16-02-2014, 21:09
L'enrobage de sucre, je soupçonne que c'est l'aventure, le roman lui-même, qui ne prétend pas atteindre le même niveau de vérité que l'Évangile. C'est très intéressant, car cela rejoint en fait le prologue du grand cycle en prose de la Vulgate arthurienne, qui dit peut ou prou la même chose et se veut aussi être un chemin de traverse qui amène à la Parole divine.
Finalement, ne peut-on pas fait l'hypothèse que Tolkien incriminait le cycle arthurien pour son incorporation de la dimension chrétienne (Lettre n° 131) parce qu'il nourrissait en fait un dessein similaire et estimait simplement que le résultat obtenu n'était pas de la qualité que requérait le thème, voir même pouvait contribuer à dénaturer le message chrétien ? Cela rejoindrait alors les reproches de jeunesse que Tolkien adressa à l'œuvre de Wagner, qu'il accusa (avant de la connaître vraiment) de déformer les thèmes des mythes scandinaves. Dans les deux cas, on peut noter que ce rejet affiché est en contradiction avec l'attitude réelle de Tolkien : dans le premier cas, Tolkien a bien fait une incursion sur les terres d'Arthur et a même tenté de lier l'histoire de la Table Ronde avec son propre Légendaire ; dans l'autre, il est revenu sur son opinion de Wagner, au point que Priscilla affirma bien plus tard que les deux compositeurs préférés de son père étaient Sibelius et Wagner (voir Tolkien and Wagner: Mythmakers, de Renée Vink).
Elendil
Finalement, ne peut-on pas fait l'hypothèse que Tolkien incriminait le cycle arthurien pour son incorporation de la dimension chrétienne (Lettre n° 131) parce qu'il nourrissait en fait un dessein similaire et estimait simplement que le résultat obtenu n'était pas de la qualité que requérait le thème, voir même pouvait contribuer à dénaturer le message chrétien ? Cela rejoindrait alors les reproches de jeunesse que Tolkien adressa à l'œuvre de Wagner, qu'il accusa (avant de la connaître vraiment) de déformer les thèmes des mythes scandinaves. Dans les deux cas, on peut noter que ce rejet affiché est en contradiction avec l'attitude réelle de Tolkien : dans le premier cas, Tolkien a bien fait une incursion sur les terres d'Arthur et a même tenté de lier l'histoire de la Table Ronde avec son propre Légendaire ; dans l'autre, il est revenu sur son opinion de Wagner, au point que Priscilla affirma bien plus tard que les deux compositeurs préférés de son père étaient Sibelius et Wagner (voir Tolkien and Wagner: Mythmakers, de Renée Vink).
Elendil

