Article d'assez bonne qualité et souvent bien renseigné, mais un certain nombre d'erreurs factuelles s'y sont néanmoins glissées, comme lorsque Velay-Vallantin affirme que Tolkien a converti Lewis au catholicisme (ce dernier point est corrigé plus loin dans l'essai, mais la première mention de la conversion de Lewis est aberrante) ou que les sociétés littéraires étaient interdites à la King Edward's School de Birmingham. L'histoire du pub est tout à fait intéressante, mais j'ai le sentiment que vouloir en faire une place forte catholique revient à outrepasser quelque peu la réalité. Je veux d'ailleurs bien que Tolkien ait connu l'histoire du pub, mais j'aimerais mieux une preuve claire qu'une affirmation sans justification. Idem pour les pratiques religieuses de Tolkien, jamais clairement décrites dans les biographies que j'ai pu lire, surtout pour la période de l'entre-deux-guerres. De la même manière, qui affirme donc que les auditeurs de Tolkien furent stupéfaits par les théories exposées dans sa conférence « Du conte de fées » ? Autre exagération patente : prétendre que Tolkien se fait apologue du catholicisme dans cet essai, alors qu'il ne parle que de christianisme. De la même manière, on n'ira pas prétendre que le SdA fut écrit dans un objectif de propagande religieuse, à moins de vouloir caricaturer la pensée de Tolkien. Celui-ci cherche-t-il d'ailleurs à « abuser » le lecteur comme l'écrit Velay-Vallantin ? Et à quel propos ?
Concernant les critiques de Tolkien adressées aux folkloristes, rien de plus juste. Néanmoins, Tolkien ne nie nullement une possible origine commune des contes, contrairement à ce qu'affirme Velay-Vallantin. Ce n'est simplement pas l'aspect qui l'intéresse. Je me demande d'ailleurs ce que viennent faire les mots « indo-européens » là-dedans, déjà parce que Tolkien ne les utilise pas, ni leurs synonymes, ensuite parce que la recherche génétique utilisée par la mythologie comparée indo-européenne (alors à ses balbutiements : la première grande percée de Dumézil se situe en 1938) n'a rien à voir avec la recherche typologique prônée par les folkloristes (alors ultra-dominants).
Bref, un article bien écrit, mais dont j'ai quand même l'impression qu'il ressort plus du genre romanesque que biographique...
Elendil
Concernant les critiques de Tolkien adressées aux folkloristes, rien de plus juste. Néanmoins, Tolkien ne nie nullement une possible origine commune des contes, contrairement à ce qu'affirme Velay-Vallantin. Ce n'est simplement pas l'aspect qui l'intéresse. Je me demande d'ailleurs ce que viennent faire les mots « indo-européens » là-dedans, déjà parce que Tolkien ne les utilise pas, ni leurs synonymes, ensuite parce que la recherche génétique utilisée par la mythologie comparée indo-européenne (alors à ses balbutiements : la première grande percée de Dumézil se situe en 1938) n'a rien à voir avec la recherche typologique prônée par les folkloristes (alors ultra-dominants).
Bref, un article bien écrit, mais dont j'ai quand même l'impression qu'il ressort plus du genre romanesque que biographique...
Elendil

