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Homme vs Singe
#34
hé ... on continue sans moi? ... Mais ... attendez-moi les filles!<p>Saivh : <font size=1>on se voit le 21? je vais t'apprendre la cruauté! Gnièrk! Gnièrk! Gnièrk!</font>. Bon, plus sérieusement : on en parlera plus tard, je suis justement en train de me poser des questions au sujet de la cruauté humaine...je n'ai plus trop de certitudes... Pas encore au point, ma réflexion ... mais tu viens de lancer un sujet de conversation génial pour la prochaine soirée!!! <font size=1>au cas où il y aurait un blanc ...</font><p>En bref, si on admet que la cruauté implique connaissance et intention, en principe, et "dans l'état actuel de nos connaissances" un animal en est incapable. Il tue pour se nourrir, pour se défendre ou défendre ses petits, par panique ou par instinct. Si un chat joue avec sa proie, il n'a pas conscience de lui faire du mal. Il trouve ça drôle, c'est tout. D'ailleurs c'est plus typiquement un comportement de chat domestique : dans la nature, il tue et il bouffe, il ne perd pas son temps. Sauf cas de la mère qui ramène des proies vivantes pour apprendre à tuer à ses petits. Ce n'est pas cruel, c'est une nécessité de survie.<p>L'homme, lui, peut être cruel, et gratuitement, envers sa propre espèce. Dans la nature, les animaux (les grands mammifères du moins) ne s'agressent entre eux que pour deux raisons principales, d'ailleurs interdépendantes. :<br>1° la possession des femelles;<br>2° la maîtrise d'un territoire.<p>De là viennent mes questions (dont je causais plus haut). La cruauté humaine est-elle vraiment intentionnelle? Ou pourrait-elle résulter d'une distortion de la perception et de la pensée, qui fait que l'agresseur se ressente comme agressé, et se considère en état de légitime défense? Est-ce qu'un être humain à la personnalité équilibrée et sereine, dont les besoins de base sont satisfaits, peut être intentionnellement cruel? ... sais pas ... me demande ...<p>Rebeca : Génial!!! Que ça fait plaisir!!! On en voudrait davantage, des tartines comme celles-là! <font size=1> les peaux de lièvres, hé! On sent les influences! ;-P </font><p>Je voudrais juste ajouter qu'en matière historique non plus, l'évolutionisme n'est plus de mise. On a toujours considéré les sociétés sans écriture comme des sociétés sans histoire, figées dans un éternel présent. D'où d'ailleurs le terme pré-historique, "avant l'histoire". Faux : elles ont leur histoire. Celle de leurs déplacements, des hauts faits de leurs ancêtres ou des évènements marquants de telle ou telle année (Heu ... ici, je parle des sociétés pré-industrielles qui ont pu survivre jusqu'à la seconde moitié du 20e siècle). Mais ces évènements, aussitôt transmis par voie orale, sont quasi immédiatement intégrés dans le mythe et "mythifiés" eux-même. Ils ne font pas de différence entre mythe et histoire. Nous le faisons nous-même d'ailleurs, dans notre propre culture urbanisée, technologique et fondée sur l'écrit. Il suffit pour s'en rendre compte de comparer ce que nous avons appris à l'école primaire, durant nos cours d'histoire - même contemporaine -, avec la réalité bien différente que nous avons pu découvrir plus tard (si nous l'avons cherchée).<p>En plus, les techniques et les modes évoluent aussi dans ces sociétés-là. Une innovation technique, par exemple, si elle prouve son utilité, est rapidement adoptée. Les changements dans la mode ne sont pas comparables à ceux de notre société, parce que chaque détail des vêtements et parures ont une signification identitaire et sociale, mais ils peuvent naître par exemple, d'une initiative individuelle : une façon originale d'interpréter les codes vestimentaires, ou de porter un bijou traditionnel. Ou alors d'un apport extérieur : une étoffe ou un motif décoratif acquis au contact d'une autre culture voisine.<p>La tradition n'y a jamais figé la culture, elle agit comme une base, une assise qui confère au groupe social identité, stabilité et perrénité. Mais dans ces sociétés, même les gens âgés gardiens des traditions, comprennent et savent parfaitement que c'est l'adaptabilité qui conditionne la survie du groupe. Et qu'une tradition qui n'est plus du tout adaptée, soit au milieu physique (changement climatique, ou simplement migration vers une région à l'écosystème différent), soit à l'environnement social (rencontre avec une population de culture différente, notamment le choc du contact entre sociétés traditionnelles et industrielles), - doit obligatoirement évoluer (pas nécessairement disparaître, parfois même, absolument pas disparaître!), sous peine de causer l'extinction du groupe, que ce soit par la disparition de sa spécificité, ou carrément par la mort des individus qui le composent.<br><Font size=1>(Si vous voulez des références, vous pouvez vous procurer à peu près n'importe quel ouvrage de la Collection Terre Humaine : on ne dira jamais assez de bien de cette collection-là).</font>.<p><font size=1> Et une deuxième tartine! Une! </font>
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