24-11-2004, 21:09
<small>Puisqu'il faut en parler...<br>Oui, moi aussi le monolithe noir m'a fait pensé à "2001 odyssée de l'espace", et m'a peut-être aidé à comprendre le film (surtout à cause d'une des dernières images où l'on voit les premiers hommes regarder le monolithe en s'interrogeant).<p>Romaine, déçu pendant ma lecture, j'avais fini par accélerer le mouvement, et je susi retourné relire l'ouvrage aujourd'hui car il est un fait que le héros est attachant.<p>J'insiste donc, et suis extrèmement surpris que personne ne se rend compte non seulement de la parodie, mais carrément un pastiche dénonciateur (je m'en rend compte dans l'épilogue que je n'avais pas lu) de la chrétienté.<br>Pour ceux qui manquent de la culture chrétienne qui rend la chose si visible (et odieuse, j'en suis désolé):<br><li> le retrait au désert où lui apparaît le Dieu U'n (unique ?), qui prétend être celui qui est et qui porte tous les noms (= théophanie à Moïse)<br><li> le ridicule simulacre de prière que tente de faire J'on en dessinant le forme de son Dieu, et qu'il appelle le rite (ou je ne sais plus quoi)<br><li>1er miracle réclamé à J'on : changer l'eau en vin (= 1er miracle public de Jésus)<br><li>image des 6 disciples fabriquant une barque pour J'on et annonçant qu'ils vont répandre la "bonne nouvelle" du salut qu'il est venu apporter. (faut-il commenter ?) L'image elle-même me rappelle des illustrations célèbres de l'évangile.<br><li> la guérison du manchot, des boiteux, des aveugles, et de tous les chninkels malades (sans commentaires)<br><li> la trahison d'un de ses disciples (= Judas)<br><li> l'épreuve de devoir marcher sur les eaux (je commente ?)<br><li> Enfin et surtout, la crucifixion finale de J'on, qui plus est sur un monolythe qui est l'image du Dieu U'n (image donc susceptible de devenir un symbole comme la croix).<br><li>Crucifixion qui s'achève par le pardon que donne J'on à ses bourreaux, et au roi maudit, et qui sauve le monde de Daar.<br><li> (j'ajouterai même la fusion des trois immortels en un seul roi, où l'on sent qu'ils ont voulu inclure le mythe (pour eux) de la Trinité.)<p>Le roi accuse le Dieu U'n de ne pas savoir pardonner, d'être un Dieu jaloux (c'est ainsi que l'ancien Testament nomme parfois Dieu, pour expliquer ses exigeances) et le maudit, suite à quoi le monde est décimé par un déluge de feu et de cendre, et la vie reprend (mythe de Noé), et les hommes que nous sommes apparaissent à partir des grands singes qui vécurent l'histoire.<br>Puis la critique de l'auteur prétendant que le Dieu U'n se moquait du monde et ne s'y intéressait pas, et que le monde n'a donc aucun avenir.<p><br>Désolé, cette BD est une mascarade, une parodie, un pastiche de la foi chrétienne. (une <i>"apologie"</i> dis-tu romaine ?????????? - c'est plutôt tout le contraire !)<br>Je ne sais comment réagir au fait que vous ne vous en aperceviez pas : est-ce par manque de culture chrétienne, ou par aveuglement (auquel cas je m'alarme), ou parce que vous dissociez tout à fait les deux domaines (auquel cas je vous admire, non sans surprise).<p><br>Pour ce qui est de la Faerie, je maintiens (et plus encore après avoir lu l'épilogue et les thèses illustrées de l'évolutionnisme qu'il met en scène), je maintiens donc qu'elle est tout à fait absente.<br>Le sexe trop souvent présent gâche d'ailleurs l'oeuvre qui ne manquait pas de beauté malgré tout ça (et je dois avouer que je trouve ça tant mieux).<br>Auncune Faerie !<br>C'est encore ce que je reproche le plus à cette oeuvre dans le contexte qui est le nôtre (on n'est pas là pour débattre du christiannisme n'est-ce pas ?)<br>Les Nains sont des pervers<br>Les fées sont des troublionnes farceuses sans manières<br>L'arbre du monde est vulgaire et crache littéralement J'on hors de sa fleur<br>La devineresse, véritable prostituée, n'en parlons pas.<br>Seul le peuple Chinkel a quelque chose de Faerique, un peu comme des Hobbits (c'est le moins qu'on puisse dire), mais le sexe vient gâcher cette vision (surtout qu'il s'agit presque de viol, et non pas tant d'amour).<br>Le Dieu froid et sombre n'a rien de faerique.<br>Etc...<p>Et je ne parle pas des contradiction internes au récit (U'n se moque du monde de Daar, et pourtant il exauce les moindres souhaits de J'on (comme son désir de plats et de vin sur la plage), et il l'aide constamment à accomplir sa tâche (qui est de mourir pour sauver le monde). Il ne sait pas pardonner, et le pouvoir qu'il octroit à J'on est pourtant celui de pardonner ! Le roi maudit à peine pardonné (lui qui pleurait en attendant ce jour) s'empresse de maudir aussitôt le Dieu U'n à nouveau.<br>Et d'autres détails.<p>Cette BD aurait a tout pour être effectivement un monument de la BD, mais elle a tout aussi pour la rendre détestable.<p>Désolé...<br></small><p>

