23-01-2004, 18:01
Après un certain délai du à des contraintes professionnelles, je livre ici mes réflexions sur le thème de la liberté, sachant quil sagit dopinions personnelles qui nengagent que moi.<p>Premier constat la liberté absolue de lhomme nexiste pas. Il y a au moins deux cas ou chaque homme est absolument impuissant. Lhomme ne choisit pas de naître et ne choisi pas non plus son époque, sa famille, sa culture etc... De même lhomme na pas le chois face à la mort. Il devra mourir. Il peut choisir daccepter celle-ci et de laccueillir paisiblement, ou de la devancer par le , ou de se rebeller contre elle (thème très Tolkienien) mais ne peux pas choisir dêtre immortel.<p>Liberté face au destin<p>Sachant cela y a t-il une part de liberté entre ces deux points dentée et de sortie de la vie. Dans notre société actuelle teintée dindividualisme la question peut surprendre. Pourtant la réponse ne va pas de soit. Elle a suscité au contraire dinterminables débats au cours de lhistoire et ce dans toutes les civilisations. Je me limiterai à notre civilisation européenne pour ne pas être trop long. Notre civilisation repose sur deux héritages historiques principaux, la culture grecque classique et le christianisme. <p>Dans la Grèce antique lhomme nétait pas forcément libre de son destin et la conception a pu être ambiguë. Dune part lhomme est considéré comme responsable de ses actes et peut donc en être comptable. Ce qui explique que les grands criminels doivent être punis par les dieux (Tantale est soumis à son fameux supplice éternel pour avoir tué et mangé ses fils). Dautre part lhomme peut être entièrement soumis à un destin prédéterminé auquel il ne peut échapper. Le cas le plus célèbre est celui dOeudipe dont le destin a été annoncé dès avant sa naissance et qui quoiquil face reste soumis à la ité.<p>Dans le christianisme ce débat a traversé les siècles et nest pas encore totalement clos aujourdhui. Dès les premiers siècles nous avons les partisans de la prédestination et ceux du libre arbitre. Les plus célèbres des deux protagonistes de cette querelle sont Saint Augustin pour la prédestination et Pélage pour lentière liberté de lhomme. Le premier soutenait que comme le temps nexiste pas pour Dieu celui-ci connaît dès avant notre naissance notre destin et notre fin et que par conséquent notre vie est en quelque sorte déjà écrite avant que nous la vivions. Pélage, au contraire défendait que lhomme était entièrement libre de faire son salut ou de se damner et que Dieu lui-même était impuissant à intervenir dans cette liberté de lhomme à choisir entre le bien et le mal. Tout au plus Dieu pouvait « compter les points » de manière parfaitement impartiale et constater à la mort la salvation ou la damnation. Les deux écoles furent renvoyées dos à dos et finalement la position de lEglise se situa sur une ligne de crête subtile entre les deux extrêmes. Lhomme est libre de choisir entre le bien et le mal mais Dieu peut interférer soit de manière visible (le miracle) soit de manière plus discrète par la diffusion de ses grâces .<p>Cette question resurgit à la renaissance lors de la polémique entre Luther et Erasme sur le même thème de la prédestination et de la liberté. Ce point continue à séparer les luthériens et le catholiques aujourdhui (malgré un accord partiel signé en 2000). Enfin la querelle a ressurgit au sein même de lEglise catholique au XVIII° siècle avec la condamnation du jansénisme.<p>Aujourdhui dans notre monde sécularisé et individualiste ces débats peuvent sembler un peu dépassés et la liberté de lhomme face à son destin peut sembler acquise. Cependant, lorsque lon voit lengouement de millions de nos contemporains pour les horoscopes et autres méthodes de voyance, on a la preuve que la croyance en des forces externes qui prédéterminent notre destin et donc limitent ou annulent notre liberté est loin davoir disparue. <p>Liberté anthropologique<p>Si lon considère que lhomme est prédestiné alors la notions de liberté anthropologique ne se pose même pas. Si tout est écrit par avance alors le fait que tel individu vive dans une dictature est une simple ité et le changement éventuel de cette société est aussi une simple ité. <p>Dans le cas contraire si on estime lhomme libre de certains de ses actes et donc partiellement ou totalement libre de son destin la question de la liberté dans les société humaines se pose effectivement. Il convient alors de définir ce que doit être cette liberté. La définition la plus spontanée (commune à la majorité des enfants) est de répondre, la liberté cest pouvoir faire ce que je veux. Cette définition ne tiens pas car elle se heurte à la liberté des autres. Jai peut-être envie de tuer mon voisin mais celui-ci na certainement pas envie dêtre tué. Le conflit entre les deux libertés contradictoire doit donc être régulé (Voir la parabole des troglodytes chez Montesquieu par exemple). <p>Plus la liberté est daction est grande plus elle doit saccompagner de devoirs. La difficulté est de trouver comment positionner le curseur entre ces deux contraintes opposées. Les société humaines sy emploient depuis des millénaires sans jamais y arriver.<p>Une autre réponse serait bien sur ladhésion volontaire aux limitations de la liberté. Limitations qui ne sont donc plus perçues comme une contrainte mais acceptée volontairement et assumées comme un chois. Beaucoup de religion cherchent à fonctionner sur ce système. Un père de lEglise disait par exemple que la vraie liberté nest pas faire ce que lon veut mais vouloir tout ce que lon fait ». Si ladhésion ainsi faite est consciente et volontaire elle ne pose pas de problème si elle est imposée par un conditionnement subit cela pose problème (cf. le meilleur des mondes de Huxley)<p>Je marrète là car le sujet est inépuisable mais jespère que ces pistes de rélection pourront taider.<p>Ps concernant les poèmes je te signale le commentaire que faisait Marcel Aymé dans « le confort intellectuel » du fameux « Homme libre toujours tu chérira la mer » et précisant que justement sil était libre il voulait pouvoir détester la mer..... <p> <p>

