05-04-2004, 18:46
<small>Vouloir protéger l'enseignement des langues anciennes, ce n'est pas forcément le faire au détriment des langues vivantes. Et s'il est vrai que plus un enfant apprend tôt une langue, plus il l'apprend facilement, gageons qu'il en est de même pour le latin et le grec. Quant aux langues régionales, leur disparition n'ira pas forcément plus vite que celle de la langue de Cicéron(j'en veux pour preuve que la langue de Platon, elle, est déjà bien maltraitée dans l'enseignement.)Et elles auront toujours l'avantage d'avoir un couple de petits vieux qui les enseignent à leurs petits-enfants au coin du feu.<p>Le latin et le grec ne sont pas qu'utiles à la culture. Connaître ces langues permet de mieux connaître le français, mais aussi d'autres langues vivantes. J'illustrerai de mon expérience personnelle : élève germaniste en LV1, j'ai eu un véritable déclic sur les déclinaisons en 5ème quand j'ai commencé le latin. <p>Certes, peut-être, tout le monde n'a pas "besoin" du latin ou du grec. Mais tout le monde peut y gagner. C'est une école de rigueur, une formation excellente. Et ne serait-ce qu'une initiation, un an, pour faire découvrir ces langues (surtout le latin) aux élèves me semblerait une excellente chose. L'apprentissage du latin révèle bien souvent des lacunes en grammaire française. Lacunes qui, me semble-il, passent inaperçues dans l'apprentissage des langues vivantes (à revoir lui aussi, je l'accorde. Deux heures de langue par semaine, c'est insuffisant, très insuffisant)<p>Que par la suite un élève qui se dirige vers les sciences s'en désintéresse, je le conçois. Quoiqu'après tout, il n'y ait pas tant de différence entre résoudre une équation et analyser une phrase latine! (là, c'est l'ex-scientifique qui parle!) Mais je trouve anormal que les élèves de section littéraire ne soient pas obligés d'étudier au moins une langue ancienne. Actuellement en hypokhâgne, je trouve quasiment "honteux" que certains élèves n'aient jamais étudié ni latin ni grec, ou ne les étudient plus. Comment se prétendre spécialiste de la langue si l'on en ignore les origines? Comment faire de la philosophie sans parler grec (et allemand!)? Comment faire de l'histoire médiévale sans latin?<p>Ces langues sont le terreau de notre civilisation. Et elles enrichissent celui qui les étudie. Alors, plutôt que de niveler par le bas et de prendre tous les élèves pour des ignorants, pourquoi ne pas leur ouvrir plus systématiquement toutes ces richesses? Des générations entières ont fait leurs humanités, et ne s'en portaient pas plus mal!<p>Vale!<p>Elodie</small>

