28-12-2001, 14:40
Bonjour à tous, ci-après mes premières impressions sur le film déjà tant évoqué, en espérant qu'elles suciteront des réactions (pour approfondir la discussion le cas échéant...):<p>Sur le fond, j'avoue avoir apprécié le film dans une <br>certaine mesure. Il m'a permis d'observer que l'on <br>pouvait tenter avec sérieux d'adapter le SDA. Je <br>crois cependant que le film pose avec acuité la <br>question qui lui préexistait : peut-on vraiment <br>prétendre adapter le SDA cinéma ? Il est clair en <br>effet que le réalisateur a tenté de trouver un <br>compromis entre la satisfaction des afficionados de <br>Tolkien et les attentes du public le plus large. De <br>ce point de vue on ne peut que relever la difficulté <br>et.... manifester ses critiques. Je suis en effet <br>convaincu que cet essai de consensus se traduit par <br>une double carence. Côté spectateur néophyte <br>d'abord : on note la volonté d'instiller dans <br>l'action des références à certains aspects <br>significatifs de l'oeuvre. Ainsi de l'idée que <br>Sauron et l'anneau ne font qu'un (dixit Gandalf), de <br>l'écoulement du temps aux yeux de Galadriel, de la <br>foi de Boromir en son royaume..Ceci étant, comment <br>certaines de ces références peuvent-elles frapper le <br>spectateur non lecteur de Tolkien ? ainsi de cette <br>remarque de Legolas dans la Moria ("il faut sortir <br>d'ici au plus vite"). Comment comprendre le sens de <br>cette observation sans avoir entrevu ce qu'étaient <br>les Elfes et singulièrement ceux de la Forêt Noire <br>(à l'instar de Legolas qui demeure, bien que l'on ne <br>le sache pas, le fils de Thranduil, souverain de <br>ladite Forêt Noire) ? Comment saisir la tristesse de <br>Gimli dans la Moria à la vue du tombeau de Balin <br>sans savoir ce que représente Khazad DUM pour les <br>nains ? En réalité (et il y a dans le film bien <br>d'autres exemples), je crains fort que ces allusions <br>ne revêtent aucune portée pour le spectateur <br>néophyte (que dire encore des mots terribles <br>qu'oppose Gandalf au Balrog sur le Pont de Khazad <br>Dum, difficile de saisir si on ne voit dans ledit <br>Balrog qu'un gros monstre bestial, ce que ne dément <br>pas le film....). Côté fan de Tolkien (dont je suis <br>depuis bien longtemps), ces références soulagent : <br>on se dit qu'il ne s'est pas agi simplement de <br>transformer le SDA en une lutte du Bien contre le <br>Mal du type Mortal Kombat (pour ça merci Peter <br>Jackson). Cependant on s'étonne des choix opérés (et <br>l'on est bien sûr déçu d'en retirer l'impression que <br>les thèmes majeurs du SDA sont sacrifiés alors <br>qu'ils font le sens de cette oeuvre dense qui, <br>rappelons le,se fonde sur une cosmologie...). Ainsi <br>l'on note l'étonnement de Gimli devant la côte de <br>mailles de Frodon (du Mithril !!!). On se l'explique <br>cependant mal : qu'est ce que le mithril, qu'est ce <br>qui fait sa valeur, et surtout où le trouvait-on ?<br>dans la Moria pardi, c'est même la cause de la chute <br>de Khazad Dum). Etait ce difficile de le souligner, <br>de donner une vague idée de ce qui sous tend <br>l'étonnement de Gimli ? Autre remarque concernant les <br>Hobbits : j'ai adoré l'interprétation de Frodon, par <br>contre quel vide concernant les rapports entre les 4 <br>semi hommes. Je pensais naivement qu'il y avait là <br>de quoi donner un caractère plaisant et drôle au <br>film. Mais rien de tout ça : on ignore que Meriadoc <br>est le cousin de Frodon et on ignore surtout que <br>c'est Sam qui exprime le plus et en permanence son <br>attachement pour la bonne chère. C'est cependant <br>loin d'être anodin car cela participe à l'évidence <br>de la résistance des Hobbits à l'attraction de <br>lAnneau. Bref, j'ai la désagréable impression que <br>l'intuition première était la bonne. Le Seigneur des <br>Anneaux est en réalité inadaptable à l'écran. Au <br>fond, c'et rassurant : il est des supports plus <br>aptes que d'autres à raconter certaines histoires <br>et, contrairement à ce que l'on cherche quelquefois <br>à nous faire croire, la complexité n'est pas <br>toujours réductible par le recours à l'image.<p>Reste que j'espère vivement que le film pousse à la <br>lecture du livre. L'oeuvre de Peter Jackson aura <br>ainsi le mérite de constituer un film d'initiation <br>(ce qui est déjà beaucoup en ces temps où l'on <br>affirme implicitement que l'image de synthèse peut <br>tout reproduire...)<p>Je laisse ces quelques remarques à votre appréciation,<br>bien cordialement,<p>Elen sila lumenn ommentielvo (...ce <br>qui me permet de dire que le film est parfait à cet <br>égard : il est des plus délicieux d'entendre in vivo <br>des paroles en sindarin, merci Arwen !!!)<p>Gildor<p><br>

