29-10-2003, 19:51
Semp', repris par MJ :"J'aurais souhaité que Pie XII, en qualité de chef spirituel, le fasse, lance un grand appel au soulèvement des catholiques, mais aussi des protestants d'Allemagne, pour arrêter la Shoah. Il est difficile de savoir quels effets auraient eu une condamnation papale officielle en bonne et due forme alertant l'opinion mondiale, mais je trouve que le jeu en valait la chandelle et le risque encourru."<br>>> bien sûr que le risque nous paraît valide à nous, qui vivons bien loin de ces temps si sombres ! mais, aucun de nous n'a les moyens d'envisager ce qui se serait passé effectivement. cela m'interdit personnellement de condamner Pie XII, tout en regrettant le silence ... Je viens de feuilleter une thèse sur l'administration pendant le régime de Vichy (M.O. Baruch, pour les curieux). l'auteur y regrette le manque de courage des fonctionnaires qui se sont "contentés" d'obéir, cela ne l'amène pas à les juger en tant que personnes. je ne suis pas certaine que la nuance soit évidente, mais ce que j'essaye de dire c'est que s'il est fondamental de dénoncer les erreurs du passé, il est souvent présomptueux de penser qu'on aurait agi autrement. je suis allée à Auswchwitz-Birkenau cet été, c'est glaçant, laissant l'individu devant une question à jamais sans réponse "qu'aurais-je fait ?".<br>de plus, pour revenir au pape, si les massacres avaient été "agrémentés" d'autres massacres consécutifs à cet appel, aujourd'hui on se dirait "que ne s'est-il tu en travaillant dans l'ombre!". ceci dit nos regrets sur les erreurs de nos prédécesseurs (dans quelque domaine que ce soit, d'où le collectif utilisé ;-) ) sont naturels et quelque part rassurants sur la capacité humaine à s'indigner, et, espérons-le, à agir. <p>après consultation des "autorités" (collègue spécialiste en histoire religieuse contemporaine), il semble qu'il y ait une biographie récente de Pie XII qui fasse le tour de la question, par Philippe Chenaux. je ne l'ai pas lue, donc je signale juste son existence. j'ai été frappée en farfouillant par la diversité des écrits : il y a un article de la revue l'Histoire, en 2000, qui "charge" encore Pie XII ; en revanche, un article d'Etudes Juives de 1979 se présente sous forme plus nuancée, regrettant un manque de courage pontifical, reconnaissant l'action dans l'ombre cependant et déniant à Pie XII tout soutien au régime nazi. <p>pour info, ce n'est pas Pie XII mais Jean XXIII qui a supprimé de la liturgie l'expression "juifs perfides". <p>enfin, après consultation de la récente synthèse Histoire du christianisme chez Desclée (le premier tome étant le dernier paru, pour cause de grosses controverses éditoriales), les sources romaines citant l'existence d'un "Christ" sont toutes "tardives" :<br>une lettre célèbre de Pline le Jeune à Trajan, en 111, évoque les disciples d'un certain Chrestos, terme qu'on trouve également dans la Vie de Claude par Suétone. Tacite effectivement dans les Annales, en 116-117, évoque les disciples d'un certain christ, mort sous Ponce Pilate. Enfin, vers 169-170, Lucien de Samosate dans un texte intitulé De morte peregrini parle d'un "grand homme qui a été empalé (sic) en Palestine pour avoir introduit dans le monde une célébration religieuse nouvelle", à l'origine des troubles causés par les chrétiens de son temps.

