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Cours de Sindarin - correction des exercices

    Correction des Exercices


Ce cours a été présenté pour la première fois sur le forum de ce site par Didier Willis, webmestre du site Hiswelokë . Nous en produisons ici un récapitulatif complet, en détaillant à l'occasion quelques points qui n'avaient pas été abordés alors. Si votre navigateur supporte JavaScript, vous pourrez aussi directement consulter le Dictionnaire Sindarin de Didier pour tous les mots elfiques sur lesquels figure un lien. Nous vous rappelons que peu de textes linguistiques de J.R.R. Tolkien ont été publiés à cette date, et que plusieurs hypothèses, faites sur la base d'un exemple ou deux seulement, ne peuvent rester autrement que spéculatives.

J'espère que vous avez fait vos exercices sérieusement avant de venir consulter cette page !

Cours n°1

a) Thème

La rêverie : i olthad.

    Le verbe oltha- est du premier groupe (verbe dérivé, se terminant par -a), et reçoit donc la terminaison -ad pour former le gérondif, voir sections II et III.

Une rencontre : govaded.

    Le verbe govad- est du deuxième groupe (verbe basique, se terminant par une consonne) et reçoit donc la terminaison -ed, voir section III.

Je désire écrire un mot : aníron teithad beth.

    Utilisation verbale du gérondif teithad, littéralement « je souhaite l'écriture d'un mot », comme l'exemple e aníra suilad « il souhaite saluer » de la section I.

Je désire rencontrer des amis : aníron govaded mhellyn (ou vellyn)

    Sur le modèle de la question précédente. Si malgré les explications du cours vous ne comprenez pas pourquoi nous avons beth et mhellyn (plutôt que peth et mellyn), ne vous formalisez pas, ce sujet complexe sera abordé dans le cours n°4...

b) Version

Aníron buiad i-chîr edhellen, a narad aglar i-chîn Feanor : Je souhaite servir le seigneur elfique et raconter la gloire des enfants de Feanor.

Arphent Morgoth « Aur gruithad telitha » : Et Morgoth dit « Le jour de la terreur viendra. »

Cours n°2

a) Version

Hûn nîn lacha, ir tíron le : Mon coeur s'enflamme, quand je te vois.

b) Thème

Chante pour moi, mon ami, et raconte-moi une histoire : linno anim, mellon nîn, a trenaro narn anim.

    Les deux verbes linna- et trenar- reçoivent la terminaison impérative -o, voir sections II.1 et II.2.

Je chanterai pour toi, je te raconterai l'histoire de la libération de Húrin : Linnathon le, ar trenerithon le narn i leithiad Húrin.

    Les deux verbes sont mis au futur (section III) et reçoivent la terminaison de la première personne du singulier. Le verbe trenar- est du second groupe, il subit donc un umlaut (section II.2 et III).

    Pour « libération », nous avons construit un gérondif (voir cours n°1). L'autre solution est bien entendu d'utiliser le nom commun leithian, que l'on rencontre dans l'expression « Le Lai de Leithian » dans Le Silmarillion.

Cours n°3

a) Recherche

La première exception était en fait donnée dans la question suivante : orod « montagne » a pour pluriel ered. Cependant, nous trouvons aussi la forme eryd dans certains textes de Tolkien. Alors que faut-il penser ?

La deuxième exception nous apporte une ébauche de solution : dans Letters of J.R.R. Tolkien, p. 224 (lettre n°168), Tolkien nous indique que onod « Ent » a pour pluriel enyd, mais que ened « était probablement une forme utilisée au Gondor ».

Ces deux exceptions sont donc vraisemblablement des variantes dialectales employées par les hommes du Gondor. Les Elfes utilisaient, en tout état de cause, eryd et enyd.

b) Grammaire

Singulier de Pinnath Gelin : Pin Galen.

    Dans Pinnath Gelin « Les Crètes Vertes », pinnath est le pluriel collectif d'un nom dont le singulier, bien que non attesté, s'écrirait sans aucun doute pin (l'indication servait donc aux deux questions !).

    Vous aurez probablement reconnu dans celin (ici avec une mutation initiale en position d'adjectif épithète) l'adjectif calen « vert » que l'on rencontre aussi dans le toponyme Tol Galen « L'Ile Verte » (avec la même mutation). La première voyelle subit un umlaut (a -> e, voir sections III et IV), et la dernière est affectée par le pluriel (règle « e donne », voir section V).

Singulier de Ered Mithrin : Orod Mithren.

    Pour orod, voir le a) ci-dessus.

    L'adjectif « gris » est mithren, pluriel mithrin. Beaucoup d'adjectifs présentent cette terminaison -ren (les autres terminaisons fréquemment rencontrées étant -en et -ui). On notera au passage que la première voyelle n'est pas affectée par l'umlaut. En fait, seules a, o et e sont concernées.

Pluriel de Fen Hollen : Fennath Hellin.

c) Version

Gerin neled gelaidh nuithennin, deryn dad a thôn : J'ai trois arbres rabougris (soit, avec un peu d'imagination, trois bonsaïs !), deux chênes et un pin.

d) Thème

Apporte deux oreillers et un lit pour les amoureux... et des tranches de pain, du miel, et des verres ! Togo pessig tad a haust an in mellyn... a besgyrn, glî a ceilph.

    Le piège résidait dans le pluriel de calph. Si vous avez été faire un tour sur Ardalambion, ou si vous vous souvenez du mot alph « cygne », pluriel eilph (cf. Nîn-in-Eilph dans les Contes et Légendes Inachevés), vous aurez deviné qu'il s'agit d'une exception à la règle « a donne ai ».

Note : à ce stade du cours, nous avions indiqué que les lénitions ne seraient pas prises en compte. Si nous devions les appliquer, les réponses aux questions c) et d) devraient probablement être corrigées en :

    Gerin neled gelaidh nuithennin, dheryn dad a thôn (peut-être même 'elaidh)

    Togo bessig dad a chaust ani·vellyn... a vesgyrn, 'lî a geilph.

Mais ceci reste très hypothétique. Comme nous le verrons dans le cours n°4, les lénitions sont un phénomène mal maîtrisé, et je ne connais personne qui puisse se targuer de comprendre toutes les règles qui les régissent.


Lhûg Hithui aníra hi suilad vellyn în : mes remerciements à Gregory "Tirno" Dyke, Cédric Fockeu, Philippe Garnier et Sébastien "Fangorn" Mallet pour leur participation à ces exercices.