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On a decouvert des squelettes de hobbits !
#21
<font size=1>(Prenez garde! Prenez garde! Le site est en train de se faire envahir insidieusement par des préhistoriennes enragées...Elles arrivent de partout! Vous êtes cernés ... tam-tams dans les profondeurs ...)</font><p>Alors donc, Sylvie : les actuels peuples de petite taille comme les Papous, les !kung et les San (autrement nommés Boshimans), ou encore les Pygmées d'Afrique centrale, sont à 100% des Homo sapiens. Ils appartiennent à la même espèce que tous les hommes censés vivre actuellement sur terre, de l'Inuit au Papou, en passant par les Texans et les Warlpiri. Ce qui signifie qu'ils sont - nous sommes - tous génétiquement et ostéologiquement semblables. Les différences de taille, de couleur ou de corpulence qu'on observe entre eux (p.ex. un grand Masaï noir et élancé vs un petit Inuit cuivré et trapu) sont dues à deux facteurs principaux :<p>1° dérive génétique : c'est à dire qu'un petit groupe de personnes, séparé d'un groupe originel, va développer des caractéristiques génétiques propres différentes de celles du peuple dont il est issu. Il est arrivé autrefois (très très autrefois) que de cette dérive résulte carrément une différentiation des espèces, comme ce fut le cas pour Neandertal en Europe, et pour Erectus en Asie, tous deux issus - du moins on le présume ... pour l'instant ... - d'Homo ergaster. Mais ce processus est extrèmenent lent, et nécessite un isolement de très longue durée.<p>Ce n'est donc pas le cas pour les différentes ethnies de Sapiens actuelles. On remarque cependant, par exemple, chez les aborigènes d'Australie et chez les Papous, par exemple, la persistance de caractéristiques dites "archaïques". Archaïques uniquement du point de vue ostéologique, ce qui n'implique absolument aucune différence de niveau intellectuel. Elle est simplement due à l'isolement plus ou moins absolu qu'ont connu ces populations du fait des variations du niveau des mers consécutifs aux glaciations, qui ont rendu difficile, voire impossible toute traversée entre les continents asiatique et australien durant plusieurs milliers d'années. Tous absolument sont interféconds, c'est à dire que tout ce joyeux monde peut allègrement mélanger son patrimoine génétique jusqu'à l'obtention de ravissants petits métis de toutes tailles et de toutes couleurs. Ce qui, du moins d'après nos connaissances actuelles, ne semble pas avoir pu se produire entre Sapiens et Neandertal, ni entre Sapiens et Erectus (mais il subsiste quelques hypothèses, aucune totalement probante, aucune totalement absurde).<p>2° Adaptation au milieu écologique, et principalement aux facteurs climatiques. L'adaptation se fait par sélection : les individus les plus aptes à survivre dans un milieu donné ont le plus de chances de s'y reproduire et donc de transmettre leurs caractéristiques particulières : que ce soit un corps plus ramassé, qui présente proportionnellement une moins grande surface de peau et donc une meilleure adaptation au froid - une immunité naturelle contre certains parasites, certaines maladies, qui permet de résister dans un milieu infesté, ou une pigmentation plus sombre ou plus claire en fonction du degré d'ensoleillement...<p>Bien. Ceci était pour la première partie de la question. <p>Les squelettes découverts à Flores - je ne les ai pas vus bien sûr, à part les photos du crâne. Je me base uniquement sur les articles parus un peu partout - présentent quant à eux des différences assez nettes. La taille en est une mais pas la plus significative. Ce qui me frappe à la vue de ce petit crâne, c'est son aspect véritablement humain, non seulement de la dentition, mais de la face et de la calotte crânienne. Cependant, on note un bourrelet osseux autour des yeux, un front fuyant et une absence de menton, qui sont tous des caractères archaïques de l'humanité. Et surtout sa capacité crânienne, qui semble étonnamment minuscule. Néanmoins, c'est le rapport volume du cerveau/volume du corps qui est actuellement pris en compte, et non plus la taille du cerveau pour elle-même.<p>Petit rappel général. Plus les recherches paléontologiques avancent, plus on se rend compte de l'étendue de ce qu'on ignore sur l'histoire de l'espèce humaine. Une chose est tenue actuellement pour admise. Homo ergaster serait le premier être à sortir d'Afrique. Il se serait répandu à partir du Proche-Orient, vers l'Europe où il aurait évolué en pré-Neandertal, puis en Neandertal, -(quoique, dans une grotte espagnole, à Atapuerca, on a retrouvé tout récemment de bien drôles de squelettes : chronologiquement antérieurs au pré-Néandertalien, mais morphologiquement plus proches du Sapiens archaïque... Homo antecessor. On cherche à le placer ...), - et vers l'Asie où il aurait évolué en Erectus. Les Ergaster restés en Afrique auraient évolué en pré-Sapiens, Sapiens archaïque, puis Sapiens stricto sensu. Lequel à son tour se serait répandu à travers le monde jusqu'à couvrir l'ensemble des terres habitées. L'expansion de Sapiens correspond partout à la disparition progressive des espèces précédentes, bien que la confrontation n'ait pas dû être nécessairement violente, vu que les deux espèces ont cohabité durant une dizaine de milliers d'années. Ceci reste admis jusqu'à preuve du contraire (et il semblerait que voici poindre la preuve du contraire ... gasp!).<p>L'hypothèse qui fait dériver l'homme de Flores des Erectus asiatiques est donc logique. Je suppose que des premières comparaisons ostéologiques ont été faites entre les deux. Je suppose aussi que si la chose est possible, des analyses génétiques suivront. <p>Maintenant, j'ai aussi ouï causer d'une contre-hypothèse immédiatement soulevée : l'individu le plus complet serait tout banalement un Sapiens atteint d'une forme de nanisme particulière mais bien répertoriée. Là non plus, je n'en sais pas plus <font size=1>(mais dès que je mets la main sur cette prof, je la cuisine pour vous. Promis) </font>.<p>Quant aux légendes sur les petits hommes poilus, les yétis, les bigfoots et les hommes sauvages, elles sont tout de même à prendre avec des pincettes. D'une part, toute légende contient certainement une part de vérité. Et des populations qui ont longtemps vécu cachées et isolées, le plus souvent dans les forêts et les îles tropicales, se sont fait une réputation sulfureuse et maléfique auprès de leurs voisins. D'autre part, certaines espèces de grands singes - comme les orang-outans et les gorilles - sont appelées par les gens qui partagent leur territoire "homme des bois", et souvent considérés par eux comme des êtres humains, ou en tout cas comme un peuple intelligent.<p>Par ailleurs, des découvertes isolées d'"hommes sauvages" peuvent avoir d'autres explications que celle du survivant de la préhistoire. Nous avons d'un côté le phénomène assez bien connu et beaucoup étudié des "enfants sauvages", parfois carrément des "adultes sauvages" ayant survécus seuls dans la nature parmi les animaux. Le cas le plus célèbre est celui du petit "Victor de l'Aveyron". Dans ce cas précis s'est posée la question de l'arriération mentale. Mais on s'égare. C'est une autre histoire et ça nous amènerait loin.<p>De l'autre côté, il existe une maladie assez rare, mais bien connue et étudiée : l'hirsutisme. Un individu atteint, par ailleurs parfaitement normal et sain d'esprit, nait, grandit et vit le corps recouvert de poils des pieds à la tête. Dur à vivre pour lui, certes, mais on imagine facilement la réaction de la famille et des voisins : pas de ça chez nous!<p><font size=1> Non, moi, ce qui m'attriste un peu là-dedans, c'est que dans tous ces récits de rencontre avec des hommes ou des peuples "sauvages", c'est le "civilisé" qui tire le premier sans se poser de questions. Et on s'étonne après que ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont! </font>
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