27-11-2003, 22:26
Les notions de bien et de mal n'existent pas dans la nature. L'éthique est apparue avec l'humanité (mais quand dans l'humanité? That's the question! On n'a des traces d'éthique que lorsqu'on des traces écrites. Veut-ce dire qu'avant l'écriture tout était permis? Probablement pas, mais va le prouver!)<p>Dans la nature, seuls existent des concepts comme dangereux/sûr - utile/inutile - et chez les mammifères sociaux (qui vivent en groupe, meute, harde, troupeau,...), permis/interdit. Les mécanismes qui régissent le comportement de ces animaux entre eux sont basés quasi uniquement sur le principe hiérarchique : mâle ou femelle dominante. Pour le mâle, il devient dominant uniquement en raison de sa force physique et de son agressivité, mais des mâles inférieurs (lesser chimps? ;-D) peuvent obtenir des avantages non par la force, mais aussi par la ruse ou la sociabilité. Dans les groupes constitués de femelles et de petits, la femelle dominante est généralement choisie à la fois pour son expérience (donc un certain âge), ses capacités physiques (âgée, mais pas égrotante, elle doit être capable de réagir vite). Généralement aussi c'est la femelle qui a mis bas le plus grand nombre de petits, mais ceci n'est pas nécessairement un critère de sélection, ça peut découler du fait qu'elle a bien résussi à se placer auprès des mâles dominants. Très souvent, mais pas systématiquement, un dominant est fils ou fille d'une femelle dominante.<p>Il est totalement inutile de prêter à l'animal une intention bonne ou mauvaise. Le seul but de l'animal est sa survie et celle de sa progéniture, garante de la survie de son espèce. S'il est capable de sacrifice de soi, comme certains oiseaux par exemple, ce n'est pas par éthique ni par transcendance, mais uniquement pour assurer la survie de ses petits. De même il est parfaitement ridicule de traiter un prédateur de "tueur". Il se nourrit, point. Nous aussi d'ailleurs. <p>On entend souvent des propriétaires d'animaux domestiques dire que leur chien par exemple "comprend très bien qu'il a mal fait". Ben non : le chien a fait ce qu'il avait envie de faire. Il prend une attitude soumise, de dominé, pour amadouer le mâle dominant - son maître - qui le menace de représaille. C'est de la soumission à la hiérarchie, pas une conscience du "bien" et du "mal".<p>Qu'un animal soit capable d'éprouver de sentiments, comme l'attachement ou le rejet, la crainte ou la confiance, la tristesse ou la joie, il me semble que oui (pour en avoir fréquenté quelques uns). (D'ailleurs je n'ai rien contre les animaux, j'ai même de très bons amis animaux. ;-P).<p>Quant au notions de bien et de mal dans l'humanité - ah! là! Vaste sujet. - Comme je l'ai dit plus haut, on ne peut en parler valablement qu'à partir du moment où on a des textes qui nous renseignent sur la façon de penser des gens. Et là on se rend parfaitement compte que ces notions ont fluctué au gré des cultures, des classes sociales, du temps, des événements traversés, etc. Découvrir des valeurs universelles est une tâche ardue et ingrate, (des tas d'anthropologues s'en sont arrachés les cheveux), pourtant c'est un rêve universel. Ca vaut donc la peine d'être tenté. <p>Mais bon, on peut aller très loin avec ce débat. Des valeurs qui paraissent évidentes et basiques à une culture, peuvent très bien ne pas l'être du tout dans une autre, et vice-versa. Même à l'intérieur d'une culture commune, partageant des croyances communes. Tiens, même, tout bêtement, le respect de la vie humaine, censé faire partie de l'éthique démocratique occidentale. Essaye un peu de lancer un débat sur des thèmes comme la peine de mort, l'euthanasie, l'eugénisme ou l'avortement, tu vas voir l'unanimité à quoi qu'elle ressemble!!! (NOOOOOOOOOON !!!!! N'essayez pas par pitié!!! Réfléchissez-y simplement, in petto! Ca suffira!).<p>Et avant l'écriture? Qu'est-ce qu'en était-il? On peut juste se baser sur l'existence de sépultures, avérées en tout cas chez les néandertaliens et les sapiens. Elles prouvent une certaine attitude envers la mort, envers les morts, qui peut aller du respect à la crainte. Lorsqu'on trouve des offrandes dans les tombes, des objets de la vie quotidienne, on peut supposer que cette population-là envisageait une survie, un au-delà. On peut aussi partir de ce que nous nommons "art", faute de mieux (et qui n'apparaît qu'avec l'espèce sapiens) : peintures, gravures, sculptures. Certaines représentent des êtres composites, ou fantastiques. Mais que représentaient-elles, que signifiaient-elles pour ceux qui les ont créées? Des oeuvres de pure imagination? L'illustration d'un mythe? La représentation d'une divinité? Faisaient-elles partie d'un rite de magie quelconque? Ce sont juste des traces d'une pensée qui a dépassé le stade de l'utilitaire immédiat, qui s'est même déjà très fortement complexifiée. Mais témoignent-elles nécessairement d'une éthique? Et si oui de quelle éthique? Impossible à dire. On peut imaginer, oui, mais alors dans un cadre littéraire ou artistique, voire philosophique. En aucun cas scientifique

