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Éadig béo þu
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Vieil anglais – Tolkien
Tengwar

~×`C2%f w$ü`N 3Jý = x^ü2# t#5P Á
Éadig béo þu, góda mann!
Heureux sois-tu, homme de bien !
~×`C2%f w$ü`N 3Jý = j~V`Nr$ 7Tÿe Á
Éadig béo þu, léofe wíf!
Heureuse sois-tu, femme chérie !
jExP6R jTi†F `Ba 3Fý n5P
Langre lisse ic þe ann –
Je te souhaite grâce durable,
9Cr# jYe n2P j~B4$ j~Be Á
hafa lof and líþe líf!
louange à toi, que la vie te soit douce !
9Vý 3F 9Vý6 87Eÿ iDÿ6R 87Ezp =
Hé þe hér swa sáre swanc,
Celui qui a travaillé si dur ici,
6Uý5# 6Õý2ƒ$ n2P eê65f$76T1 =
rúna rǽdde and fyrngewrit,
a expliqué les runes et les anciens écrits,
9Cýj w$ü`N 9Vý = `N5 iDÿjUt 7jEzp =
hál béo hé, on sálum wlanc,
qu’il se porte bien, gai et fier
9×Ñm$ j~C6R n2P 7Tÿ£ f$7T1 Á
healde láre and wís gewit!
qu’il garde savoir et sagesse d’esprit !



~×`C2f$ w$ü`N 7Rÿ `Ve1 87Eÿ 5&ü Á
Éadge béo we eft swa nú!
Heureux soyons-nous, plus tard comme maintenant !
26Õý`Ct 5$ 26Rý`N,F = 26éap f$5^üc
Dréam ne dréose, drync genóg
Que la joie ne manque point, que la boisson coule
ej~N7R `N5 eJj‚Ut iGÿ3 87Eÿ hUý =
flówe on fullum síþ swa iú –
en suffisance, en abondance à l’avenir comme autrefois –
eêj‚E3 7Õÿf$ = eêj‚E3 z6Yýc Á
fyllaþ wǽge, fyllaþ cróg!
remplissez la coupe, remplissez le pichet !
wè6jE Á wè6jE Á t$2& –$ap Á
Byrla! byrla! medu scenc!
Échanson ! Échanson ! Offre-nous la miessée !
2^üt `Bi eFå6 3ÖÑc 2^üt iGÿ`V 816ExP -
Dóm is feor þeah dóm sie strang.
Le jugement est loin, si sévère soit-il.
87Ezp eH6j~×1 n2P f$ü`N1 ~Mi 26Rap Á
Swanc forlǽt and géot ús drenc!
Laisse donc le travail et verse-nous à boire !
jU81 `Bi j~ë1Rj = `×`C6r^3 jExP -
Lust is lýtel, earfoþ lang.
Le plaisir est menu, et le labeur bien long.



`M1Y5 iGxP#5 –%ü65$ iDxP =
Uton singan scírne sang,
Entonnons un chant clair,
9V6hE5 w$ä6a n2P wè6aR5 zé5P =
herian Beorc and byrcen cynn,
glorifions le Bouleau et son espèce,
j~C6R n2P j~C6Råy = jR`N65&xPt#5P =
láre and láreow, leornungmann –
l’enseignement, l’enseignant et l’étudiant –
iGÿ`V ~Mi iÖÿj n2P 9×ýj n2P 7é5P Á
sie ús sǽl and hǽl and wynn!
puissions-nous avoir liesse, et santé, et bonheur !
~Cz –ÔÐj eÖÑj‚E5 `N5 3Ö1 eêý6
Ác sceal feallan on þæt fýr
Le chêne tombera dans le feu
jU81R£ = j~×`Cr$£ = j~Br$£ 7E5 Á
lustes, léafes, lífes wan!
sans plaisir, ni feuille, ni vie !
w$ä6a –ÔÐj ~Cv#5 jExP5$ 1Tþ6 =
Beorc sceal ágan langne tír,
Le bouleau aura longue gloire,
w6Rýt$ xj~×t$ xjRsP#5 7ExP Á
bréme glǽme glengan wang!
d’un illustre éclat il ornera la plaine !

Commentaire
Éadig béo þu « Heureux sois-tu » est un poème composé par J. R. R. Tolkien et publié dans un recueil appelé Songs of the Philologists. C’est un divertissement d’universitaires fait de vers comiques – poèmes satiriques, airs connus, chansons à boire – composés ou traduits en langues germaniques anciennes. Il fut publié en 1936 à titre privé pour Tolkien et son collègue et ami E. V. Gordon. Quelques-uns ont été publiés dans l’essai critique The Road to Middle-earth de T. A. Shippey, dont celui ci, accompagné d’une traduction. Il se chante sur l’air de Twinkle, Twinkle, Little Star.

Le poème fait allusion à la rivalité dans les départements d’anglais entre cursus de « langue » et de « littérature ». Tolkien n’aimait pas ces noms qu’il jugeait impropres, et préférait les appeler « lit. » et « lang. » ou mieux encore « A » et « B ». En fin de compte, il trouvait cette opposition stupide et nuisible, et soutenait une approche mixte : on peut le voir par exemple dans son Discours d’adieu à l’Université d’Oxford, publié dans Les Monstres et les critiques et autres essais. Quand il fallait toutefois choisir un camp, il se rangeait clairement et sans surprise du côté de la « langue » : et dans ce poème en effet, beorc (le bouleau, mais aussi le nom de la rune anglo-saxonne correspondant à B) resplendit, tandis que ác (le chêne, mais aussi le nom de la rune anglo-saxonne correspondant à A) finit au feu !

Nous avons ajouté quelques accents aigus manquants. La traduction française est nôtre.

Le texte est transcrit en tengwar ou « lettres de Fëanor ». Tolkien a créé deux adaptations différentes de l’usage général du Troisième Âge au vieil anglais, présentées dans Sauron Defeated p. 318-327. C’est le mode dit du « Texte II » que nous avons plus particulièrement cherché à imiter ici. Nous nous sommes servis de la police Tengwar Eldamar de Måns Björkman.

Références
Shippey, Thomas Alan. The Road to Middle-earth: How J. R. R. Tolkien created a new mythology. London: Grafton, 1992. 337 p. ISBN 0-261-10275-3.
Tolkien, John Ronald Reuel. The Monsters and the Critics and Other Essays. Edited by Christopher Tolkien. London: HarperCollins, 2006. 256 p. ISBN 0-261-10263-X.
Tolkien, John Ronald Reuel. Les Monstres et les critiques et autres essais. Édition de Christopher Tolkien. Traduction de Christine Laferrière. Paris : Christian Bourgois, 2006. 294 p. ISBN 2-267-01820-9.

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Dernière mise à jour du site : 25 mars 2017. Nous contacter :