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Oops, j'oubliais, c'est today la fête de Saint Vivien :) bonne fête cher Jrrvfien. et hier, j'ai oublié notre sainte Françoise (mille pardons de Paris à Bordeaux) |
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Cher François, tu es évidemment tout pardonné, Françoise te remercie & t'embrasse ! Et bonne fête à Vivien ;-)
Sosryko |
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Comme annoncé (en petits caractères) ce lundi 20 juillet 2026 dans un autre fuseau où j'avais déjà commis des digressions cinéphiles, je partage ici une critique de film dans la continuité thématique d'une de ces digressions contenue dans mon message du 11 octobre dernier dans le fuseau en question : Le 11 octobre 2025, dans un autre fuseau, votre serviteur Hyarion a écrit :
La semaine dernière, un an — presque jour pour jour — après ma précédente séance au cinéma pour voir The Return, le retour d'Ulysse d'Uberto Pasolini, je suis allé voir L'Odyssée (The Odyssey) écrit et réalisé par Christopher Nolan. Bien qu'ayant un gros "a priori" négatif, je tenais à aller voir ce film pour me faire un avis assez rapidement, compte tenu notamment des polémiques qu'il a suscité avant sa sortie en salles (à dessein peut-être), et ce plus ou moins sur le même terrain que pour la série Amazon des Anneaux de Pouvoir : jusqu'à quel point peut-on adapter un sujet culturel « classique » (ou devenu « classique » dans le cas de Tolkien) à l'air du temps, au zeigeist actuel, soi-disant « antiraciste » et « antisexiste », etc. ? Nolan est, en tout cas, censé s'être inspiré du travail d'édition anglophone « moderne » du poème d'Homère réalisé par une traductrice, Emily Wilson — qui aurait, dit-on, plutôt travaillé dans un sens « féministe » tendant à effacer du texte l'« orgueil masculin », au risque d'éliminer certaines subtilités du poème original —, pour proposer une interprétation de l'histoire d'Ulysse supposément plus adaptée à un public contemporain. À quoi s'ajoutaient les choix esthétiques de Nolan pour mettre en scène son interprétation du poème d'Homère, choix d'ors et déjà très critiqués, depuis des mois en amont, à partir de photos de tournages et d'images de bandes-annonces du long métrage diffusées et commentées sur les réseaux sociaux : une vision « grise » et « post-historique » (si j'ose dire) de la mythologie classique, pouvant poser un problème d'immersion pour le spectateur (la fameuse « suspension d'incrédulité »). Je pressentais, à tort ou à raison, que ce long métrage serait moins intéressant que celui de Pasolini, pourtant doté d'un budget infiniment plus modeste et concentré sur la partie finale de l'histoire. Par là-dessus, autour de la promotion massive du film de Nolan et des réactions suscitées par elle en amont, était particulièrement agaçante l'injonction implicite, supposée cinéphilique, à s'enthousiasmer pour ledit film, sous peine d'être perçu, à la moindre réserve, comme un puriste « facho » identitaire, etc. (de fait, il y a eu, et il y a encore, des critiques identitaires « anti-woke », venues aussi bien d'Elon M. et ses suiveurs que de nationalistes grecs, mais elles ne résument pas tous les points de vue critiques quant au film de Nolan). Bref, n'aimant pas les injonctions de masse à s'émerveiller ou à détester à l'inverse (présentes dans ce cas-ci comme à l'époque des trilogies tolkieno-jacksoniennes), il fallait que j'aille voir, pour ne pas rester sur des "a priori", et a fortiori dans la mesure où le sujet adapté est de nature à me faire davantage réagir « intimement » que d'habitude. Nolan a tourné son Odyssée avec des caméras IMAX 70mm, rendant impossible de projeter le film dans sa forme originale ailleurs que dans une quarantaine de salles dans le monde, dont une seule en France, à Montpellier (au bien nommé cinéma Pathé Odysseum). Bien que Montpellier ne soit pas très très loin de chez moi, je n'allais pas me fatiguer à aller jouer au spectateur élitiste : j'ai donc vu le film dans un format « standard » dans une salle de cinéma ordinaire (heureusement climatisée juste ce qu'il faut), en VO anglaise sous-titrée et avec tout de même la satisfaction de pouvoir voir, sur grand écran, un long métrage tourné « à l'ancienne » sur pellicule. Finalement, comme avec le précédent film de Nolan, Oppenheimer en 2023, je n'ai pas vu le temps passer, devant un film de 173 minutes (2h53) qui n'est in fine, à mon avis, ni le chef-d'œuvre célébré par certains, ni non plus la daube que certains annonçaient. [N.B. : ce qui suit comporte un risque de « divulgâchage » pour qui n'aurait pas vu le film.]
Le fait de présenter les populations de l'âge du Bronze en Grèce et dans les régions méditerranéennes environnantes comme étant à l'image du mélange multiethnique contemporain de villes comme New York, Los Angeles ou Londres, est un choix délibéré du réalisateur britannico-américain, mais il est en cela conforme aux productions audio-visuelles de notre époque, sans être en cela ni le premier, ni le dernier. La dimension mythologique du sujet, et l'ancienneté de l'épopée homérique, permettent sans doute de passer outre, sans être dupe des limites d'une appropriation moderne (je suis passé complètement à côté, par exemple, du parallèle voulu entre l'oralité des aèdes antiques et celles des rappeurs contemporains, censé expliquer la présence au casting du rappeur Travis Scott). Bien entendu, un essai de reconstitution historiquement informée de la civilisations mycénienne de la Grèce archaïque aurait pu être intéressant, mais ayant pour ma part tendance à imaginer l'Iliade et l'Odyssée d'Homère avec des références esthétiques relevant davantage de la Grèce classique (postérieure) et de la période hellénistique (encore plus récente), ce n'était pas indispensable, même si notamment les costumes du film de Nolan, en particulier masculins, auraient gagné à être globalement moins « ternes » et d'une historicité moins minimaliste, cependant que le cinéaste a tout de même disséminé, par-ci par-là, quelques éléments de culture matérielle pouvant évoquer l'âge du Bronze. À cette aune, l'utilisation d'un bateau norvégien « viking » (le Dragon Harald Fairhair) pour incarner le principal puis dernier navire d'Ulysse et de ses compagnons, même en l'ayant au moins un peu aménagé pour ressembler à un bateau de l'Antiquité grecque, n'est sans doute pas, historiquement parlant, la meilleure idée de la production du film (l'utilisation de l'Argo, navire grec à l'antique inspiré du légendaire bateau des Argonautes, créé à Volos en Grèce il y a presque vingt ans, eut été autrement plus adéquate si c'était possible), mais disons que cela tient quand même la route pour les besoins d'un tel tournage, notamment pour le côté immersif et crédible (sinon totalement réaliste) des nombreuses séquences de navigation (parfois avec des dauphins s'invitant dans le champ de la caméra lors des prises de vue en mer). S'agissant de ce qui a le plus fait l'objet d'une virulente critique « anti-woke » en amont, cela compte in fine assez peu : je pense en particulier au fait que les personnages d'Hélène de Sparte et de Clytemnestre soient interprétées par la même actrice mexicano-kényane, Lupita Nyong'o, lesquels personnages n'apparaissent en fait que quelques minutes dans le film, avec des actions et des propos qui n'impliquent pas une déformation profonde de ces personnages : mis à part le fait qu'elles soient présentées comme des sœurs (et pour cause...) alors qu'elles sont demi-sœurs dans la mythologie, et même si je les imagine moi-même comme étant des femmes de type européen ou « caucasien » à la peau claire, leurs fonctions dans le récit — celle d'Hélène comme prétexte à la guerre de Troie et celle de Clytemnestre voulant venger la mort de sa fille Iphigénie sacrifiée par son mari Agamemnon — sont cohérentes sans être altérées, pour des apparitions à l'écran en tout cas trop brèves pour susciter beaucoup de débat. Les problèmes, si l'on se focalise sur le traitement des personnages par Nolan (à la fois réalisateur et scénariste), se situent ailleurs, pour ne parler ici que de quelques-uns de ces personnages. Ulysse est présenté comme un héros de la guerre de Troie apparaissant comme finalement traumatisé par la conquête sanglante de Troie qu'il a permise, grâce à son stratagème du fameux cheval. Pourquoi pas ? : le film de Pasolini de 2024 est, lui aussi, axé sur la difficulté pour Ulysse de rentrer après la guerre. Nous vivons une époque où l'on aime les héros tourmentés. Mais chez Nolan, qui propose une adaptation complète de l'Odyssée (Pasolini se concentrant sur le seul retour d'Ulysse à Ithaque), cela finit par impliquer un effacement au moins partiel d'un trait essentiel du personnage principal du poème homérique, incarnation de la mètis : son esprit inventif et imaginatif, son habileté particulière à tromper, son sens de la ruse non dénuée d'une dimension humoristique. La séquence avec le cyclope Polyphème, par exemple, est très efficace en matière d'épouvante : on ressent vraiment la terreur éprouvée par Ulysse et ses compagnons, jusque dans leur fuite éperdue vers la mer après avoir réussi à sortir de la grotte (au milieu des moutons du cyclope, quoique pas tout-à-fait comme dans l'épopée). Mais il manque cependant quelque-chose : en faisant de Polyphème un être plus primitif que celui d'Homère, à peine capable de parler, Nolan sacrifie le dialogue entre Ulysse et le monstre fils de Poséidon, en particulier la fameuse réplique habile « Mon nom est Personne », si emblématique du caractère rusé d'Ulysse et précédent une manifestation d'orgueil de sa part qui justifiera la vengeance de Poséidon. Autre séquence très efficace et impressionnante, voire même sans doute volontairement perturbante : celle avec la magicienne Circé dont l'action de transformer les compagnons d'Ulysse en pourceaux est réalisée avec un souci inédit du détail horrifique. Mais là encore, le traitement des personnages peut interroger. Circé, incarnée par l'actrice Samantha Morton, n'apparait pas comme une rivale de Pénélope vis-à-vis d'Ulysse comme c'est le cas par exemple dans le film de Camerini de 1954, où elle est interprétée, dans une version du personnage fusionnée avec la nymphe Calypso, par la jeune Silvana Mangano... qui incarne aussi Pénélope. La Circé de Nolan, démythifiée, n'a aucune dimension érotique ou amoureuse : c'est une femme sans charme, ayant peut-être subie des violences de la part d'hommes (la question explicite du viol n'étant, du reste et curieusement, jamais directement évoquée sur l'ensemble du film), et qui a le pouvoir de changer littéralement manuellement les êtres humains en animaux peuplant son domaine — non seulement les compagnons d'Ulysse changés en porcs, mais aussi la propre sœur de Circé, changée par elle en corneille mise en cage pour convenance personnelle. Elle semble exécuter ces métamorphoses comme par quelque réflexe misanthrope, même si l'acte de transformation mis en scène avec les hommes devenant cochons peut sans doute être interprété comme une allégorie « post-MeToo » de la femme-victime contemporaine se vengeant de la domination patriarcale ici par le biais d'une sorcellerie relevant du « féminin sacré », interprétation peut-être jouissive pour la part la plus misandre d'une certaine audience « antisexiste », mais interprétation finalement très peu originale pour notre époque et donc assez peu intéressante. Arrivant chez Circé après la transformation, Ulysse devine ce qu'elle a fait, et sans tomber dans le piège de l'ensorcellement par la nourriture, s'improvisant psychologue compatissant, parvient à la convaincre de rendre à ses compagnons leur forme humaine, puis ne s'attarde pas. Comme chez Homère, la magicienne indique sa route à Ulysse pour poursuivre son voyage de retour vers Ithaque, mais aucune histoire de séduction entre les deux, aucun séjour d'un an d'Ulysse chez Circé comme c'est le cas dans l'épopée homérique : Nolan a écarté tout cela, ce qui me parait avoir un impact sur l'épaisseur psychologique des personnages ainsi présentés, un apport « traumatique », en soi acceptable, remplaçant ici abruptement une dimension « magico-sensuelle » originelle alors que faire cohabiter les deux eut été, de mon point de vue, beaucoup plus intéressant. La part « antisexiste » du cahier des charges contemporain (s'il y en a une) est ici sans doute remplie, mais on est loin des versions de Circé proposées dans le film de Camerini de 1954 ou dans la mini-série européenne de Franco Rossi de 1968, la relation entre ce personnage et celui d'Ulysse y étant autrement plus développée et complexe, au-delà des apparences séduisantes. La dimension démythifiée de Circé se retrouve dans le traitement du personnage de Calypso, interprétée par Charlize Theron, qui sauve Ulysse naufragé, seul survivant de son équipage et amnésique, puis le fait vivre avec lui plusieurs années, comme un couple de mortels vivant de la pêche en bord de mer, elle soignant l'esprit traumatisé du fils de Laerte avec le lotus qui fait tout oublier, jusqu'à ce qu'Ulysse se rappelle tout de même de sa famille et de la nécessité de rentrer. Calypso est d'une apparence plus sensuelle que Circé, mais encore une fois, on ne peut que le remarquer, Christopher Nolan évacue l'aspect sexuel, comme par souci d'adapter systématiquement la mythologie classique gréco-latine méditerranéenne à quelque sérieuse et froide pruderie à la fois chrétienne et anglo-américaine (je parle incidemment à dessein de mythologie gréco-latine et non seulement grecque, car il me parait y avoir, en sus de la matière homérique, quelque-chose de virgilien dans l'inspiration antique de Nolan). Seule légère concession à la sensualité du réalisateur-scénariste : l'union, toute conjugale il est vrai, entre Ulysse et Pénélope, évoquée non pas à la fin mais au début du film, peu avant que le roi d'Ithaque se sente obligé de suivre Agamemnon et Ménélas dans l'expédition contre Troie. En ce qui concerne plus généralement Pénélope, incarnée chez Nolan par Anne Hathaway, sa forte personnalité est interprétée avec justesse, et l'on sent bien sa force d'âme, le poids de sa condition et la difficulté de sa position de reine attendant fidèlement son époux et subissant de fait une terrible pression sociale et politique. J'avoue cependant n'avoir pas ressenti autant d'émotion face à son interaction avec Télémaque ou Ulysse qu'avec d'autres actrices ayant joué le rôle de la reine d'Ithaque, que ce soit Silvana Mangano, Irène Papas ou plus récemment Juliette Binoche, même si le long métrage de Nolan se termine par un « twist » un peu inattendu, mais pas trop incongru, qui met précisément en valeur le destin commun du couple Ulysse/Pénélope. En matière d'émotion, j'aurai aussi aimé en éprouver davantage s'agissant de la mise en scène du chien Argos, qui reconnaît avant de mourir son maître Ulysse de retour à Ithaque après vingt ans. Cet épisode, pas du tout anecdotique à mes yeux, apparaît dans le film de Camerini avec Kirk Douglas, dans la série de Franco Rossi avec Bekim Fehmiu, dans le film de Pasolini avec Ralph Fiennes, mais dans le long métrage de Nolan avec Matt Damon, il est un peu plus présent à différents endroits du film plutôt que concentré dans une seule séquence... et pourtant, curieusement, même en étant bien mis en scène, cela m'a moins ému que dans les autres versions filmées de l'histoire, comme si en fait le côté très sérieux et cérébral du récit de Nolan empêchait l'émotion d'apparaître pleinement, même dans les scènes destinés à cela... et je le dis en étant moi-même plutôt cérébral et appréciant peu les manifestations d'émotion lourdement convoquées au cinéma. S'agissant des dieux de l'Olympe, malgré notamment quelques évocations de Poséidon et une récurrente mention de la loi de Zeus, ils apparaissent très peu dans l'histoire, Nolan ayant renoncé à leur donner une place importante, tout essayant de les voir comme les personnages les auraient vus : c'est en fait essentiellement la déesse Athéna qui les représente, sous les traits de l'actrice Zendaya Coleman, et qui intervient auprès d'Ulysse... mais d'une manière si sérieuse, avec l'apparence de ce qui se révèlera être une prêtresse troyenne assassinée sous les yeux du roi d'Ithaque lors de la prise de Troie, que l'on a du mal à retrouver ce qui fait le sel de leur relation particulière dans le poème d'Homère et qui est bien présent notamment dans la mini-série de Francesco Rossi, dont le récit commence et finit avec Athéna fille de Zeus et une évocation directe des dieux olympiens. Il y a enfin des absences — féminines en particulier — dans l'Odyssée de Nolan que je n'ai pu que remarquer et regretter : absence de la princesse Nausicaa et de sa mère Arété en Phéacie (car point de Phéacie et de Phéaciens, en fait, dans ce film), absence d'Anticlée — la mère d'Ulysse — lors de l'épisode du royaume des morts... C'est vraiment dommage, alors que ces personnages sont présents dans le film de Camerini et la mini-série de Rossi, et qu'ils ont évidemment leur importance vis-à-vis d'Ulysse et de son parcours pour rentrer enfin chez lui. [N.B. : à partir d'ici, il n'y a plus de risque de « divulgâchage » pour qui n'aurait pas vu le film.] Pour autant, et pour conclure même s'il y aurait bien d'autres choses à dire, cette adaptation de l'Odyssée par Christopher Nolan se laisse regarder et malgré un certain manque d'émotion, d'humour et de sensualité, ce n'est pas un mauvais film : c'est du grand spectacle, intellectuellement intéressant, avec certes toutes les limites, réelles, propres au cinéma du réalisateur, mais comme je l'ai écrit plus tôt, je n'ai pas vu le temps passer. Pour ce qui est de la question de l'adaptation, c'est bien sûr une autre histoire... Disons que c'est un film de son temps, mais avec tout de même des manques importants que l'on ne trouvera pas dans d'autres productions audio-visuelles plus anciennes. Outre le film Ulysse (1954) de Mario Camerini avec Kirk Douglas et Silvana Mangano, pour lequel j'ai un attachement particulier qui remonte à l'enfance, on pourra voir ou revoir avec profit le récent film The Return, le retour d'Ulysse (2024) d'Uberto Pasolini avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche, dont j'ai un peu parlé précédemment l'année dernière, ainsi que la mini-série télévisée italo-franco-germano-yougoslave L'Odyssée (L'Odissea, 1968) de Franco Rossi (co-réalisée avec Piero Schivazappa et Mario Bava) avec Bekim Fehmiu et Irène Papas, cette dernière production me semblant être l'adaptation la plus fidèle du poème d'Homère et étant disponible en ligne dans une version en quatre épisodes d'environ 1h30 chacun, avec le doublage français original de l'ORTF — synchronisation réalisée, si je me souviens bien, par quelqu'un qui a proposé cela sur YouTube en 2012 après qu'un projet d'édition avec ARTE n'ait pas abouti. Le long métrage de Nolan et le succès qu'il semble en train de remporter dès la première semaine d'exploitation montre, par ailleurs, que face notamment à la concurrence des films et séries télé des plateformes de type Netflix ou Amazon Prime, le cinéma « à l'ancienne » avec sortie en salles n'est pas mort : sur le terrain de l'imaginaire, c'est peut-être une possible confirmation parmi d'autres que les temps ont l'air mûrs pour que les projets cinématographiques en cours liés à l'univers Tolkien/Jackson (distinct, rappelons-le, de celui de la série Amazon des Anneaux de Pouvoir) aillent au bout, même s'il faudra évidemment que cela soit rentable... Amicalement, B.
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Cher Hyarion, Je n'ai pas lu l'intégralité de ta critique, car je compte aller voir le film, mais d'ores-et-déjà merci, merci, merci pour le lien vers l'Odyssée de Rossi que je regarderai avec délectation. S. |
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sosryko a écrit :
Si tu as le loisir de partager ici ton avis après l'avoir vu, je lirais cela avec intérêt. sosryko a écrit :
You're welcome, cher Sosryko. ^^ Amicalement, B. |
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Merci Benjamin,
Pour la qualité de ce compte-rendu, que j'ai lu dans son intégralité. J. |
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Yyr a écrit :
Merci à toi, Jérôme. Yyr a écrit :
Oui, il m'a semblé que c'était mieux ainsi. ;-)
Du reste, si pour ta part tu ne crains pas le divulgâchage, à propos du film de Nolan, il y a aussi la critique de notre ami Semprini, disponible depuis ce mardi sur son blog : Amicalement, B. |
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Merci pour le lien. |
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Merci Hyarion pour ce compte-rendu si détaillé ! J’ai moi aussi vu le film (attention, je rebondis sur les divulgâchages précédents). Je te rejoins sur beaucoup de points. Je n’ai pas beaucoup aimé sans pour autant penser que c’est un mauvais film. Nolan propose une interprétation très personnelle de l’Odyssée (dont la critique de Semprini explique bien la cohérence) mais à laquelle je n’ai pas vraiment adhéré. Au moment de la scène des Lestrygons, je me suis même dit que cela allait être long, mais finalement non, comme tu le dis, on ne s’ennuie pas.
Visuellement, il y a en effet de beaux paysages, l’image du cheval de Troie échoué sur la plage est très forte, mais ce qui reste dans la mémoire c’est effectivement plutôt cette teinte grisâtre que je n’associe pas non plus à l’Odyssée (récit avec lequel je n’ai pas une relation aussi forte que toi, je le précise). J’ai aussi regretté que le caractère rusé d’Ulysse ne soit pas mis en valeur avec en particulier l’escamotage du fameux échange avec Polyphème. Toute la scène avec le cyclope est cependant très impressionnante. Il aurait peut-être été difficile de concilier le dialogue entre Ulysse et Polyphème, qui présente finalement un aspect comique, avec l’horreur brute de la scène telle qu’elle est montrée dans le film. En ce qui concerne la musique, il m’a semblé que par moment (pour certaines scènes d’action), cela consistait seulement en des percussions qui vont de plus vite avant une transition vers un rythme plus lent, puis de nouveau de plus en vite : épuisant et pas très intéressant. Concernant le choix d’une actrice noire pour jouer Hélène et Clytemnestre, Nolan devait bien se rendre compte que cela revenait à agiter un chiffon rouge ! A-t-il fait cela par conviction personnelle ou avec la volonté délibérée de créer le buzz, ou les deux, on peut se poser la question. Au final, ce qui m’a le plus posé problème, c’est que j’ai trouvé tout cela très froid. Je n’ai pas été émue et donc je suis restée toujours un peu en dehors du film. J’ai ressenti cela d’autant plus nettement que peu de temps avant, j’avais vu Disclosure Day de Spielberg (voir là aussi la critique de Semprini), un film qui m’a beaucoup touchée. Rien à voir, d’accord, mais quel contraste sur le plan émotionnel ! Petite question : dans le film, il est question d’une menace du « peuple de la mer », qui s'avère être les Achéens eux-même. Cette notion de peuple de la mer est-elle présente dans l’Odyssée ?
Amicalement, |
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Beruthiel a écrit :
En quelque sorte, oui : avec les habitant de Schérie, que le poème appelle "les Phéaciens, hommes aux navires fameux / navigateurs de renom, aux longues rames" (Φαίηκες δολιχήρετμοι, ναυσίκλυτοι ἄνδρες = Phaíekes dolicherethmoi, nausiklutoi andres), Odys. VIII, v.369) [...] alors Jupiter à la voix retentissante résolut de lui rendre son voyage triste et malheureux. Aussitôt il suscite des vents impétueux qui soulèvent des vagues immenses semblables a des montagnes ; puis il disperse les vaisseaux de Ménélas et en envoie une partie vers la Crète où habitent les Cydoniens, sur les rives du Jardanus. Vers l'extrémité de Gortyne surgit, de la mer ténébreuse, une roche élevée à la surface lisse et unie là le Notus pousse les flots puissants à la gauche du promontoire de Pheste ; là une si petite pierre arrête de si grandes vagues. C'est sur cette plage qu'arriva une partie de la flotte. Les hommes n'échappèrent qu'avec peine au trépas ; mais les navires, poussés par les eaux, se brisèrent contre les rochers, et cinq vaisseaux à la proue azurée furent seuls portés vers l'Égypte par les vents et par les ondes. Odyssée, III, trad. par Eugène Bareste (1843) S. |
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Beruthiel a écrit :
You're welcome, Beruthiel. ^^ Beruthiel a écrit :
Je le constate en effet, et Semprini de son côté m'a dit que nous étions aussi d'accord dans l'ensemble, lui qui, comme je le lui ai dit, a bien cerné sans doute l’essentiel dans sa critique, et ce dès le titre qu'il a choisi pour son billet de blog : « L'Odyssée de Christopher Nolan : mauvaise conscience de l'homme occidental ». Concernant donc seulement certains points : Beruthiel a écrit :
Bien sûr, il faut faire des choix. Mais cette réplique « Mon nom est Personne » est tellement emblématique du personnage d'Ulysse... On passe à côté de beaucoup de choses sans ce passage dialogué, à mon avis. Cependant, Nolan a dû quand même concéder une plainte de Polyphème aveuglé à son père Poséidon... du moins un des compagnons d'Ulysse pense-t-il l'avoir entendue, si j'ai bonne mémoire. Beruthiel a écrit :
De mon point de vue, cela finit effectivement par être trop dans l'air du temps... parce que c'est presque tout ce qu'il reste à force d'avoir voulu autant modifier la fonction du personnage de Circé. Que l'on veuille apporter une touche contemporaine pour tenir compte de la question des violences entre hommes et femmes, pourquoi pas, mais à condition de garder la dimension sensuelle, érotique, de la relation entre Circé et Ulysse, dimension qui est assurément bien présente dans le poème d'Homère et qui a évidemment son importance. On peut toujours choisir de faire preuve de pudeur, mais là avec Nolan, il ne reste plus guère que de la pruderie... et l'horreur des métamorphoses. Là encore, on passe à côté de beaucoup de choses avec une telle réécriture de ce passage. Beruthiel a écrit :
Je n'ai pas non plus beaucoup vu cette actrice, mais j'ai la même impression que toi, celle d'un jeu de comédienne un brin monolithique. Mais c'est peut-être tout ce que des cinéastes comme Nolan ou Villeneuve lui demandent. Le traitement du personnage d'Athena est, en tout cas, autrement plus développé et riche dans la mini-série télévisée de Rossi de 1968 : interprétée par l'actrice Michèle Breton (quand elle a l'apparence d'une mortelle...), la déesse y est mis en scène dans toutes ses dimensions, de manière ingénieuse et en suivant fidèlement Homère s'agissant de son rôle et de sa relation avec Ulysse. Beruthiel a écrit :
J'ai vraiment apprécié l'effort d'essayer de travailler avec des instruments de musique antique reconstitués, mais cela ne s'entend que par moments, et pour le reste, on est plutôt dans du sound design similaire à ce que l'on trouve habituellement dans d'autres films de Nolan et pas très intéressant en effet, avec notamment des moments de saturation sonore assez pénibles. Beruthiel a écrit :
Je suppose que cela peut aussi bien relever du cahier des charges « antiraciste » hollywoodien, que d'une volonté personnelle de Nolan... mais quand je vois le remous que cela a suscité et continue de susciter même après la sortie du film en salles, je trouve ça totalement délirant. Que l'on puisse se poser des questions en amont, c'est légitime sur le principe, mais une fois que l'on a la possibilité de juger sur pièce et constater qu'il y a objectivement eu beaucoup d'excitation pour finalement pas grand-chose (à peine quelques minutes d'apparition à l'écran, et sans vraiment modifier la fonction des personnages), il n'y a plus d'excuse pour justifier la virulence des critiques contre le film que je continue de voir défiler sur les réseaux sociaux... a fortiori en prenant le cas de cette actrice comme prétexte parfois presque unique pour justifier l'entretien soutenu de toute une polémique « anti-woke » en ligne contre L'Odyssée de Nolan. Dernier épisode en date s'agissant d'Elon M., principal animateur médiatique de ladite polémique sur son réseau X (ex-Twitter) : après avoir dit qu'il était d'accord pour donner 100 millions de dollars à Mel Gibson pour tourner une adaptation du poème d'Homère « avec des navires, armures, armes et un casting d'une exactitude historique méticuleuse, tous les dialogues tirés directement du poème original et récités en grec homérique » (je cite les propos du fan de Musk qui lui a soumis publiquement sa demande), ledit Elon M. a annoncé ce mercredi qu'avant la fin de cette année, son IA générative Grok, avec sa récente option vidéo Imagine, allait réaliser « un long métrage de L'Odyssée qui sera historiquement fidèle et respectueux de l'art d'Homère », en prenant exemple sur un essai de séquence fait par quelqu'un avec cette IA... Quelle que soit la qualité du résultat, pondre un film « simplement » avec une IA, cela ne devrait pas trop compliqué pour Elon M. : c'est un engagement en tout cas plus facile à tenir que par exemple celui, pris il y a trois ans mais sans suite, d'affronter personnellement Mark Z. dans un combat de MMA (mixed martial arts) au milieu du Colisée de Rome... En tout cas, cette idée de faire un film adaptant L'Odyssée avec l'IA est peut-être aussi une manière de répondre directement à Nolan qui, dans le cadre de la promotion de son film, a fait part, à plusieurs reprises, de son scepticisme vis-à-vis de l'arrivée de l'IA dans le domaine du cinéma. Beruthiel a écrit :
Je t'avoue qu'il y a longtemps que je ne suis plus Spielberg, comme si son cinéma m'avait trop « illusionné » quand j'étais gamin... Mis à part les trois premiers Indiana Jones (enfin, surtout le premier), je n'arrive plus à voir ou revoir ses films autrement que d'un œil critique. La magie n'opère plus (j'ai encore pu le constater, il y a déjà quelques années, en tombant par hasard un soir sur Ready Player One à la télé)... Mais il reste sans doute techniquement un très bon cinéaste, avec tout son métier... et je connais suffisamment son travail pour le savoir effectivement très à l'aise pour susciter des émotions, a fortiori comparé à Nolan, qui est à l'évidence beaucoup plus cérébral. Beruthiel a écrit :
Sosryko m'a devancé, mais je le rejoins pour estimer que ce qui se rapproche nominalement le plus d'une notion de « peuple de la mer » dans L'Odyssée d'Homère, ce sont les Phéaciens tels qu'évoqués dans le Chant VIII du poème, dans le sens d'un « peuple de marins ». Cela peut d'ailleurs expliquer pourquoi, dans le film de Camerini de 1954, la culture matérielle des Phéaciens est très inspirée, fut-ce librement, de la civilisation minoenne (thalassocratique) de Crète, quoique le côté directement maritime de la culture phéacienne imaginée pour le long métrage ne soit guère présent à l'écran. La tradition situe géographiquement les Phéaciens du côté de Corfou plutôt que de la Crète, mais la civilisation minoenne constituait sans doute une référence reconnaissable plus facile à utiliser pour des décors et des costumes, a fortiori à une époque, celle du Technicolor, où l'on n'avait pas peur de mettre de la couleur éclatante au cinéma. Concernant la notion de « peuple de la mer » dans le sens égyptien antique de « peuple venu de la mer », la possible vague trace au Chant III que suggère Sosryko est intéressante, mais ce doit être a priori la seule à ma connaissance.
J'avoue avoir du mal à voir quelle aurait pu être la confusion si les Phéaciens avaient été présents dans le film de Nolan : c'est un peuple de marins, certes, mais vivant isolé, à l'écart des routes maritimes commerciales, loin de contingences humaines faites d'invasions et de migrations, du moins depuis qu'ils ont pu s'établir en Schérie. Les priorités de Nolan, avec cette histoire de Peuple de la mer, étaient en tout cas ailleurs... en regardant notamment donc plutôt du côté du déclin voire de l'« effondrement » de l'âge du Bronze, cette notion historiographique médiatisée d'« effondrement » étant d'ailleurs cependant discutable, comme le rappelle un intéressant article de Maxime Lerolle publié, il y a quelques jours, sur le site du Journal du CNRS (« Les civilisations de l’âge du bronze se sont-elles vraiment effondrées ? ») : Amicalement, B. |
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Merci à vous pour ces échanges sur la dernière production de Nolan : va falloir que je prévois une séance de visionnage (suivie probablement d'une relecture de l'Odyssée :)). Bonne journée à vous ! |
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Merci Sosryko et Hyarion pour vos explications très complètes sur le Peuple de la mer :) Cette polémique autour du film de Nolan et les rodomontades de Musk sont effectivement affligeantes. Hyarion a écrit :
Je ne suis pas une inconditionnelle de Spielberg mais la magie opère encore chez moi… Son dernier film (imparfait, il est vrai) parle surtout d’empathie (voir là encore le titre du billet de Semprini : « Écoute ») et à l’heure actuelle, quand des flots d’agressivité se déversent de toutes parts, ça fait un bien fou ! |
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Hyarion a écrit :
Pour moi, c'est encore plus un marqueur de modernisation que d'autres points qui ont fait polémique ; c'est quelque chose qui m'a agacé dès le début du film, mais qui tient la route par rapport au reste de ce que propose Nolan. Beruthiel a écrit :
Ou parce qu'il faut "universaliser" ou tout simplement ne pas dépareiller par rapport à un public moderne ou plus particulièrement américain ? J'ai déjà indiqué ici et ailleurs ce que je pensais de ce genre de débat par rapport à The Rings of Power. |
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Mairon a écrit :
Il y a de quoi, c'est le moins que l'on puisse dire, même si le film est intéressant.
J'ai pris connaissance, hier mardi, de la critique de L'Odyssée de Nolan par la traductrice du poème d'Homère que j'ai évoqué précédemment, Emily Wilson, critique mise en ligne sur le site de la London Review of Books : Dans la mesure où Nolan lui-même a dit, en promouvant son film, que la traduction moderne de Wilson l'avait inspiré, j'avoue que je ne m'attendais pas à ce que la traductrice en question descende le long métrage comme l'a fait dans sa critique... mais c'est intéressant, surtout par rapport à toutes les polémiques existantes autour du film. Parmi les reproches qu'elle fait (je ne vais pas tout citer), Wilson considère que le casting inclusif de Nolan, qui a tant fait parler en amont et encore après la sortie du film, n'est pas assez mis en valeur pour qu'elle le considère comme « progressiste » – considération qui me parait discutable quoique sans surprise. Mais elle critique notamment aussi – et je la rejoins évidemment là-dessus – l'absence de sexualité dans le récit de Nolan par rapport à ce que raconte Homère, en particulier s'agissant des rapports (dans tous les sens du terme) d'Ulysse avec Circé et Calypso. De façon générale, qu'il s'agisse des personnages féminins, de la personnalité d'Ulysse, de la représentation des dieux de l'Olympe, du scénario dans son ensemble, pour ne citer que cela, Wilson souligne, avec pertinence selon moi, le décalage entre la vision de Nolan et ce que contient vraiment le poème d'Homère, même si la traductrice est bien consciente qu'il s'agit d'un film avec ce que cela suppose de liberté artistique. Sans forcément adhérer à tout ce qu'elle dit dans cette critique, je suis souvent d'accord avec ses remarques quant à la question de l'adaptation, et son propos, argumenté, est tout cas bien différent de celui d'autres critiques, y compris universitaires, aux avis autrement dithyrambiques concernant ce film... jusqu'à parfois le considérer, sans nuance, comme un modèle de fidélité au poème d'Homère, ce qui me parait franchement grotesque.
Pour finir, je me permets de citer un passage de cette critique d'Emily Wilson qui fera peut-être sourire certains des habitués de ces lieux : Nolan’s spectacle threatens to drown out his story just as the towering waves of the wine-dark sea – more grey than purple – threaten to overwhelm his hero’s ship. In looks, this Odyssey is often reminiscent of other 21st-century screen ‘epics’, not least Peter Jackson’s Lord of the Rings trilogy. The visit to the Land of the Dead reminded me of the excursions beyond the Wall in Game of Thrones. At the end of the film, a character sets out to ‘sail beyond the sunset’ and I almost expected everyone to break into Elvish. The film has none of the stylish sparseness of Uberto Pasolini’s The Return (2024), starring a scarred, desperate, mostly naked Ralph Fiennes, conflicted about his homecoming to a convincingly unhappy Juliet [sic] Binoche. Lacking the budget for gods or special effects, that film invited us to wonder what remains of The Odyssey and its hero when stripped down to the sinews and the hungry heart. Nolan gives us an all-inclusive buffet. Le spectacle mis en scène par Nolan menace d’étouffer son récit, tout comme les vagues gigantesques de la mer couleur de vin – plus grise que violette – menacent de submerger le navire de son héros. Visuellement, cette Odyssée rappelle souvent d’autres « épopées » cinématographiques du XXIe siècle, notamment la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson. La visite au Pays des Morts m’a rappelé les expéditions au-delà du Mur dans Game of Thrones. À la fin du film, un personnage part « naviguer au-delà du coucher de soleil » et je m’attendais presque à ce que tout le monde se mette à parler elfique. Le film n’a rien de la sobriété stylisée de The Return, le Retour d'Ulysse (2024) d’Uberto Pasolini, mettant en scène un Ralph Fiennes balafré, désespéré et presque nu, tiraillé par son retour au bercail auprès d’une Juliette Binoche convaincante dans son malheur. Dépourvu du budget nécessaire pour des dieux ou des effets spéciaux, ce film nous invitait à nous demander ce qu’il restait de L’Odyssée et de son héros une fois réduit à ses tendons et à son cœur affamé. Nolan, lui, nous offre un buffet à volonté. Emily Wilson, “An Uncomplicated Man”, London Review of Books (site web), critique mise en ligne le 27 juillet 2026 Traduction rapide avec DeepL.com Voilà encore une occasion pour moi, au passage et comme l'année dernière, de recommander aussi le film d'Uberto Pasolini. ;-) Amicalement à tous, B.
[EDIT: corrections de fautes diverses...] |
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Cher Hyarion,
hier, j'ai pu voir enfin L'Odyssée de Nolan. S. |
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Merci beaucoup pour le partage de ton avis, cher Sosryko. sosryko a écrit :
Je n'y avais pas songé (d'autant plus que mes souvenirs de The Dark Knight Rises sont assez lointains), mais je vois ce que tu veux dire s'agissant de l'épisode de Circé, et il est possible, en effet, que Nolan donne en fait une interprétation critique, peut-être volontairement caricaturale, d'un certain féminisme post-MeToo, mais ce faisant, à mes yeux, il sacrifie à l'air du temps de toute façon même s'il s'agissait de le critiquer. Le fait qu'Ulysse apparaisse, avec Circé, comme s'improvisant psychologue compatissant (fut-ce par intérêt) m'a fait aussi un peu penser, à cette aune, à ce que l'on appelle à notre époque la « société du “care”», ce qui est peut-être là une autre façon pour Nolan de caricaturer l'Occident contemporain, pour suivre ton interprétation... mais à l'arrivée, à mon avis, c'est donc bien de l'air du temps dont il choisit de parler, et ce faisant, je crois que son traitement du personnage de Circé a pu plaire au premier degré à un certain public « progressiste » ou « antisexiste ». sosryko a écrit :
Je suis d'accord, et ce que tu écris, quant à la préservation de l'histoire valant pour elle-même, me rappelle d'ailleurs à nouveau le film de Pasolini avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche, que je viens encore de recommander dans mon message précédent. Amicalement, B. [EDIT: corrections de fautes diverses...] |
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C'est vraiment très chouette de vous lire. |
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Merci pour vos commentaires et critiques diverses. Je me contenterai de revoir la série de Franco Rossi (merci Hyarion) que j'ai vu à la télé il y a très très longtemps (la série pas Hyarion !). |

