« Il y a longtemps que Chesterton a fait remarquer avec justesse qu’aussitôt qu’il entendait dire que quelque chose était « venu » pour durer », il savait que ce serait très bientôt remplacé _ et même considéré comme pitoyablement désuet et minable. « La marche de la science, avec son tempo précipité par les besoins de la guerre, se poursuit inexorablement…, faisant tomber certaines choses en désuétude et présageant de nouveaux développements dans l’utilisation de l’électricité »
Et aussi :
« Chesterton a fait remarquer quelque part que les enfants en compagnie desquels il avait vu L’Oiseau Bleu de Maeterlinck avaient été mal satisfaits « parce que cela ne se terminait pas par un Jour du Jugement, et qu’il n’avait pas été révélé au héros et à l’héroïne que le Chien avait été fidèle et le Chat infidèle ». « Car les enfants, dit-il, sont innocents et aiment la justice ; alors que nous sommes pour la plupart mauvais et préférons naturellement la miséricorde »
J’ai déduis de ces citations que Tolkien appréciait Chesterton, et cela m’a remis en mémoire la Ballade du Cheval Blanc que ce dernier a écrite. Je n’en connaissais que quelques strophes, mais je suis en train de la lire. Et je n’ai pu m’empêcher de trouver des résonances entre les deux écrivains. Avant d’aller plus loin, j’ai regardé dans une encyclopédie et j’ai trouvé :
Chesterton (Gilbert Keith), journaliste et écrivain anglais (1874 – 1936). […] s’attaqua au rationalisme, au scientisme, à la civilisation industrielle et capitaliste, et opposa au monde moderne l’idéal religieux et social du Moyen-Age. […] Il se convertit au catholicisme en 1922.[…]
Il y a donc des points communs entre ces deux hommes. The Ballad of the White Horse est fortement religieuse (le Roi Alfred cherche à convertir son pays au christianisme), et le souffle épique est imposant. Le traitement du fantastique est assez semblable (l'apparition de la Vierge Marie m'a fait penser à la vision qu'ont les Hobbits de Dame Galadriel, mais là je suppose que c'est une déformation personnelle ;-)) aussi. Et on trouve un personnage nommé "Elf" , "womanlike" et qui joue de la harpe aussi bien que de l'épée. Mais ce genre de personnage était courant dans la littérature moyen-âgeuse.
J’aimerai savoir si Tolkien se contentait d’admirer Chesterton (ou du moins de l’apprécier) et de partager certaines de ces vues, ou s’il y a vraiment eu une influence (j’entend, pas au même niveau que les légendes nordiques ou des langues celtes) de Chesterton sur l’écriture de Tolkien. A moins qu'ils ne soient partit tout les deux des mêmes bases, et que les points communs viennent de là.

