02-11-2004, 23:22
<br>25. Lettre au rédacteur en chef de lObserver<p>[Le 16 janvier 1938, lObserver publia une lettre signée « Habit », demandant si les Hobbits avaient pu être suggérés à Tolkien par le récit de Julian Huxley relatif aux « petits hommes velus aperçus en Afrique par des autochtones et [
] au moins un scientifique. » Lauteur de la lettre mentionnait également le fait quune amie avait « dit se souvenir dun vieux conte de fées intitulé Le Hobbit dans un recueil quelle avait lu vers 1904 », et dans lequel la créature homonyme « était absolument effrayante ». Lauteur demandait si Tolkien voulait bien « en dire plus sur le nom et sur lorigine de lintriguant héros de [son] livre [
]. Cela épargnerait tant defforts aux très nombreux chercheurs des générations futures. Et, à propos, le vol de la coupe du dragon par le Hobbit [est]-il inspiré de lépisode du vol dans Beowulf ? Je lespère, puisque lun des charmes du livre se révèle être la façon dont il harmonise, à la manière de Spenser, les fils magnifiques de tant de branches de lépopée, de la mythologie et des contes de fées victoriens. » La réponse de Tolkien, bien quelle ne fût pas destinée à être publiée (voir la conclusion de la lettre n°26), fut reproduite dans lObserver le 20 février 1938.]<p> Monsieur,<p> Je nai pas besoin de me faire prier : je suis aussi sensible à la flatterie quun dragon et jexhiberais volontiers mon gilet de diamants, et je discuterais même de ses sources, puisque le Habit (plus curieux que le Hobbit) a non seulement affirmé ladmirer mais a également demandé doù je le tenais. Mais ne serait-ce pas plutôt injuste envers les chercheurs ? Leur épargner des efforts, cest les déposséder de toute raison dexister.<p> Néanmoins, concernant la question principale du Habit, il ny aucun danger : je ne me rappelle rien au sujet du nom et de lorigine du héros. Je pourrais, bien entendu, émettre des hypothèses, mais ces hypothèses nauraient pas plus de poids que celles des futurs chercheurs, et je leur en laisse le loisir.<p> Je suis né en Afrique et ai lu plusieurs livres sur son exploration. Depuis 1896 environ, jai lu encore plus de livres de contes de fées authentiques. Ces deux faits mis en avant par le Habit pourraient donc apparaître pertinents. <p>Mais le sont-ils vraiment ? Aucun souvenir ne me revient de pygmées velus (ni dans un livre ni au clair de lune), ni dun quelconque monstre hobbit mentionné dans un texte vers 1904. Je soupçonne les deux Hobbits dêtre des homophones purement fortuits, et suis satisfait[1] quils ne soient pas (semble-t-il) synonymes. Et je soutiens que mon Hobbit ne vivait pas en Afrique, et nétait pas velu, sauf au niveau des pieds. Pas plus quil ne ressemblait à un lapin. Cest un jeune célibataire prospère et bien portant, vivant de ses rentes. Le traiter de « ssale petit lapin » est une vulgarité digne dun Troll, tout comme « descendant de rats » est une méchanceté digne dun Nain des insultes délibérées sur sa taille et ses pieds, quil a très mal prises. Ses pieds, judicieusement vêtus et chaussés par la nature, sont aussi élégants que ses longs doigts habiles.<p>Quant au reste du récit, il est, comme le suggère le Habit, dérivé de lépopée, de la mythologie et du conte de fées (préalablement digérés) mais non pas, cependant, de contes de fées dauteurs victoriens [
]<p>----------------------------------------------------------------------<br>[1] Pas tout à fait. Jaimerais, si possible, avoir plus dinformations sur le recueil de contes de fées de 1904.

