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Merci Eva de tes sympathiques commentaires et ne renonce pas à comprendre l'Œuvre merveilleuse et complexe du Caravage. Fais toi ta propre opinion :)
Si tu veux creuser le sujet, il y a de très bonnes analyses commentées sur Wiki et on y trouve des liens pour approfondir :
Tu découvriras des sujets répétés, fouillés soit à la demande des commanditaires soit parce que le peintre n'était pas satisfait ou introduisait des impertinences, sans perdre de vue que c'était son moyen de subsistance et de survie avec ses frasques qui lui valurent l'exil. Silmo ps : Je connaissais les taches de sang du tableau de Mathieu mais n'aurais simplement pas utilisé le terme "flots" car quand il veut, Merisi sait montrer des scènes autrement plus "gore" où le sang, pour le coup, se déverse violemment (cf "Judith et Holopherne") |
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Sosryko a écrit :
Hi, hi, hi, ça me rappelle aussi des souvenirs de plusieurs visites à Rome, levé à 6h00 pour être tout seul Pont-Saint-Ange à 6h45 puis place Saint-Pierre à 7h00 pour l'ouverture de la Basilique (heure des confessions puis de la 1ère messe). Bon moyen de voir la "Piéta" de Michel-Ange tout seul et les chapelles inaccessibles aux visites touristiques.
Santa Maria del Popolo, ne me coûta pas un réveil aux aurores mais une messe en fin de journée (Henri IV avait dit que Paris vaut bien une messe, idem à Rome pour la Chapelle Cerasi, je dus attendre une petite heure pour y accéder - un pieux repos après des kms de marche et la visite du Pincio, des fontaines et obélisques alentours - une marotte bizarre - même sans être égyptologue pour deux sous - passionné par le commerce, le trafic, des antiques depuis des millénaires, par la valeur qu'on portait aux colonnes, aux piliers, aux futs, aux obélisques, ou aux métaux précieux - on est ici hors sujet, quoique, la vénalité figure chez Tolkien pour les joyaux et les métaux, Féanor comme les Nnins. Bon, avec tout ça, il manque encore d'autres récits biographiques, professionnels, militaires et parisiens mais d'abord revenir au sujet central de ce fuseau consacré aux arts et aux expos. |
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Mais avant ma corvée de bio militaire, civile, jeunesse :( , Hyarion a évoqué les appels aux dons du Louvre auxquels il a contribué et la "Corbeille de Fraises" de Chardin.
Fraises des bois naturalistes dans une modeste corbeille d'osier, fruits précieux, éphémères mais qui sont encore frais donc une gourmandise, à la différence de la corbeille de fruits du Caravage de Milan https://fr.wikipedia.org/wiki/Corbeille_de_fruits , également dans les bras du "Garçon avec un Panier de Fruits" (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gar%C3%A7o..._de_fruits) ou sur la table du Souper de Londres (pas sur la version milanaise) "https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Souper_...,_Londres)" (splendide projection 3D des bras tendus et corbeille au bord de table, vision classique du bord du précipice donc de la possible chute); ce sont des fruits déliquescents, certains pourrissant, d'autres infestés par la vermine, dont les feuilles s'étiolent, se fanent. Caravage, parmi les premiers auteurs occidentaux de Nature Morte autonomes (sans autres acteurs humains) symbolise la fragilité de l'existence et le destin de tout spectateur, le thème du "Tempus Fugit", la vanité du temps qui passe, déjà manifestée dans les premières œuvres de Merisi (cf ses garçons fragiles ou apeurés devant un serpent, près d'une carafe, fragile elle aussi, malades ou peu vaillants).
Voir aussi les différentes versions, parfois très différentes des "Narcisse" ou les "David et Goliath", les "Diseuses de Bonne Aventure", les "Sacrifices d'Isaac", les "Saint François", les différents "Saint Jérôme", ou les "Saint Jean-Baptiste", (7 attribués) les "Couronnement d'épines" et les "Flagellations" autant de variations. Avec les fraises de Chardin, on est plutôt dans le luxe de fruits chers pour les nobles et que les maraichers préfèrent vendre que les consommer. Toujours dans la furtivité de l'existence mais, oserais je dire, plus bourgeoise ou destinée aux élites.
Pas de personnage dans ce panier de fraises, ni dans les fruits du Caravage, une des premières "Nature morte" des temps modernes. Côté 'Natures Mortes', on connait des images naturelles antiques (Egypte, Etrurie, Pompéi, Herculanum) médiévales et Renaissance, dont de célèbres tableaux cités par les historiens, Apelle, peintre d'Alexandre le Grand (peut-être auteur du tableau qui inspira la mosaïque de Naples déjà évoquée) et quelques siècles plus tôt Zeuxis qui avait peint une grappe de raisins si réaliste que les oiseaux auraient voulu la picorer mais il y ajouta un éphèbe, mal peint selon lui qui faisait peur aux mêmes oiseaux. On pourrait ajouter les tapisseries, les céramiques etc... En fait, je voulais surtout évoquer ce "Panier de fraises des bois" qui, selon moi, ne méritait pas le titre de Trésor National sauf du fait qu'il était un des derniers Chardin important en mains privées. S. ps : pour les amateurs de musées (Sosryko, Hyarion et autres), je suggère à Orsay, qui restera ouvert durant ses travaux entre 2025 et 2027, deux "Natures Mortes" cocasses : la "Botte d'Asperges" par Manet (1880) commandée par Charles Ephrussi, grand collectionneur, pour 800 francs et payée 1000 tellement il apprécia le petit tableau désormais au musée de Cologne (à visiter). Par politesse, Manet offrit un second petit tableau avec une seule asperge pour remercier le généreux commanditaire en lui écrivant "Il en manquait une à votre botte" (cette toile est à Orsay - dommage que les tableaux ne soient réunis que lors d'expo temporaires). Au Louvre, les "Gaufrettes" de Lubin Baugin si bien mises en scène dans le splendide film avec Jean-Pierre Marielle d'Alain Corneau, "Tous les Matins du Monde" https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dessert_de_gaufrettes , chef-d'œuvre de la nature morte française du XVIIe siècle selon Sterling (fragilité des gaufrettes et leur craquement (l'ouïe), encore en équilibre au bord d'une table, fragilité et transparence du cristal (la vue), goût et odeur du vin, sensualité du toucher de la paille de la carafe, les cinq sens sont présents, quelle merveille. Tableau à voir et film collector subtil et documenté (dans mon top 50 proche de "La Diagonale du Fou" avec Piccoli, quelques films rares et précieux). pps ; après-midi et soirée probablement trop bavarde mais absent longtemps, je commente les sujets chers à mon cœur dans l'Espace libre, lieu de partage même avec des rapports ténus ou pas avec Tolkien. |
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Merci Silmo pour tes liens artistiques, dans tous les sens du terme. Je ne manquerai pas de les visiter. Et pour les minces filets de sang de Matthieu, c'était juste parce que tu disais qu'il y en avait "au dessus" alors qu'il y en a aussi au dessous. Sans plus. Nous sommes d'accord que le sang est vraiment léger, anecdotique, contrairement à Judith et Holopherne (même si je préfère les versions d'Artemisia Gentileschi). J'arrête mon hors-sujet. |
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Eva, tu n'est pas hors sujet puisque dans l'espace libre :) Judith et Holopherne, j'aime bien la version d'Artemisia Gentileschi, mais je préfère Caravage et chacun son goût, il n'y en a pas de mauvais. S. PS (toujours un ps) : bon sang presque 6h00 du matin, il est temps de mettre la viande dans le torchon même chez les noctambules insomniaques :8 pps : on doit trouver en ligne, le petit ouvrage "Piero della Francesca" de Gallimard sur Rakuten, E-Bay, Amazon ou autre, très beau petit livre https://www.gallimard.fr/catalogue/piero...2070347681 aux alentours de 10 euros, dont les pages se déplient en pop-up - Sosryko l'a peut-être déjà, sinon à acheter vite :-) |
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Merci pour le conseil, Silmo car non, je ne l'ai pas ;-) -- par contre, il y a quelques mois, nous nous sommes procuré un autre beau petit ouvrage lié au même (mais un texte plus littéraire, qui aborde le sujet différemment, car de méditation sur l'histoire et la guerre à partir d'un tableau du maître) Rencontre avec Piero della Francesca, de Piero Calmandrei. |
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Merci aussi du conseil avisé, je vais chercher ce livre en ligne :) |
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Le tableau d'Artemisia Gentileschi existe en deux versions (Naples et Florence) et son père avait aussi peint ce thème, influencé par Caravage. |
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Autre œuvre redécouverte à Noizay en Indre-et-Loire et bonne nouvelle pour le Centre-Val de Loire, ce qui fera plaisir à Isengar, parmi d'autres... |
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Silmo a écrit :
C'est la raison pour laquelle j'ai dit que je préfère les tableaux d'Artemisia. Surtout en tant que femme, même si je n'ai pas subi le même sort et qu'à mon âge, je devrais être tranquille (on n'est jamais à l'abri de croiser un cinglé !). Le visage de Judith/Artemisia représente parfaitement la lutte ancestrale des femmes contre la toute puissance et la domination des hommes. Mais ceci est un autre débat et le temps a heureusement changé bien des choses, même si les Curufin et Celegorm modernes souhaitent toujours posséder les Luthien actuelles. Pour ceux qui sont intéressés, Arte va diffuser un documentaire ce samedi 16 novembre "Crime et peinture à l’âge baroque - L’affaire Artemisia Gentileschi" |
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Ah merci pour l'info. Je ne louperai pas cette émission (et, chère Eva, crois bien que je suis ardent défenseur depuis toujours du droit des femmes, question de génération, de genre peut-être? ou autre) |
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Silmo a écrit :
Sauf erreur de ma part, il me semble que Stendhal avait plusieurs pseudonymes et que son vrai nom était Henri Beyle... ^^ Je te remercie également, cher Silmo, pour la référence concernant les Lettres d'Italie de Charles de Brosses : je connais depuis longtemps la collection « Le temps retrouvé » du Mercure de France, mais ladite référence fait partie de celles que je n'ai pas eu encore l'occasion de lire (j'ai saisi ton occas' sur Rakuten). Pour ce qui est de la célèbre sculpture située dans la chapelle Cornaro de l'église Santa Maria Della Vittoria, la Transverbération de sainte Thérèse ou l'Extase de sainte Thérèse, voila aussi de quoi me rappeler des souvenirs... de même que la savoureuse anecdote de Sosryko relative à l'église Sainte-Marie-du-Peuple. Le fait est que durant mon séjour à Rome, j'ai eu l'occasion de visiter de nombreux édifices et sites religieux chrétiens (nul n'est obligé, certes, mais quand on séjourne dans la Ville éternelle, c'est tout de même assez incontournable, que l'on soit catholique pratiquant ou non) : de mémoire, j'ai ainsi visité l'église jésuite Saint-Ignace, l'autre grande église jésuite de Rome qu'est le Gesù, l'antique Panthéon de Rome devenu basilique de la Sainte Vierge aux Martyrs, l'église Saint-Louis des Français, l'église Sainte-Marie-du-Peuple, la basilique Sainte-Marie-Majeure, la basilique Saint-Jean-de-Latran, la très ancienne église Santa Sabina sur la colline de l'Aventin, l'église Santa Maria in Trastevere également très ancienne, la basilique Saint-Pierre et la chapelle Sixtine au Vatican (j'avais notamment pu, à Saint-Pierre de Rome, voir le tabernacle en bronze doré du Bernin dans la chapelle du St-Sacrement, accessible seulement aux visiteurs venant prier), l'église Santa Maria della Vittoria située non loin de la via Veneto (où fut en partie tourné le chef d'œuvre de Fellini La Dolce Vita), la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs sur la via Ostiense, les catacombes de San Sebastiano accessibles sous la basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs le long de la célèbre via Appia antica ou Voie Appienne... et j'en oublie peut-être, car mon voyage d'étude universitaire commence à remonter à loin, même s'il m'a marqué... mais je peux toujours mentionner aussi l'église Sant'Agnese in Agone, que je n'ai toutefois vue que de l'extérieur en visitant la place Navone (Piazza Navona), ainsi que l'église de la Trinité-des-Monts, elle aussi vue seulement de l'extérieur, lors d'une pause en fin de journée sur les marches du célèbre escalier du même nom reliant cette église à la place d'Espagne... Et si l'on ajoute à cela tout ce que j'ai pu également visiter et voir durant ce séjour romain ne relevant pas du christianisme — temples et autres sites antiques (Forum romain, Palatin, Colisée, Circus Maximus, thermes de Caracalla, ruines d'Ostia Antica ...), places et bâtiments historiques, arcs et portes, colonnes et obélisques, statues et fontaines (fontaine de Trevi, fontaine de Moïse ou de l'Acqua Felice, fontaine des Quatre Fleuves...), parcs et jardins... —, vous vous doutez bien que cela ne s'est pas fait en un week-end : ce fut alors une semaine que je passais sur place, avec hébergement collectif chez des religieuses, et des journées bien chargées. Tout cela pour dire que si les quelques photographies que j'avais pu prendre alors (là où cela était autorisé, et en étant de toute façon très sélectif dans mes choix de sujets) furent bonnes en extérieur, elles furent presque toutes ratées en intérieur car sous-exposées en matière d'éclairage (j'avais utilisé un de ces appareils photographiques jetables qui n'existent plus aujourd'hui), et que le seul de mes clichés en intérieur laissant voir quelque-chose d'identifiable se révéla être celui pris à Santa Maria Della Vittoria...
Je me souviens que la visite s'était faite un matin de février, suffisemment tôt pour éviter tout pic d'affluence de visiteurs (mais de toute façon c'était hors saison touristique), et que l'éclairage intérieur était de fait assez faible, moins prononcé à tout cas dans mon souvenir qu'à Saint-Louis des Français que j'avais cependant visitée en début de soirée, sans doute un autre jour (je ne me souviens plus trop)... On ne pouvait pas beaucoup s'approcher de la sculpture du Bernin, laquelle est en fait assez haut perchée, et cette photo prise dans la chapelle Cornaro en témoigne sans doute. Point de prêtre sorti de nulle part pour allumer un éclairage temporaire particulier sur l'oeuvre pour les visiteurs, hélas, car je n'aurai pas manqué de trouver cela amusant... L'Extase de sainte Thérèse est en tout cas une oeuvre majeure de la statuaire baroque, et elle n'a certainement pas fini de faire réagir... Le commentaire du président de Brosses à son sujet est élégant. Elendil a écrit :
Tout cela, il faut bien le reconnaître, est a priori assez contre-intuitif, d'où mon propre scepticisme exprimé naguère en ces lieux :
L'instant figé dans cette scène incite à la fois à y voir un crime et une mort imminente, compte tenu de tous les éléments présents et de la composition générale : l'homme à demi-nu est un personnage central, le plus éclairé, dont la présence domine assez largement tout le reste, qui tient fermement l'épée d'une main, et de l'autre main le bras de Matthieu levé dans un geste plutôt d'opposition, à moins que le martyr ne soit sur le point de saisir la palme tendue par l'ange...
Pour autant, je tiens compte du contexte politico-religieux que Silmo nous a justement rappelé, plusieurs fois depuis 2020. Le Caravage a vécu une vie tourmentée, à une époque qui ne l'était pas moins, celle de la Contre-Réforme, dans une société fortement hiérarchisée et intolérante, ce que montre bien du reste, à mon avis, le récent film Caravage (L'Ombra di Caravaggio) de Michele Placido, un bon long métrage que j'avais vu au cinéma l'année dernière et dont j'avais dit quelques mots dans un autre fuseau, parmi quelques autres évocations cinématographiques : Sachant donc le contexte, et en particulier les contraintes liés au commanditaire du tableau, et en tenant compte aussi des autres éléments exposés en ces lieux, j'en suis venu, déductivement, à adopter une lecture hitchcockienne de l'œuvre, en songeant en particulier à un passage d'un des chefs-d'œuvre du maître du suspense, La Mort aux trousses (North by Northwest ; 1959) : une célèbre scène de meurtre commis devant de nombreux témoins (évènement équivoque pour ceux-ci mais pas pour le spectateur, qui connait le contexte) se déroulant au siège de l'O.N.U. à New York...
Dans le cas de l'homme à l'épée au centre du tableau de/du Caravage, comme dans celui du personnage joué par Cary Grant, vu et photographié malgré lui avec un couteau de meurtrier, n'aurions-nous pas affaire à cette figure récurrente du cinéma de Hitchcock qu'est le faux coupable ? J'aurai finalement tendance à le penser... À l'époque de mon séjour à Rome, bien qu'ayant eu l'occasion de me promener dans le parc de la Villa Borghèse, je n'avais pas pu visiter la collection de la Galerie Borghèse. Plus de 22 ans après, le musée Jacquemart-André m'a donné l'occasion, le mois dernier, de me rattraper partiellement en proposant à Paris une exposition rassemblant une sélection d'œuvres de cette prestigieuse collection romaine, notamment celles-ci, entre autres :
S'agissant de ce dernier tableau, j'ai remarqué, entre autres détails, un chardonneret élégant (Carduelis carduelis) se trouvant aux pieds de Léda (ou Lêda, comme l'écrivait Pierre Louÿs).
Je ne sais pas si cet oiseau figurait déjà dans le tableau original, mais il est en tout cas souvent présent dans la peinture occidentale des XVIe et XVIIe siècles, et le fait qu'il soit connu pour être un symbole annonciateur de la Passion du Christ rend sa présence peut-être un petit peu mystérieuse, dans un tableau au sujet emprunté à la mythologie grecque... L'exposition « Chefs-d'œuvre de la Galerie Borghèse », au musée Jacquemart-André, a lieu depuis le 6 septembre dernier jusqu'au 5 janvier 2025. À noter que la prochaine exposition dans ce beau musée parisien sera consacrée, l'année prochaine, à... Artemisia Gentileschi. Silmo a écrit :
Effectivement, le débat n'est pas clos, mais que n'a-t-on pas dit, déjà, sur ce tableau découvert dans un grenier de la région toulousaine... ^^' Lorsqu'il avait été présenté au public en 2019, à l'hôtel des ventes de Saint-Aubin à Toulouse, je n'avais pas pu aller le voir (pas assez de créneaux horaires et, surtout, trop de monde). Néanmoins, d'après les informations disponibles, j'en étais resté à mon hypothèse d'un travail à quatre mains, peut-être commencé par Caravage et terminé par Finson, mais apparemment les experts préfèrent d'autres possibilités, attribuant le tableau soit à l'un, soit à l'autre peintre... Il y en aurait, des choses à dire, sur ces expertises... S'agissant de ce « Caravage de Toulouse », je me souviens que le commissaire-priseur chargé de la vente en avait fait des giga-tonnes à l'époque (c'est un métier, me diras-tu)... Finalement vendu de gré à gré à un collectionneur américain pour 110 millions de dollars, au lieu de faire l'objet d'une vente aux enchères comme c'était prévu, ce tableau a depuis disparu de la circulation... comme ce douteux Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci, que s'était offert en 2017 le prince héritier d'Arabie saoudite pour 400 millions de dollars, et qui demeure invisible depuis (peut-être parce qu'il ne valait pas le prix payé, tout compte fait ?). Ceci étant dit, j'avais appris, il y a trois ans, que ce Judith et Holopherne de Toulouse faisait l'objet d'une restauration au Metropolitan Museum of Art de New York... Silmo a écrit :
Il peut y avoir bien des façons d'établir un rapport avec Tolkien, si l'on y tient, même quand on parle du Louvre (j'en reparlerai peut-être)... ;-) Silmo a écrit :
C'est depuis longtemps de notoriété publique, cher François, en tout cas en ces lieux. ;-) Je reviendrai reparler du Louvre, des natures mortes, etc., plus tard, en espérant, pour ma part, ne pas avoir été trop long avec ce présent message... Amicalement, B. [EDIT: correction de fautes et coquilles] |
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Je suis toujours long à la détente pour répondre. Benjamin,
Eglises romaines, je ne suis pas hyper fan de l'Eglise du Gesù et un peu déçu par le spectacle de 17h00 (ou 17h30) racontant la biographie de Saint Ignace en son et lumière avec l'apothéose du grand tableau qui s'abaisse pour découvrir la sculpture en argent du saint. La coupole par Andréa Pozzo me plait moins que la voute en berceau spectaculaire du même artiste à l'église Saint-Ignace de Rome, apothéose de Saint-Ignace.
(église dont il ne faut pas louper la place (Piazza Sant'Ignacio) concue comme une scène de théâtre avec entrées et sorties...
De Bernin, je crois avoir vu une majorité des oeuvres accessibles en Europe sauf en Angleterre mais sacrebleu, cher Benjamin, il te faut absolument, impérativement visiter la Galerie Borghese à Rome (compliquée : réservation obligatoire pour deux heures maxi dont une seule heure dans la galerie de peintures - je recommande de réserver une visite le matin de 10h00 à midi, puis aller déjeuner alentour et réserver une seconde visite l'après-midi. Tous les principaux chefs-d'oeuvre du Bernin y sont : "Enée, Anchise et Ascagne" (sculpté à 22 ans avec son père), "l'Enlèvement de Prosperpine" si sensuel (voir le détail de la main de Pluton sur la cuisse de Proserpine et le terrifiant Cerbère), le chef oeuvre absolu "Apollon et Daphné" taillé dans un seul bloc de marbre, jusqu'aux minces feuilles de laurier au bout des mains de la nymphe), le "David" au mouvement inspiré par le Gladiateur Borghèse... lecture recommandée : Bernin aux éditions Phaidon. 2005 en français, 1990 en italien, multiples éditions anglaises régulièrement réviséées de 1955 à 2007. S.
PS : Ayant déjà évoqué pour Saint-Louis-des-Français le lien franco-italien avec la conversion d'Henri IV au catholicisme et puisque tu as évoqué ta visite à Saint-Jean-de-Latran, j'espère que tu y as vu la statue d'Henri IV et la dédicace faisant des chefs d'Etat français des Chanoines du Latran :-) sous le portique du transept droit, mentionnant l'attribution du titre de chanoine d'honneur aux rois de France, puis de la royauté à la République, la tradition subsiste mais tous les présidents ne s'y rendent pas. PPS : je n'aurais pas fait le lien avec Hitchcock et "La Mort aux Trousses" mais le hasard étant parfois facétieux, figure-toi que si tu vas à Rome visiter la galerie Borghèse et que tu fais une pause déjeuner, il y a dans les jardins Borghèse au dessus de la Piazza del Popolo, un restaurant dont l'un des serveurs est le parfait portrait jumeau du maître du Suspens et qui prétend volontiers être un fils caché (Hitchcock ayant souvent séjourné en Italie, why not? et peut-être aurait-il visité les Caravage de Saint-Louis-des Français avant de tourner la Mort aux Trousses, ce serait amusant). PPSS: il faut que je retrouve le fuseau dans lequel je faisais part de mes sujets d'examen à l'Ecole du Louvre car la liste était loin d'être complète, si ça vous intéresse de savoir les thèmes et images sur lesquels on était interrogés. PPPS: j'ai du cliquer sur un mauvais bouton car le forum ne me comprend plus en français (tous les mots sont fautifs, comme si j'écrivais en anglais... Grrrr on est tout de même sur jrrVF) :8 |
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Hyarion a écrit :
Film intéressant et effectivement bien documenté avec des images de qualité. Je suggère aussi "Le Caravage, un génie en fuite" par Renato Mazzolli (2013), documentaire hélas devenu hors de prix ce qui n'était pas le cas à sa sortie (aujourd'hui sur Rakuten, d'occase - comme neuf à 85 € - et neuf à 254 € - je ne l'avais acheté que pour moins de 15 euros)... je vais peut-être le numériser et le revendre :-) Moins cher sur Amazon ou E-bay sans faire de pub. Je ne recommande pas "Caravage et moi" de Steve McLean (film homoérotique anglais au 20ème s. sans grand intérêt).
Pas plus le chapitre "Caravage" de la série Palette n° 4 'Mystères sacrés' à propos du cycle de la Chapelle Contarelli et qui me semble à côté de la plaque dans l'identification du jeune Mathieu, le confondant avec le vieux barbu (sujet déjà évoqué en ces lieux). Silmo
ps: de toute façon, je n'aime ni Bartabas, ni les cheveaux "inconfortables au milieu et dangeureux aux deux bouts" selon les Anglais
pps: pour Caravage, l'oeuvre complet chez Taschen ? grand, très grand catalogue bien illustré (si la famille cherche des idées de cadeau pour Noël) |
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On y revient encore et toujours, puisque heureusement, il y a en ces lieux des amateurs de Rome et du Caravage et des Caravagesques. On sait que tout bon pèlerin français arrivait par le nord, donc piazza del Popolo, les plus fervents allant d'abord à Saint-Louis des Français voir le cycle de Saint Mathieu du Caravage dans la Chapelle Contarelli de Saint-Louis des Français, on en a déjà parlé ici... (faudrait que je retrouve le lien) et j'en redirai encore un mot plus tard ainsi que d'une autre œuvre...
Les voyageurs qui s'attardaient à l'arrivée de la place del Popolo pouvaient admirer dans la basilique de l'entrée Nord-Est, aux pieds des jardins Borghese du Pincio, deux Caravage dans la Basilique Santa Maria del Popolo (le "Martyr de Saint-Pierre" et "la Conversion de Saint-Paul", des sculptures splendides du Bernin ornant la "chapelle Chigi de Raphaêl ("Vierge de Lorette" du musée Condé à Chantilly et "portrait de Jules II" à Londres) et l'"Assomption d'Annibale Carrache... Vous aurez bien plus de détails sur Wiki car ce n'est pas mon sujet aujourd'hui. On traverse la place en négligeant l'obélisque appelé aussi obelisco Flaminio (il marque le début de la Via Flaminia), qui est l'un des premiers obélisques égyptiens transportés à Rome. Il est en granite rouge d'Assouan ; il mesure 23,30 m et pèse 235 t. (à wikipédier aussi)
Et oui, car il faut arriver côté sud, le plus oublié de la place d'où démarre le Tridente (le Trident): les trois rues partant vers l'est, le sud et l'ouest : Via di Ripetta vers la place d'Espagne, Via del Corso au centre et Via del Babuino direction ouest. Et après cette longue géolocalisation d'introduction, le sujet du jour :
Entre la Via del Babuino et le Corso, côté Ouest, l'église Santa Maria Dei Miracoli dont on parlera un jour si besoin. photo très très très très mauvaise d'un "repas chez Emmaüs" par Riccardo tommasi Ferroni (1934-2000), un ultime caravagesque à gougueuler pour voir d'autres œuvres. "Les pélerins d'Emmausé de l'église Montesanto, tout y est : le clair-obscur, le Christ bénissant, les personnages vêtus à l'antique, à la Renaissance ou très modernes (le gamin au 1er plan est en jeans et baskets) Le thème version Caravage (celui de Londres ou celui de Milan) a beaucoup inspiré Ferroni (copies, analyses, etc) Un détail, un peu meilleur... Si vous trouvez mieux en ligne ou si à l'occasion d'un voyage, d'un we à Rome, une photo HD m'intéresse. Il n'y a pas que le style ou la forme mais l'esprit de Merisi : la conversion ou assister au miracle quelle que soit l'époque ou la génération. Très belle oeuvre; Excellent peintre. S. |
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Les deux photos ne rendent absolument pas justice à cette peinture, mais je trouve que représenter une scène comme celle-ci, dans ce style et avec un tel mélange de costumes témoigne d'une vraie audace de la part de Ferroni. Et d'un talent impressionnant, car les deux disciples s'intègrent parfaitement à la scène, et l'on ne réalise la modernité de leurs vêtements qu'après coup. A la limite, c'est presque le papier journal qui couvre la table qu'on repère en premier. Faudra que j'aille la voir la prochaine fois que je retournerai à Rome (c'est-à-dire sans doute pas avant quelques années). E. |
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Ce sera, c'est quasi certain, mon premier voyage de retraité à la fin de l'été 2027 ;)n tournée des basiliques et des reliques (ça, c'est une marotte). PS : pour la mauvaise qualité des images et si elles sont rarissimes sur la toile (le net, hein, pas le tableau :) ) c'est en raison du droit d'auteur italien quasi identique au droit français (grosso modo 70 ans posthume pour la gratuité avec quelques nuances). Dans le cas présent, pas besoin de passer par une société de perception de droits d'auteur car on peut considérer les deux vignettes comme de simples citations et non des reproductions, d'autant qu'elles contribuent positivement à la notoriété du peintre. Todo va bene. S. |
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Fin de l'été 2027 ? J'avoue que ça me donnerait envie de me synchroniser pour avoir le plaisir de te voir, surtout dans cette ville-là. :) E. |
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Why not, si mes jambes me le permettent alors (évolution d'une ostéoporose héréditaire). |
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Cher Silmo
Comme d'habitude, merci pour cette visite virtuelle :). Pour l'évocation de Santa Maria del Popolo et ensuite de Saint Louis des Français, c'était en 2020 dans ce fuseau même ; déjà...
S. |
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Merci Sosryko |
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Elendil a écrit :
C'est pour cette raison et d'autres (position des personnages, geste du bras tendu, ...) que je le le range dans les derniers caravagesques; Le cycle de Saint-Matthieu de Saint-Louis-des-Français à Rome mélange déjà le Christ et Saint-Pierre vêtus à l'antique, venant convertir un groupe de personnages, dont Matthieu, habillés en vêtements du 16èùe siècle. Je qualifie donc Ferroni de caravagesque du 20e s. parce que le converti en jean et débardeur est un jeune contemporain du 20e siècle qui entend l'appel du Christ (cette fois-ci dans un geste différent, celui des Pèlerins d’Emmaüs -tableaux de Londres et de Milan, de mémoire où les bras tendus diffèrent). |
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Elendil a écrit :
C'est une des raisons pour lesquelles Caravage fut l'un des plus novateurs de son temps, l'idée étant que le Christ (vêtu à l'antique) appelle toutes les époques à la conversion : vêtues 16eme siècle par Caravage, 20eme siècle par Ferroni, appel du jeune Matthieu comme apôtre et futur évangéliste dans la chapelle Contarelli mais aussi chapelle dédiée aux français par un cardinal ambassadeur ayant œuvré à la conversion d'Henri IV du protestantisme au catholicisme romain pour être reconnu roi très Chrétien. Et Ferroni l'imite (dans le thème et la gestuelle) pour la conversion des jeunes du 20eme s. |
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Depuis l'automne dernier, sur X (ex-Twitter), le romancier Benjamin Randow partage des extraits du monumental Journal intégral – donc non expurgé – de Julien Green (1900-1998), publié en plusieurs tomes dans la collection Bouquins de chez Robert Laffont, sous le titre Toute ma vie. Ce ne sont que des extraits, mais ils témoignent déjà assez, à mes yeux, de la grande valeur de cette œuvre, que ce soit sur le plan littéraire ou sur le plan historique. Dans ce journal tenu de 1919 à sa mort, Green y apparaît tel qu'il fut, avec ses défauts (réels), ses qualités (réelles aussi), son regard sur sa vie – intellectuelle, littéraire, sentimentale, spirituelle, sexuelle... –, ses proches (son compagnon journaliste, sa sœur...) et le monde comme il l'a connu au XXe siècle, le tout exprimé avec une sincérité parfois potentiellement dérangeante. Certes, sans surprise, une large part de son horizon ne me parle pas – c'est notamment, je crois, inévitable quand on ne partage pas la même orientation sexuelle (que l'on ne choisit pas), et/ou que l'on ne partage pas un rapport similaire à la religion (que l'on choisit ou du moins que l'on devrait librement pouvoir choisir) –, mais l'essentiel est ailleurs, Green ayant été, à divers moments, un fin observateur de la nature humaine, notamment dans le contexte politique et social, pour le moins chargé, de l'entre-deux guerres, de la Deuxième guerre mondiale et des lendemains de celle-ci. Écrivain américain d'expression française, né et mort à Paris, Julien Green aima profondément la France, ce qui transparaît d'autant plus durant la période du deuxième conflit mondial, qu'il vécut réfugié aux États-Unis dans un sentiment d'exil et avec la conviction que la France était avec Charles de Gaulle (ses sentiments francophiles étaient sans doute devenus un peu différents dans les toutes dernières années de sa vie, Green ayant notamment indiqué en 1996, à Maurice Druon, secrétaire perpétuel de l'Académie française dont il était membre depuis 1971 – élu au fauteuil de François Mauriac –, qu'il se sentait, désormais, « américain, exclusivement » et voulait quitter l'institution... mais cela sans pour autant quitter Paris). Je me permets de partager ici quelques extraits du Journal intégral, où il est en particulier question de tableaux vus par l'écrivain dans des musées, à Paris – au Louvre ou lors d'une exposition sur Manet au musée de l'Orangerie – et ailleurs en France, dans les années 1930 : Je vais au Louvre presque tous les jours depuis plusieurs années ; je n’y ai jamais rencontré personne de connaissance. Julien Green, Journal, dimanche 25 octobre 1931. Nous allons regarder les Manet [au musée de l'Orangerie]. Cette grande virtuosité me gêne. Le groupe des mendiants me semble une chose d’atelier qui n’a de réalité nulle part, ni dans le monde réel, ni dans le monde imaginaire. Admiré le torero mort et surtout le portrait de la jeune veuve au regard fixe et mystérieux [?]. Je reproche à Manet son élégance, cet air d’homme du monde qu’il a en peignant, une espèce de négligé de bon ton, et un manque de sérieux, oui, une sorte de frivolité ; même dans Le Balcon dont la beauté m’atteint directement. Julien Green, Journal, 23 juin 1932.
Après déjeuner, nous sommes allés au Louvre. [André] Gide voulait voir la Descente de croix de l’église de Nouans. Je le pilote, car sans moi il se perdrait infailliblement. Il y a si longtemps qu’il n’a mis les pieds au Louvre qu’il ne sait pas même qu’on n’y entre qu’avec un ticket. C’est Malraux qui lui a parlé de la Descente de croix. Gide lui préfère la Pietà d’Avignon, va de l’une à l’autre pour les comparer. Je le mène devant le portrait de l’inconnu en chaperon noir qui mange du pain et tient à la main un couteau de cuisine. Gide le connaît, l’aime beaucoup. Il me regarde furtivement avec cette expression curieuse qu’il a toujours quand il va me dire quelque chose qui me concerne – une expression presque gênée – et il laisse tomber : « Si vous aviez été peintre, vous auriez peint des portraits, Green. » Et il s’éclaircit la voix. Je le mène ensuite devant les Caravage dont il ne se souvenait pas bien. Dans le portrait d’Alof de Wignacourt, le page de ce guerrier barbu retient un instant sa curiosité. Nous bavardons gaiement et nous quittons dans les meilleurs termes. Julien Green, Journal, 22 septembre 1933.
En arrivant à Nantes, nous sommes restés confondus de la laideur de cette ville, plus laide que les plus noirs quartiers de Paris. Un autobus partait vingt minutes plus tard pour Angers. Nous l’avons pris. Arrivés à Angers vers 8 heures et demie du soir. Très beau voyage le long de la Loire jusqu’aux Ponts-de-Cé. Dormi dans un hôtel près des jardins de la préfecture. Le lendemain matin au logis Pincé, petit musée où il y a beaucoup de bric-à-brac et quelques belles choses. Une toile de Watteau. Groupe de soldats sur un fond orageux. Les hommes vêtus de jaune clair, la terre livide, le ciel d’un gris-bleu qui tourne au noir. Deux petites toiles d’Ingres, une odalisque et un Paolo et Francesca. Francesca paraît de glace, mais Paolo est un agréable jeune homme, un peu efféminé, qui tend un cou interminable vers sa maîtresse et colle sa bouche contre la joue de celle-ci. Il a l’air de boire, de sucer. Les caprices de Goya. Je ne les connaissais pas tous. Ils m’ont profondément ému. Surtout Jusqu’à la mort. Et Où va maman ? et De quelle maladie va-t-il mourir ?, et tous. Quel romancier merveilleux ! Une mauvaise peinture représentant un admirable garçon, sicilien, je pense, l’œil sauvage et doux à la fois, le teint chaud, le cou brun, musclé, offert aux baisers. Julien Green, Journal, 29 août 1934.
En ce qui concerne le Paolo et Francesca du maître Ingres, Francesca ne me parait pas « de glace » contrairement à l'avis de Green, et il y a ce livre qui tombe... Je rajoute un passage du Journal datant de l'immédiat après-guerre (1946), Green étant alors revenu vivre à Paris. Hier le père [Marie-Alain] Couturier à déjeuner. Je lui ai montré des photographies de tableaux, je lui fais remarquer, à propos du Narcisse de Poussin, que les jambes vues par les peintres du XVII° siècle n'avaient pas la forme qu'elles avaient aux siècles précédents et qu'elles eurent plus tard, par exemple au moment où peignait David. André David me disait l'autre soir qu'on avait conservé au Français les costumes de l'époque de Molière et que les costumes d'hommes indiquaient très nettement que les hommes du XVII° siècle avaient les épaules tombantes comme les femmes. Les épaules du Narcisse de Poussin sont, selon moi, idéalisées et vues comme des épaules grecques. Il y a un style anatomique et qui ne tient pas seulement à la manière du peintre ou du sculpteur. L'élève Bayard qui posa pour le Romulus de L'Enlèvement des Sabines n'était pas fait comme les hommes de Puget. Plus frappante encore la différence entre les visages d'une époque et ceux d'une autre. Cependant, on voit en France des têtes du Moyen Âge, d'autres qui ne s'expliquent, qui ne prennent tout leur sens que si on les coiffe, par l'esprit, d'une perruque Louis XIV, mais il m'a toujours semblé que le type dominant est celui du XVIII° siècle, alors que je ne puis voir un Allemand sans penser tantôt aux statues de la cathédrale de Naumburg, tantôt à certains portraits de Dürer (celui de Bernhard von Reesen, à Dresde, ou celui de l'inconnu qu'on appelle le tailleur Fabbri de Dürer). Julien Green, Journal, 2 janvier 1946.
Jacques-Louis David a fait l'objet tout récemment d'une belle rétrospective au Louvre, du 15 octobre 2025 au 26 janvier 2026 (j'ai bien fait de ne pas trop tarder pour aller la voir, dès fin octobre, car le dernier jour en janvier, l'expo en question ne fut pas accessible en raison d'une grève – par ailleurs justifiée – du personnel du musée). S'agissant du modèle pour le Romulus des Sabines, sauf erreur de ma part, je crois me souvenir que David lui-même avait indiqué une autre personne que celle indiquée par Green, bien que l'élève Bayard ait effectivement été mentionné ultérieurement comme tel dans la biographie critique de David par Charles Saunier... Toutes les œuvres mentionnées par Green ne sont pas identifiées, mais j'invite les esprits curieux à essayer de compléter ce qui peut l'être. Et si quelqu'un a, par ailleurs, un avis concernant le chardonneret aux pieds de Léda (dans un certain tableau de la collection de la Galerie Borghèse à Rome) dont j'avais parlé, ici même, vers la fin de mon précédent message du 14 novembre 2024, je reste intéressé. ^^
Amicalement, B.
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J(ai fait toutes mes études (diplômé supérieur de l'E |
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Bonjour à tous, Nous avons profité des vacances pour visiter le musée de minéralogie de l’École des Mines de Paris. Je vous entends penser « mais quel rapport avec Tolkien ? » : un peu de patience... En ce moment, le street artist Codex Urbanus est l’invité du musée. Codex Urbanus est connu pour les chimères qu’il dessine sur les murs de Montmartre, voici un exemple issu de https://www.montmartre-secret.com/2022/1...artre.html)
Je partage quelques photos (dont vous excuserez la mauvaise qualité, mais c’est pris au travers d’une vitre avec un vieux téléphone). Attention si vous allez faire une visite, la collection de cryptominéralogie est cachée ! Par ailleurs, parmi les créatures peuplant le musée, il s’en trouve une qui n’est pas sortie de l’imagination de Codex Urbanus, puisqu’il s’agit de Cthulu, notre ami à tous. On le trouve dessiné : - sur un panneau (la légende indique Cthulu hex., « hex » signifie hexagonal, l’un des différents systèmes cristallins possibles) ;
Un dernier partage, là encore un dessin sur une pierre, qui m’évoque le monde de Tolkien (les montures des Nazgûls volant autour de Barad-Dûr ?).
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(« Note de service ») Hum... Si je puis me permettre et avant d'aller éventuellement plus loin, entre François qui ne termine pas toujours ses messages et JR qui lui attribue des propos qui sont miens... je crois que l'on va peut-être finir par ne plus trop comprendre ce qui se passe sur ce fuseau... ^^' Merci d'avance de corriger ce qui peut l'être... Amicalement, :-) B. (P.S. : j'aurai pu envoyer des courriels, mais à vrai dire, je ne sais pas si les adresses sont toujours bonnes...) [EDIT (18h24): correction de faute (« ses messages » et non « ces messages », évidemment)] |
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Isengar a écrit :
Non, la nature des pierres décorées n’était pas indiquée. Idem pour les cristaux ou minerais de la collection de cryptominéralogie. Je pense que l’Arkenstone est une opale et le Verredragon de l’obsidienne, mais pour le reste… |
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Hyarion a écrit :
Mwarf ! autant pour moi. I. |
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Merci, cher JR. :-) ISENGAR a écrit :
Il y a souvent une dimension mystérieuse dans les tableaux de Watteau, que son ami Jean de Jullienne a tous fait graver après la mort précoce de l'artiste, ce qui permet d'en connaître plusieurs aujourd'hui disparus. Merci Isengar d'avoir retrouvé la gravure correspondant au tableau ici en question, précédemment évoqué. Dans un chapitre de son recueil Palettes consacré à une des plus célèbres œuvres de Watteau, Le Pèlerinage à l'île de Cythère (tableau dont il existe deux versions, l'une d'elle étant conservée au Louvre), Alain Jaubert rappelle que « Watteau remplissait des carnets de dessins croqués sur le vif » et que « pour composer ses tableaux, il y puisait ensuite personnages, costumes ou éléments de décors ». Cela peut donner une idée de la façon dont le tableau des Recrues rejoignant un régiment a pu être conçu. S'agissant du contexte militaire de l'époque auquel le sujet du tableau peut renvoyer, plus ou moins directement, c'est sans doute celui de la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) ou bien celui de la guerre de la Quadruple-Alliance (1718-1720) qui en fut un prolongement partiel sous la Régence de Philippe d'Orléans (la France s'étant notamment alors, pour une fois dans le siècle, alliée à la Grande-Bretagne contre l'Espagne). Sauf erreur de ma part, les vers accompagnant la gravure semblent laisser entendre que, comme leurs dos courbés le laissent bien paraître, si les soldats (recrutés possiblement par quelque entourloupe en effet) sont assurément fatigués de leur voyage pour rejoindre leur régiment, leur compagnie pourra se révéler encombrante et coûteuse lorsqu'ils se feront héberger au prochain village sur leur route... Beruthiel a écrit :
Merci pour ce compte-rendu Beruthiel, ainsi que pour les photos. Beruthiel a écrit :
Plus que jamais, peut-être. Parfois, quand j'examine l'actualité vis-à-vis du monde comme il va avec toute sa dimension délirante, j'en viens à me dire qu'au point où l'on en est, il faudrait peut-être que Cthulhu se décide à se réveiller pour venir mettre bon ordre dans tout ça... ^^' Bonne (fin de) nuit à tous. Amicalement, B.
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P.S. : au coup où cela intéresserait quelqu'un, le recueil d'Alain Jaubert Palettes, regroupant une sélection de textes tirés de l'ancienne émission télévisée du même nom, a été publié en format poche chez Folio. B. |
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Bonjour à tous, Petit compte-rendu d’une nouvelle visite d’exposition, cette fois-ci directement liée à Tolkien. Il s’agit de : « Cartes Imaginaires, inventer des mondes » à la BNF (pôle François Mitterrand). L’exposition présente d’abord de vieilles cartes faisant apparaître des créatures fantastiques ou des lieux légendaires. Voici par exemple un détail d’une carte du monde septentrional, réalisée par Olaus Magnus au XVIe (c’est un scan du catalogue de l’exposition, une photo n’aurait rien donné). On peut voir la légendaire Thulé, ici nommée « Tile » et moult monstres marins. Cette carte me fascine ! Olaus Magnus, Carta marina et descriptio septemtrionalium terrarum Vous trouverez ici la carte complète en moins bonne résolution. Il y a aussi des cartes venues d’Asie, plus surprenantes, comme cette carte birmane.
Puis sont présentées les cartes des mondes imaginés par des écrivains. Tolkien est évidemment à l’honneur avec trois documents prêtés par la Bodleian Library: la carte de Thrór (MS. Tolkien drawings 34), une carte sur papier millimétré du Rohan, Gondor et Mordor (MS. Tolkien drawings 126), une carte de la Terre du Milieu annotée par Tolkien et Pauline Baynes ( MS. Tolkien drawings 132). Ces trois documents avaient déjà été présentés à la BNF lors de l’exposition Tolkien, Voyage en Terre du Milieu. On peut distinguer une inscription de Tolkien au dessus de « Bay of Belfalas ». C’est une indication pour Pauline Baynes précisant que les navires du Gondor doivent être de couleur noire et argent. Je crois deviner le « black » écrit au dessus de « the ». Voici enfin la carte de Pauline Baynes, suivant les indications fournies par Tolkien, en particulier sur la couleur des voiles. On peut aussi voir des cartes associées aux œuvres de beaucoup d’autres écrivains : Thomas Hardy, William Morris, Kenneth Grahame, Jules Verne (avec en particulier une carte de l'asie annotée),Robert Louis Stevenson, Ursula Le Guin… Plus inattendu : un croquis de Marcel Proust représentant la ligne de train vers Balbec ! Une dernière partie de l’exposition est consacrée à la manière dont des artistes contemporains se sont appropriés le thème de la carte. C’est une exposition très riche. Il y avait malheureusement trop de monde quand nous y sommes allés, ce qui est critique quand il s’agit de regarder des documents de petites tailles pleins de détails. C’est la raison pour laquelle j’ai acheté le catalogue, n’ayant pas pu examiner les choses convenablement pendant la visite. Vous pouvez trouver plein d’images de l’exposition ici.
Amicalement, |
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Merci beaucoup pour ce reportage ! :)
A propos de la carte annotée, il y a une belle page d'explications détaillées sur Tolkiendil : I. |
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Merci pour le lien, Isengar ! |
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Merci pour ce nouveau compte-rendu, Beruthiel. :-) Beruthiel a écrit :
Voilà déjà de quoi me rappeler de vieux souvenirs, ceux de ma visite, déjà à la BnF, d'une exposition que j'étais allé voir en 2005, intitulée « La Mer, terreur et fascination » et à laquelle j'avais d'ailleurs fait allusion en 2019 dans mon compte-rendu de visite de l'exposition sur Tolkien, dans le fuseau dédié. La BnF avait alors déjà inclu, dans les pièces exposées, des cartes et illustrations marines du XVIe siècle avec monstres telles que celle de l'ouvrage d'Olaus Magnus que tu évoques dans ton compte-rendu, et notamment certaines qui, semble-t-il, à te lire, faisaient également partie de la sélection actuellement exposée, plus de vingt ans après (il y a pu y avoir d'autres occasions de présentation au public entre-temps, mais toujours est-il que le temps passe ! ^^'). J'avais vu celles-ci, à l'époque :
Ces représentations anciennes d'animaux fantastiques géants des mers, y compris celles d'Olaus Magnus mais surtout celles extraites de la Cosmographie de Münster, m'avaient alors rappelé des souvenirs d'enfance... parce que j'avais reconnu les monstres marins, ou du moins une partie d'entre-eux, d'après certaines lectures de jeunesse, notamment celle d'un album de la collection « Mythes et légendes » chez Hachette, Les Animaux fantastiques (1991) de Claude-Catherine Ragache, avec des illustrations de Marcel Laverdet, lequel ayant notamment donné vie, en peinture à l'acrylique pour cet ouvrage, à certaines de ces créatures géantes : le Ziph (à bec), le serpent de mer, le calmar géant, l'écrevisse géante, et le Trolual ou « Baleine diabolique ». Autant pour les récits que pour les illustrations de Laverdet, j'aimais beaucoup cet album, que j'emmenais souvent avec moi en déplacement. Dommage qu'il ne soit plus réédité depuis les années 1990, car comme le reste de la série « Mythes et légendes », à mon humble avis, il peut encore très bien se lire pour de jeunes lecteurs. Son contenu a été réédité pour la dernière fois dans une compilation de plusieurs albums de la série sous le titre Les plus belles légendes du monde (Hachette, 2001), mais l'album original de 1991 (comme au moins certains autres) peut se trouver facilement en occasion. Laverdet n'a pas illustré tous les albums de la série, mais son travail d'illustrateur de pages intérieures et/ou de couvertures a largement contribué, de mon point de vue, à l'intérêt et à l'attractivité de la collection. Beruthiel a écrit :
Sauf erreur de ma part, de mémoire, il me semble que cette carte finale faisait aussi partie de l'exposition sur Tolkien. D'où provient-elle déjà, s'agissant du lieu de conservation ? Si je l'ai su, je ne m'en souviens plus, et le catalogue de l'expo de 2019 est encore au fond d'une de mes caisses de déménagement... Beruthiel a écrit :
Je connaissais notamment la carte de Morris (déjà évoquée naguère quelque part en ces lieux, si je me souviens bien), mais pas ce croquis de travail de Proust ! Il est interessant aussi de voir qu'une carte a été conçue pour accompagner l'œuvre romanesque de Thomas Hardy, qui est un peu l'équivalent britannique d'Émile Zola en matière de littérature naturaliste du XIXe siècle. J'ai vu en ligne qu'apparemment une carte illustrant une des Histoires comme ça de Rudyard Kipling faisait également partie des pièces exposées. Je vois que tu ne mentionnes pas Robert E. Howard, mais tu m'y fais cependant penser, tout-à-coup. Il se trouve qu'au tout début de l'automne dernier, j'ai été sollicité pour des renseignements précis à propos de la carte du monde secondaire de Conan, sachant qu'il en existe trois dessinées par Howard : deux en 1932, à l'époque de la création du personnage de Conan, et une en 1936, pour accompagner une lettre à destination d'admirateurs. Est-ce que, par hasard, le catalogue de l'actuelle exposition de la BnF mentionnerait cela quelque-part ? Je pose la question au cas où, ne sachant pas exactement pourquoi ces renseignements m'ont été demandés il y a quelques mois (je suis rarement sollicité)... Amicalement, B. |
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Hyarion a écrit :
Je ne m’en souvenais plus mais il y avait effectivement la carte de Pauline Baynes à l’exposition de 2019. Elle n’est pas reproduite dans le catalogue mais la référence est donnée. -exposition de 2019 : Pauline Baynes, « Carte de la Terre du Milieu » (poster), 1969, Aquarelle, crayon, 76,5 x 54 cm, Bodleian Library, MS Tolkien Drawings 100 - exposition de 2026 : Pauline Baynes, A Map of Middle-Earth, S.I. George Allen & Unwin, Ltd,1969-1970, 92 x 61 cm, BNF, Cartes et Plans, GE C-26889 Si je comprends bien, en 2019, c’était le dessin original. Hyarion a écrit :
Les cartes que tu mentionnes (« Islandia » et « Les monstres marins... » ) sont bien présentées à l’exposition. Je ne connaissais pas la collection « Mythes et Légendes » de Hachette. Marcel Laverdet semble avoir fait du bon travail ! Hyarion a écrit :
Il est question dans l’exposition de beaucoup d’autres auteurs que ceux dont j'ai parlé dont Kipling effectivement (et aussi Zola que tu évoquais), mais pas de présentation de carte liée à l’univers de Howard. Il était peut-être mentionné dans un panneau explicatif que je n’aurais pas lu (j’étais un peu pressée par Fiston…). Mais on parle effectivement de lui dans le catalogue, dans la section intitulée «Mondes secondaires et représentations cartographiques », écrite par Anne Besson. Elle décrit William Morris comme le pionnier des créateurs de mondes secondaires, « coupant tout lien avec le monde réel », celui qui a créé « l’archétype de nos cartes de fantasy ». Elle écrit ensuite : Dès lors, ce que l’on appelle aujourd’hui le worldbuilding, la conception de mondes imaginaires, ne fera plus guère l’économie de telles cartes : la création de ces lieux alternatifs, dont la cohérence, la consistance, le niveau de détails, doivent sembler rivaliser avec le monde actuel aux yeux du public, a pour corollaire immédiat une « géographie imaginaire » au sens que lui donne Pierre Jourde, c’est-à-dire un espace vaste et un ensemble de toponymes formant système, complètement autonome par rapport aux connaissances de l’époque. C’est ainsi pour prendre son indépendance par rapport aux contraintes historiques que Robert E. Howard conçoit, dans les années 1930, l’Âge hyborien, dans une très ancienne préhistoire légendaire, et la géographie de ses peuples et nations, Hyperborée, Aquilonie, Némédie, où évolue son héros Conan le Cimmérien. À la même époque, de l’autre côté de l’Atlantique, Tolkien écrit Le Hobbit (1937) et y place la fameuse carte de Thrór... Mais Anne Besson ne parle pas de carte.
Amicalement, |
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Merci pour ta réponse avec toutes tes précisions, Beruthiel. :-) Beruthiel a écrit :
Le travail de Laverdet pour cette collection me parait effectivement très évocateur. On pourra peut-être en reparler à l'occasion. Beruthiel a écrit :
Il se trouve que l'on m'avait précisément contacté parce que Anne disait avoir cherché sans succès des informations précises sur la carte du monde secondaire de Conan. J'avais transmis les informations en question à l'intermédiaire qui m'avait écrit et qui a rapidement transmis, mais peut-être, entre autres explications possibles, était-ce déjà trop tard par rapport aux délais de rédaction pour le catalogue d'exposition... Amicalement, B. |








































