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Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 15-05-2001 Salut Cédric, Voilà, lu et relu, excellent Cédric, clair, précis et accessible à tous (en disant cela, je pense à l’article d’Eruvike, excellent naturellement, mais de lecture plus ardue ;-)) et c’est un sujet passionnant aussi. Bon, qq remarques ;-) On retrouve cette idée de « vivre c’est souffrir et la seule solution est de souffrir avec courage » dans la pensée chrétienne ; du fait que le bien et le mal sont totalement imbriqués l’un dans l’autre (Saint Augustin), l’histoire de l’humanité marquée par les aléas d’un temps corrompu (Arda marred) ne trouvera son épanouissement qu’à la fin des Temps. Mais chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse. Et avec le Silmarillion, mythes païen et chrétien se rejoignent, au sein de toutes ces ténèbres, une lueur apparaît : la vie après la mort et la Seconde Musique. Mise à jour du 30/04/2002 - Cédric - 30-04-2002 Pour reprendre des bonnes habitudes, je vous propose ce jour une nouveauté ; le texte de ma conférence donnée à Carcassonne dans le cadre du Festival Européen des Mythes et Légendes : Le Silmarillion, mythologie ou chrétienté ? Vos remarques (sûrement nombreuses ;-) sont évidemment les bienvenues ;-) Mise à jour du 30/04/2002 - Cédric - 02-05-2002 Mince, n'a pas l'air de ravir les foules, mon article ? ;-)
Mise à jour du 30/04/2002 - Adunaphel - 02-05-2002 Il est surement génial, cet article, mais quand j'ai vu la taille qu'il avait, je me suis dit que je prendrais le temps de le lire un autre jour... Juré, demain, je le lis (et je fais une ch'tite remarque par la même occasion). Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 02-05-2002 bienvenue au club de ceux qui espèrent toujours plus ;-) mais à part ça...Tu rigoles?!, Simplement, en ce moment, j'attends un moment d'accalmie de mon côté pour voir si je peux être 'constructif'. a+ Mise à jour du 30/04/2002 - Cédric - 02-05-2002 Bien sûr, excusez mon impatience ;-)) Mais c'est vrai qu'il est toujours intéressant d'avoir un retour sur ce que l'on a pu faire. Faut-il le rappeler, cet article a été "montré" lors d'une conférence et, à ce titre, apporte beaucoup d'éléments introductifs qui n'ont pas forcément lieu d'être si l'on s'en tient au sujet strictement Tolkienien. Par ailleurs, mais vous le savez, je ne prétends pas faire le tour de la question mais "seulement" de montrer si elle a sa légitimité. A bientôt donc pour de plus amples discussions, Cédric. Mise à jour du 30/04/2002 - Adunaphel - 03-05-2002 J'ai adoré (re)découvrir les influences de Tolkien. La comparaison avec la chrétienté m'a un peu étonné, car je n'avais jamais fait de rapprochement direct avec l'oeuvre de Tolkien. Il me semble que l'article appuie un peu trop le rôle d'Ulmo, même s'il n'est qu'instrument de Manwë. Cela me fait me demander, mais où donc dans la Bible trouve-t-on plusieurs dieux, réunis en une espèce d'Oligarchie ? Adu
Mise à jour du 30/04/2002 - Adunaphel - 03-05-2002 Ah oui ! Encore un p'tit truc... L'article traite de la Destinée. Un faisceau a-t-il déjà débattu de cela ? A mon avis, 'y a de quoi faire. Merci de m'indiquer le fuseau s'il existe (en attendant, je médite cette histoire... Destin/Pas Destin ?)
Mise à jour du 30/04/2002 - Cédric - 03-05-2002 Merci Adunaphel pour ces premiers commentaires ;-) Tu m'étonnes lorsque tu dis que tu n'avais pas fait le rapprochement avec la chrétienté car nous en avons souvent parlé dans la section "Légendaire". J'ai traité en effet en partie de la Destinée qui, en effet, mérite qu'on s'y attarde davantage. Nous en avons également parlé à plusieurs reprises (rechercher "Destin" dans la liste des titres des fuseaux de la section "Légendaire") mais je pense revenir vers vous prochainement pour en parler à nouveau. Cédric. Mise à jour du 30/04/2002 - Yavanna - 03-05-2002 Bonjour, Je vais probablement sortir des énormités, mais je vous fais confiance pour me remettre les pendules à l'heure ;-) Pour la forme, rien à dire, c'est très bien présenté, c'est agréable à lire, les sources sont facilement accessible (merci pour les liens vers les notes :-)) Pour le fonds, c'est très intéressant, notamment pour les compléments d'explications sur les choix de l'auteur pour fonder son oeuvre. Je partage assez ton opinion (qui d'ailleurs vient confirmer ce que j'avais entrevu jusqu'à présent). Là où je n'ai pas très bien suivi (peut-être manque d'attention, alors pardon d'avance) : - La notion de Destin, tu l'opposes à la Fatalité. Mais la fatalité est fixée par le destin, c'est ce qui doit arrivé, non ? Je l'opposais plus volontier au Hasard (cf. ta première phrase où le chaos organisé est inmpossible) - le Destin des hommes de recevoir le "Don d'Ilùvatar" a été transformé par Melkor en "punition pour les hommes". J'avais, à travers la lecture, eut une conception quelque peu différente (mais tout à fait personnelle). Je pensais que ce "don" que recevaient les hommes étaient de pouvoir renaître ailleurs que sur Arda. Et dans ce contexte, après la Fin des Temps, "une musique encore plus grande, celle des choeurs des Ainur et des Enfants d'Ilùvatar" donnerait naissance à un autre monde, plus beau et parfait : un Paradis. - le rôle de la Chrétienté : si l'influence de la religion est notoire dans les écris de Tolkien, sa pensée dans le Silmarillion, plus que pour le Seigneur des Anneaux (mais présente toutefois) était véritablement tournée vers la Création par un Dieu Unique, complété par des "Archanges" puissants (Valar) et des "anges" moins puissants (maiar) mais tout aussi actifs. Là où je te rejoins totalement, Tolkien est un génie dans son genre. Et peu d'auteurs en vérité peuvent prétendre d'avoir laisser un Monde à leurs descendants. Le Silmarillion est une oeuvre bien plus complexe et complète que le Seigneur des Anneaux, bien plus passionnante aussi. Deux questions cependant auxquelles je n'ai pas encore trouvé de réponse : dans le Silmarillion, au sujet des Valars : ils sont quinze au départ, puis Melkor est déchu, ils se retrouvent à quatorze. Y a t-il une signification à ce chiffre ou est-ce le fruit d'un hasard de la "création" (pour faire référence aux chiffres "magiques" de la Religion comme les douzes apôtres...) ? De même, ces Valars, pour les plus puissants vont par couple. Sauf Ulmo (que tu définiras justement comme l'Instrument de Eru via Manwë) ; Nienna et Melkor (là, on se doute que celui-là, il vaut mieux qu'il soit seul...) ? Pardon d'avance pour les abérations de mes propos... :) Yavanna
Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 04-05-2002 Oups, j'avoue m'être retranchée dans le Légendaire depuis un temps certain, je cours faire un copier/coller/mes documents/lecture critique/commentaires ...c'est parti :-)) Cathy
Mise à jour du 30/04/2002 - Vallis - 04-05-2002 Pour l'instant je n'ai que parcouru en daigonale ton essai mais il semble très interressant. Je m'y attaque dès que je le peut. Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 06-05-2002 Je vois, Cathy, que tu as fait quelques remarques que j’aurais voulu être le premier à relever mais d’autres avec lesquelles je m’inscris en faux. Szpako Wrote:Dans la mythologie nordique, on trouve l’idée que les dieux sont finalement impuissants devant le mal, les hommes et les femmes bien d’avantage. Faux, ils ne sont pas impuissants puisqu’ils arrivent à le faire disparaître. Simplement avec un coût des plus élevés. Alors que toutes les puissances mauvaises disparaissent, s’entretuant avec les principales puissances ‘bénéfiques’ (mais une telle dichotomie est-elle justifiée pour les dieux scandinaves ? cf. l’exemple d’Ódhinn qui n’a rien d’un héros), les dieux existent encore par quelques survivants qui organisent l’âge d’or ; ce sont Vídharr, Váli, Módhi, Magni, Baldr et Hödr. [Gylfaginning 53] Le mal est bien vaincu Szpako Wrote:Le désastre attend donc les héros et héroïnes des récits anciens […] et malgré tout ils refusent de céder et vont stoïquement au-devant de la mort (acte tout à fait anti-chrétien). Quoi ? ? aller stoïquement à la mort serait un acte anti-chrétien ? refuser de céder face à l’adversaire serait anti-chrétien ? Quel camouflet pour tous les martyrs qui sont allés aux arènes en chantant, pour Étienne qui subit la lapidation en pardonnant à ses meurtriers pour finalement ‘s’endormir’ [Actes 7 :55-60], pour Paul qui, attendant son exécution dans une prison de Rome, ne regrette rien et écrit au soir de sa vie : " le moment de mon départ est venu. J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. " (2 Timothée 4 :6-7) ; pourtant il savait que la mort l’attendait dans sa mission : " Et maintenant, voici qu’enchaîné par l’Esprit, je me rends à Jérusalem, sans savoir ce qui m’y adviendra, sinon que, de ville en ville, l’Esprit Saint m’avertit que chaînes et tribulations m’attendent. (…) voici que, je le sais, vous ne reverrez plus mon visage " [Actes 20 : 22-23, 25] et bien sûr Jésus qui annonce par trois fois à ses disciples son supplice s’il va à Jérusalem mais y va quand même, qui ne se défend pas devant des juges qui présentent de faux témoignage, qui se laisse torturer par les romains, qui accepte la mort précisant à un disciple qui voulait le délivrer par les armes qu’il n’est passif que par sa propre volonté : " penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père, qui me fournirait sur-le-champ plus de douze légions d’anges ? " [Matthieu 26 :53] Ont-ils cédé, n’ont-ils pas été stoïques ces chrétiens anonymes en Hébreux 11 :35 : " Les uns se sont laissé torturer, refusant leur délivrance afin d’obtenir une meilleure résurrection " ? Que nous soyons croyants ou pas, c’est ainsi que les textes parvenus jusqu’à nous présentent des héros de la foi qui n’ont rien à envier, sur le plan de l’attitude stoïque face à la mort, aux dieux scandinaves. Je m’emporte, je m’emporte, mais je me rends compte que tu voulais peut-être dire que les chrétiens ne cherchent pas à aller au devant de la mort, encore moins à mourir. C’est vrai. Mais c’est tout aussi vrai (certes dans une moindre mesure s’agissant d’une mythologie guerrière) pour les dieux nordiques ! ! Ódhinn cherche par tous les moyens à connaître l’avenir pour savoir si les temps sont venus de se sacrifier ou pas (il serait bien regrettable de mourir avant l’heure !) ; ainsi lit-on : Szpako Wrote:Mais chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse. C’est faux. Il y a l’espoir d’une lutte utile avec la vision d’une terre éternellement bénie pour les générations futures, humaines comme divines : [citation=Völuspá 59]Elle [la voyante] voit émerger Une seconde fois Une terre de l’onde, Éternellement verte ;(…)[/citation] Bénédictions éternelles également pour les fidèles qui ont lutté avec les dieux et qui sont dans l’au-delà : [citation=Völ. 64]Elle voit une salle se dresser Plus belle que le soleil (…) C’est là que les fidèles Troupes vont habiter Et pour l’éternité Jouiront du bonheur.[/citation] Ce qui m’amène à commenter un peu plus ton article, Cédric. Je ne m’étendrai pas sur des félicitations que j’ai déjà faites et qui ont été largement complétées, et tenterai plutôt de faire une remarque critique que j'espère constructive. Il me semble erroné (si je t’ai bien lu) de vouloir opposer Chrétienté et Mythologie Nordique en considérant que " nous trouvons une concurrence entre le Destin, d’une portée mythologique, et la providence, signe de l’intervention de Dieu. " [§4] donnant l’impression que, progressivement, Tolkien a christianisé le Silmarillion. Ceci pour plusieurs raisons : Le soleil s’obscurcira, * De même [Völ 45] : Les frères s’entre-battront Renvoie à [Marc 13 : 7-8, 12] : Vous entendrez parler guerres et bruit de guerres (…) * Là, encore, en [Völ 52, 57] : Surtr arrive du sud (…) on trouve l’écho du passage du prophète Isaïe [Is. 34 : 3-6,10] : La puanteur de leurs cadavres se répand, Il y aurait d’autres emprunts, mais je pense que la démonstration est convaincante. Elle me sera utile pour proposer l’hypothèse suivante : je crois que Tolkien a aimé tout de suite les mythologies scandinaves parce qu’il y trouvait des mythes puissants, violents, originaux mais également des passages qui faisaient résonner en lui sa culture biblique. Car je suis de plus en plus convaincu que Tolkien n’était pas qu’un catholique se contentant de tradition ; il connaissait bien la Bible, Ancien comme Nouveau Testament (cf. de prochaines contributions sur la prescience de Féanor avant sa mort et l’alliance de Gil-galad qui ont leur origine dans l’Ancien Testament). Alors inconsciemment ou pas, sa création, dès lors qu’elle s’est voulu mythologique ou épique, n’a pas pu éviter des emprunts littéraires à la Bible et très tôt a voulu mêler les deux. L’œuvre grandissant, son propos sur la mort et le mal également, la composante chrétienne ne pouvait que devenir dominante. Enfin, concernant Tolkien, je ne pense pas qu’il faille parler seulement d’inspiration ‘chrétienne’ (laquelle serait axée sur le Salut, la ‘Providence’ divine) mais bien d’inspiration ‘biblique’ (le Silmarillion étant plutôt associé à l’Ancien Testament et le SdA au Nouveau). Autre remarque : De nos jours, de moins en moins nombreuses sont les personnes ayant une culture chrétienne. Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 06-05-2002 Cédric, Cathy, les autres...j'ai dit des bêtises? enfin...juste en passant pour préciser que les dernières occurrences de la torpeur divine se trouvent dans le livre de Job. Livre traduit par Tolkien et dont il avait été montré par Eruvike que Tolkien avait utilisé certaines de ses formules pour établir sa mythologie de la mort. Sosryko Mise à jour du 30/04/2002 - Cédric - 06-05-2002 Merci d'ores beaucoup pour toutes vos remarques. Le temps de les relire, de les assimiler, de vérifier ce que j'ai dit dans mon article et de rédiger une réponse et je suis à vous ;-)) A+ Cédric. Mise à jour du 30/04/2002 - Cédric - 06-05-2002 Pour faire suite à ma première réponse à Adunaphel (et à tous) conçernant le Destin, je signale l'ouverture du sujet La Place du Destin dans Le Silmarillion (tout un programme ! ;-)) Cédric. Mise à jour du 30/04/2002 - Beruthiel - 06-05-2002 Je voulais juste aller dans le sens de Sosryko quand il dit qu'il serait préférable de plus expliciter les références à la chrétienté. Je fais partie de ceux qui sont parfaitement incultes dans ce domaine. En fait quand j'ai lu ton article, Cédric, je me suis demandé comment interagissait le libre arbitre et la volonté divine selon la pensée chrétienne. Sosryko : tu parles de Dieu comme étant celui qui fixe les destinées humaines : cela me semble contradictoire avec l'idée du libre arbitre de l'homme (j'avais dans l'idée que c'était un aspect important du catholicisme) ? ? Mais sans doute que je caricature ta pensée. En tout cas tout cela est très intéressant ! ! Poursuivez cette discussion, chers érudits, et je continuerai à vous lire dans un silence attentif… Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 07-05-2002 au fait Beruthiel, c'est la première fois que je te rencontre, alors je manquerais (et j'ai manqué!) à tous mes devoirs si je ne te remerciais pas de venir rejoindre la troupe ;-)) salut à toi Céline Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 07-05-2002 sosryko >> Tu sais bien que je ne sors que lorsque les ténèbres ont obscursi la face du soleil et jeté leur voile de frayeur sur l'inconscient des hommes endormis ;-) proies faciles et délectables pour les prédateurs nocturnes :-)) Donc j'ai posté la nuit dernière ( où l'année dernière selon les traces écrites, les plus fiables :-)) Suis-je un démon de votre passé ou un être de votre présent ?), je te lis là ( et ailleurs) et demain je réponds et je mords LoL A+ Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 07-05-2002 Sosryko Wrote:Enfin, concernant Tolkien, je ne pense pas qu’il faille parler seulement d’inspiration ‘chrétienne’ (laquelle serait axée sur le Salut, la ‘Providence’ divine) mais bien d’inspiration ‘biblique’ (le Silmarillion étant plutôt associé à l’Ancien Testament et le SdA au Nouveau). Je te renvoie au message d'Eruvike qui semblerait dire le contraire, mais comme je ne suis pas une spécialiste en théologie, à toi de voir. Cathy Dodo Mise à jour du 30/04/2002 - Vayrenoth - 07-05-2002 J’ai potassé ton article Cédric, et j’aimerais te poser deux trois questions et faire quelques remarques. 1. Tout d’abord, le choix du titre de l’article, « un exemple d’étude avec la place prépondérant du Destin », qui nomme donc le principal fil conducteur de ton étude. Pourquoi avoir choisi le Destin ? Etait-ce un choix qui s’imposait de lui-même à tes yeux ? Puisque Tolkien lui-même parlait du Pouvoir comme thème allégorique de son œuvre, alors que certains évoquent la Mort et l’Immortalité. Tu parles également du Don à un moment ; c’est un thème qui m’intéresse grandement ici, et peut-être aurait-il été intéressant de continuer une autre étude dans cette voie-là. 2.1. La comparaison que tu fais entre le Silmarillion et la Chrétienté est très intéressante, et s’imposait effectivement. J’aurais aimé ajouter une similitude que je n’ai pas vu dans ton étude : Melkor n’est-il pas semblable à l’ange Iblis, rebellé contre son Créateur et banni des cieux ? 2.2. A ce propos, je trouve que la fin du monde évoquée par Tolkien ressemble plus au Jugement Dernier qu’au Ragnarök ; en cela par exemple que le Ragnarök n’évoque pas de renouveau après la destruction des Dieux… Mais peut-être que je me trompe. 3.1. Troisième remarque, et la plus essentielle à mes yeux. Lorsque Tolkien se mit au travail, c’était dans l’optique de donner une mythologie à l’Angleterre. Fasciné par les récits épiques nordiques, les anciennes sagas seront ses principales sources d’inspiration. Alors voilà la question que je me pose : Tolkien n’avait-il aucune connaissance des légendes celtes ? Pourtant l’édition diplomatique du plus important d’entre eux, le « Lebar na Nuachongbala », plus connu sous le nom de « Book of Leinster », date de 1986, tandis que ses premières traductions sont antérieures à 1847. Alors, manque d’informations ? Choix volontaire ? Ou haine de l’Irlande ? (dont les récits concernent d’ailleurs la totalité des pays celtes)… D’ailleurs, certains points de comparaison m’amènent à penser que s’il ne s’en est pas essentiellement inspiré, il en a peut-être au moins eu connaissance… A moins que ce ne soit là quelque tour de notre bonne vieille Noosphère ;-))) 3.2.1. D’abord, l’importance de la musique chez Tolkien. Il en est de même chez ces bons vieux celtes, chez lesquels elle appartenait au domaine divin, et à l’Autre Monde, le Sidh. La musique est tout à la fois une magie, une thérapeutique, un divertissement. C’est aussi un art primordial, et pour les celtes, quiconque possède un art est élevé au rang des dieux. ( Mais certains me diront que son importance est plus grande encore parmi d’autres peuples, comme les peuples africains par exemple…) mauvais avis des vieillards, le fils ira dans le lit du père, Un mauvais temps, Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 07-05-2002 C’est un bien vaste sujet (au-delà de mes compétences) que de traiter l’apparent problème entre, d’un côté, le libre arbitre dont Dieu à gratifié l’homme et, de l’autre côté, son omniscience qui le rend maître de l’avenir ou son omnipotence qui lui permet d’intervenir et donc de façonner cet avenir. Mais je n’ai surtout jamais voulu dire que Dieu ‘programme’ sa création ou ses créatures!! ... même si ma présentation volontairement contradictoire pouvait le faire penser. Je voulais simplement montrer que la dichotomie entre Destin nordique (où des héros acceptent un avenir fixé d’avance) et Providence divine ignorait que l’on trouve dans le Nouveau Testament des hommes (Jésus, Paul) ayant également accepté une destinée en toute connaissance de cause. Le don du libre arbitre est sans équivoque dans le texte biblique : l’homme a la capacité de choisir de suivre Dieu comme de le rejeter ; ainsi, parmi d’autres versets : Mise à jour du 30/04/2002 - Beruthiel - 07-05-2002 Sosryko >> Merci pour ta reponse (et aussi pour tes encouragements pour ma these...). Il y a un truc qui m'a interpelle c'est le :"il viendra le jour du seigneur,comme un voleur". Je trouve ca assez curieux comme comparaison. Je mediterai tout cela pendant le magnifique viaduc qui commence ce soir.... Mise à jour du 30/04/2002 - Hisweloke - 07-05-2002 Un peu perdu dans ces longs échanges, moi... Noté en passant : Vayneroth Wrote:2.2. A ce propos, je trouve que la fin du monde évoquée par Tolkien ressemble plus au Jugement Dernier qu’au Ragnarök ; en cela par exemple que le Ragnarök n’évoque pas de renouveau après la destruction des Dieux… Mais peut-être que je me trompe. C'est plutôt l'inverse, j'aurais dit... Il y a une recréation du Monde après le Ragnarök: [citation=Völuspá §59]Elle voit la terre sortant une deuxième fois / Hors de l'écume, belle et verte[/citation] [citation=Völuspá §61 et suivants]De merveilleux trésors d'or seront encore trouvés dans l'herbe verte, Des trésors autrefois possédés[/citation] Cf. la Völuspá. Il n'y a pas à strictement parler de recréation du Monde après le Jugement Dernier. L'avènement du Royaume de Dieu est plus métaphorique que concret. Cf. notamment Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses volume 1, Payot, notamment le chapitre "L'iran antique et Zoroastre" où l'auteur se livre à une comparaison (rapide) avec les thèmes hébraïques. Enfin c'est une bonne question, à creuser. Didier. Mise à jour du 30/04/2002 - Cirdan - 08-05-2002 Didier, il y a neanmoins le concept de la Jerusalem Nouvelle qui peut y etre rapprochee, non? Mais peut-etre est-ce seulement metaphorique. Pour le Ragnarok, Tolkien ecrit ouvertement dans une lettre son influence sur la fin d'Arda quoique de facon indirecte car les differences y sont pour le moins nombreuses. Parmi les plus flagrantes, Morgoth n'a pas le succes de Surtr et Manwe n'est pas voue au sort d'Odin. Cirdan
Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 08-05-2002 Hisweloke Wrote:Un peu perdu dans ces longs échanges, moi... Je suis désolé mais c’est la faute à Cédric, il n’avait pas à rédiger un si long article pour ensuite nous demander avec insistance des commentaires ;-) Quote:Il n'y a pas à strictement parler de recréation du Monde après le Jugement Dernier. L'avènement du Royaume de Dieu est plus métaphorique que concret. Erreur (cf. ce qui vient) Quote:Cf. notamment Eliade, (…) notamment le chapitre "L'iran antique et Zoroastre" où l'auteur se livre à une comparaison (rapide) avec les thèmes hébraïques. Enfin c'est une bonne question, à creuser. Si nous la creusons, les échanges n’ont pas fini d’être longs ;-) Sans enlever toute valeur au grand Eliade, comment une comparaison ‘rapide’ pourrait remplacer la lettre et le sens du texte original ? Il faut avoir à l’esprit (je me doute bien que ce doit être ton cas Didier, mais je précise pour que des participants comme Beruthiel puissent suivre) que la Bible n’est pas un livre mais une compilation de près de 70 livres, rédigés sur des siècles, avec de multiples auteurs et rédacteurs. À creuser la question, il faudrait ajouter au dossier les dizaines d’œuvres apocryphes inter-testamentaires et néo-testamentaires, les Talmuds (pour les juifs) et les écrits des Pères (pour les chrétiens). Il est donc bien compréhensible que nous y trouvions des traditions différentes quant à la manière de traduire l’intraduisible, la Fin des Temps. Si on se restreint à la destinée de la Terre à la Fin des Temps, au moins deux courants bibliques se rencontrent et décrivent une révolution miraculeuse géographique/cosmique succédant à la " Fin de Jours " : (1) il y a régénération de la Terre, le monde existant étant parachevé, lavé de ses imperfections, de la perversité et de l’injustice, bref, du péché de l’homme qui a corrompu la création. (2) il y a destruction de la Terre actuelle et création d’une Nouvelle Terre (= nouvelle création) Dans les deux cas il y a action divine sur les éléments terrestres, sans métaphore volontaire aucune de la part du rédacteur. Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 09-05-2002 Wow ça devient craignos sur JRRVF. Je propose à Cédric de nous installer un moteur de recherche sur La Bible ;-)) Bon en attendant je m’arme de tous mes bouquins … Sosryko, Je maintiens mes positions « stoïquement », et je commence par ta dernière remise en cause qui semble plus d’actualité ;-) Jesus parle bien aussi du Royaume des Cieux et non terrestre, il me semble : « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux » (l’Evangile selon St Mattieu). Plus loin à propos de la résurrection il dit « A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme, ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel ». Enfin la Jérusalem future dans l’Apocalyse est dite « céleste ». Sosryko Wrote:Si on veut revenir à la comparaison Völuspá/Nouveau Testament, cette première, décrivant l'incendie universel provoqué par Surtr, comme le second, présente une destruction totale suivie d'une nouvelle création. Normal, encore une fois, le poème nordique s'inspirant de la Bible qui privilégie la tradition du total recommencement plutôt qu'une régénération. Erreur ;-)) Et dans le Légendaire, Tolkien parle d’une Arda Régénérée. Je ne nie pas que la mythologie nordique dont s’est inspiré Tolkien, soit en partie christianisée, mais qu’il faille opposer les sources chrétiennes et scandinaves, oui je le crois. Et là j’ai envie de citer un extrait de Mircea Eliade in « Mythes, rêves et mystères » qui montre bien cette opposition : Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 09-05-2002 Szpako Wrote:Bon en attendant je m’arme de tous mes bouquins … C’est un peu le problème ; je sens que tu vas me sortir Eliade ;-)…au lieu de me lire avec calme et sans a priori :- Quote:Sosryko, Je maintiens mes positions " stoïquement ", Toutes? Suis-je donc tant dans l’erreur ? ‘stoïque’ = se dit d’ordinaire d’un très grand courage, spécialement contre la douleur. Suis-je donc un tortionnaire pour que tu souffres autant à me lire ? pas toi Szpako ; il ne me resterait plus qu’à partir… ;-)) Alors, je suis désolé, mais je vais devoir citer plusieurs de tes critiques car tu as mal compris ce que j’ai voulu dire ; c’est ma faute, c’est ma faute, j’aurais dû détailler (…au risque de rebuter le peu de personne qui me survolent ? ;-)) Alors, pour que ce soit clair pour tous, (là, j’aurais presqu’envie de mettre des capitales partout, étapes supérieure au gras omniprésent que tu as utilisé, Cathy ;-)) : Quote:Niet, Niet, Niet, je maintiens que chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse. J’écrivais bien, juste après ta phrase : " Il y a l’espoir d’une lutte utile avec la vision d’une terre éternellement bénie pour les générations futures " ce qui te montrait que nous étions d’accord pour dire que les scandinaves ne croyaient pas à une vie éternelle pour tous les croyants (femmes, enfants, malades,….) Pourtant, oui ( !) il y a une éternité bienheureuse chez les Scandinaves. Je ne vais pas réciter à nouveau la Völuspá, c’est lassant, mais on ne peut pas honnêtement dire le contraire. Mais cette éternité n’est pas pour tout le monde. Elle est : 1) pour la nouvelle création et 2) pour les morts au combat. Effectivement elle ne concerne pas les " les enfants ?, les femmes ?, les vieillards ?, les malades ?, tous ceux qui auront péri avant et pendant le cataclysme destructeur ? ? " Donc, elle ne concerne pas tout le monde, mais il en est de même pour le texte biblique ! ! ! ‘L’éternité bienheureuse’ ne concerne que les ‘chrétiens’ qui sont une minorité du monde. Le reste, la majorité (hommes, femmes, enfants….), est voué à ‘la seconde mort’ [Ap. 21 :8] ou à la non-existence (selon l’interprétation de certains textes de l’AT ou bien un courant de la théologie moderne). Cf. ta juste affirmation pour les scandinaves qui s’applique tout autant ici : " Mais les morts restent morts pour l’éternité en effet ". Et oui, il y a un point commun : dans les deux cas, tout le monde n’est pas sauvé, tout le monde n'entre pas dans ‘l’éternité bienheureuse’! Ce sont, comme je l’écrivais, les ‘fidèles’ à la divinité (à Dieu = les chrétiens, aux dieux guerriers = les troupes) qui entrent dans l’éternité. Simplement, les critères pour être un ‘fidèle’ sont très très différents l’un de l’autre. Je te cite citant Eliade (le gras n’est pas de moi) : Quote: La Ragnarök fait partie de " ces mythes de la Fin du Monde, impliquant plus ou moins clairement la re-création d’un Univers nouveau, exprimant la même idée archaïque, et extrêmement répandue, de la " dégradation " progressive du Cosmos, nécessitant sa destruction et sa re-création périodiques …. Et la croyance dans la perfection des commencements ". (Mircea Eliade) Je te cite me citant (un tout petit peu plus loin) : Quote:Sosryko Wrote:Si on veut revenir à la comparaison Völuspá/Nouveau Testament, cette première, décrivant l'incendie universel provoqué par Surtr, comme le second, présente une destruction totale suivie d'une nouvelle création. Normal, encore une fois, le poème nordique s'inspirant de la Bible qui privilégie la tradition du total recommencement plutôt qu'une régénération. Euh…tu me pardonneras, mais elle est où mon erreur ? ! ! ! pour une fois que je suis entièrement d’accord (à un mot près : ‘périodiques’) avec Eliade !… ;-)) Ce n’est pas, j’espère, parce que " dans le Légendaire, Tolkien parle d’une Arda Régénérée " ? ? ? 1) je répète, pour l’avoir expérimenté moi-même, un chrétien ne peut être que fasciné et séduit par le poème du Ragnarök tant il reprend une terminologie, une forme, un souffle épique biblique (indépendamment du sens) 2) Que Tolkien ait préféré suivre la tradition (1) d’une Terre régénérée (cf. post [08-05-2002 21:36] !) est justement LA preuve qu’il ne faut pas à tout prix (même si les philosophies diffèrent au-delà de la forme) opposer les sources judéo-chrétiennes principales (= tradition (2)) et scandinaves quant à l'avenir de la Terre: Tolkien n’a retenu ni les unes ni les autres pour le destin d’Arda. Quote:Je tendrais à penser, comme Didier, que l’Apocalypse dans la tradition judéo-chrétienne s’oppose totalement à une conception cyclique du temps. Le Temps est linéaire et irréversible : la cosmogonie a été unique, la fin du monde le sera aussi. Euh à nouveau... je ne répondais pas à Didier [07-05-2002 17:40] à propos de l’opposition entre une conception cyclique (Ragnarök) et une conception linéaire du temps (Apocalypse). Il opposait la notion de re-création physique (Ragnarök) à une re-création métaphorique (Apocalypse). Et il semble qu’il utilisait ‘recréation’ avec la notion de ‘régénération’. C’est sur ce point que j’ai voulu répondre, pas sur la notion linéaire du temps de l’histoire biblique que je ne remets pas en cause ! ! Au passage, la notion d’histoire cyclique (tout redevient comme avant, périodiquement) chez les scandinaves n’est pas plus fondée que dans l’histoire biblique. Quote:La fin des temps, c’est aussi la fin du temps, (…) Pas de recréation ou de recommencement, c’est encore autre chose (mais peut-on véritablement l’imaginer ?) Il consistera dans le " face à face " avec Dieu ? ? Tu crois pouvoir imaginer les combats cosmiques que décrit la Völuspá ? ;-) À part ça, je ne suis pas en train de dire que le texte biblique n’a pas de sens autre que le sens littéral. Bien entendu qu’il a une signification spirituelle (heureusement !). Mais est-ce bien utile à notre propos dans ce fuseau ? Surtout lorsque le but est d’approfondir l’univers d’un Tolkien qui détestait l’allégorie ! De plus, je ne m’intéressais qu’au destin de la Terre à la Fin des Temps et non pas à tous les événements de la Fin des Temps ('l’eschatologie', puisque tu utilises ailleurs ce gros mot ;-)). Enfin, je répète que je me limitais au texte biblique et non pas aux siècles de théologie qui ont suivi et qui ont voulu voir dans la Fin des temps la Fin Du temps (ou comment remplacer une énigme par une autre). Quote:Jésus parle bien aussi du Royaume des Cieux et non terrestre, il me semble : " Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux " (l’Evangile selon St Mattieu). Il te semble bien ;-)) c’est en [Mt 19 :14]. Mais… pardonne-moi, et je rougis de ce que je vais dire tant je t’aime bien (c’est vrai, tu le sais ! ;-)), mais tu es de mauvaise foi, là : comment, un peu avant, peux-tu me reprocher une présentation littérale de l’Apocalypse pour ensuite t’appuyer sur une interprétation littérale d’une parole de Jésus ? Dans les synoptiques, la notion de Royaume de Dieu est capitale mais aussi complexe. Matthieu l’a transformée en Royaume des Cieux parce que, judéo-chrétien qu’il était, il avait un tel respect du nom divin qu’il a voulu éviter de le prononcer en vain et a remplacé ‘le royaume de Dieu’ en ‘royaume des Cieux’. 1) en essayant de faire simple, le ‘Royaume de Dieu’ n’est pas, dans la bouche de Jésus, un lieu géographique, une destination mais bien la présence de Dieu dans le cœur des hommes, s’assimilant avec la Bonne Nouvelle (= Évangile). Alors, le ‘Royaume de Dieu’ devrait être traduit ‘Règne de Dieu’. Dans cette acception, il n’est pas une réalité palpable/physique mais une puissance non éclatante déposée dans le cœur de l’homme (cf. les multiples images du Royaume sous forme de paraboles du grain, de la semence, du trésor, de la perle en Matthieu 13 :24-30,31-33,36-50,44-47…). C’est en ce sens qu’il faut comprendre ta citation. [citation=Matthieu 12:28//Luc 11 :20 (Luc 10 :9,11)]Le royaume de Dieu est donc venu vers vous. (ou : vient de vous atteindre)[/citation] [citation=Marc 12:34]Jésus, voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit, Tu n'es pas loin du royaume de Dieu.[/citation] [citation=Luc 17:20-21]Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit, Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point, Il est ici, ou, Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.[/citation] [citation=Romains 14:17]Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit.[/citation] 2) le Royaume de Dieu/des Cieux appartient à la fois au ‘Déjà-pas encore’ de l’Évangile. ‘Déjà’, il est au milieu de nous (aspect ‘sotériologique’) mais il n’est ‘pas encore’ éclatant sur cette terre ; ce n’est qu’à la Fin qu’il sera totalement manifesté (aspect ‘eschatologique’). 3) ensuite, je le répète ( ;-)), si le sens est le même, on rencontre différentes présentations (symboliques, qui se complètent) dans le NT. Ainsi, l’interprétation du Royaume/Règne de Dieu dans l’Apocalypse est autant terrestre que céleste et non pas seulement céleste comme cela semble l'être souvent en Matthieu (mais il faut garder à l’esprit que ‘Cieux’ n’est qu’un euphémisme rabbinique pour ‘Dieu’). Dans l'Apocalypse, tout 'simplement', Dieu vient régner au milieu de ses fidèles qui restent sur la Terre Nouvelle : Quote:Enfin la Jérusalem future dans l’Apocalyse est dite " céleste ". c’est un peu 'maladroit ': dans l'épître aux en Hébreux, la Jérusalem spirituelle (par opposition à la capitale de Judée ; donc, la ‘nouvelle J.’ de l’Ap.) est encore céleste parce que les temps de la fin ne sont pas encore venu. En Ap.21 :2, après le Jugement dernier, elle ‘descend du Ciel’ pour venir sur la nouvelle terre. Elle devient la nouvelle (et véritable)Jérusalem terrestre, la [emphase]« véritable demeure de Dieu avec les hommes »[/emphase] [Ap. 21:3]. Quote:Plus loin à propos de la résurrection il dit " A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme, ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel ". Exact, en [Matthieu 22:30] Sauf que … 1) Tu en as une lecture erronée (mais très compréhensible ;-)) : ce ne sont pas les ressuscités qui sont ‘dans le ciel’ mais ‘les anges’. Il s’agit d’une expression typique de Matthieu ; cf : [citation=Matthieu 18:10]Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux.[/citation] 2) Luc l’a bien compris qui n’écrit que ‘ange’ dans son texte parallèle au texte de Matthieu que tu cites [verset 36 de Luc 20 :27-40]. De plus, dans ce texte, Jésus fait bien la dichotomie non pas entre Terre/Ciel mais entre [emphase]" Ce Monde-ci "[/emphase] / [emphase]" le Monde à venir "[/emphase] [Luc 20 :34-35], sémitisme que l’on trouve dans toute la littérature rabbinique. Ce Monde à venir, c’est l’éon grec aiwn { aiwn } qui signifie ‘monde/univers’ mais aussi ‘époque/temps/ère’. On pourrait parler de Premier âge et de Second âge… Au passage, l’auteur de Hébreux va plus loin, en parlant, lui aussi de " Monde à venir " pour les élus (en Hé 2 :5). Sauf qu’il utilise le mot grec oikoumenh { oikoumenh } qui signifie ‘la terre habitée’. Tolkien connaissait bien évidemment ce mot puisqu’il s’en sert pour qualifier la Terre-du-Milieu comme la terre habitée par les hommes [Letters, p.197, 239, 283]. Là encore, aucune opposition entre Terre et Ciel. Normal ; en nous souvenant que pour les premiers chrétiens comme pour les juifs, ‘ciel’ ou ‘cieux’ désigne la présence de Dieu et Dieu lui-même, dès à présent, le chrétien qui vit sur terre est décrit comme étant assis dans les cieux. Cf. : [citation=Éphésiens 2:5]Il nous a ressuscité et fait asseoir dans les cieux, en Jésus-Christ[/citation] Eliade Wrote:néanmoins, substituer au christianisme la mythologie nordique, c’était remplacer une eschatologie riche en promesses et en consolations (pour le chrétien, la " fin du monde " achève l’Histoire et la régénère tout à la fois) par un eschaton franchement pessimiste. Je suis entièrement d’accord ! ! ! et je n’ai jamais voulu remplacer la seconde par le premier, arglll :-( ! ! Szpako Wrote:Je ne nie pas que la mythologie nordique dont s’est inspiré Tolkien, soit en partie christianisée, mais qu’il faille opposer les sources chrétiennes et scandinaves, oui je le crois. Une dernière fois, je suis d’accord avec toi : la pensée pessimiste de la mythologie nordique n’a rien de comparable avec l’espérance chrétienne. Je répète néanmoins : ce que je ne voulais pas opposer, ce sont les sources, non pas quant à leur message mais quant à leur forme, à leurs tournures littéraires, aux images que l’une à prise à l’autre ET qui toutes deux ont influencé, sur ce seul plan formel, Tolkien de la même manière. Finalement nous sommes d’accord sur l’essentiel, non ? mais j’avoue que j’espère ne pas avoir à faire une explication de texte de ce type tous les jours ;-)) a+ Cathy ça m'a donné faim tout ça... bises quand même :-) Sosryko Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 10-05-2002 Szpako Wrote:Tu dis que la Bible privilégie la tradition du total recommencement et c’est là où j’ai du mal à te suivre (j’aurais du me méfier et regarder ton profil avant de m’aventurer dans ce genre de débat ;-)) Quoi?! tu n'avais pas encore regardé mon profil?! je suis véxé ;-) Sinon, il faut (encore) replacer cette phrase dans son contexte : je ne parlais pas de l'oeuvre et du salut de Dieu pour les hommes, mais bien du destin de la Terre. La Bible (AT+NT) privilégie (pour la Terre, la planète, pas l'humanité ou les croyants bien sûr) ce que j'ai appelé la tradition (2) (destruction+création) plutôt que la tradition (1) (régénération). Lorsque je dis 'privilégie' c'est qu'on trouve plus de traces de la seconde (2 P, Ap., Es., syn.) que de la première (Rm). Quote:La deuxième remarque un peu moins clair pour les non-clairvoyants ;-) Personne n'est parfait...même pas moi, euh...surtout pas moi ;-) Quote:Le lien que donne Didier donne une autre traduction très différente J'ai fait confiance à la traduction de Régis Boyer, qui n'est pas un manche mais a pu se tromper...tant ce vers semble être interpété de façons diverses (un petit tour sur internet, on trouve la 'belle et verte'='fair and green' que tu cites mais aussi 'all green'). C’est que le nom en vieux norois " iðiagrœna " est difficile à traduire. Le problème est identique avec l’interprétation de " Iðavöllr ", la plaine en [Völ.7] et en [Völ.60] Boyer, cohérent, dit que " son nom convoie l’idée de plaine toujours verte ". Quote:['l’eschatologie'] Mais où ça ? ? ? Dans ta longue citation d'Eliade ('l'eschaton annoncé', 'eschatologie', 'eschaton franchement pessimiste'). Les 'deux frères' de Vol.§63 ne sont pas forcément ceux que tu proposes. Boyer lui-même ne prend pas position hésitant entre 1) Baldr et Hodr (ils apparaissent à la strophe précédente) 2) Vili et Vé (cf. Gylfaginning) à ce moment là (et c'est ce que je pense), les 'fils des deux frères' sont la nouvelle race de dieux et non pas les générations humaines futures. (en tout cas, rien n'est moins 'sûr' comme l'affirme l'auteur de la néanmoins superbe page sur la Voluspa indiquée par Didier). D'accord bien entendu avec toi pour la présence essentielle de l'arbre. Il y a encore à dire, certainement, sur ce sujet. Quote:Pour mes autres remarques, ben, à demain ok Sosryko, impatient ...mais qui craint ce qui l'attend (qu'est-ce que j'ai encore dit de travers) ;-) Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 10-05-2002 Hé ben Sosryko ! Belle explication de texte, que j’apprécie et que j’ai lu « stoïquement » (je plaisante ;-)) Merci du temps passé. Sosryko Wrote:ce que je ne voulais pas opposer, ce sont les sources, non pas quant à leur message mais quant à leur forme, à leurs tournures littéraires, aux images que l’une à prise à l’autre ET qui toutes deux ont influencé, sur ce seul plan formel, Tolkien de la même manière. Et Quote:enfin, au delà de la fausse opposition Destin/Providence, je ne crois pas qu’il faille autant opposer les sources chrétiennes et scandinaves. [06-05-2002 ] Tu vois où j’ai péché ;-)) La deuxième remarque un peu moins clair pour les non-clairvoyants ;-) Réaction en chaîne : sosryko Wrote:Szpako Wrote:Sosryko Wrote:Si on veut revenir à la comparaison Völuspá/Nouveau Testament, cette première, décrivant l'incendie universel provoqué par Surtr, comme le second, présente une destruction totale suivie d'une nouvelle création. Normal, encore une fois, le poème nordique s'inspirant de la Bible qui privilégie la tradition du total recommencement plutôt qu'une régénération. Tu dis que la Bible privilégie la tradition du total recommencement et c’est là où j’ai du mal à te suivre (j’aurais du me méfier et regarder ton profil avant de m’aventurer dans ce genre de débat ;-)) Pour moi, dans le mythe chrétien il n’y a pas un total recommencement mais autre chose de nouveau (tu vas dire que je joue sur les mots, soit). (Et l’Apocalypse est à comprendre comme une vaste métaphore ? ?) Sosryko Wrote:'l’eschatologie', puisque tu utilises ailleurs ce gros mot ;-)). Mais où ça ? ? ? Pour ‘Royaume des Cieux’, je ne fais pas preuve de mauvaise foi ( :-( ), je comprends cieux comme un ailleurs avec Dieu (tu explicites tout cela bien mieux que moi ;-)) et ma citation venait juste après la notion du « face à face » avec Dieu. Là tu me lis aussi avec un a priori. Idem pour ma deuxième citation, qui suivait, les ressuscités seront autres, régénérés, différents de ce qu’il étaient en tant que mortels, plus proches des êtres angéliques. Là je suis véxée ;-(( Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 11-05-2002 Ne crains rien Sosryko, en tout cas pas en plein jour ;-)) J’oubliais, mais je suis d’accord , face à une lecture poétique j’oppose une lecture d’interprétation, idiot, mais cela m’a permis d’apprendre un tas de choses interessantes (comme l’utilisation du mot grec oikoumenh ). Rassurée que c’est Eliade qui a l’esprit mal tourné par contre ;-)) Sosryko Wrote:à ce moment là (et c'est ce que je pense), les 'fils des deux frères' sont la nouvelle race de dieux et non pas les générations humaines futures. Mais il affirme le contraire, non ? ? ? Quote:Vili et Vé (cf. Gylfaginning) Selon mes sources (petites) ils peuvent être identifiés à Hoenir et Lödurr, donc je n’étais pas si loin de la vérité … mais quel micmac ;-) Bon la suite de mes griefs ;-)) Je maintiens que le désastre attend donc les héros et héroïnes des récits anciens (que d’histoires atroces, comme celle de Kullervo ou celle de Signy fille de Volsung et sœur de Sigmund que l’on trouve dans la Volsungasaga) et malgré tout ils refusent de céder et vont stoïquement au-devant de la mort (acte tout à fait anti-chrétien). Et les Noldor, en retournant sur la Terre du Milieu, font aussi le choix de mourir, faisant suite à ce que je disais de la mythologie nordique, où l’on trouve l’idée d’une impuissance devant le mal. Ce n’est pas un camouflet ;-)) Je vais tenter d’être plus explicite … De plus, je ne parle pas des dieux nordiques mais bien des hommes ;-) Si Buffy, pour vaincre les forces du chaos, fait le choix de mourir, c’est par amour, pour sauver ceux qu’elle aime et accessoirement l’humanité ;-)). « La mort est son Cadeau » ;-) Par contre Kullervo le fait par désespoir et honte. Dans le Légendaire le fait d’aller au-devant de la mort est bien déterminé par ces 2 motivations fort différentes, l’une dans l’optique chrétienne d’amour et de sacrifice (et le SdA s’en fait l’écho à travers les personnages de Gandalf et de Frodo, 2 images « christiques »), l’autre dans une optique plus mythique reposant sur la notion d’hybris, ce sont l’orgueil, la vengeance et le désespoir qui poussent à aller au-devant de la mort ou à se suicider (voir les cas de Denethor,de Hurin, de Turin et de Nienor par exemple). Cette dernière attitude, la mystique chrétienne la condamne (moi, personnellement, non) : [citation=Deutéronome 30 :19]J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre, j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie , afin que tu vives, toi et ta postérité.[/citation] (petite citation que je te pique ;-)) Et Gandalf dit à Denethor qui veut se suicider par le feu : [citation=Le Retour du Roi, Livre V, chap.7]« Vous n’avez pas autorité, Intendant de Gondor, pour ordonner l’heure de votre mort.Et seuls les rois païens , sous la domination de la Puissance Ténébreuse, le firent, se tuant dans leur orgueil et leur désespoir, et assassinant leurs proches pour faciliter leur propre mort »[/citation] Gandalf ne traduit-il pas ici une réalité pangermanique de certains destins « déplorables » ;-) de héros marchant sans faillir vers une mort tragique, que leur valent l’enchaînement fatal, inéluctable, des vengences d’honneur ? Cette farouche grandeur provient d’une volonté inflexible de prendre son destin à son compte (Turin et Fëanor sont représentatifs à cet égard, leur mort étant par contre héroïques, car ils refusent de capituler et préfèrent la mort, Denethor lui capitule, …mais n’est-ce-pas faire preuve d’orgueil aussi ?). Mais comme tu le dis justement, les Nordiques comme les premiers chrétiens persécutés, mesuraient la valeur de leur vie selon un talon d’héroïsme, mais souvent dans les contes nordiques , le tragique découle d’un héroïsme « démesuré ». Prenons la légende de Signy contenue dans la Saga Völsunga (on connaît celle finlandaise de Kullervo), particulièrement atroce, dont voici un petit résumé (que je dédicace à Beruthiel ;-)) : [citation]Signy était la fille de Volsung et la sœur jumelle de Sigmund. Son mari, le roi des goths, tua Volsung par traîtrise et captura les fils de sa victime. L’un après l’autre, il les enchaîna pendant la nuit, afin de les faire découvrir et dévorer par un loup, mère du roi. Quand le dernier , Sigmund, fut amené et chargé de chaînes, Signy avait trouvé un moyen de le sauver. Elle le libéra et ensemble, ils firent le serment de venger leur père et leurs frères. Signy décida que Sigmund aurait pour l’aider un être issu de leur rang ; sous un déguisement, elle lui rendit visite, lui jeta un charme et passa 3 nuits avec lui.Jamais il ne sut qui était cette femme, le charme se rompant une fois vengeance accomplie. Lorsque le garçon né de leur union atteignit l’âge de la quitter, Signy l’envoya à Sigmund et dès lors, tous 2 vécurent ensemble jusqu’à ce que l’adolescent – Sinfjolti – devînt adulte. Signy vécut toutes ces années- là avec son mari, lui donnant des enfants, ne lui montrant rien de ce désir de vengeance qui consumait son cœur. Le jour attendu vint enfin. Sigmund et son fils prirent la maisonnée par surprise, ils tuèrent tous les autres enfants de Signy ; ils enfermèrent son mari dans sa demeure et y mirent le feu. Signy, sans un mot, les regardait agir. Quand tout fut accompli, elle leur dit qu’ils avaient glorieusement vengés leurs morts, puis elle entra dans la maison en flammes et y mourut. C’était là ce projet qu’elle avait nourri pendant toutes ces années : faire périr son mari puis mourir avec lui.[/citation] On retrouve un thème similaire de vengeance et de mort de toute la smala, dans le mythe grecque de Médée, qui par désespoir d’avoir été trahie par celui qu’elle aimait , tue leurs 2 petits enfants, avant de s’envoler dans un char traîné par des dragons. De même Denethor, qui dans son orgueil et désespoir d’une défaite, veut entraîner dans son suicide son fils Faramir. Et que dire de Fëanor, qui malgré la prophétie de Mandos : « …et au-delà d’Aman vous marcherez sous l’ombre de la Mort… » , mène lui-même, ses fils et une partie des Noldor à leur perte, en toute connaissance de cause. Son héroïsme se fonde sur une cause perdue, il est impuissant devant le mal, mais paradoxalement l’héroïsme est son seul soutien possible. C’est grâce à son courage et à celui des autres Noldor, qui a permis l’affaiblissement de Morgoth détourné de ses objectifs premiers de destruction totale d’Arda, et ainsi contribué à sa défaite future. Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 11-05-2002 Sosryko Wrote:(en tout cas, rien n'est moins 'sûr' comme l'affirme l'auteur de la néanmoins superbe page sur la Voluspa indiquée par Didier). Szpako Wrote:Mais il affirme le contraire, non ? ? ? [Rien n'est moins 'sûr'] que de croire qu'il n'y a qu'une solution [comme l'affirme etc..] S'il s'agit de Vili et Vé (qui créent l'homme avec Odhinn dans Gyl.18, remplacés par Hoenir et Loddur en Vol.17-19), alors on peut avancer l'idée que leurs fils sont les hommes. Mais pourquoi parler seulement des 'fils des deux frères', brisant la triade créatrice divine de Vol. 17 ('trois Ases'); parce que Odhinn a disparu? ça me paraît un peu juste. S'il s'agit de Baldr et Hodr, alors leur fils sont les noveaux dieux. La seconde proposition (il y en a paut-être d'autres car Vidarr est également fils d'Odhinn et semble vivant, p.ex.) me semble plus probable tant il y a recouvrement des thèmes par deux srtophes consécutives de Vol.60 à 64 est présent : 60. se remémorent/les grands événements 61. Dans la verdure 62. Hodr et Baldr 63. bâtissent Szpako Wrote:Dans le Légendaire le fait d’aller au-devant de la mort est bien déterminé par ces 2 motivations fort différentes, Jolie distinction, d'accord avec toi sur l'esprit de la dichotomie, à condition de remarquer deux contre-exemple bibliques (au moins) qui me viennent à l'esprit : la fille de Jephté et Samson (qui se trouvent tous deux dans le livre des Juges respectivement aux chapitres 11 et 16) Quote:Mais … la suite à demain ;-) il faut attendre?...arrglll!!! Sosryko Mise à jour du 30/04/2002 - Beruthiel - 13-05-2002 Ouh là là vous en avez écrit des pages pendant mon absence ! Je vous remercie de vos attentions pédagogiques :-) . Je viens de récupérer le livre sur la mythologique d'Edith Hamilton (d'où tu as tiré le résumé de l'histoire Signy apparemment Cathy) où il est dit à propos des hommes : [citation]Une mort courageuse leur donne droit - pour les héros tout au moins - à un siège dans le Valhalla mais là aussi ils doivent s'attendre à la défaite finale et à la destruction. Dans la lutte décisive où s'opposeront le bien et le mal, ils se rangeront aux côtés des dieux et mourront avec eux.[/citation] Vous dites vous aussi que les héros vont rentrer dans l'éternité. Mais par ailleurs vous parlez de deux survivants : il me semble que c'est fondamentalement différent : dans le premier cas les héros peuvent aller au devant de la mort en espérant gagner ainsi une place pour l'éternité mais pas dans le second. Qu'en est-il ? Peut-être il y a t -il incohérence à l'intérieur du mythe ? Sosryko : tu dis que selon la Bible seuls les chrétiens auront le droit à une éternité bienheureuse. Je suppose que c'est une interprétation littérale : il me semblait que selon la pensée chrétienne tous les hommes devaient participer à l'harmonie finale ? (en fait l'idée que je me fais de la pensée chrétienne est très largement inspirée de ma lecture des Frères Karamazov…) Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 14-05-2002 Beruthiel Wrote:Vous dites vous aussi que les héros vont rentrer dans l'éternité. Mais par ailleurs vous parlez de deux survivants : il me semble que c'est fondamentalement différent (…) Qu'en est-il ? (…)y a t -il incohérence à l'intérieur du mythe ? C’est fondamentalement différent ;-) Les ‘héros’ qui entrent dans l’éternité sont morts au combat et sont, pour l’éternité, dans un au-delà béni, appelé Gimlé [Völ.64], véritable paradis scandinave (où on devine les guerriers se tapant dessus et buvant de l’hydromel pour l’éternité comme au bon vieux temps du Valhöll ; cool…) Les ‘deux survivants’ n’apparaissent pas dans la Völupsá mais dans les Dits de Vafthrúdhnir (oserais-je faire une énième fois de la pub pour le fuseau Légendaire>Énigmes et caractères… qui les a déjà présentés? Aller, j’ose ;-)), que la Gylfaginning a repris : il s’agit de Líf (= « Vie ») et Líf-thrasir (= « celui qui aspire à vivre » ; ou Leif-thrasir = « persistance de ce qui a survécu ») qui se cachent dans « le bois de Hóddmímir » (= bois de Mímir au Trésor= Yggdrasill semble-t-il ; [Vaf.45]) qui résiste en partie, visiblement, à l’embrasement du monde par Surtr [Vaf.50+Völ.52,57]. D’eux deux « naîtront les hommes » [Val.45]. Ces deux survivants sont donc les nouveaux Askr (premier homme) et Embla (première femme) de la Nouvelle Terre. Tout comme eux, leur venue au nouveau monde se fait par l’intermédiaire d’un arbre (Askr et Embla sont issus de deux troncs d’arbre [Gyl.9]). Ils ne sont pas tombés au combat comme les ‘héros’ et finiront donc par mourir un jour. A propos du devenir des hommes (l'humanité) qui ont subi le Ragnarök, il n’y a pas d’incohérence car il n’y a qu’une source (il me semble), celle de Snorri, très très christianisé sur ce point : ainsi les habitants de Gimlé (et autres lieux célestes) ne sont pas les ‘troupes’ de [Völ.64] mais les hommes ‘bons et vertueux’ tandis que les autres, ‘les parjures et les meurtriers’ sont dans des lieux de tourments [Gyl.52] ; en fait, pour ces derniers, il s’agit d’une projection (exagérée) après le Ragnarök d’une description dans la Völuspá des mondes infernaux avant le Ragnarök. Quote:tu dis que selon la Bible seuls les chrétiens auront le droit à une éternité bienheureuse. Je suppose que c'est une interprétation littérale : il me semblait que selon la pensée chrétienne tous les hommes devaient participer à l'harmonie finale ? (en fait l'idée que je me fais de la pensée chrétienne est très largement inspirée de ma lecture des Frères Karamazov…) Quelle belle lecture que la tienne ;-) Pour revenir à nos moutons, je ne faisais pas une présentation relevant de l’ histoire des traditions mais bien une présentation relevant du texte biblique (AT+NT). Selon le NT, il n’ y a que deux possibilités pour celui qui a entendu le message de l’Évangile (=Bonne Nouvelle = Dieu qui envoie son Fils pour nous réconcilier avec lui par son sacrifice qui efface le péché du croyant et renoue la communication avec la divinité) : soit on le fait notre (et on est ‘sauvés’ = i.e., le croyant passera l’éternité dans la présence de Dieu, avec/en Dieu ), soit on rejette cette invitation à la réconciliation (et alors, on est ‘perdu’ = i.e. l’éternité hors de la présence de Dieu, sans/loin de Dieu = c’est, bien que ce mot n’apparaisse pas dans le texte, ce qu’on a appelé l’‘enfer’) Ce message est très dur (déjà, à l’époque : cf. Jean 6 :60), mais c’est oublier qu’à l’Amour insondable et essentiel de Dieu se trouvent, indissociables, sa Sainteté et sa Justice (la notion de ‘Jugement’, pas du tout exagérée, est à prendre très au sérieux : elle est omniprésente du début du NT , en Matthieu, jusqu’à la fin, Apocalypse). (à la relecture, ça fait un peu sec, tout ça, mais je n’ai pas voulu trop citer de versets pour ne pas trop embarrasser le lecteur qui pourrait se croire devant une prédication… ce que je n’ai pas chercher à faire [j’ai l’impression d’être un équilibriste !]; mais il y aurait bien plus à dire, à préciser, à justifier) Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 15-05-2002 Szpako Wrote:Et aussi Saül qui meurt en se jetant sur son épée volontairement (Chroniques 10, 1-6; Samuel 1, 6-10, donne une autre version, selon laquelle Saül aurait demandé à un soldat de le tuer) Merci beaucoup Szpako de donner les références bibliques, c’est bien pratique pour tout ceux qui sont intéressés ! ! Cela dit, je dois les compléter car tu ne précises pas lesquels des deux livres des Chroniques (notés 1 Ch et 2 Ch) et des deux livres de Samuel (1 et 2 S) tu utilises. Les références complètes sont les suivantes : * [1 S 31:1-6] qui est rigoureusement parallèle à [1 Ch 10 :1-6] : dans ce texte on découvre ce qui est arrivée à la bataille de Guilboa : * [2 S 1 :1-16] Mais même si on prend ces deux textes comme issus de deux sources différentes qui seraient contradictoires quant aux événements de la mort de Saül, il n’en demeure pas moins que dans les deux cas Saül demande qu’on l’aide à se suicider. Dans le premier cas, n’ayant aucune aide de son écuyer paniqué, il le fait lui-même ; dans le second, un étranger au combat (pas un soldat) répond à sa demande. Sosryko qui te dit bonne chasse...euh, bonne nuit ;-)
Mise à jour du 30/04/2002 - Hisweloke - 15-05-2002 Oups, je savais bien que j'avais posté un truc rapide sur un sujet prometteur, sans trop savoir où c'était passé, largué que je suis devant tous ces messages qui défilent. Eh beh, quel cheminement depuis... Savez, en mettent ça au propre, il y aurait un bel article à pondre - on est loin du simple commentaire à l'article de Cédric à présent ! Ce serait dommage qu'une telle reflexion passe à la trappe dans les profondeurs du forum... Enfin pour ce que j'en dit, c'est juste une suggestion :) Didier, dans un moment d'insomnie :p
Mise à jour du 30/04/2002 - sosryko - 15-05-2002 Tu ne sais pas quelle joie et quel soulagement tu provoques, Didier! Devant ton silence, je craignais de t'avoir vexé :-(! ce qui aurait été un comble, tant toi et Cédric que je lis depuis si longtemps m'avez impressionné dans tous les bon sens du terme :-). Merci pour tes encouragements. Pour l'article, il faudrait que je termine le mien et Szpako le(s) sien(s) avant (n'est-ce pas Cathy? ;-)). Il me semble également qu'il y a matière à différents articles, tant nous nous laissons entraîner par induction dans nos conversations, avec des échappées pas forcément toutes 'tolkieniennes'. Mais c'est bien agréable... Sosryko PS : Mise à jour du 30/04/2002 - Cédric - 15-05-2002 Comme je suis toujours pour les bonnes idées, ce fuseau a été copié dans "Le Légendaire" pour y poursuivre là-bas les débats. Celui-ci (dans "Divers") sera effacé prochainement. Cédric. Mise à jour du 30/04/2002 - Szpako - 15-05-2002 Sosryko Wrote:[j’ai l’impression d’être un équilibriste !] Lol Quote:à condition de remarquer deux contre-exemple bibliques (au moins) qui me viennent à l'esprit : la fille de Jephté et Samson (qui se trouvent tous deux dans le livre des Juges respectivement aux chapitres 11 et 16) Et aussi Saül qui meurt en se jetant sur son épée volontairement (Chroniques 10, 1-6; Samuel 1, 6-10, donne une autre version, selon laquelle Saül aurait demandé à un soldat de le tuer). Mais peut-on parler de contre-exemples, mais j'y reviendrai ... @ Beruthiel : En effet Edith Hamilton : "l'ouvrage le plus clair et le plus complet" selon la quatrième de couverture, elle qui n'est pas fichue de donner une traduction fidèle de la Völuspá .... aucune référence en plus ... Le résumé était aussi un peu corrigé par des détails glanés dans la Section Mythologie du Site de Cédric. Entre temps j'ai un peu voyagé et pour ceux que cela intéresse, voici deux liens sur la Saga des Volsungs, le premier un résumé (hélas incomplet) et le second une traduction en anglais légèrement ardue à lire ;-)) : résumé ; online medieval & classical library A+ Cathy |