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Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Moraldandil - 16-04-2017 [small][Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes][/small] [espacement] J'ai récemment acquis The Story of Kullervo, la réécriture du cycle de Kullervo dans le Kalevala que J. R. R. Tolkien écrivit vers 1913-1914, édité par Verlyn Flieger et récemment publié. Il est très intéressant d'y retrouver les premiers pas d'écrivain d'un tout jeune Tolkien alors au début de sa vingtaine, dans le feu de sa découverte du Kalevala et du finnois, s'entraînant à la narration et à la poésie. Le commentaire, extrait d'une présentation du Kalevala pour un club d'étudiants, est déjà très caractéristique de sa manière. J'ai trouvé particulièrement délicieux un des poèmes intercalés dans la narration : le chant magique de la femme d’Āsemo le forgeron, par lequel elle entend protéger ses vaches confiées à la garde de Kullervo. C'est une reprise directe du chant 32 du Kalevala, où le personnage correspondant est la femme d'Ilmarinen. Tolkien reprend dans ce poème le rythme octosyllabique obsédant du vers kalévaléen, et mêle noms finnois ou pseudo-finnois (annonçant le quenya qui viendra peu après) et de nombreux archaïsmes caractéristique de sa première façon d'écrire, telle qu'on l'observe aussi dans les Contes perdus. Archaïsmes d'ailleurs pas toujours employés à bon escient, on le voit par exemple employer thou "tu" comme un pluriel, énormité grammaticale qu'il n'aurait sûrement pas commise plus tard ! Du coup, je me suis précipité cet après-midi et ce soir sur une feuille de papier pour en faire un rendu en français. Je vous le livre ici quasi brut de décoffrage. [colonne][gauche]<i>Guard my kine O gracious Ilu From the perils in the pathway That they come not into danger Nor may fall on evil fortune. If my herdsman is an ill one Make the willow then a neatherd Let the alder watch the cattle And the mountain ash protect them Let the cherry lead them homeward In the milktime in the even. If the willow will not herd them Nor the mountain ash protect them And the alder will not watch them Nor the charry drive them homeward Send thou then thy better servants, Send the daughters of Ilwinti To guard my kine from danger And protect my horned cattle For a many are thy maidens At thy bidding in Manoine And skilled to herd to white kine On the blue meads of Ilwinti Until Ukko comes to milk them And gives drink to thirsty Kēme. Come thou maidens great and ancient Mighty daughters of the Heaven Come thou children of Malōlo At Ilukko’s mighty bidding O [Uorlen?] most wise one Do thou guard my flock from evil Where the willows will not ward them Out across the quaking marshland Where the surface ever shifteth And the greedy depths are gulping. O thou Sampia most lovely Blow the honey-horn most gaily. Where the alder will not tend them Do thou pasture all my cattle Making flowers upon the hummocks: With the melody of the mead-horn Make thou fair this heathland border And enchant the skirting forest That my kine have food and fodder, And have golden hay in plenty And the heads of silver grasses. O Palikki’s little damsel And Telenda thy companion Where the rowan will not tend them Dig my cattle walls all silver Down on both sides of their pasture With your straying feet of magic Cause the grey springs to spout coolly And the streams that flow by swiftly And the speedy running rivers Twixt the shining banks of grassland To give drink of honey sweetness That the herd may suck the water And the juice may trickle richly To their swelling teeming udders And the milk may flow in runlets And may foam in streams of whiteness. But Kaltūse thrifty mistress And arrester of all evil, Where the wild things will not guard them, Fend the sprite of ill far from them, That no idle hands do milk them And their milk on earth be wasted That no drops flow down to Pūlu And that Tanto drink not of it But that when at Kame at milk tide Then their milkstreams may be swollen And the pails be overflowing And the good wife’s heart be gladdened. O Terenye maid of Samyan, Little daughter of the forests Clad in soft and beauteous garments With thy golden hair so lovely And thy shoon of scarlet leather, When the cherry will not lead them Be their neatherd and their shepherd. When the sun to rest has sunken And the bird of Eve is singing As the twilight draweth closer Speak thou to my horned creatures Saying come ye hoofed cattle Come ye homeward trending homeward. In the house ‘tis glad and pleasant Where the floor is sweet for resting On the waste ‘tis ill to wander Looming down the empty shorelands Of the many lakes of Sutse. Therefore come ye horned creature And the women fire will kindle In the field of honeyed grasses On the ground o’ergrown with berries.</i>[/gauche][droite]Gracieux Ilu, garde mes vaches De tous les périls du chemin, Qu’elles n’encourent de danger Ni n’encontrent male fortune. Et si j’ai un mauvais vacher, Fais alors du saule un gardien ; Que l’aulne veille le bétail Et que le sorbier le protège, Que le merisier le ramène À l’étable au soir pour la traite. Si le saule ne veut garder Ni le sorbier les protéger, Si l’aulne ne veut point veiller, Le merisier les ramener, Envoie tes meilleurs serviteurs, Envoie les filles d’Ilwinti Garder mes vaches du danger, Protéger mon bétail cornu, Car nombreuses sont tes pucelles À ton vouloir à Manoine Sachant paître les vaches blanches Sur les prairies bleues d’Ilwinti, Qu’enfin Ukko vienne les traire Et calme la soif de Kēme. Vous, grandes pucelles d’antan, Ô puissantes filles du Ciel, Venez, enfants de Malōlo, Au commandement d’Ilukko. Ô [Uorlen ?], qui es la plus sage, Garde mon troupeau de tout mal, Où les saules les laisseront Errer par le marais mouvant Dont toujours change la surface Et gloutissent les fonds avides. Ô toi Sampia toute belle, Sonne gaiement la corne au miel ; Où l’aulne le négligera, Fais donc paître tout mon bétail Et sème les buttes de fleurs ; Au son de la corne à miessée, Fais embellir ce bord de lande, Enchante l’orée des forêts, Que mes vaches aient en provende Abondance de foin doré Et têtes d’herbes argentées. Demoiselle de Palikki, Et Telenda, ton compagnon, Où le sorbier les laissera, Creuse-leur des puits tout d’argent Des deux côtés de leur pâture ; Divaguant de vos pieds magiques, Faites jaillir les sources grises, Couler vivement les ruisseaux, Courir les rivières rapides Dans leurs berges brillantes d’herbes En boire doux comme le miel, Afin que le troupeau s’abreuve Et que se gonflent goutte à goutte Du riche jus leurs pis nombreux, Et que le lait coule en rigoles Et mousse en ruisseaux de blancheur. Kaltūse, maîtresse économe, Toi qui sais arrêter tout mal, Où faudront les choses sauvages, Défends-les de l’esprit mauvais, Que ne les traient point des mains vaines, Que leur lait ne se perde en terre, Nulle goutte à Pūlu ne tombe, Et que Tanto n’en boive rien ; Mais que pour la traite à Kame Se gonflent leurs ruisseaux de lait Et que les seilles en débordent, Joie au cœur pour la bonne épouse. Terenye, vierge de Samyan, Ô fille menue des forêts, Vêtue de doux et beaux habits, Aux cheveux d’or si ravissants, Aux souliers de cuir écarlate, Quand le merisier leur faudra, Sois leur vachère et leur bergère. Quand le soleil va se coucher Et que va chantant l’oiseau d’Ève, Que s’approche le crépuscule, Parle à mes bêtes encornées, Dis-leur : Venez, vaches et vos sabots, Venez, rentrez à la maison. À l’étable il fait bel et bon, Le sol est doux pour le repos ; Il fait mal rôder aux gâtines Qui surplombent les bords déserts Des si nombreux lacs de Sutse. Venez donc, bêtes encornées, Et les femmes feront du feu Dans le champ aux herbes de miel, Sur le sol recouvert de baies.[/droite][/colonne] [colonne][gauche]Then Palikki’s little damsel And Telenda her companion Take a whip of birch to scourge them And of juniper to drive them From the hold of Samyan’s cattle And the gloomy slopes of alder In the milktide of the evening.[/gauche][droite]Demoiselle de Palikki Et Telenda son compagnon, Battez-les d’un fouet de bouleau, De genévrier menez-les Hors des pacages de Samyan, Des pentes d’aulne désolées, Le soir à l’heure de la traite.[/droite][/colonne] [colonne][gauche]O thou Uru, O my darling My Honeypaw that rules the forest Let us call a truce together In the fine days of the summer In the good Creator’s summer In the days of Ilu’s laughter Than thou sleepst upon the meadow With thine ears thrust into stubble Or conceal thee in the thickets That thou mayst not hear cowbells Nor the talking of the herdsman. Let the tinkling and the lowing And the ringing in the heathland Put no frenzy yet upon thee Nor thy teeth be seized with longing Rather wander in the marshes And the tangle of the forest. Let thy growl be lost in wastelands And thy hunger wait the season When in Samyan is the honey All fermenting on the hillslopes Of the golden land of Kēme Neath the faring bees a-humming. Let us make this league eternal And an endless peace between us That we live in peace in summer, In the good Creator’s summer.[/gauche][droite]Ô toi Uru, ô mon chéri, Patte de miel, maître des bois, Concluons ensemble une trêve Durant les beaux jours de l’été, De l’été du bon Créateur, Pour les jours du rire d’Ilu, Pour que tu dormes dur le pré, Oreilles plongées dans le chaume, Ou te caches dans les fourrés Et n’entendes point les clarines Ni les paroles du vacher. Que tintements et meuglements Et sonnailles de par la lande Ne te mettent point en furie, Ne donnent désir à tes dents. Rôde plutôt dans les marais Et le fouillis de la forêt. Perds ton grognement aux gâtines, Attends pour ta faim la saison Où coule le miel en Samyan, Tout fermentant sur les coteaux Du pays doré de Kēme Sous les abeilles bourdonnantes. Et rendons ce pacte éternel, La paix sans fin soit entre nous, Qu’en paix nous vivions tout l’été, Tout l’été du bon Créateur.[/droite][/colonne] [colonne][gauche]All this prayer and all this chanting O then Ukko silver monarch Hearken to my sweet entreaty. Bind in leash the dogs of Kūru And enchain the forest wild things And in Ilwe set the Sun-star And let all the days be golden.[/gauche][droite]De cette prière et ce chant, Ö Ukko, monarque d’argent, Écoute la supplication. Mets la laisse aux chiens de Kūru, Enchaîne les bêtes des bois, En Ilwe mets l’astre-soleil Et que tous les jours soient dorés.[/droite][/colonne] B. Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - jean - 16-04-2017 Un grand merci Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - sosryko - 18-04-2017 Merci Bertrand pour ce beau cadeau ![]() Dès les premiers vers, on relève (chez Tolkien qui suit la traduction de Kirby) la présence d'arbres gardiens (saule, aulne, sorbier, merisier), dont un sorbier/mountain ash, dont Tolkien fera plus tard un personnage à part entière avec l'ent nommé Vif-sorbier/Quickbeam (Cwicbéam, nous dit Shipppey dans Road to Middle-earth [n.7, p.379]). J'apprécie autant que Tolkien le beau surnom d'honeypaw. Ou bien, le refrain de la traduction de Kirby : [citation] Through the finest of the summers, In the good Creator’s summer ! [/citation] à peine modifié par Tolkien en : [citation] In the fine days of the summer In the good Creator’s summer [/citation] Je note également la présence, dans la forêt, des wild things, qu’on retrouvera avec un autre homme-ours, Beorn, qui annonce que dans Mikwood, autre forêt dangereuse s’il en est, [emphase]« the wild things are dark, queer and savage »[/emphase]. S. Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - ISENGAR - 18-04-2017 C'est toujours impressionnant de voir que, dès ces lointaines années d'avant-guerre, beaucoup de choses étaient déjà là, en gestation. Merci beaucoup pour tout ceci, cher Bertrand. I. Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Hyarion - 20-04-2017 Merci pour ce partage, Bertrand. Je me demandais encore, l'autre jour, quel était au juste cet « oiseau d'Ève » (“bird of Eve”) dont parle le poème... Qu'en est-il, selon vous ? J'ai pensé éventuellement à un rossignol, en supposant que le mot anglais “Eve” pouvait peut-être ici renvoyer au soir, d'une manière ou d'une autre, qui de facto se rapproche de la nuit, présente dans le nom anglais de l'oiseau, “nightingale”... Sinon, le seul oiseau mis en rapport avec Adam et Ève que j'avais identifié jusqu'à présent, au hasard des recherches, figure dans une Légende de l'Oiseau Bleu, texte français d'Auguste Angellier (1848-1911), publié dans un recueil intitulé Contes pour tous (1895) sous le pseudonyme anglophile « Tristam Shandy ». Cette légende, dont Floris Delattre avait fait un résumé dans un ouvrage paru en 1939, met en scène un « Oiseau Bleu Divin », de la couleur du saphir, avec quelques nuances empruntées à l'émeraude et à l'améthyste, dont les chants suaves sont consolateurs pour le premier couple après la Chute. Amicalement, Hyarion. Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Moraldandil - 20-04-2017 C'est une excellente question, tu mets le doigt sur un gros problème de traduction : car effectivement bird of eve "oiseau du soir" serait nettement plus attendu en contexte. Et pourtant, la majuscule figure bien dans l'édition de Verlyn Flieger, j'imagine qu'elle ne l'a pas mise de son propre chef et qu'elle reproduit un choix typographique de JRRT. On sait bien qu'il aime recourir aux majuscules, mais dans ce poème il n'en met qu'aux noms propres et à quelques personnifications évidentes comme Heaven, Creator, Ocean ou Honeypaw. Inversement, il n'en a pas mis à sun et twilight dans les vers avoisinants, qui auraient pourtant pu s'y prêter. C'est la raison pour laquelle j'ai favorisé la traduction par le nom biblique. Mais on ne peut certainement pas exclure un oiseau du Soir, même si ce Soir majuscule paraît un peu incongru et que j'imagine difficilement Tolkien passer à côté de l'ambiguïté produite ; il est bien plus probable qu'elle soit voulue, s'il y a bien là dedans une allusion à la première femme en plus de celle au soir. (Jeu de mots évidemment aussi intraduisible, s'il est bien là, que le and I never lie qui conclut le poème de l'Oliphant). Mais j'ignore, s'il y a bien un « oiseau d'Ève » là-dedans, à quoi Tolkien peut faire allusion exactement. Je dois dire que dans ma hâte à traduire je n'ai pas pris là le temps de chercher... Une petite recherche Google rapide sur cette expression suffit à rappeler des attestations chez plusieurs poètes dont James Thomson, Thomas Chatterton, Robert Burns, John Keats, manifestement au sens d' "oiseau du soir" et de"rossignol" ; il est possible que ce soit une expression toute faite (il faudrait que je jette un coup d'oeil dans l'OED). Pour la nature même de l'oiseau, j'ai aussi pensé immédiatement au rossignol et pour les mêmes raisons que toi... et pas mal de poètes apparemment, pour des raisons évidentes liées au chant nocturne de cet oiseau. Mais il y a aussi le fait que c'est un oiseau qui sera plus tard chez Tolkien lié à l'amour et la femme. Le chant du rossignol est associé avec l'amour de Thingol et Melian, et le nom gris-elfique du rossignol Tinúviel l'est avec celui de Beren et Lúthien. Et l'on retrouve une idée du même ordre sur un registre doux-amer dans l'histoire d'Aldarion et Erendis, avec le couple d'oiseaux chanteurs qu'ils reçoivent des elfes à leur mariage (quoiqu'il ne soit pas dit que ce soient des rossignols)... et qui repartent quand l'amour s'étiole. C'est peut-être chercher un peu loin, mais ce possible « oiseau d'Ève » ne pourrait-il être une préfiguration de cette association d'idées ? Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Druss - 20-04-2017 Moraldandil Wrote:Mais on ne peut certainement pas exclure un oiseau du Soir, même si ce Soir majuscule paraît un peu incongruLe terme avec une majuscule n'est pas si rare que ça ; on a, certes toujours en expression, Christmas Eve, New Year's Eve, Midsummer's Eve, etc. Personnellement, dans ma propre traduction de ce passage, j'avais traduit par l'oiseau de Veille (mais je n'ai pas la prétention que ça soit un bon choix). Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Moraldandil - 20-04-2017 Certes, mais comme tu le notes, toujours en expression avec un nom propre ou quasi nom-propre, ce qui tend à amener la majuscule à tous les mots pleins en typographie anglaise... actuelle. Mais dans un manuscrit en 1913-1914, jamais révisé pour publication par l'auteur même ? On ne peut même pas exclure la simple bizarrerie passagère. Je ne sais pas si cette difficulté d'interprétation a jamais été soulevée auparavant, mais si c'est le cas ça m'intéresse ! Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Hyarion - 20-04-2017 Moraldandil Wrote:[...] C'est la raison pour laquelle j'ai favorisé la traduction par le nom biblique. Mais on ne peut certainement pas exclure un oiseau du Soir, même si ce Soir majuscule paraît un peu incongru et que j'imagine difficilement Tolkien passer à côté de l'ambiguïté produite ; il est bien plus probable qu'elle soit voulue, s'il y a bien là dedans une allusion à la première femme en plus de celle au soir. (Jeu de mots évidemment aussi intraduisible, s'il est bien là, que le and I never lie qui conclut le poème de l'Oliphant). Mais j'ignore, s'il y a bien un « oiseau d'Ève » là-dedans, à quoi Tolkien peut faire allusion exactement. Je dois dire que dans ma hâte à traduire je n'ai pas pris là le temps de chercher... Une petite recherche Google rapide sur cette expression suffit à rappeler des attestations chez plusieurs poètes dont James Thomson, Thomas Chatterton, Robert Burns, John Keats, manifestement au sens d' "oiseau du soir" et de"rossignol" ; il est possible que ce soit une expression toute faite (il faudrait que je jette un coup d'oeil dans l'OED). Je remarque qu'Auguste Angellier a précisément consacré à Robert Burns et à John Keats ses deux thèses soutenues à Lille en 1893, et je me demande du coup si sa Légende de l'Oiseau Bleu, dont j'ai parlé précédemment, ne pourrait pas être une sorte d'exercice de style à partir, effectivement, d'une possible expression toute faite employée par les poètes d'Outre-Manche, en supposant que le récit est entièrement le fruit de son imagination. Ceci dit, l'oiseau d'Angellier, très directement associé par lui à l'histoire d'Adam et Ève juste après la Chute, s'il est inspiré peut-être du rossignol par association d'idées et en raison de son chant mélodieux, fait aussi penser, littéralement pour le coup, à une possible variante merveilleuse d'oiseau de Paradis... sachant en sus que le Paradisier bleu (Paradisaea rudolphi) était une découverte ornithologique très récente à l'époque d'Angellier ! ;-) En ce qui concerne J. R. R. Tolkien et son mystérieux « oiseau d'Ève », peut-être effectivement cette association qu'il semble (?) faire entre un oiseau chantant de nuit (possiblement un rossignol, donc) et la figure biblique d'Ève est-elle une préfiguration d'une association d'idées que l'on retrouvera plus tard plusieurs fois dans son œuvre comme tu l'a signalé : après tout, ce ne serait pas la première fois que des références « externes » explicites apparaissent plus ou moins clairement dans ses premiers écrits (a fortiori dans un exercice de style de jeunesse comme The Story of Kullervo) avant de disparaître par la suite. Amicalement, Hyarion. Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Druss - 21-04-2017 J'ai du mal à être convaincu par une double référence, à la lecture du texte. Tolkien louait le caractère sauvage du Kalevala (et d'autant plus la partie sur Kullervo), justement non empreint de nos références et surtout pas celles de la chrétienté dans sa conférence qui accompagne le texte et qui date peu ou prou de la même époque. Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - Alkar - 12-05-2017 Très élégante traduction, cher ami ! Je m'excuse de mon absence prolongée, mais j'avais perdu mes identifiants. Je ne pourrai malheureusement pas commenter l'actualité tolkienienne avec vous avant septembre, je pars lundi pour trois mois vers l'Ultima Thulé. Bien à vous, A. Chant de la femme d’Āsemo (Kullervo) - ISENGAR - 12-05-2017 Bon séjour au pays des Hommes du nord ![]() I. |