17-12-2003, 14:07
Les intermittents du spectacle ayant perturbé l'inauguration d'une expostion sur Tolkien à la Bibliothèque nationale de France, j'ai réagi à ce sujet (pour lequel je suis très chatouilleux :-)), mais pour ne pas trop hors-sujetter dans d'autres fuseaux, j'ouvre dans le présent "espace libre", un petit coin de discussion, afin de préciser, notamment à destination d'Edoras :-), le fond de ma pensée.<p>L'accord de cet été dont tu parles, Edoras, est 100 fois, 1000 fois contestable.<p>Je vais prendre une image (car j'aime bien faire ça): supposons qu'on décrète que ce qui plombe la sécurité sociale, ce sont les cancéreux parce que les scanners, les chimio et les radiothérapies coûtent déséspérement trop cher aux contribuables en bonne santé.... du coup, on supprime les remboursements de soins aux cancéreux en les laissant crever et pendant ce temps l'équilibre financier de l'assurnce maladie se stabilise enfin. Chouette théorie !!!<p>C'est inimaginable pour la Santé publique mais ça ne l'est pas pour la culture, car c'est très exactement ce qui s'est passé cet été avec les intermittents, selon le vieil adage "qui veut tuer son chien l'accuse d'avoir la rage"..... (en d'autres temps, on a déjà estimé que la culture n'étant pas source de richesses, on pouvait s'en passer, voire bruler des livres...... oui, je pousse le bouchon mais à peine!!! on est actuellement sur la corde :((()<p>Que deux syndicats (au demeurant fort peu représentatifs dans ce secteur d'activité, c'est un euphémisme) aient accepté de renoncer à leur vocation première à savoir de protéger les salariés, c'est une chose... Que d'autres organisations syndicales ou mouvements spontanés aient choisis des moyens peut-être parfois discutables sur la forme, mais totalement légitimes sur le fond, pour un juste combat c'en est une autre.<p>L'action que j'ai préféré cet été, c'est celle ou tout un orchestre a, petit à petit, quitté la scène (la plupart des musiciens n'étaient pas syndiqués) et le denier qui est resté a seulement dit: "voila dans quel état ce festival sera dans un an si rien n'est fait pour sauver notre statut"... et hélas, depuis, du côté des autorités publiques... rien ne se fait, sinon bien veiller à donner le coup de grâce!!!<p>Sur ce sujet, je suis en colère (c'est rare) et pourtant je ne suis pas intermittent mais beaucoup de mes amis le sont et ils ne savent pas comment ils vivront demain ou après-demain.<p>On a beau jeu de se focaliser sur les abus... il y en a et il y en aura toujours quel que soit le système.<p>Mais au nom de quoi, on supprime des droits sociaux à des dizaines de millers de personnes du simple fait que quelques producteurs de télévision se payent un chauffeur et deux secrétaires.<p>Que l'on mette en place un contrôle de ces abus mais que l'on ne détruise pas toute une profession pour autant.<p>Revoir le statut, tout le monde était d'accord la-dessus, mais en faire un dossier à part qui était forcément déficitaire dans la manièrel dont il a été présenté, ça a conduit à cet accord STUPIDE.<p>Bon, je me calme parce qu'on est dans un espace de discussion serein :-)<p>Bien à vous tous<p>Silmo

