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Aujourd’hui, c’est le 21 septembre, jour de Saint Mathieu PS: Jean-Philippe, nous avons lu et relu les mêmes articles mais il aura fallu tellement de temps pour que ce qui va de soi saute aux yeux en plein milieu du tableau : les manches des bras de la même couleur, le commerçant et son fils ou son page, la même livrée, le barbu ne peut pas être le douanier et il désigne celui que Jésus interpelle, pas lui-même. La vérité dans les couleurs. :) |
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Rahh, c'est beau :) Mwarf, évidemment que Matthieu est le personnage le plus à gauche, et tu ajoutes des arguments colorés qui viennent confirmer une telle lecture :)
L'argument le plus fort pour moi demeure la temporalité : Caravage n'est plus un peintre de la temporalité des tableaux classiques. On lui demande un tableau sur l'appel de Matthieu et lui répond par un tableau sur la confusion qui a pu suivre l'appel.
Ce qui est beau c'est que Caravage peint l'intervalle temporel entre l'appel et la réponse à l'appel, mieux, entre l'appel et sa reprise.
Et là, la lecture des couleurs et des vêtements de Silmo rend le tour de force encore plus beau : assurément, le Matthieu peint par Caravage, comme ceux avec qui il interagit autour de la table n'est pas habillé à l'antique. A droite, la peinture d'un appel lancé alors il y a près de 1570 ans (la Vocation de saint Matthieu date de 1600) ; à gauche, l'écho de cet appel qui résonnait au temps de Caravage, avec la possibilité encore donnée de demeurer assis et de poursuivre ses comptes dans la pénombre ou de se lever et de suivre le rabbi de Nazareth dans la lumière. S. PS : hep, Silmo, lors d'un retour à Rome, j'espère que tu as l'intention de passer (pour diverses raisons) par Santa Maria del Popolo ;-) |
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Merci (à tous les deux) pour tout ce partage.
En passant, je me permets de signaler ici une possible, voire probable, source d'inspiration caravagesque en ce qui concerne un tableau tolkienien de Donato Giancola : The Tower of Cirith Ungol, peint en 2012. Je vous laisse chercher l'œuvre (avec une coquille dans le titre) dans la page dédiée à la Terre du Milieu sur le site de l'artiste : https://www.donatoarts.com/middle-earth B. P.S. : concernant le tableau de Lorenzo Lippi du musée d'Angers, il apparait que, jusqu'à présent, François a sélectionné des œuvres qui se trouvent être étudiées dans une partie de ma bibliographie de travail... donc même si j'entends jouer le jeu et mettre en avant mon propre regard, difficile pour moi de jouer totalement les ingénus ! ^^' Ceci dit, en essayant de rester spontané, il y a évidemment de toute façon des choses à dire... mais on verra plus tard. |
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Hyarion a écrit :
Pur hasard pour des choix communs ou des évidences partagées car je ne connais pas ta bibliographie ;) Sosryko a écrit :
Of course, c'était l'entrée de Rome pour les pèlerins et visiteurs venus du Nord et donc de France, j'y vais toujours mais après Saint-Louis des Français (par patriotisme :p ). Lors de mon premier séjour, je ne pus accéder à la chapelle des Caravage sans attendre la fin de l'office, mais, pour paraphraser le roi Henri dont je parlais hier, Rome vaut bien une messe. :/
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Grand merci, Silmo, pour tout cela, à nouveau.
Sur l'Appel de saint Matthieu, je vous suis, Sosryko et toi, d'autant plus facilement que vous m'aviez commenté ce tableau en privé. Encore bravo et un très grand merci pour ce partage de richesse, Silmo, à commencer par la tienne. Hyarion : bien d'accord avec toi pour l'écho entre le tableau de Donato Giancola et Le Martyre de saint Matthieu du Caravage. |
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Cher Yyr, Je trouve que Matthieu ramène les pièces vers lui mais effectivement l'index de l'homme riche pointe plus vers Matthieu que vers lui-même (ce qui fait qu'il pourrait être en train de dire « C'est à qui de nous deux que ton maître a parlé ? »), mais ta proposition est tout aussi valable et belle : Caravage qui peint la décision en train de se prendre, Matthieu entré en lui-même après avoir entendu l'appel, saisissant la rupture que cela implique et tiraillé par des désirs contraires. @ Hyarion : très bien vu ! |
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La suite viendra avec plaisir chers amis, patience, ne soyons pas en hâte du martyre de Mathieu plus compliqué à commenter, et chacun peut y aller de sa plume ou de son clavier.
et derechef à propos de martyr, gaffe aux détails avant de conclure... Affaire à suivre pour Matthieu et d'autres. FrA ps: vos remerciements font plaisir, pourtant, je n'invente rien qui n'ait déjà été dit (sauf peut-être les coloris du costume) ou écrit, pour le peu que je sache. Il n'y a aucune découverte et seulement une autre lecture, au départ pour mes neveux et nièces en leur parlant de commerce, de support d'image, de couleurs, de format, d'objectif, etc. Ce changement de perspective vint de l'ainé de mes neveux à moins de 10 ans, pressé au Louvre de voir la Joconde, et qui me disant en avoir vu une photo à l'école, qu'elle avait plein de marrons différents et lui n'en avait qu'un dans son tube de peinture. Une révélation sur le regard, celui des jeunes et comment leur parler d'art (et d'ailleurs les écouter avant que de parler, c'est pourquoi je me tais). |
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Yyr a écrit :
sosryko a écrit :
Merci pour vos retours. ^^ B. |
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le rapprochement de Hyarion entre Donato Giancola et Caravaggio est probable et j'aime l'idée. |
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sosryko a écrit :
Oui, c'est beaucoup mieux exprimé ainsi. Petite blague à vous partager. Tout à l'heure j'étais à l'église quelques minutes, assis devant l'autel avec un vitrail du Christ au fond, et je pensais à Silmo qui pourrait m'expliquer ses couleurs. Peu de temps pour prier : deux paroissiennes dont une religieuse m'aperçoivent et viennent me saluer, car cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus. À la sœur qui me demande des nouvelles, je dois lui annoncer la naissance et aussi la maladie de Sailendil. « Pauvre petite » me dit-elle. « Non non lui réponds-je, ce n'est pas aussi grave quand même, c'est un garçon » :). Elle n'a pas entendu (fichus masques). Pas grave, je me suis dit que François serait plié ;). Quant au Seigneur, je pense qu'il a souri. L'ennui, c'est qu'il est imbattable : rentré ici, je montre l'Appel de Saint Matthieu à ma moitié et je lui demande de me dire où est Saint Matthieu (elle n'a jamais vu le tableau) ... et elle me le montre immédiatement !!! ;) Pour le Martyr, je n'arrive fichtrement pas à distinguer ce qui se passe derrière.
En attendant, je note que cette fois, les épées, transparentes, sont futuristes. :) |
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Silmo a écrit :
C'est surtout au Martyre de saint Matthieu que la composition de Giancola continue à me fait penser, mais tu as raison d'évoquer aussi une position du corps plus en diagonale et tête en bas que celle de Mathieu, et en cela plus proche de celle de Paul dans la Conversion de saint Paul : on peut ainsi envisager un certain mélange caravagesque dans l'inspiration, en effet. B. |
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Ne regarde pas les épées, quoique..., mais voyez d'abord les vêtements, les mouvements, les regards et les lumières.
Dans la Vocation, quand je parlais de "tous et toutes", bien sûr c'est le message du tableau souligné par Sosryko pour les contemporains. Merci pour le message Jérôme. Un éclat de rire à retardement en pensant à ce vitrail et ta discussion cordiale avec ces ferventes et toujours autant de belles pensées pour vous cinq. |
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Nous reparlerons vite du Martyr de Mathieu et de Rome. Mais les voyages se poursuivent... Un qui va faire cogiter le jeune Esteldil, j'espère... au musée Condé de Chantilly, les Très Riches heures du Duc de Berry, avec plein de détails à fouiller (faut mettre les zimages en grand format : vêtements, couleurs, saisons, animaux, flore, villes et châteaux, etc...). On décrypte les miniatures avant de regarder les notices en ligne.
Je rajoute aussi par plaisir le Puits de Moïse à Dijon (idem, voir toutes les photos agrandies): six bonhommes qui se tournent le dos sous un calvaire disparu et prophétisent la même religion. une merveille, une rareté avec ses couleurs encore visibles, à aller voir absolument. FrA (espérant inspirer des idées de voyages ou excursions post covid). Peut-être (sans doute) est-ce aussi dans la biblio de Benjamin :) |
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Par Bélénos, Toutatis, et Cie, il faut bien un jour un l'autre se coller à l'exercice de ce Martyr de Mathieu. Selon la légende, donc, Mathieu se fâche avec le roi d’Éthiopie qui refuse la conversion au catholicisme de sa fille. Ce dernier envoie des soldats tuer Mathieu pendant qu'il officie. Il meurt en martyr et devient Saint.
Revoyons l'image : il s'agit d'un baptistère, une piscine pour recevoir les nouveaux convertis : une margelle, trois marches, de l'eau.
Les quatre candidats au baptême sont quasi nus et souvent, on considère le personnage central, le plus visible, comme le bourreau de Mathieu... Un peu comme dans une série policière, cherchez le criminel, ce n'est pas le plus évident ! On regarde plus à gauche, des personnages en tenue moderne, les uns effarés, les autres fuyant. Un tout petit détail : parmi ceux qui s'enfuient, l'un lâche une épée (il a le visage -autoportrait - du peintre qu'on connait par ailleurs) tandis que le présumé bourreau, figure centrale du tableau, semble non lâcher mais s’être saisi de l'arme du crime.... il a même l'air effaré, tente de tenir Mathieu comme en secours pendant que les assassins s'enfuient. Oui, le personnage central, c'est le baptisé qui tient la main de Mathieu. Le désespéré est celui qui jette l'objet du meurtre (et c'est le peintre lui-même). Les autres ne sont que des gandins qui l'accompagnent (blousons de cuir brodé), signe de vanité.
Et puis regardons encore... Je livre encore une autre question insoluble... quid du cierge à la verticale du présumé ou non bourreau. Aviez-vous noté cette petite flamme ? Argh, ce chef-d’œuvre est complexe.
C'est marrant. S. ps: ayant dit que je parlerais de Palmes, je ne suis pas allé gougueuler, mais j'ai songé ce matin à la Palme de ce Martyr, aux palmes académiques et aux palmes du Festival de Cannes, en prenant le café et me demandant quel rapport entre ces récompenses palmées (et je ne parle même pas des des palmes nautiques pour les nageurs) et suis-je bête, j'oubliais les palmes de la Pentecôte... en résumé, pour beaucoup (Jésus, Mathieu et tous les martyrs), qui reçoit des palmes va sitôt passer Ad Patres... du coup, pas envie de Cannes, ni d'académie :) pps : le baptisé central, ce n'est qu'un hasard, porte au front un bandeau comme celui qu'Hector offrit à Ajax évoqué plus haut... des hasards ou des thèmes répétés, comme les palmes ??? |
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Cher Silmo,
Tu as dit l'essentiel, mais tu sembles hésiter entre un Carvage-personnage qui fuit ou qui ne fuit pas ; pour moi, il ne peut que fuir. C'est son regard et l'attitude de son visage qui m'interroge. Il semble écoeuré, mais de quoi ? De son acte ? De sa lacheté qui le porte à ne pas l'assumer ? Ou bien de la dévotion accordé à Matthieu ? Mais dans ce dernier cas, j'attendrais du mépris.
Le centre de la Croix attire à son tour le regard et de nouveau ronds dans l'eau font vibrer la toile : Ce qui est quand même dingue, c'est que le bout de la palme soit dans les deux cas à une frontière (soit de l'horizontale qui partage le tableau en deux parties égales, soit d'une des diagonales centrées sur la croix). Dès lors, d'autres centres encore sont possibles, dont le point intermédiaire entre la main de Matthieu et le bout de la palme. Mais évidemment, le centre décentré par Caravage et qui fait l'objet du tableau est la tête de Matthieu lui même. Des deux figures de catéchumènes en bas à droite, l'une m'est insupportable : le visage appuyé sur le dos de sa main (laquelle se tient fixe on ne sait comment), elle semble se complaire du spectacle qui s'offre à ses yeux. Inversement, le personnage au couvre-chef emplumé semble être ailleurs, indifférent à l'agitation ; certainement il était déjà ailleurs au cours de la cérémonie... et il sera le dernière à se rendre compte de ce qui se passe. Et puis il y a les mains de Matthieu. Dans sa jeunesse, elles se fermaient sur l'argent qu'elles ramenait à lui ; au moment du dernier souffle, elles sont ouvertes et dirigées vers l'extérieur : la main droite pour recevoir le don (la palme), la main gauche qui semble offerte, prêt de l'eau du baptistère. Cette main ouverte, c'est la vie qu'on ne peut retenir, comme l'eau coule à travers les doigts, mais j'aime aussi voir cette main gauche faire pendant à la main gauche du Caravage-personnage : la main offerte du pardon en regard de la main honteuse du coupable. Enfin, mon regard suit des figures géométriques, les mains répondant aux mains, les visages aux visages. Une dernière réflexion : les plumes et la palme. Matthieu, au moment de mourir, peut à la fois voir la tête emplumée qui évoque les deux autres têtes emplumées du tableau de son appel, qui fait face à celui-ci, et la palme. Les plumes, qui évoquent le milieu opulent et vain dans lequel il évoluait, et la palme qui évoque la victoire accordée à celui qui a été fidèle à l'appel entendu dans sa jeunesse. Encore une fois le tableau de Caravage n'est que temporalités télescopées et regards multipliés à partir d'un espace constitué essentiellement de lumière, d'obscurité et de corps. Tant de tableaux dans le tableau ! Le mystère de la beauté demeure. S. |
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Arf, pourquoi pas? |
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ps : rien à voir avec la choucroute mais un ami d'ici franchissant en ce moment les Pyrénées, je ne me souviens pas du film dans lequel A. de Vigny était cité (le Cor) : "Tranquille cependant, Charlemagne et ses Preux, descendaient la Montagne et se parlaient entre eux". J'ai gougueulé sans trouver et ma mémoire défaille (a priori, ni Resnay, ni Sautet, ni Y. Robert, ni Oury..). si quelqu'un s'en souvient, je lui offre un kg de cacahouètes. Promis :-) |
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Très cher Silmo, droites et cercles sont les miens, |
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Merci Sosryko. Belle façon de regarder Caravage. |
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Un dernier regard pour la route, qui cherche les volumes du lieu, visible ou supposés (étant entendu qu'il y a de l'eau dans le baptistère et que le pied du catéchumène comme la main gauche de Matthieu n'y sont pas plongés). Il apparaît que le tableau se termine sur la droite au niveau de la courbe de la dernière marche visible avant d'entrer dans l'eau. |
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Pourquoi pas, cher ami... mais je n'aurais pas écrit "il est clair" :) Plutôt, en l’occurrence, "il est clair-obscur" :D
Bravo pour le diagramme des volumes. Tu as dû y passer du temps et c'est très bien vu. S. ps : et c'est bien sûr un clin d'oeil aux jeux de mots :| |
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Content que ma petite blague à Sosryko t’amuse :)
Il est inimaginable qu'à cette époque, avec une commande aussi importante, Le bourreau ai pu être le personnage central fraichement baptisé (et ce n'est pas non plus dans la Légende dorée).
Cependant, je ne sais pas identifier celui ayant un habit vert qui ne fuit pas, est stupéfait, et porte un habit moderne, pour l'époque.
La partie gauche avec ses personnages 'contemporains' pour l'époque me semble une leçon de conjugaison à tous les temps et tous les modes selon chacun des personnages : "qu'ais-je fais? Qu'a-t-il fait? que n'avons-nous pas fait? Que puis-je faire? |
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Merci, encore une fois (à tous) pour tout ce partage. Quelques mots, rapidement, car ici comme ailleurs, le temps me manque pour participer... Silmo a écrit :
Voici une reproduction du tableau où le clair-obscur apparaît moins assombri, permettant de mieux voir les détails : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:...-1600).jpg Ci-joint, une « petite » copie maison, au cas où il faudrait se passer de sources externes :
Attention, le fichier original sur Wikimedia Commons est, lui, vraiment très gros (12,439 × 10,928 pixels) ! Silmo a écrit :
Yyr a écrit :
Pourquoi pas, en effet, mais j'avoue que je n'y crois pas beaucoup... Voici, dans son style bien à lui, quelques lignes d'Éric Walter, dit Hector Obalk, qui a beaucoup étudié le peintre en question : On a longtemps associé l'homosexualité bien connue du Caravage à la présence répétée d'éphèbes qui, torses nus et bouches ouvertes, peuplent les débuts de son œuvre. C'est à l'âge de 25 ans environ que le Caravage délaisse ce registre festif de la mythologie pour celui, nettement plus « hétérosexuel » et dramatique des deux Testaments. Mais on peut aussi penser que Caravage révèle dans ces peintures sombres, ferventes et théâtrales de la maturité, une libido spécifique qui, sans être forcément homosexuelle, dévoile l'hypersensibilité d'un narcissisme prépubère, lequel confine, dans son cas, au pur génie. Hector Obalk, Aimer voir, Paris, Hazan, 2011, chapitre physionomie, 17., p. 52. Amicalement, B.
P.S. : Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre, vient encore d'en prendre pour son grade, ces jours-ci, sur le site de La Tribune de l'Art > https://www.latribunedelart.com/jean-luc...-du-louvre |
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Merci beaucoup, cette version du tableau est nettement plus lisible. Si l'ensemble est somptueux, j'avoue être déconcerté par la posture étrange du personnage doté de la figure du Caravage, dont on dirait même qu'il est incomplet : entre l'épaule et la main dont nous parlons, on dirait que le bras n'a pas été peint ou est entièrement effacé. On pourrait en effet se demander à l'instar d'Yyr si cette main lui appartient bien, mais il ne me semble pas y avoir d'alternative possible. Même problème pour la semelle de la chaussure de ce personnage, même si dans ce cas cela ne nuit guère à la lisibilité du tableau. E. |
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Je persiste et signe... impossible que la censure vaticane accepte qu'un nouveau baptisé soit un bourreau et la Légende dorée évoque des soldats envoyés par le roi. ps : Et merci pour la photo bien meilleure ;) |
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Voici donc le troisième - et le troisième bis - tableau de la chapelle Contarelli dont le commentaire sera plus court...
Première livraison loupée... la commission du Vatican et la congrégation n'apprécient pas l’œuvre, officiellement dit-on parce que Matthieu tend un pied sale au dessus de l'autel de la chapelle, plus probablement parce que l'évangéliste et l'ange qui inspire son écriture sont un peu trop collés-serrés (sujet évoqué plus tôt) Ceci dit, les circonstances du remplacement et des étapes des installations des trois tableaux sont aujourd'hui encore discutées.
La seconde livraison sera acceptée. pps: à propos de Troie, je rebondis sur ton ps Hyarion à propos du Louvre et du coup de la mise en réserve à Liévain de l'Histoire d'Esther de Jean-François de Troy qui mérite mieux et mieux aussi que la salle des Sept Cheminées au Louvre où on les distinguait à peine comme les Guillon-Lethière du Salon central. Il faut trouver des lieux pour remettre ces œuvres à hauteur du public et puisque Rykner parle aujourd'hui d'Arras dans la Tribune de l'Art, exposer enfin les Mays de Notre-Dame qui y sont en réserve depuis 1936. Cadeaux annuels de la confrérie des orfèvres, j'ai lancé l'idée sans succès afin qu'un May soit restauré et exposé chaque année à la biennale des antiquaires avec le financement des joaillers, surtout après le drame de Notre-Dame... un jour peut-être ! Le musée d'Arras est malheureusement à l'abandon mais la ville, pauvre, a peu de moyens et d'autres priorités pour renflouer ses caisses. L'inaliénabilité et l'imprescriptibilité évitent au moins aux musées français d'en être réduits à vendre les collections comme actuellement aux USA et au RU. |
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Silmo a écrit :
On peut proposer trois solutions mesurées ;-). Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations depuis David jusqu’à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ. Matthieu 1, 17
(2) il se prépare à énumérer les noms des douze apôtres. Trois arguments de poids en faveur de cette seconde hypothèse : Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Cananite, et Judas l’Iscariot, celui qui livra Jésus. Tels sont les douze que Jésus envoya [...] Matthieu 10,2-5 (3) Il est en train de rappeler à Matthieu les deux commandements qui résument toute la Loi et les Prophètes, selon la parole de Jésus au docteur de la loi qui, cherchant à le mettre en défaut, lui demandait « quel est le plus grand commandement de la loi » (Mt 22,35) : Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. Matthieu 22,36-40 Quant au premier tableau, je ne regrette pas son refus : Matthieu a vraiment l'air d'une benêt dans cette version. S. |
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Je préfère tes idées 1 et 2. Merci de cette érudition Sosryko.Ca marche bien. |
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Merci pour le festival des jeux de mots Silmo : ) |
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Bigre, ccouvre-feu et pas plus de six au diner à partir de samedi... Pas plus de six à table.... on n'y est pas ! Il ne reste que deux soirs pour organiser un Avant-dernier Souper comme ici : https://www.youtube.com/watch?v=hcDmj7ilADY Mais tout de même, bien plus que six, le double hommage des Monty Python : La Cène de Léonard : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_C%C3%A8..._32x16.jpg
et le Repas chez Levi de Veronese :
On s'y retrouve, Levi étant le nom hébreu de Mathieu qui offre ce festin (d'après l'évangile de Luc) Bon couvre-feu pour les villes ciblées S. |
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et rattrapé par Plantu dans le Monde de ce soir :-) Mwarf.
et sur le même sujet, François Morel à 8h55 ce matin sur France Inter de Molière à Beckett ;-) pourtant, à sa place, et même s'ils sont douze acteurs, j'aurais, juste pour le chiffre, ajouté Pirandello et ses ""Six personnages en quête d'auteur... un oubli ou un manque de temps cher Morel, avec lui, on n'est jamais en quête d'auteur, pourvu que ça dure bien après LE covid. S. |
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A propos de couvre-feu depuis hier 17/10/2020, allez voir la très bonne émission d'Arte "Quand l'histoire fait date" qui nous rappelle, fort à propos, que le précédent couvre-feu à Paris eut aussi lieu un 17 octobre, date pour date, sur ordre de Papon, en 1961, pour massacrer des Algériens. https://www.arte.tv/fr/videos/086127-011...ait-dates/ |
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Retour sur la Vocation de saint Matthieu Je ne me souviens pas que nous ayons évoqué le tableau de Hendrick Ter Brugghen :
Oh ! j'ai laissé mon curseur au moment de faire la copie d'écran ! :) :) :)
Il s'inspire clairement du Caravage, au point que l'on retrouve exactement la même figure de l'avarice, et, il me semble, le même quiproquo quant à savoir qui est Matthieu. Voir une discussion sur le sujet, avec notamment une annexe sur le débat de l’identification de Matthieu chez Caravage (vous allez rire : au 5) le geste du doigt, le Caravage qui ne sait pas dessiner !! arf arf arf :) :) :)) — où j'apprends que le pape François soutient l'interprétation de notre François à nous ;). Jérôme |
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Le message de Yyr le 18 mars m'avait totalement échappé. Désolé camarade.
Au départ, Ter Brugghen semblerait moins subtil... les deux seuls qui n' "entendent" pas (aux deux sens de ce verbe) sont clairement des caricatures d'un Juif et d'un Arabe : le Juif errant avec son bâton de marche ses chausses percées et ses lorgnons de comptable, l'Arabe avec son turban orné d'un bijou ou d'une médaille (comme le pseudo Mathieu de Caravage) Autre détail important sans doute lié à la Réforme et à la nationalité du peintre Ter Brugghen et de la transition du Siècle d'Or .... chez Caravage le personnage de Saint Pierre fait intercession entre Jésus et Mathieu (il parait qu'il fut peint plus tard à la demande d'un cardinal), bref l'Eglise de Rome intervient, tandis que Ter Brugghen conserve le personnage de Pierre, symbole de l'Eglise, mais lui fait ostensiblement tourner le dos au Christ (encore un changement Réforme / Contre-Réforme) ??? |
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ps : et au rythme actuel une demi génération semble rapide avec internet mais c'était beaucoup à la charnière du 17e s. sans les mêmes communications. |
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Merci François !! Jérôme :) |
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"Pauvres commentaires" aurait mieux convenu. J'ai fait vite, il en manque beaucoup... |
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Pour moi, sur la tête du barbu, j'ai plutôt l'impression de voir un genre de toque (à fourrure ?) Après, peut-être que c'est dû à la photo. E. |
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A voir sur pièce mais une toque ne serait pas ajustée ainsi, frange et bord des oreilles. Pas un postiche non plus mais peut-être une mode de l'époque de se décolorer la barbe ? |
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Dans un autre fuseau, il y a déjà quelque temps, Silmo a écrit :
Et j'imagine que le grand zappeur que tu es, cher François, sera passé à côté d'un de mes longs messages de l'hiver dernier, dans lequel j'évoquais notamment un tableau de Tintoret. Tant que j'y pense, je reproduit donc ici le passage dudit message correspondant : Ailleurs sur le forum de JRRVF, en janvier dernier, votre serviteur a écrit :
Je me permets, par ailleurs, de partager ici une reproduction d'un des dessins du maître Ingres, que j'ai revu avec plaisir (car on ne s'en lasse pas) lors de la réouverture du musée Ingres-Bourdelle de Montauban, il y a déjà environ deux semaines. C'était ma première visite dans un musée depuis presque un an, confinement oblige...
Peace and love, B. |
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Je profite de ce fuseau pour poser une question à la cantonade à nos amis du sud-ouest.
Il y a en ce moment* à la Bibliothèque patrimoniale de Cahors une exposition Tolkien, visiblement tournée vers le thème "Tolkien et les sciences". Est-ce que vous avez eu l'occasion d'y faire un tour ?
I. |
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J'ignorais que cette exposition avait eu lieu à Cahors. Je peux en revanche signaler qu'elle sera donnée à nouveau à Auxerre pendant l'automne, et qu'il y aura en plus deux ateliers d'écriture elfique (tengwar) qui devraient être donnés par certains des calligraphes parisiens de Tolkiendil. E. |
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Il s'agit de l'expo Carnets de sciences, adaptée du livre Tolkien et les sciences parus fin 2019 : |
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ISENGAR a écrit :
C'est gentil d'avoir pensé à nous... mais comme tu as pu le voir dans les messages qui précèdent, les infos ne sont finalement pas venues du sud-ouest... ^^' ISENGAR a écrit :
Pour ma part, j'avoue que je ne savais pas que la Bibliothèque patrimoniale de Cahors avait accueilli une telle exposition. ISENGAR a écrit :
De fait, les pages en ligne ayant évoqué le sujet et apparaissant encore dans les résultats des moteurs de recherche semblent, pour la plupart, renvoyer désormais à des contenus remplacés par du « 404 not found » ou assimilé... Peace and love, B. |
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Merci beaucoup à tous les trois, et merci pour le lien avec le catalogue. I. |
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Bon, on a raté l'expo de Cahors, mais on a encore le temps d'aller voir celle de Hauterives (plutôt dans le sud-est, du coup). I. |
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Vu chez nos amis de Tolkiendil, une nouvelle expo Tolkien en perspective. https://forum.tolkiendil.com/thread-9740...#pid190593 I. |
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Chic, un nouveau catalogue d'expo à acquérir... par contre, faut attendre un an ! |
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Rien à voir avec la choucroute, message plutôt pour les parisiens et alentours, à l'occasion des journées du patrimoine, une suggestion de promenade qui change des traditionnelles résidences de l’État (Elysée, Matignon et Cie).
Autrefois, on disait, à pieds, à cheval ou au galop, aujourd'hui ce serait "en voiture à vélo ou en trottinette", découvrez les 13 kms (à vol d'oiseau, un peu plus en vrai) du circuit de l'Aqueduc de Marie de Médicis depuis Rungis jusqu'au 14eme arrondissement https://fr.wikipedia.org/wiki/Aqueduc_M%C3%A9dicis et là https://paris-promeneurs.com/la-maison-du-fontainier/
Idéal pour les petits et grands, pour raconter l'histoire de l'approvisionnement en eau de la capitale*, s'inspirant de la Rome des Papes et, bien avant des empereurs (avec un aqueduc à Cachan sur le même tracé que celui de Lutèce)
Une histoire de plus Quant au dernier Regard qu'on appelle la Maison du Fontainier, près de l'Observatoire, il n'est ouvert qu'aux journées du Patrimoine et il y a diverses versions sur la distribution des eaux, on dit parfois un tiers pour les jardins de la Reine (le Luxembourg), un tiers pour le couvent des carmélites et un tiers pour les fontaines des parisiens! d'autres articles évoquent une plus grande générosité pour les parigots de la rive gauche (voire une canalisation pour une fontaine rive droite) Quoi qu'il en soit, si la météo s'y prête, c'est un super parcours pour les JdP. S. * sur ce sujet, lire "l'éclairage, le chauffage et l'eau au 17e et 18e siècles" très bon livre sur cette "économie" du confort bien avant l’eau courante, l'EDF, les chaudières et autres tuyaux tels internet |









