sosryko
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A la suite de Beruthiel : « Bravo pour le dessin Yyr ! »... et les coloris, ah les coloris !  :)
S.

Hyarion
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Je ne suis pas fâché, Jérôme. Le fait que tu aies tenu compte de tout ce que j'ai dit ne m'avait simplement pas paru évident, même si je ne m'attendais certes pas à ce que tu tombes d'accord avec moi. :-)

Yyr a écrit :

Je renvoie à Étienne Gilson, L'unité de l'expérience philosophique (1937), Petrus a Stella, 2016 : toute notre histoire philosophique, sur cette question de la connaissance, est comme un balancier qui passe d'une perspective à une autre, chacune se renforçant sous le coup des contre-arguments de l'autre. Hume, dont tu te réclames le plus, n'échappe pas, très loin s'en faut, à ce mouvement (et certainement pas Épicure : d'un certain point de vue, que je ne suis pas sûr de partager entièrement d'ailleurs, mais peu importe, certains tiennent que toute la pensée philosophique occidentale a deux racines : la racine épicurienne et la racine stoïcienne).
À cet égard, ce dialogue de Platon a quelque chose d'assez grandiose et je l'ai inséré avec cela à l'esprit, et non pour le plaquer nécessairement sur Menelvagor et toi, mais comme une toile de fond sublime.

La pensée d'Étienne Gilson suit un cheminement relevant de la philosophie chrétienne et du thomisme : elle ne saurait comprendre les différents chemins de la pensée, dont celui de Hume, autrement que dans un certain cadre, nécessairement finaliste... À cette aune, parler d'un balancier relève-t-il d'un constat objectif ou d'une conception des choses justifiant son propre horizon dans lequel on se satisferait d'être conforté par un confrontation in fine assez confortable ? S'agissant du scepticisme humien, qu'une position de ce type puisse s'inscrire dans une histoire de la pensée ne signifie pas qu'elle n'en serait qu'une étape provisoire qui, comme par hasard, mènerait au finalisme thomiste : la tradition sceptique (Pyrrhon, Sextus Empiricus, Montaigne, Hume, etc.) peut être vu comme un cheminement propre, pas plus étanche que d'autres aux influences, mais pas réductible non plus au mouvement de balancier que tu évoques. Du moins à ce qu'il me semble. Il y a, du reste, dans cette histoire de balancier, quelque-chose de confortable qui ne me parait pas satisfaisant : cela semble surtout propice à trop flatter des pensées plus arrivées qu'elles ne l'assument, dans un sens ou dans l'autre...

Sur les malentendus concernant l'épicurisme, il y aurait beaucoup à dire, certains ayant pu croire, par exemple, qu'être épicurien équivalait à être, pour les uns, un vulgaire « jouisseur », et pour d'autres, un « ascète » quasiment au désert !

Yyr a écrit :

Pour autant, cela ne veut pas dire que j'exclus par principe un tiers-espace. Et mon dessin, à ce titre, aurait dû te plaire. Bravo à Céline qui a bien vu que, comme pour un certain professeur, l'essentiel était dans la marge et non au centre. Les autres personnages ont leur mot à dire y compris de se garder de dire. Et surtout, surtout, on voit que le principe qui domine les autres et le débat lui-même, dans cette scène est ... l'amitié (avec un encadrement). Alors, certes, le coquin que je suis ne cachera pas qu'il y a là quelque chose d'aristotélicien dans cette visée finale et même, soyons franc, de chrétien. Enfin, croyez-le ou non, ce point-là n'était pas calculé, c'est venu tout seul et je ne l'ai réalisé pleinement qu'après coup, comme un certain professeur là encore...

J'avais bien identifié qu'il y avait des personnages « tiers » dans lesquels il m'est possible de facto de me reconnaître... mais il faut croire que je te connais suffisamment (depuis le temps), et sans doute forcément en particulier à travers nos nombreux échanges, pour avoir assez vite perçu un certain caractère aristotélicien et chrétien dans ton propos menant à l'amitié... ce que tu reconnais toi-même in fine. ;-)

Voilà notamment pourquoi je ne pouvais pas sérieusement me limiter à une appréciation sur le plan formel : au moins me concernant, c'eût été un peu court ! ^^

Cependant, j'en conviens volontiers : c'est effectivement l'amitié qui domine ta scène en bande dessinée, et c'est ce qui me parait naturellement plaisant dans ta démarche. Mais l'amitié a-t-elle besoin d'Aristote et du christianisme pour être une valeur cardinale ? Épicure en a fait un fondement de la vie heureuse, sans téléologie cosmique, sans Providence... La valeur de nos échanges, à cette aune, et du moins à mon sens, n'exige aucun référent transcendant pour être réelle. :-)

Ce qui me ramène, d'une certaine manière, à ma citation de Louÿs évoquant Prodicos, avec Odysseus/Ulysse choisissant de ne pas choisir entre Arêté et Triphé. L'image des mains jointes peut, quelque part, être aussi celle de l'amitié philosophique, qui n'oblige pas à pencher d'un côté ou d'un autre sur un plan métaphysique... Une certaine illustration, parmi d'autres possibles, au fond, d'un certain tiers-espace... :-)

Bon, j'arrête de philosopher au comptoir pour ce soir... ^^'

Bonne nuit à toutes et à tous !

Amicalement,

B.

Yyr
Administrateur
Inscription : Dec 2001
Messages : 3 389

Bonne nuit, Benjamin,
& bonne nuit à tous :)

— & Merci Sosryko ;)

Beruthiel
Inscription : Jan 2002
Messages : 241
Yyr a écrit :

Pour dogmatiste, oui, Benjamin a tout bon : mes g sont devenus au fil du temps des gamma, donc un o suivi d'un g, chez moi, à la main, ça ressemble à un g plus conventionnel :).

Merci à tous les deux pour l'explication !

Yyr
Administrateur
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Messages : 3 389

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