pensait Tolkien de son livre (sinon pourquoi n’avez-vous pas lu ses lettres ? Je ne puis croire que cela soit par désinvolture), ou même de ce qu’en pensent ses lecteurs, cette conversation le prouve assez. Il est révélateur également que vous ne vous soyez pas interrogée en profondeur sur la nature particulière du Seigneur des Anneaux (Tiens, Tolkien a daté l’épopée de 6000 ans avant notre ère ? Tiens, curieux ce pont que l’oeuvre constitue entre mythologies païennes et christianisme ? Tiens, l’œuvre est née sous les auspices mythologiques du Kalevela Finlandais et des Eddas scandinaves ? Dois-je dans ces conditions n’y voir qu’un roman ? Quelle est la citation la plus appropriée concernant les monstres de Tolkien, celle de Foucault ou celle de Tolkien lui-même expliquant, dans son essai Beowulf – The Monsters and the critics, quelle est la fonction et la nature des monstres dans le récit médiéval épique, dont il se réclame en partie ? Tiens, Tolkien a passé cinq ans de sa vie, sans succès, à convaincre un éditeur de publier Le Seigneur des Anneaux et Le Silmarillion ensemble et a dit que le premier ne pouvait être compris sans le second, peut-être faudrait-il que j’étudie sérieusement Le Silmarillion, même si les tentatives de mythologies fictives ne sont pas ma tasse de thé ? Autant de questions que vous auriez pu vous poser) C’est que toute votre argumentation et toutes vos connaissances littéraires et philosophiques sont mises exclusivement au service de votre thèse. Comprenez-vous mieux maintenant pourquoi je crois sincèrement que c’est vous qui avez abordé Tolkien en écrivain exclu de la littérature sérieuse (impropre à recevoir un traitement critique évaluant simplement les qualités artistiques et la nature de son œuvre), et non ses lecteurs que vous n’avez eu de cesse de peindre en illuminés ? Croyez-le ou non, mais si votre livre s’était essayé, en plus de l’accusation idéologique, à une critique littéraire sérieuse du Seigneur des Anneaux, je lui aurais accordé bien davantage de crédit, quand bien même vos conclusions sur le racisme et le bellicisme auraient été les mêmes. 8. Vous dites>>>« Citer les passages du SdA qui contredisent le plus ouvertement ma propre thèse - et je l’ai fait systématiquement. » Non, Madame, je ne crois pas que vous l’ayez réellement fait, et voici pourquoi. Si je me souviens bien, vous usez très fréquemment dans votre livre d’un procédé qui me paraît schématiquement être le suivant : Phase A : Gandalf dit que tout être mérite la pitié. En général, vous agrémentez le tout d’une citation d’un philosophe dont la pertinence n’est pas toujours évidente eût égard au sujet discuté. Or, lorsque l’on atteint la Phase C de votre raisonnement, vous ne citez pas une ligne du Seigneur des Anneaux contredisant votre thèse, puisque vous considérez avoir épuisé les citations dans la Phase A, sans du tout en réalité les avoir exploitées, sans leur donner de crédit. Pour une raison qui m’échappe, vous semblez donner peu de poids chez Tolkien au commentaire interne à l’œuvre (qui se rapporte pourtant au regard de l’auteur chrétien sur l’épopée) et tout leur poids aux faits (ceux décrits par l’historien neutre relatant une mythologie païenne non toujours pénétrée des valeurs humanistes), un paradoxe pour vous qui vous réclamez des lettres et du conceptuel face au figuratif (où la forme reflète souvent la substance comme dans toute mythologie primitive) de la semi-mythologie tolkienienne. Votre livre m’a fait l’effet d’une instruction à charge, qui n’est jamais contredite en Phase C (c’est ce que je visais dans une phrase maladroite de mon compte-rendu), comme si cette Phase C préexistait à votre argumentation et que vous ne livriez cette-dernière que pour la forme. Et mon jugement aurait été identique si l’auteur visé avait été autre que Tolkien. Merci de votre attention. |
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Semprini : Madame Smadja : S’il faut un exemple je parlerai de votre analyse du poème (analyse superbe par ailleurs , je pensais en vous lisant que vous aviez succombé à la puissance poétique de Tolkien !)mais hélas après l’avoir mis en parallèle à ceux de Nerval (El Desdichado ) et de V. Hugo (Booz endormi ) c’était pour mieux démontrer par l’ambivalence de cette beauté du Mal, l’ambiguïté du message de Tolkien chez qui "mal et poésie sont inextricablement liés » : « Il ne s’agit pas bien sûr de dire que l’écrivain a consciemment voulu toutes ces ambiguïtés, qu’il auraient forgées, au même titre que l’anneau lui-même, d’une main de maître. Mais il s’agit plus simplement de suggérer que, si le poème fascine, et si plus généralement l’œuvre de Tolkien fascine, c’est du fait de ses ambiguïtés mêmes. Ce qui fascine chez Tolkien c’est que soient mêlés en une seule unité Bien et Mal ou que le Mal soit beau. Ou plus exactement, l’ouvrage tire sa fascination de ce qui contrairement à ce qui est explicitement dit, et à ce que naïvement nous croyons, les valeurs suprêmes celles pour le triomphe desquelles « la communauté de l’Anneau part au combat ne sont pas le bien et le beau, le Kaloskagathos des Grecs, mais au contraire le Mal et le Beau. Bref, si dans le texte explicite il y a une opposition claire et sans équivoque entre le Seigneur des Anneaux » qui distille le mal et la « Communauté de l’Anneau » qui combat le mal il n’en va pas du tout de même quand on regarde le sous-texte ou le message implicite……. » Les « ténèbres » chez Nerval témoignent d’un écrivain en quête d’une puissance poétique, pourquoi refuser à l’Anneau la sombre beauté d’El Desdichado ? et y rechercher une ambiguïté du message chez Tolkien ? C’est en comparant les structures des poèmes que vous opposez ensuite V Hugo à Tolkien en appliquant au second l’analyse de Jean Cohen sur le premier : « appliquée au poème de Tolkien, la thèse de Cohen pourrait montrer comment une soumission léthargique enveloppe dans ces quelques strophes les êtres et les choses à ceci près bien sûr qu’à l’atmosphère biblique des vers de V. Hugo s’est substitué un climat de mort et de dépendance »
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Pour ma part, je serais reconnaissant à Isabelle Smadja de nous expliciter sa vision très noire des joueurs de jeux de rôle. Sur quoi se base son jugement ? Fréquentation de clubs et de divers joueurs ? Lecture attentive des nombreux jeux de rôle dans le commerce ? Au fait, qu'entendre par "jeux de rôle" en l'occurrence ? Jeux vidéo ? Grandeur-nature ? ou définition plus classique ? Point de détail du débat ? Non pas. Puisque ces "exemples" sembleraient démontrer certaine influence néfaste de l'oeuvre de Tolkien, il me parait intéressant que madame Smadja précise l'identité ces égarés (ou supposés comme tels). Prelat (rôliste, par ailleurs :-)) |
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Bonjour, Je suis heureux qu'Isabelle Smadja vienne réagir sur ce forum. Cela me donnera l'occasion de lui adresser quelques questions. Tout d'abord, Mme Smadja, je vous donne raison quand vous affirmez qu'on vous a prêté des propos que vous n'avez pas tenus. C'est le cas dans Casus Belli N°18, où j'ai publié un article quelque peu détourné. On vous y a attribué la phrase : "Tolkien était un auteur réactionnaire, misogyne, raciste, et c'est parce qu'il était malsain que vous l'avez adoré." Or cette phrase n'était pas de vous, mais de moi : elle était destinée à servir de chapeau à l'article, et dans le fichier envoyé au magazine, elle n'était ni placée entre guillemets, ni suivie de votre nom. Le maquettiste a refondu mon article, transformant le chapeau en cette pseudo-citation et le premier paragraphe en chapeau ; j'ai signalé l'erreur (grave, à mes yeux, car discréditant l'article) à Isabelle Rive, et je lui ai suggéré de publier un erratum dans le numéro suivant. Malheureusement, le correctif n'a pas été publié, ce dont je suis le premier désolé. Ceci dit, je serais ravi que vous répondiez également à quelques questions : Pages 26-27, vous relevez un effet de style dans un vers de Virgile, "Ils s'en allaient obscurs, dans la nuit solitaire", vous évoquez le commentaire qu'en fait Jean Cohen, et vous en tirez l'hypothèse que l'anaphore "Un Anneau... un anneau... un anneau..." du poème liminaire du SdA pourrait établir une relation entre l'anneau unique et les anneaux elfiques. Je ne saisis pas (du tout) votre raisonnement. Pourriez-vous le clarifier ? C'est essentiel, car c'est sur cette interprétation du poème de Tolkien que vous commencez à bâtir votre thèse, à savoir que "Le seigneur des Anneaux" est le roman de "la tentation du mal". Le chapitre 9 établit une analogie entre la tirade de Sganarelle sur le tabac ("Dom Juan", I,1) et le bref chapitre sur l'herbe à pipe qui ouvre le SdA. Pensez-vous vraiment que le rapprochement entre les thèmes et la position en ouverture de l'œuvre suffise à appliquer au roman de fantasy écrit par Tolkien les conclusions qu'on pourrait faire sur la scène d'ouverture d'une pièce baroque du XVII° siècle ? Je relève la notion de "déplacement" p.119, qui me laisse croire que vous faites une lecture psychanalytique de ces passages. Je n'ai rien contre la critique psychanalytique, mais je la trouve source de surinterprétation (voire de faux-sens) quand elle ignore toute recherche contextuelle. Etes-vous sûre que dans la tirade de Sganarelle, et compte tenu des conditions dans lesquelles Molière écrit "Dom Juan", "sans tabac" soit l'équivalent de "sans morale" ? Je rebondis enfin sur les questions posées par Prélat. Que suggérez-vous précisément sur les joueurs de jeu de rôle quand vous écrivez : "En affirmant que l'humanité tout entière est littéralement envoûtée par le mal et la mort, et que cet attrait pour le mal n'est pas réservé à une minorité d'hommes aux instincts plus sadiques que d'autres, Tolkien rassure fondamentalement tous les partisans acharnés des jeux de rôle." ? Si je vous entends bien, si les rôlistes sont "rassurés" par l'œuvre de Tolkien, c'est qu'ils se sentent des "instincts sadiques " ? Sur quoi repose cette opinion ? Cordialement, Usher / Jean-Philippe Jaworski
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A Isabelle Smadja: En isolant le second terme, le fait d’admettre des différences physiques au sein de l’espèce humaine ne me paraît pas porter à conséquence. Quel que soit mon désir, mes gènes florentins ne renverrons jamais dans mon miroir l’image de ma sœur de Saïgon pas plus que celle de mes frères d’Oslo ; car nous sommes aussi dissemblables qu’ « un Bouleau et un Hêtre ou un Chêne et un Sapin » (la vision des Ents par Pippin et Merry dans le SDA) Dans le SDA, Tolkien met bien en présence plusieurs races conformes à cette idée de la race : les Elfes, les Nains les Hobbits et les Hommes qui sont tous enfants d’Iluvatar. Qu’en est-il des Orques ? « (qu'il) les a conçus comme des êtres pré-existants sur qui le Seigneur Ténébreux a exercé la plénitude de son pouvoir en les remodelant et les corrompant, non en les fabricants » et ce, pour confirmer son incapacité à créer et l’exclusivité d’Eru quant à la transmission de la Flamme Sacrée. Pré-existants, dotés d’une âme et d’un esprit, ils sont donc à l’origine, équivalents aux autres races, ni meilleurs ni pires tous enfants d’Iluvatar. Rien ne dit d’ailleurs s’ils constituaient une race particulière ; les hommes étant les plus facilement corruptibles on pourrait penser qu’ils appartenaient à cette race autant qu’à celle des Elfes comme parfois Tolkien nous le laisse supposer. La race des Orques telle qu ‘elle apparaît dans le récit résulte des seuls agissements de Sauron et échappe à sa transposition dans le monde réel : parce que nous sommes dans une fiction la corruption a autant d’effets sur l’apparence physique que sur le moral et la similitude qui permet de distinguer les Orques des autres races, n’est que le reflet des transformations opérées par Sauron sur les esprits de ces créatures quelle qu’ait été leur origine, et ne tient qu’à leur asservissement au mal qui les a littéralement dénaturés. Leur aspect particulièrement hideux relève d’un procédé littéraire traditionnel : de même qu’aucun artiste ne nous convaincra jamais de créatures abominables sous une apparence angélique à moins de faire de cette contradiction l’argument principal de son œuvre clairement pré-défini, Tolkien fait de la laideur des Orques l’expression de l’extrème malveillance du Seigneur Ténébreux, le symbole de sa plus grande faute : la perversion des Enfants d’Iluvatar. Est-il possible de transposer l’image des Orques dans le monde réel ? « Ce Dieu 'tolérerait' cela, ne semble pas pire théologie que la tolérance de la déshumanisation calculée d'Hommes par des tyrans ainsi qu'il en va aujourd'hui ». Le Mal pour JRRT ne définit pas une race, il n’en est pas une des composantes; il menace tous les hommes et c'est par des idéologies néfastes que l'homme peut être corrompu et dénaturé. Utiliser la race des Orques pour conclure au le racisme du SDA, me paraît donc un contre-sens. |
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Bonjour a tous. C'est la premiere fois que je poste ici, donc mes salutations a tous les inscrits (ou non d'ailleurs) de ce forum qui participent de leur mots et sentiments a ce joli coin du web francophone. Un grand merci a Prelat qui nous a donné un lien direct a ce sujet et nous a donné, a moi et mes camarades de la Cour d'Obéron, l'occasion de nous joindre a cette occasion d'echange direct avec l'auteur de l'ouvrage controversé que nous connaissons tous. Un autre grand merci a Isabelle Smadja. Vous nous donnez l'occasion de discuter ici directement, et vous avez un assez grand courage de vous exposer ainsi aux foudres potentielles des passionnés de Tolkien, de Fantasy, et de Jeu de Roles de cette maniere. Je vous salue donc, avant de rentrer dans la polémique. Maintenant, j'en viens au vif du sujet (ouf). Bien sur, je ne peux que partager les doutes et ainsi les questions posées par Prelat au sujet du Jeu de Role, en etant un pratiquant depuis de nombreuses annees. Des eclaircissement a ce propos seraient tout a fait les bienvenus, pour ma part plus que pour d'autres, puisque je n'ai pas la chance d'avoir pu lire l'ouvrage incriminé de Mme Smadja (et je m'en excuse). Ceci dit, je ne peux que m'étonner devant certains de vos propos, Isabelle, n'etant pas que le passionné de JDR que je viens de décrire. Je vais prendre les remarques une a une, et espere ne pas faire de mon post ni une attaque personnelle, ni un roman. On verra. Passons a mes remarques (je vais essayer de rester en dehors des remarques purement tolkienistes, puisque nombreux ici semblent ceux qui savent de quoi ils parlent). Bien sûr que j’ai cherché à dresser une charge, non pas tant contre Tolkien que contre la fascination actuelle de certains pour une œuvre qui comporte suffisamment d’ambiguïtés pour ne pas mériter – à mon sens - qu’on la porte ainsi aux nues. Descartes emploie pour justifier son doute radical une image : elle vaut ce qu’elle vaut mais elle correspond assez bien à ce que j’ai voulu faire. Quand un bâton est tordu dans un sens, dit-il, pour le redresser, il faut le tordre dans l’autre sens : j’ai mis l’accent sur les faiblesses – réelles à mon avis - du Seigneur des Anneaux en sachant fort bien que d’autres se chargent et se chargeront encore et encore d’en faire la louange. Il me semble que basiquement, nous pourrions directement arreter toute conversation sur ce principe, ou au contraire, aborder notre discussion sous un tout autre aspect qui ferme les critiques: en sous titre, vous nous affirmez simplement ici que votre but etait d'ordre negatif, dans une intention de discrediter (vous utiliserez "relativiser" plutot) le succes du Seigneur des Anneaux, ou plutot, selon vos propres termes, "cette fascination (sous etendue malsaine) de certains" pour un ouvrage qui recele trop d'incoherences. Bien. Mais en fait, vous allez meme plus loin, en nous affirmant que Plus généralement la réponse du Seigneur des Anneaux à la question que pose les conflits guerriers ne me satisfait pas : il est trop simple de justifier la guerre (ou la réaction guerrière à une violence) par la présence d’un être (et de ses troupes) qui serait voué au mal. Donc en realité, ce que vous semblez nous expliquer, c'est que toute votre logique, et votre argumentation, et fondée sur vos gouts et vos couleurs, ou plutot sur un a priori, ou pensée en amont de ce que devrait etre le but de votre étude, ce qui lui enleverait des lors toute crédibilité, étant entendue qu'une "étude" présuppose une certaine partialité d'ordre critique et scientifique. Donc ce que vous nous écrivez est bien un pamphlet et pas une analyse tenant compte de tous les parametres prouvant et recusant la théorie de départ. Bien sur, je peux me tromper, mais je ne fais que me fonder sur ce que vous nous avez écrit, Isabelle. Je serais ravi de lire vos précisions quant a ce point précis de votre raisonnement. D'autres points attirent mon attention egalement: L'histoire de la seconde guerre mondiale a, certes, donné raison aux interprétations manichéennes du monde : il y eut bien alors sous la dictature de Hitler, d'un côté le mal, la haine et une volonté de destruction, et d’un autre côté, le bien, le courage et les valeurs morales (même si les motivations de ceux qui se sont mis dans le camp du « bien » étaient bien plus compliquées que cela : les Américains n’avaient pas les mêmes raisons d’agir que les Anglais, que les Français…). Reste que la réponse manichéenne ne me semble pas aujourd’hui la réponse la plus appropriée : n’est-il pas temps de penser qu'il y a, aujourd'hui comme hier, des cultures et des sociétés différentes qui, chacune à sa manière, génèrent leur part de cruautés, d'injustices et de violences ? Ce qui me gêne dans le succès actuel du Seigneur des Anneaux, c’est que l’explication qu’il donne aux rapports de force existant dans le monde est profondément manichéenne : il y a – en la personne de Sauron –une incarnation d’un mal absolu. J'aimerais préciser d'abord que cette comparaison entre Seconde Guerre Mondiale et Seigneur des Anneaux ne tient tout simplement pas la route. Tolkien n'a cessé de repeter que la 2GM n'avait rien a voir avec le SdA, et pourtant, on voit ressurgir cette comparaison encore et encore. La raison pour laquelle cette comparaison est tout a fait incongrue vient du fait que, par exemple, Tolkien commenca la rédaction du SdA en 1937/38, et les premieres occurences de personnages comme Sauron/Gorthaur etaient bien anterieures. Si le nazisme etait bien connu en 1937, on peut douter que qui que ce soit ait eu une idee precise de l'ampleur que le conflit a venir allait prendre. Si comparaison pouvait etre faite, ce serait avec les batailles sur le sol de France durant la Premiere Guerre Mondiale, mais ce serait rester au stade de la supputation (comme en ce qui concerne la morsure que recu Tolkien enfant d'une araignee qui l'aurait inspiré inconsciemment lors de la création de Shelob), etant donné que l'auteur a toujours démenti ce genre de relations de catharsis (genre de procédé qu'il destestait particulierement en littérature, le but d'une fiction selon Tolkien n'étant que de divertir d'une part, et de montrer une face positive de l'homme tout a fait en accord avec l'idée de mythologie. Par conséquent, c'est sur les aspects bénéfiques et poétiques de l'oeuvre qu'il vaut mieux se pencher, plutot que sur les aspects dramatiques, si l'on veut connaitre les intentions que Tolkien possedait reellement lors de la redaction du Seigneur des Anneaux, a mon sens, bien que Tolkien se soit rapidement surpris de la tournure dantesque de certains passages du manuscrit). Poursuivons: il aurait fallu que je parle de Voldemort et Mordor, des nazgul, (la langue de Mordor est inventée par Tolkien et il aurait pu choisir d’autres consonances)... Tout ceci est de la pure hypothese fortement infirmée par Tolkien lui meme, dans des volumes de notes linguistiques et ethymologiques qui certainement vous auront échappées? Or il n'est point de compréhension de linguistique si l'on ne se penche pas sur les principales composantes des Terres du Milieu de Tolkien: leur langages. Quant a une comparaison poussée de Harry Potter et du Seigneur des Anneaux, nous allons encore une fois au devant de nombreuses supputations, bien que certains rapprochements puissent en effet etre faits. D'une part, nous avons affaire a deux oeuvres de féérie qui s'inspire de la substance meme du mythe: donc jusque la, aucune surprise dans l'existence de villains, de sages vieillards qui aident les héros dans leurs choix difficiles, d'innocents profanes qui s'aventurent hors des chemins de l'ordinaire pour braver le danger, ou suivre la quete des origines ou des devenirs, pour revenir pret des leurs et partager leurs visions de l'Autre Monde. D'autre part, nous comparons deux oeuvres aux tons et messages radicalement differents. Tolkien nous parle de lutte perdue, de pouvoir qui toujours corrompt, et contre lequel il n'y a pas de succes possible, bien que le seul fait de relever la tete, de s'avancer et de tenter le destin, puisse faire pencher la balance. J.K. Rowling nous parle pour le moment d'une quete des origines, ou l'enfant tente desesperement de retrouver son enfance perdue, de garder son innocence a tout prix, et de vaincre parce que l'audace et la candeur sont des forces de l'ame. Meme matieriel mythologique, mais interpretations differentes. Enfin, nous comparons une oeuvre infinie avec une oeuvre finie, sachant que Harry Potter en est presentement a son 5e volume, et certainement pas le dernier. Donc poser des comparaisons a ce stade est un peu hatif, je crois. la distribution tranchée entre le bien et le mal y est présente également, ainsi que l’idée pour le moins discutable que la fin parfois justifie les moyens Je me demande si nous avons lu le meme livre ou nous est presente tout une batterie de personnages qui, a l'origine de bonnes choses, se sont peu a peu tourner vers ce principe de la "fin justifie les moyens" : Saroumane, qui pensait utiliser l'anneau a ses propres fins, et regner sur la Terre du Milieu en despote éclairé, jusqu'a devenir une incarnation miniature de ce que fut Sauron (qui fut un etre benefiques a ses debuts, en tant que serviteur d'Aule), et plus tardivement Denethor, qui comme Boromir, succombe au desespoir, pour se suicider la ou son fils aine s'est attaqué a tout ce pour quoi il se battait (l'espoir de la compagnie, attaquer le Porteur de l'Anneau). Alors non, je suis désolé, mais tres clairement, dans de nombreux passages de l'ouvrage, on peut démontrer que "la fin ne justifie pas les moyens" justement. Ce qui me frappe dans ce site, dont je ne peux par ailleurs qu’admirer la richesse des références et la diversité des personnes qui le fréquentent, c’est une volonté de recréer une sorte de communauté de l’anneau avec ses « sages » (Semprini en est un, - un peu trop doctoral à mon sens, mais chacun ses goûts… - et c’est pourquoi vous l’avez cru sur parole), ses fidèles compagnons, et surtout ses combats… Combats contre le mal, à savoir contre tous ceux qui ne partagent pas votre adoration pour Tolkien. Je ne connais pas bien ce forum, et de ce que j'ai lu, il est vrai que vous avez été attaquée brutalement et haineusement parfois. Mais cela justifie-t-il de recourir a de la psychologie de comptoir? Je ne crois pas. Vous m'avez l'air bien plus consciente que vous ne l'avez ici supposé a vos lecteurs. Il y a des passions, de véhémences, des insultes aussi, mais nous n'en sommes pas a la secte, vraiment. Je sais que vous avez un gros doute la dessus. Mais je vous assure que les individus que vous tournez ainsi en dérision ne pensent pas en ces termes. Vous utilisez des références freudiennes, et analysez quelles frustrations pourraient mener a de tels égarements, quand en réalité la plupart des membres de ce forum raisonnent en termes mythologiques, mythiques, archétypaux, ou si vous préferrez des termes plus élaborés, Jungiens, ce qui forcement va mener a des incompréhension. Maintenant, résumer les principes d'archétypes et d'images mythologiques qui grouillent dans le Seigneur des Anneaux a des images répetées de "manicheisme grossier," c'est faire une erreur fondamentale par rapport a l'abondant matériel mythologique qui est utilisé dans le SdA. Si nous raisonnons par archétypes, les sages conseils de venerables (Chiron, Odin, etc) et autres heros exilés qui redeviennent Roi (Arthur, Nuada Arghaitlam) ne sont plus des ombres de l'esprit embrumé de Tolkien-le-Conservateur, mais plutot des ombres d'autres temps, d'autres balades et d'autres légendes, qui se melent devant nos yeux pour nous montrer une danse intemporelle de ce qui fait l'etre main, beau ou laid, vil ou plaisant, au travers des générations. C'est ce dont nous parlons ici il me semble: de ce fait, beaucoup prendront vos écrits qui assimilent Tolkien a un conservateur raciste et mysogyne voient ces éléments du récit "par le petit bout de la lorgnette," et par conséquent, entrainent des raisonnement faussés au mieux, insultant au pire. premièrement que votre site à lui seul, et vos réactions, sont une preuve que la réception de Tolkien n’est pas du même ordre que la réception d’un auteur classique. Connaissez-vous un site Victor Hugo où les adeptes s’appellent Jean Valjean, Gavroche ou Cosette et où ils discutent à n’en plus finir sur la couleur des yeux de Gavroche ou sur les racines du moindre terme présent dans son œuvre ? Je crois que l'explication tient au contenu fortement mythologique des ecrits de Tolkien, et pas a autre chose. En ce sens, bien sur, les amateurs de Tolkien sont tout a fait a part, et rendent la qualite litteraire du Seigneur des Anneaux clairement a part (et je n'ai pas dis "meilleur") d'autres auteurs plus classiques et moins polemiques a l'heure actuelle. C’est au contraire vous qui voudriez que Tolkien ne soit pas traité comme un auteur classique mais qu’il ait droit à un statut d’exception et que, lorsqu’on lit dans le SdA que la race des Orques est « perfide », on n’ait pas le droit d’en déduire que nous l’avons lu sous prétexte que l’œuvre de Tolkien ne peut pas – c’est pour vous de l’ordre du dogme ou du postulat inaliénable – être raciste ou conservatrice. Je crois qu'il faut savoir appliquer certaines "grilles de lecture" (comme dirait CdC) aux ouvrages étudiés en profondeur, et non pas une seule, avant de pouvoir juger laquelle pourrait etre la plus pertinante dans l'intention originelle de l'auteur. Ce qui est assez troublant, c'est de vous voir nous parler d'images et symboles sur certains exemples, et ensuite de vous lire interpreter des concepts du SdA au premier degré. Troublant n'est pas le mot en fait. C'est blessant. Et c'est ce qui entraine les réactions véhémentes de mes camarades. Une 'race' tient lieu en mythologie de 'type' d'etres (sous entendu humains). De cela nous sommes d'accord. Maintenant, il faut ce mettre d'accord sur les interpretations de l'image. Parlons nous de races biologiques, ou d'etres qui se sont vus enfermés dans les tourments et la noirceur du desespoir pour devenir vicieux au dernier degré? Et ne peut-on pas rapprocher Gollum des Orcs, ce Gollum qui lutte contre lui-meme, et tente de se racheter pour chuter finalement? Ne peut on pas se demander si ce concept ne demontre pas de la part de Tolkien, non pas une difference factuelle entre les hommes, mais un danger pour les hommes dans leur avenir qui, s'ils n'y prennent pas garde, pourraient se voir depouiller de leur humanité par le charme des tronconneuses et des industries polluantes (bien sur la comparaison n'est pas innocente de ma part)? La relation que certains entretiennent avec cet auteur tient plus de la croyance, de la foi et de la passion que de la seule rationalité, en ce sens qu’ils y cherchent la confirmation du sens qu’ils ont donné à leur vie. Je suis plutot d'accord avec cette remarque, et ne l'a trouve nullement insultante, personnellement. Mais c'est hors sujet dans le contexte (je n'entretiens pas de Culte a la Rationalité personnellement). Parlons alors ici du racisme et du manichéisme du SdA : je maintiens qu’il y en a dans le SdA. Donc nous parlons bien d'un Tolkien raciste. Bien. Mais aujourd’hui, n’est-il pas naïf et dangereux de croire en cette explication fort simple qu’il y a des peuples (ou pire des races) qui attaquent et d’autres qui se défendent ? Ne croyez-vous pas que ceux qui « attaquent » ont souvent l’impression de se défendre contre une attaque première et plus grave encore ? Je soutiens qu’il y a dans le monde géopolitique actuel des formes différentes de violence et de cruauté, et qu’on ne peut s’en tenir à cette position fort confortable, certes, mais dangereuse, qui consiste à ne voir d’un côté que des monstres de guerre, et de l’autre des gens courageux ou lâches qui se défendent contre les monstres ? Je signalerai simplement que vous etes celle qui nous presente constamment un rapprochement monde reel/terre du milieu, la ou la comparaison ne peut etre faite. Autant comparer la vision de Marx du monde et ce qu'il en etait reellement au 19e siecle. Personne ne discute la complexité de notre monde, ici, je crois. Pourquoi donc les comparer, quand l'un fait appel aux archetypes et aux mythes (qui par essences sont des contructions de l'esprit et des amalgames de concepts), quand l'autre se decline tous les jours avec une complexité effarante? Je ne comprends pas. Au fond, j'en viens a me demander si vous ne debatez pas avec vous meme, Isabelle, d'une question qui somme toute, ne regarde que vous et pas vos lecteurs. J’espère que vous comprenez mieux ma démarche : que l’on puisse écrire un livre pour défendre des idées, et pour prévenir de ce qui, dans un livre, vous semble contenir une forme de racisme. L'ouvrage est donc construit sur une opinion de votre part, n'est-il pas? (cf. debut de mon post) De 3 choses l’une : soit Tolkien était philologue, conscient de l’affinité entre les 3 premières lettres du mot nazgul et les 3 premières lettres du mot nazi. Et en philologue compétent, il ne pouvait ignorer que s’il ne voulait pas qu’on s’interroge sur cette affinité, il lui fallait chercher un autre mot moins chargé de cette connotation Oh, pardonnez-moi, mais que c'est maladroit! La philologie se resumerait donc a la comparaison des premieres lettres des mots? Smadja / Smash Mmm. Aimeriez vous ecraser tout ce qui bouge, ou dois-je comprendre que mes copains d'ecoles primaires etaient des philologues professionnels? Tout ceci bien sur dans le respect et la convivialité, |
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Bonjour à tous A la remarque de Mj de Gondor sur le racisme, j'aimerais rajouter qu'il est nécessaire ( à mes yeux ) d'une condition supplémentaire : que les descendants de cette race soient tous aussi mauvais (c'est une des raisons pourquoi il faut les exterminer tous ), mais il me semble que ni dans le Seigneur des Anneaux ni dans le Silmariion aucune précision n'a jamais était donné, d'ailleurs les orcs peuvent ils avoir des descendants ? . Je pense que la conclusion de Mj de Gondor sur le non sens pour l'utilisation des orcs comme preuve du racisme de l'ouvrage est donc parfaitement justifier. Bien à vous. |
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(petit aparté... MJ, tes origines florentines remontent-elles jusqu'en 1215 à l'époque des guerres entre les Guelfes et les Gibelins ??? :-))) |
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Silmo: s'il m'est permis de répondre à ton petit aparté: les roturiers n'ont pas d'arbre généalogique! j'avais le choix entre florentin et romain ;-) mais dans le contexte, la référence à la ville artistique me semblait mieux appropriée que la capitale des Cesar! |
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Mais, oui bien sûr, shame on me ...!!! Bienvenue Benoist et bienvenue aussi à Prelat; Heureuse rencontre j'espère (tabernacle, voila t'y pas qu'on a un prelat sur le forum). |
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Certes Bienvenue à tous, et surtout Usher qui m'a révélé sur son site les secret des concepts Jungiens. Par ailleurs, je connais le public de la Cour d'Obéron, et leur signale que ce forum (et surtout cette discussion) est dédié exclusivement à Tolkien. Il serait sans doute plus sage de s'y tenir, et de discuter des jeux de rôle ailleurs. C'est un tout autre débat, vraiment totu autre, ce serait dommage de l'amalgamer ici (précisémment ce que nous avons reproché à Mme Smadja de faire). Je m'excuse donc pour ceux qui auraient voulu se défendre ici sur ce point, mais ce n'est pas le lieu. V* |
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Ce fuseau commence à prendre une ampleur... Dites, je relance la proposition : si on gelait le débat jusqu'à ce week-end ? Je sais que vous avez tous beaucoup à dire, mais à force il va devenir impossible de répondre à tout, ce serait peut-être une bonne chose d'attendre que Mme Smadja soit de retour ? |
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Je partage l'idée d'Ylla, préfèrons le jeu des questions-réponses et attendons les réponses d'I. Smadja ;-) Je suis également d'avis, comme le suggère Vinymar, d'isoler les discussions. Discutons ici de l'oeuvre de Tolkien proprement dite, du texte et des messages qu'elle est censée porter et de l'impression qu'elle peut donner. Et, d'autre part, évoquons ceux qui lisent Tolkien et leur "profil psychologique"... Un autre fuseau peut tout à fait se prêter à ce débat-là.
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et pourquoi ne pas ouvrir un nouveau fuseau, "Interview d'Isabelle Smadja 2" ? Cédric ? Vincent |
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D'abord, excusez les fautes, mots qui manquent etc dans mon precedent post. J'ai ecris ceci a 3.30 du matin, avec une configuration ne comprenant pas d'accents, donc vous m'excuserez. Par ailleurs, je connais le public de la Cour d'Obéron, et leur signale que ce forum (et surtout cette discussion) est dédié exclusivement à Tolkien. Il serait sans doute plus sage de s'y tenir, et de discuter des jeux de rôle ailleurs. C'est un tout autre débat, vraiment totu autre, ce serait dommage de l'amalgamer ici (précisémment ce que nous avons reproché à Mme Smadja de faire). Je m'excuse donc pour ceux qui auraient voulu se défendre ici sur ce point, mais ce n'est pas le lieu. Je comprends parfaitement. C'est faire de l'amalgame, ce que nous reprochons tous generalement ici, sur ce forum. La n'etait pas le but de mon post bien sur, j'espere que vous l'aurez compris. Je m'en tiendrai a Tolkien et directement aux discussions du SdA, de la Tentation du Mal, et des propos bienvenus d'I. Smadja. Merci a tous pour la bienvenue! |
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Quelques-uns m’ont reproché ici (mais c’est surtout ailleurs que sur ce forum que je l’ai le plus lu) d’avoir agi pour gagner de l’argent ou pour en tirer « profit ». Dans le compte-rendu de Semprini, cette critique apparaît sous cette forme : «En profitant de la vague de ce succès pour mieux le dénoncer, elle fait preuve d’un certain cynisme. »C’est pour cette raison essentiellement que j’ai réagi si brutalement à l’intervention de Vincent Ferré, que je cite : « semprini répondra mieux que moi, mais pour avoir vu la nouvelle version, il n'a pas "revu sa copie" ; il a simplement précisé sur son argumentation sur certains points. mais semprini est trop modeste et trouve toujours que ses propos sont très perfectibles. » Il s’agissait donc pour Vincent Ferré de dire que tout, dans le compte-rendu de Semprini, était juste, y compris cette phrase, y compris également le titre, y compris les erreurs présentes dans son compte-rendu, dont la phrase suivante « Elle avertit le lecteur dès la première page que Le Seigneur des Anneaux est un livre pour enfants » ou celle-ci «pas une ligne du Seigneur des Anneaux tendant à contredire les assertions d’I. Smadja n’est citée ». Il y avait dans l’idée que je voulais profiter cyniquement du succès du SdA, un procès d’intention et j’ai réagi, pour cette raison, en lui opposant un procès d’intention du même type. À MJ du Gondor, (concernant l’analyse du poème) : tout d’abord je voudrais m’excuser pour mes propos et j’espère très sincèrement que vous les accepterez. Si j’ai réagi si brutalement, c’est que ne comprenais pas pourquoi vous vouliez me refuser le droit à la sincérité et pourquoi vous vouliez interpréter toutes mes paroles comme mensongères. Je pense maintenant que vous avez sincèrement pris pour ironie ou humour, ce dans quoi je n’avais mis ni ironie ni humour. Et ceci me paraît dû à un contre-sens sur mon interprétation du poème de Tolkien. Des rolistes sont apparus sur ce forum : je voudrais leur demander si la question des limites, de la frontière entre le réel et le fictif, n’est pas une question qui se pose parfois et si la présence du SdA ne peut pas être pensée comme un garde-fou qui donne son cadre d’intervention au jeu et donc limite les débordements. Je n’ai jamais rien écrit d’autre sur ce point. Cf p.128 : »plus que ne le font les jeux de rôle qui oscillent entre réalité et fiction, et qui menacent constamment de faire incursion dans le réel, l’ouvrage de Tolkien, précisément parce qu’il est un livre, aide à maintenir l’agressivité dans la fiction » Il est possible que je me trompe sur l’oscillation entre réel et fictif ou que je généralise trop de ceux que je connais, à l’ensemble des rolistes. Mais je ne parle pas de ce que j’ignore : je fais cours à des élèves de terminale depuis 1985 ; ce sont essentiellement des garçons entre 18 et 20 ans, puisque j’enseigne dans un lycée technique, à des sections de STI (mécanique, électronique…) et j’ai souvent parlé de cela avec mes élèves, certains fréquentant eux-mêmes assidûment des boutiques de jeux de rôle (la philo en lycée technique est souvent un débat d’idées bien plus qu’un cours de prof à élèves). Je sais d’expérience combien la frontière entre le jeu et le réel, surtout quand elle aborde le thème de la violence, est mouvante et fragile; qu’entre, par exemple, le jeu autour de l’intimidation et de la menace (quelques élèves renvoyant à d’autres le message suivant : je ne fais que jouer à t’intimider, faire semblant de te menacer) peut aussi être ressenti dans le même temps - sans que personne ne puisse en décider clairement – comme une véritable intimidation et une véritable menace. |
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Suite et fin : Je saisis l’occasion pour répondre à une question de CdC : je ne pense pas que la connaissance du Kalevala soit indispensable pour analyser le poème. Je crois fermement aux vertus de « l’œuvre ouverte » au sens où Umberto Eco l’entend, et à la possibilité de lire et de relire une œuvre à la lumière de nouvelles perspectives. À chacun ensuite de manifester par sa comparaison que l’interprétation qu’il donne est légitime. Et je crois fermement qu’on n’a pas épuisé le SdA en se cantonnant au domaine dans lequel Tolkien était spécialiste. M. Ferré me dit que, « comme d’habitude », je n’avais pas vu que le lien avec Shakespeare avait été fait : il a effectivement cité lui-même une image de Richard II, je pense, reprise dans le SdA, mais je n’ai vu nulle part que la comparaison que j’ai établie entre Gollum et Caliban, qui me paraît archi-évidente quand on relit La Tempête, ait été faite ailleurs, avant que je publie mon livre. Je n’ai bien sûr pas eu accès à l’immense biobliographie sur Tolkien, mais j’ai fait qq recherches, tout comme j’ai essayé de voir si la comparaison entre l’anneau de Gygés de Platon et l’anneau de Tolkien avait été établie. Je n’ai pas vu qu’on l’ait faite : peut-être que je me trompe. En tout cas, si je me trompe, je suis persuadée que qqu’un ici se chargera de me prouver le contraire. Mais alors qu’il le prouve. 3) Je maintiens ce que j’ai dit sur les nazgul : sans même aller jusqu’à dire que le mot a été choisi en partie pour cela, (mais c’est une interprétation qui se défend) il me paraît invraisemblable que quelqu’un qui a travaillé sa vie durant sur les racines des mots, en s’appuyant sur les lettres et les sonorités contenues en chacun, n’ait pas, à l’époque où il a écrit puis publié son livre, vu la ressemblance avec le terme de nazi. Et il me semble que, l’ayant vu, s’il n’a pas changé de terme (ses connaissances de linguiste lui donnait d’autres choix pour inventer un terme), c’est parce qu’il ne lui déplaisait pas que cette affinité soit possible. Autre argument de Semprini auquel je suis sensible : « Pourtant, JRRVF n’est pas une communauté mais un lieu de rencontre convivial et agréable. Dès lors, une question se pose : Où placez-vous, Madame, au sein de votre ordonnancement des lecteurs de Tolkien, ceux qui, comme moi, sont des individualistes rétifs à l’idée de communauté, de gauche et irrémédiablement athées ? Où mettez-vous ceux qui, comme moi, se retrouvent entièrement dans votre mise en garde selon laquelle « il y a dans le monde géopolitique actuel des formes différentes de violence et de cruauté ; on ne peut s’en tenir à cette position fort confortable, certes, mais dangereuse, qui consiste à ne voir d’un côté que des monstres de guerre, et de l’autre des gens courageux ou lâches qui se défendent contre les monstres ? ». Permettez-moi de reprendre votre formule à mon compte, mais de vous demander, vraiment, ce que Tolkien vient faire dans les rapports géopolitiques actuels et dans le combat qu’il y a à mener. Si toutefois vous tenez absolument à vous engager sur ce terrain-là, sachez que Tolkien était opposé à l’hégémonie américaine et en faveur du multiculturalisme. » Je voudrais répondre que, là encore, ma démarche n’était pas d’étudier le SdA à la lumière d’une biographie de Tolkien mais de situer un succès et la résurgence de ce succès dans notre époque (je renvoie à ce sujet à un article que j’ai écrit dans Le Monde Diplomatique en décembre 2002 alors que personne ne pouvait dire avec certitude si les USA allaient ou non attaquer l’Irak et où j’émets l’hypothèse que le succès de Harry Potter et du SdA pourrait venir en partie de ce besoin de se rassurer sur les forces en présence et de croire en une interprétation manichéenne du monde. Pour ceux que ça intéresserait l’article doit être consultable en ligne). Quant à la question de savoir où je vous place, je répondrai cette fois que je vous place parmi ce que j’appelle « les partisans de Tolkien », qui diront « qu’on ne peut pas faire le procès d’un auteur qui ne décrit pas le monde existant mais qui invente un monde où il projette un certain nombre de créatures issues des fantasmes racistes d’une époque ». Mais je refuse d’admettre que, sous prétexte que tous les gens qui ont aimé le SdA n’ont pas les mêmes opinions, on ne peut pas réfléchir aux raisons les plus fréquentes du succès actuel du SdA.
À « Casus Belli n°18 » : la seule fois dans mon livre où j’emploie le terme de malsain est la suivante (p.101) : commentant quelques passages qui témoignent d’un mépris envers les domestiques ou les servantes (cf Gandalf, par exemple, disant « je n’ai pas passé par le feu et la mort pour échanger des paroles avec un domestique »), j’ai écrit : « quoi qu’on en dise, il y a qqch de malsain dans ces réflexions, distillées à petites doses, et qui sont d’autant plus insidieuses qu’elles sont enfouies dans une intrigue différente, de sorte qu’on n’y prête pas l’attention nécessaire au jugement critique ». Voilà. Je remercie tous ceux qui ont accepté de débattre avec moi et tous ceux qui ont accepté de me lire. Je pense que certains sont déjà beaucoup trop engagés, à l’extérieur ou même à l’intérieur de ce site, pour modifier, ne serait-ce qu’un minimum, leur jugement sur mon livre, mais cela aura peut-être servi aux autres ou à quelques autres à changer au moins leur jugement sur moi. Je remercie Nicolas Liau et Cédric Fockeu (ainsi que CdC et Vinyamar pour leurs interventions : j’ai eu le sentiment qu’elles avaient toujours pour but de ne pas faire déraper la discussion et de lui permettre de se poursuivre). Et même si vos motivations, à vous tous et aux autres participants, m’échappent et que, si je les connaissais, je ne vous remercierais pas, je tiens à vous dire que je vous suis très reconnaissante de m’avoir permis de m’expliquer. Je n’interviendrai plus sur ce forum ; je vous prie de m’excuser si je n’ai pas pu examiner toutes les questions dans le détail, mais je crois avoir dit l’essentiel de ce que j’avais à dire. Je suis consciente que certains auront l’impression d’un inachèvement : de mon côté également, j’aurai souvent aussi ce sentiment que j’aurais pu répondre par tel ou tel argument, que je n’ai pas suffisamment développé tel ou tel point… Mais il me faut conclure. Ne vous offusquez pas de mon silence futur. |
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Isabelle Smadja>>j’ai l’impression que je pourrais m’épuiser à la tâche en argumentant indéfiniment sur chaque point sans que rien de ce que je dise ne puisse vous convaincre. Ce n'était qu'une impression. |
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De "Casus Belli n°18" à "Tentation du mal" : Mme "Tentation du mal", je constate que vous établissez un commentaire assez long sur mon rectificatif, mais que vous ne répondez à aucune des trois questions, pourtant très précises, que j'ai pu poser sur votre livre. Voilà qui est d'autant plus remarquable que vous avez, du reste, établi un texte long et détaillé pour répondre à vos différents interlocuteurs... Comment interpréter votre omission ? En tout cas, puisque vous avez négligé de proposer votre point de vue, je vais exposer le mien. COMPARAISON VIRGILE / TOLKIEN Dans le vers de Virgile, "Ils s'en allaient obscurs, dans la nuit solitaire", vous relevez, selon le commentaire qu'en fait Jean Cohen, la présence d'un glissement poétique, puisque ce sont les personnages qui sont théoriquement solitaires, et la nuit qui est obscure. Jean Cohen a raison : il relève simplement la présence de deux hypallages, qui permettent ce glissement. Dans une deuxième étape, vous appliquez cette analyse de Cohen à l'anaphore "Un Anneau... un anneau... un anneau..." du poème liminaire du SdA ; vous arguez que Tolkien a opéré un glissement semblable, et que la répétition d'"un anneau" est en fait la suggestion que l'anneau unique est de même nature que les anneaux elfiques, et que les anneaux elfiques, objets séduisants, sont donc les emblèmes de la séduction du mal. C'est sur cette interprétation du poème de Tolkien que vous commencez à bâtir votre thèse, à savoir que "Le seigneur des Anneaux" est le roman de "la tentation du mal". Je n'ai pas le temps de poursuivre dans l'immédiat. (Madame "tentation du mal" n'est pas la seule agrégée qui fasse cours en terminale à intervenir sur ce fuseau..."Casus Belli n°18" doit pour l'heure aller papoter sur le "Supplément au voyage de Bougainville" avec ses élèves de terminale littéraire. ;-)) Toutefois, dans la journée, je reviendrai démontrer comment on peut faire, dans un essai sur Tolkien, un contresens magistral sur "Dom Juan" de Molière, ce qui, incidemment, ruine le raisonnement analogique qu'il étaie au sujet de la misogynie du SdA. Je ne répondrai pas sur ce fuseau au sujet des insinuations sur les rôlistes. Pour les gens intéressés par cet aspect du débat, je propose de le poursuivre sur "La cour d'Oberon" (http://hikaki.forum-gratuit.com/) dans le forum "Tolkien & cie", sur le fuseau "Biographies de Tolkien". Cibiesquement vôtre, "Casus Belli n°18" alias |
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Avant de poursuivre, je dois rendre à César ce qui est à César : Isabelle Smadja a répondu à l'une de mes trois questions. Mais comme il s'agissait d'une question sur les rôlistes, je commenterai la réponse sur "La cour d'Oberon". Revenons aux faiblesses de raisonnement contenues par "Le seigneur des Anneaux ou la Tentation du mal." COMPARAISON TABATIERE DE SGANARELLE / HERBE A PIPE Premières phrases du chapitre 9 : "Est-ce pure coïncidence ? Deux œuvres littéraires commencent par une apologie du tabac, parodique chez Molière, plus sérieuse chez Tolkien." Isabelle Smadja remarque que tout le chapitre 2 du Prologue du SdA est consacré à l'herbe à pipe, et elle observe que la scène d'exposition de "Dom Juan" commence par un éloge du tabac. Elle s'interroge sur cet éloge du tabac prononcé par Sganarelle ; elle prétend qu'il s'agit d'un "déplacement", c'est-à-dire d'un mot placé pour un autre, et elle cherche à découvrir le mot mystérieux qui se cache derrière le substantif de paille qu'est "tabac". Comme, plus loin dans la scène, Sganarelle critique vertement le libertinage de son maître, Isabelle Smadja déduit que par "sans tabac", il faut comprendre "sans morale". L'immoralité de Don Juan relevant essentiellement de son goût pour le beau sexe, notre distinguée philosophe finit par émettre l'hypothèse que l'éloge du tabac vante un mode de vie coupé du monde féminin. D'où la conclusion partielle : "Faire, au XVII° siècle, l'éloge du tabac, puis, durant la moitié du XX° siècle, celui de la pipe, c'est faire l'éloge d'une coutume qui n'appartient qu'aux hommes ; bref, c'est, pour Sganarelle, exprimer inconsciemment son souhait de ne plus voir aucune femme auprès de son maître ; et c'est, pour Tolkien, constituer d'entrée de jeu son roman comme un roman d'hommes et pour hommes." Le raisonnement est acrobatique, et il suffit d'un brin de jugeote et de quelques connaissances en histoire littéraire pour mesurer toute son inanité. 1. Sur le plan méthodologique, ce raisonnement est complètement farfelu. Quand on fait de la littérature comparée, il s'agit de ne comparer que ce qui est comparable, sous peine d'accoucher des chimères les plus extravagantes. Exemple : si je compare l'Enéide de Virgile et la poésie d'Apollinaire, je constate que leurs œuvres sont également dépourvues de tout signe de ponctuation. Pour peu que j'omette de préciser que le latin classique ignore la ponctuation, je peux proclamer que Virgile est un précurseur génial de la poésie moderne. 2. Quand Mme Smadja évoque Sganarelle, elle cite en exergue du chapitre la tirade du tabac, mais... elle oublie un détail capital. Elle omet la didascalie : "Sganarelle, tenant une tabatière". Or la tabatière, sous l'ancien régime, est le récipient où l'on range le tabac à priser ; et tout le monde prise, sans distinction de sexe. Voilà qui invalide la thèse selon laquelle "c'est, pour Sganarelle, exprimer inconsciemment son souhait de ne plus voir aucune femme auprès de son maître ". Bien au contraire ! Car Sganarelle précise, à propos du tabac : "Ne voyez-vous pas, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d'en donner à droite et à gauche, partout où l'on se trouve ? On n'attend même pas qu'on en demande, et l'on court au-devant du souhait des gens...." Bref, la tabatière, loin de couper du commerce avec ces dames, pourrait fort bienservir à les aborder, un peu comme la cigarette contemporaine... 3. En fait, le sens de la tirade du tabac est tout autre, et n'a strictement rien à voir avec l'interprétation psychanalytique de Mme Smadja. Quelques informations d'histoire littéraire, livrées par Francis Baumal dans "Tartuffe et ses avatars", suffisent à le démontrer. En 1665 (année de création de "Dom Juan"), Molière est empêtré dans l'affaire "Tartuffe". Cette pièce, à laquelle Molière accorde une importance capitale, est violemment attaquée par le parti des dévots, qui se sentent brocardés par le personnage principal. Louis XIV, dont la légitimité politique repose sur le droit divin, interdit donc à plusieurs reprises "Tartuffe". Au début de 1665, Molière se retrouve sans répertoire, et sa troupe est confrontée à des problèmes financiers. Il écrit donc "Dom Juan" en quelques semaines (raison pour laquelle la pièce est en prose, non en vers), afin de donner un texte à ses comédiens. Toutefois, il conserve une rancœur tenace contre les dévots, et tout particulièrement contre un groupe de lobbying, la Compagnie du Saint-Sacrement. Or la Compagnie du Saint-Sacrement a mené, à plusieurs reprises, des campagnes anti-tabac (elle était même parvenue à en interdire la vente sous Louis XIII). Dès lors, la signification du "qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre" devient limpide : Molière se sert de l'audience que lui donne le théâtre pour provoquer la Compagnie du Saint-Sacrement. L'allusion, qui nous paraît obscure au XXI° siècle, est transparente pour le public des années 1660 : et ses contemporains rient alors du culot de notre auteur qui, parce qu'une de ses comédies a été interdite par la Compagnie, commence la pièce suivante par une attaque à peine voilée contre celle-ci. Pour toutes ces raisons, tout le raisonnement défendu dans le chapitre 9 du livre de Mme Smadja s'effondre. Si j'ai soulevé les exemples du vers de Virgile et de la tabatière de Sganarelle, c'est pour montrer que le raisonnement de Mme Smadja, même quand elle ne traite pas de Tolkien (qu'elle connaît fort mal, comme tous ici ont pu le mesurer), reste entaché d'erreurs, de surinterprétations ou de déformations. Une analyse littéraire sérieuse, cela ne repose pas sur du comparatisme sans méthode, et sur des syllogismes dont le caractère boiteux se voile de respectabilité derrière des autorités critiques ou philosophiques. Usher |
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PITIE !!! Ne peut-on continuer ce passionnant fuseau dans Interview d'Isabelle Smadja -2- ? Celui-ci est si lourd qu'il faut un temps infini pour l'ouvrir (pour ceux qui rament encore avec un modem classique !) Merci !!! |
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Allez, soyez sympa avec Sylvae ;-)Rendez-vous sur le fuseau "Interview 2"
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Cedric/sylvae: un dernier message sur ce fuseau ! Pour Isabelle Smadja qui n'ira peut-être pas lire ailleurs ! A Isabelle Smadja: Sur l’objectif de votre livre et surtout sur vos motivations, je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites qu’un tel engouement pour le SDA méritait qu’on y recherche des explications sociologiques. Mais je pense que cet engouement s’est surtout révélé, au moins en France, par le film plutôt que par l’ouvrage. Je crois pouvoir dire qu’avant la fin des années 1990, l’influence du SDA, n’avaient pas traversé de nombreuses couches de notre société et que certains secteurs de la population n’en soupçonnaient même pas l’existence. Comme l’a fait remarqué je crois, Semprini, les milieux académiques et les instances littéraires révérées, avaient pris soin de laisser dans l’obscurité un auteur qui ne se réclamait ni de Shakespeare, ni des belles lettres françaises et qui avait eu le malheur de clamer un jour sa gallophobie. La sortie du film (je dirais même dés son annonce) qu’il soit vilipendé par certains ou adulé par d’autres, (le problème n’est pas là), a précipité les évènements et provoqué cette nouvelle bataille d’Ernani. Alors la volonté d’étudier le phénomène ne peut être pour moi que positif et je pense que si votre analyse ne s’était pas faite dans le souci exclusif d’en montrer les éventuels « dangers », l’accueil de votre livre aurait été totalement différent Mais voilà, vous avez fait ce choix critiquable d’extraire de cet ouvrage tout ce qui pouvait heurter un esprit progressiste. C’est dommage car même votre superbe analyse poétique en souffre. Par celle-ci vous auriez pu convaincre de votre adhésion même partielle à l’œuvre mais vous n’avez pas su changé suffisamment le ton de votre commentaire, permettant ainsi les contre-sens que vous nous (me) reprochez. Un autre point que je vous accorderai, c’est la faiblesse de nos réactions. Effectivement votre livre appelait une réponse beaucoup plus incisive. Je ne l’ai pour ma part jamais sous-estimé et j’ai ardemment regretté de n’être pas qualifiée pour le faire ; il méritait à mon avis une condamnation élaborée point par point, chapitre par chapitre, autant sur le fond que sur la forme, sur le dit autant que le non-dit. Regretterez--vous aujourd’hui d’avoir bénéficié de cette tolérance, qui vous a laissé croire que vos arguments étaient courtoisement discutables sur un site dédié à Tolkien ? Les messages des uns et des autres devraient vous avoir montré que la plupart d’entre nous au moins n’idolâtre pas Tolkien, son livre n’est pas Le Livre , mais nous( je ) défendons la perception que nous pouvons en avoir. Vous l’avez admis, je crois et nous aussi, plusieurs lectures sont autorisées (les pires également, pourquoi pas, une œuvre publiée n’appartient plus à son auteur et la mauvaise foi ne peut se controler) mais j’ose espérer que la majorité voit dans le SDA une œuvre exaltant le meilleur de nous-mêmes (je ne vais pas repartir sur mes valeurs universelles issues ou à l’origine des valeurs chrétiennes), mais je déplore que vous ayez voulu tourner en pessimisme ce qui me semble au contraire plein d’espoir, une alliance basée sur l’amitié et la générosité pour s’opposer au pouvoir et à l’asservissement. Comme je vous reproche également d’avoir par je ne sais quelle (étourderie, légèreté, audace? Pardonnez-moi les mots sont forts mais je ne trouve pas mieux) d’avoir voulu faire de Gollum le représentant du peuple en lutte, des masses laborieuses, des minorités affamées, cet être sans conscience, criminel, traître en permanence, si peu digne de notre pitié ou de notre compassion ! Je ne regrette pas vraiment que vous ayez abandonné ce débat, il ne pouvait en être autrement. Les concessions étaient impossibles de votre part, sans porter sur vous-mêmes un total désaveu. |
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Isabelle Smadja, je me demandais sur quoi vous fondiez vos calomnies à mon égard. "Il s’agissait donc pour Vincent Ferré de dire que tout, dans le compte-rendu de Semprini, était juste, y compris cette phrase, y compris également le titre, y compris les erreurs présentes dans son compte-rendu [...]". rien que cela ? on a une fois de plus la preuve que lorsqu'une personne écrit "bleu" et veut dire "bleu", vous lisez "noir", c'est-à-dire n'importe quoi, mais rien qui ait le moindre rapport avec la réalité, et êtes persuadée de pouvoir lire dans sa pensée mieux qu'elle-même. franchement... Vincent Ferré |
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Bonjour à tous, J’ai lu avec très grands intérêts tout ce qui concerne le livre d’Isabelle SMADJA, les critiques, les interviews ainsi que toutes les pages de ce thread. Ça en fait du boulot lol. Il y a quelques années, quand j’ai débutais dans ma passion pour Tolkien, j’avais acheté son livre et je l’avais trouvé très intéressant. Cependant, j’aimerais juste revenir sur un point précis. Je suis en train de lire les Lettres et un passage m’a sauté aux yeux, j’aimerais votre avis, en prolongement du livre d’Isabelle SMADJA.
Lettre 61, je cite (en français) : Lettre 71, je cite (en français) : Pouvez vous m’aider à y voir plus clair dans ces citations. |
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Bonjour, soit la bienvenue sur ce forum et puissions nous échanger souvent! Pour ta question, pourrais tu préciser un peu ta demande, en quoi souhaites tu être éclairée |
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Oui pardon j'ai pas assez précisé. En fait, si je ne me trompe pas, ici, vous avez tous démontrer que le SDA n'était pas une allégorie. Moi aussi je le pensais, de ce que j'ai lu au sujet de Tolkien. Mais, j'ai l'impression, peut être à tord, que dans ces propos, cela pourrait montrer le contraire et donc donner raison à certains propos d'I. SMADJA. Merci |
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Je ne pense pas que ces citations puissent suffire à taxer le SdA d’allégorie. Je pense qu’il faut plutôt utiliser le concept d’applicabilité. Je m’explique rapidement. L’essentiel de l’œuvre de Tolkien a été écrite plus ou au moins avant la seconde guerre mondiale. C’est vrai pour le Silmarilion où l’on retrouve les grands thèmes du SdA (chute et corruption, inanité de la guerre ouverte contre le mal etc). Le SdA a été achevé pendant la guerre mais l’essentiel du plan et des principaux ressorts de l’action datent d’avant guerre. Il semble dans ces conditions difficile de parler du SdA comme une allégorie de la seconde guerre mondiale. CS Lewis, celui qui a le plus échangé avec Tolkien durant la rédaction du SdA, s’est d’ailleurs expliqué sur ce point : « this things were not devised to reflect any particular situation in the real world. It was the other way round. Real events began horribly, to conform to the pattern he had freely invented » De son côté, John Garth a montré de manière convaincante dans son livre “Tokien and the great war” que Tolkien avait essentiellement été influencé par son expérience dans les tranchées de la Première guerre mondiale et non par ce qu’il lisait sur la seconde. Je crois que Tolkien pensait qu’il avait décrit dans ses livres une forme imagée de la lutte immémoriale entre le bien et le mal dans les institutions humaines et aussi au sein du cœur de chaque homme (Cf le duo Smeagol-Golum). Ainsi la comparaison entre ses personnages fictif et la réalité reste pertinente chaque fois que des hommes sont confrontés à des choix cruciaux sur le plan moral, ce qui pourrait expliquer ces lettres à son fils. C’est ce que j’appelle l’applicabilité du SdA au monde réel. J’espère avoir pu t’aider mais le temps me manque pour développer plus |
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Je vois les choses dans le même sens que Jean, et j'ajouterai ceci : Tolkien utilise ici le terme "orque" pour désigner des soldats, des personnes qui n'ont pas forcément choisi de faire la guerre, mais qui se retrouvent entraînés par elle et finissent par être irrémédiablement transformés, à des degrés divers. Ce que sont les orques dans le légendaire. Il applique même cela à son propre fils : "Et voilà où tu en es : un Orque parmi les Ourouk-Hai" P. |
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Merci pour ces précisions et ce lien, je vais voir ça prochainement. |
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Merci pour cette réponse. Je pense en effet que je n'avais pas saisi la diffèrence entre applicabilité et allégorie. J'ai trouvé ceci: |
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Concernant le rôle des femmes dans les livres de Tolkien, il ne faut pas oublier que tous ces livres décrivent des guerres, la guerre des Silmarils, la guerre contre Smaug, la guerre de l’Anneau. Pour quelqu’un né au XIX° siècle envoyer des femmes se faire tuer au combat aurait été considéré comme une barbarie. C’est pourquoi fort logiquement on trouve peu de femmes dans les aventures du SdA ou du Silmarilion. Cela ne signifie pas forcément que Tolkien étai misogyne. J’ai écrit un article sur le sujet, si tu me pardonnes un peu d’auto publicité, tu le trouveras sur ce cite à l’adresse suivante : |
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Tiens, puisqu'on reparle d'Isabelle Smadja, je me posais la question l'autre jour de savoir si celle dont on parle ici est la même que le premier adjoint et épouse du maire de Levallois Perret, ou bien s'il s'agit d'une simple homonymie. |
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C'est une homonymie amusante, et j'ai un témoin qui peut le prouver ! (Oui, moi, Patrick Balkany, ma femme est innocente, le jour du vol nous déjeunions avec Nicolas...) Aglarond |