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Homme vs Singe
#25
Les fossiles animaux existent aussi Vinyamar, mais ce n'est absolument pas ma spécialité, et il m'est beaucoup plus difficile d'en parler en connaissance de cause. Mais encore une fois, dans le public, règnent des idées fausses. Par exemple, il est faux de croire que, tout bètement, les mammifères ont succédé aux dinosaures. Alons, allons! Et d'où seraient-ils sortis?! Les mammifères existaient déjà à l'ère secondaire. Ils sont apparus au Trias, ayant évolué à partir de certains reptiles. Il y avait moins d'espèces qu'actuellement. Ils survivaient en passant inaperçus et en vivant la nuit. Ce sont les ancêtres des mammifères actuels. L'ancêtre commun de tous les primates, donc de l'homme aussi, est un petit rabiochot insectivore et nocturne, de la taille d'une musaraigne, apparu au début du Tertiaire, et joliment nommé "Purgatorius".<p>Les mutations génétiques ne sont pas providentielles, elles sont aléatoires. Et deux groupes issus d'une souche commune, ainsi que la souche commune d'ailleurs peuvent très bien cohabiter durant des centaines de milliers d'années, comme ce fut le cas pour différents types d'hominidés. <p>On peut prendre un autre exemple, chez les animaux cette fois. Prenons une presqu'île reliée à un continent. La faune y est tout à fait semblable à celle du continent, puisqu'elle peut sans problème passer de l'un à l'autre. Suite à des événements géologiques quelconques, l'isthme s'effondre, l'île se retrouve définitivement séparée du continent. Les espèces animales qui y sont restées ont accès à un patrimoine génétique moins large que sur le continent, puisque le territoire est réduit, et les échanges impossibles. Au bout de quelques génération, il y aura consanguinité entre tous les individus d'une même espèce vivant sur l'île. Certains caractères génétiques propres aux individus dominants - donc qui se reproduisent le plus - vont devenir particuliers à la faune de cette île. Des mutations interviendront parce que c'est un phénomène parfaitement naturel, il se produit à chaque génération. Mais il n'est pas, comme on le croit trop souvent, spectaculaire. C'est-à dire par exemple, qu'un lapin ne va pas brusquement naître avec deux cornes sur le front! Ca peut porter sur des caractéristiques invisibles extérieurement, ou tout simplement sur la couleur du pelage, la longueur des oreilles, l'adaptation des pattes à un milieu donné, etc... Bref, au bout de quelques dizaines de générations, l'espèce îlienne sera devenue "endémique", c'est à dire particulière à ce milieu donné : on ne la trouve que là. Il est même probable qu'elle soit devenue une espèce différente de celle restée sur le continent, c'est-à-dire qu'elle ne sont plus interfécondes. L'espèce continentale n'aura pas disparu pour antant. Elle est restée adaptée à son milieu, tandis que l'espèce îlienne s'est adaptée au sien.<p>Pour expliquer le phénomène des mutations, prenons l'exemple des insectes parasites de certaines cultures. Les agriculteurs pour protéger leur récolte, arrosent leur champ de pesticides. La première génération d'insecte sera décimée pour plus de 9/10e. Quelques uns survivront, assez pour se reproduire. Leur organisme a réussi à intégrer le poison sans trop en être affecté. Pourquoi quelques-uns et pas tous les autres? Parce que ces quelques-uns possédaient probablement, par rapport à l'ensemble de la population d'insectes, une particularité génétique propre rendant leur organisme plus résistant à ce type de produit. L'année suivante, génération suivante, l'agriculteur repulvérise son champ. Cette fois, c'est seulement la moitié des insectes qui sera détruite. Pourquoi? La loi de Mendel (tu as du étudier ça à l'école, comme d'autres millions d'enfants).<p>Bref, après quelques générations et autant de pulvérisations, on obtient une espèce d'insectes dits "mutants". Seuls ont survécus ceux dont l'organisme portait le gène résistant au poison. Comme tous le portent à ce stade, l'insecticide ne fait plus aucun effet.<p>Quant au destin de l'amibe! Saluons notre Mère à tous!!!<p>Non, je rigole, mais c'est vrai que toute la vie foisonnante que tu trouves aujourd'hui sur notre bonne vieille Terre, est partie des unicellulaires. Pas nécessairement par mutation, d'autres facteurs interviennent. Par exemple (puisqu'à l'aube des origines, nous sommes en milieu marin), des unicellulaires marins peuvent s'associer, se grouper entre eux, - pour des raisons opportunistes liées à la survie et au besoin de se nourrir, - jusqu'à former un agglomérat capable de fonctionner comme un seul organisme. Cet organisme va se complexifier, mais très progressivement. L'oeil n'est pas apparu comme ça, un beau jour, sur une amibe qui trouvant ça joli, a décidé de muter!<p>Toujours pas convaincu, hein? Je sens ça!<p>Allez, Vinyamar! Si dieu il y a, pourquoi vouloir le réduire à une vision limitée, qu'elle soit scientifique ou théologique d'ailleurs. Si je suis capable d'admirer la multiple splendeur et la prodigieuse complexité de notre monde pour elles-même, toi, tu devrais pouvoir y trouver matière à admirer dieu à travers elles. Non?
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