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Anniversaires
Hier soir, avant de me coucher, je me reconnaissais bien en ce pauvre Charlie Brown (je me reconnais souvent en ce pauvre petit bonhomme à la tête ronde)<p><img src=http://www.firstanimationart.com/images/PEA/LITHOS/SU7_Nothing_Personal.jpg><p>Oui, rien à redire, c’était mon tour.<br>D’ailleurs, Thingol veillait à être le premier à me le rappeler ;-)<br>Mais bien que la pente se prépare (en douce, comme si de rien n’était, la traîtresse) à devenir glissante, votre compagnie fait chaud au cœur.<br>Car j’ai beau faire l’ours, le grincheux, celui qui n’aime pas qu’on fête son anniversaire, bref, j’ai beau faire mon TB…<p><img src=http://bd-girls.mon-oueb.com/belles/falbala/falbala-02.jpg><p>…Force est de constater que les douceurs d’une Stéphanie, tout en poésie printanière ouvrant le bal, d’une Melilot (podium, et quel podium ;-), et oui, mon vœu s’est réalisé puisque ma Baie d’Or a pu me rejoindre pour allumer les bougies de cire jaune), d’une Lambertine, d’une Saivh, d’une Rebeca, aurait de quoi faire fondre tous les cœurs glacés du monde. <br>Lorsque Romaine ferme le bal avec toute sa tendresse, cette même tendresse capable de terrasser les dragons, j’ai compris depuis longtemps qu’il est inutile de résister devant autant de preuves d’amitié : <p><img src=http://bd-girls.mon-oueb.com/belles/falbala/falbala-13.jpg><p><blockquote><font color=green>Le rêve chemine linéairement, oubliant son chemin en courant. La rêverie travaille en étoile. Elle revient à son centre pour lancer de nouveaux rayons. <br>G. Bachelard, <i>La psychanalyse du feu</I></font></blockquote><p><img src=http://goscinny.free.fr/photoexpression/farpaitement.gif><p><br>Brmphfbll, désolé, pas habitué à lever le coude comme les autres machins, oui, c’est ça, Edrahil, ou Elwe, ou Isengar ou Solmi, ben oui « Silmo », c’est farpaitement ce que j’ai dit pourquoi tu me fais répéter ?<br>Ou le dragon brumeux qui porte bien son nom, ou l’Ent qui irait jusqu’à brasser sa propre miélée.<br> <br>Dior, le titre que tu me donnes est bien lourd à porter… mais viens, approche-toi… et Romaine, Didier, approchez-vous cela devrait vous plaire… et les autres aussi (oui, même pour Jérôme et Ben qui se cachent! venez!) : pour vous remercier, je vais vous raconter une histoire du vrai Soslan/Sosryko ; c’est une histoire belle pour les lièvres et triste pour les cerfs, un histoire de calculs mesquins, de virilité stupide mais aussi d’amitié indéfectible, de repas… et de grelots :<p><blockquote>« Un jour, le Narte Soslan était à la chasse. Pour tout gibier, il n'avait tué qu'un lièvre. Il l'écorcha, le découpa, mit son foie à la broche et s'en fit un chachlyk, empaquetant soigneusement les autres morceaux dans la peau de l'animal. Quand le chachlyk fut à point, il invoqua comme il sied le Dieu vivant. A peine eut-il prononcé ce nom que le lièvre bondit et s'enfuit. Soslan se frappa les mains : « Quel prodige! je tue un lièvre, je le découpe, je fais rôtir son foie, et le voilà qui court! »<br>— Il n'y a rien ici de si prodigieux, lui dit le lièvre. Des prodiges, c'est au col de Gum que tu en verras!<br>Rentré chez lui, Soslan se dit : « Il faut absolument que je voie les prodiges dont il parle! » Il se fit préparer des vivres légers à porter, savoureux à manger, monta en selle et se dirigea vers le pays de Gum. Il passa sept cols. Le huitième, c'était le col de Gum. Il allait y parvenir quand il remarqua les traces d'un cerf. Il les suivit et, dans une clairière, aperçut en effet un cerf d'une telle beauté que c'était pitié de le tuer : lorsqu'il se déplaçait, sa toison faisait toute sorte de musique.<br>De tertre en tertre, de touffe d'herbe en touffe d'herbe, Soslan rampa vers lui. Il n'était plus qu'à une portée de flèche et se disposait à tirer quand il entendit un sifflement et vit l'animal rouler sur la pente. Il cria à pleine voix : <br>— Quel chien, quel âne a tiré sur mon cerf?<br>Ne recevant pas de réponse, il descendit en suivant la trace du sang. Au fond du ravin, que voit-il? un homme grand comme une tour et, devant lui, le cadavre du cerf.<br>— Est-ce toi qui as tué mon cerf? lui demanda Soslan. <br>— Oui, c'est moi qui l'ai tué, répondit l'homme.<br>Soslan le prit de haut :<br>— Le cerf était à moi. Pourquoi l'as-tu tué?<br>— Et s'il était à toi, pourquoi n'as-tu pas tiré? Je suis un chasseur comme toi. La vallée de Gum est mon pays. Pourquoi ces cris?<br>— D'où es-tu? demanda Soslan.<br>— je suis de Gum. Et toi, d'où es-tu?<br>— je suis un Narte, Soslan!<br>— Narte, dit l'homme du pays de Gum, c'est à nous deux ensemble que Dieu a donné le cerf, écorchons-le!<br>Ils se réconcilièrent et écorchèrent le cerf. L'homme de Gum tendit son couteau à Soslan et lui dit :<br>— Découpe-le, Narte, à ta manière.<br>— C'est toi qui as tué le cerf, dit Soslan, c'est donc à toi de le découper.<br>L'homme de Gum fit trois parts. Soslan le regardait et se disait<br>« J'aurai une part, la deuxième sera pour lui - et sans doute prendra-t-il aussi la troisième. Plutôt mourir que de le voir emporter plus que moi! »<br>Quand l'homme eut fini le partage, il dit à Soslan :<br>— Narte Soslan, à toi de te servir !<br>— Non, mon soleil, dit Soslan, c'est toi qui l'as tué, c'est à toi de prendre ta part le premier.<br>L'homme de Gum prit une part et dit :<br>— Soslan, voici ta part!<br>Il prit la seconde et dit :<br>— Tu es venu de loin, reçois donc encore celle-ci. La troisième est à moi.<br>Puis ils mirent au feu des chachlyks et firent bonne chère. Quand ils eurent fini, ils ramassèrent chacun sa part et se préparèrent à partir. Soslan avait plu à l'homme du pays de Gum, car celui-ci lui dit :<br>— Narte, choisis soit mon épée, soit mon cheval, soit mon arc je t'en fais présent, emporte-le au pays des Nartes en souvenir de moi.<br>Soslan remercia, mais n'accepta pas. Ils se serrèrent les mains, se dirent adieu, montèrent à cheval et se dirigèrent l'un vers Gum, l'autre vers le pays des Nartes.<br>Soslan n'avait pas cheminé longtemps, qu'il se prit à penser : « Comme je suis malchanceux ! Pourquoi n'ai-je pas accepté le cadeau que me faisait cet homme? Comment oserai-je raconter cela au pays des Nartes ? Faisons demi-tour et rejoignons-le ! »<br>Il fit demi-tour, poursuivit l'homme de Gum et lui cria :<br>— Attends-moi, homme de Gum, j'ai à te parler.<br>L'homme de Gum fit aussi demi-tour et ils se rencontrèrent à l'endroit même où ils avaient écorché le cerf.<br>— Que t'arrive-t-il, Narte? demanda l'homme. Qu'as-tu oublié?<br>— Voici comme nous sommes, nous autres Nartes, dit Soslan quand on nous offre honneur et cadeau, nous n'acceptons pas, et ensuite nous le regrettons.<br>— Et voici comme nous sommes : quand nous offrons à quelqu'un honneur et cadeau et qu'il n'accepte pas, c'est fini, nous ne lui donnons plus rien.<br>Les deux hommes en vinrent aux vives répliques, puis à la querelle. Ils se lancèrent d'abord des flèches, sans nul effet. Soslan tira son épée, l'homme de Gum tira la sienne et ils se blessèrent mutuellement : dix-huit blessures à l'un, dix-huit à l'autre.<br>A bout de forces, ils tombèrent chacun d'un côté du chemin. Ils se reposèrent jusqu'au soir, puis ils se dirent : « Rentrons chez nous, faisons soigner nos blessures et, dans un an jour pour jour, retrouvons-nous ici! » Il y avait là de grands arbres sur lesquels ils firent des marques. Avec peine ils remontèrent sur leurs chevaux et se séparèrent : Soslan alla vers le pays des Nartes et l'autre vers le col de Gum.<br>Ils firent venir des guérisseurs et tous deux se rétablirent. Au bout d'un an jour pour jour, ils se retrouvèrent au même endroit. Dès qu'il vit l'homme de Gum, Soslan se mit à lancer des flèches, mais l'homme s'approcha et lui dit :<br>— N'est-ce pas pitié, Narte? Nous n'avons ni l'un ni l'autre de sang à venger, pourquoi nous entre-tuer?<br>Ils jetèrent leurs armes, se serrèrent les mains et s'embrassèrent :<br>— Du moment que nous voici réconciliés, dit à Soslan l'homme de Gum, <b>il faut que tu voies ma maison</B>.<br>Ils remontèrent à cheval et se dirigèrent vers le village de Gum, Soslan fut l'hôte de son ami : de toute une semaine, on ne le laissa pas se lever de table. Au bout d'une semaine, il décida de rentrer chez lui. L'homme de Gum lui fit présent de son arc, et en outre de la peau du cerf; telle était cette peau que chaque duvet résonnait comme une clochette et chaque poil comme un grelot, et qu'elle faisait toute sorte de musique quand on la remuait.<br>Invité à son tour par Soslan, l'homme de Gum se rendit au pays des Nartes, où il fut très bien reçu et traité pendant une semaine. Quand il s'apprêta à partir, quels présents ne lui fit pas Soslan! Il lui donna jusqu'à son cheval.<br>A partir de ce jour, Soslan et l'homme de Gum furent frères de serment. »<br><small>(Dumézil, <i>Le livre des Héros</i>, p. 78-81) </small></blockquote><p>Cette maison de Sosryko ouverte aux amis, elle ne pouvait pas être plus belle que celle qui nous abrite en ces lieux et qui parfois (et cela suffirait) et même souvent (rendez-vous compte de notre chance) ressemble à s’y méprendre à une maison dans ce genre :<p><img src=http://morphee.canalblog.com/maison_de_tom.jpg><p>Enfin, il ne serait pas bon, une fois dégrisé, de se quitter sans chanter une dernière fois (n’est-ce pas Feartanel ?) et de boucler la première boucle de ce fuseau pour le plaisir de tous mais aussi pour bercer ce cher Ent réveillé pour l’occasion (merci Fangorn !)… comme les excursions en forêt, folâtrez puis suivez la piste <font color=green><b>verte</b></font> et folâtrez de nouveau :<p><br><blockquote>Dans la calme splendeur,<br><font color=green><b>Dans la fraîcheur de tous les buissons</b></font>, de tous les arbres,<br>On croit entendre comme une rumeur de rêves<br>La nuit entière.<br>Car au-dessus des paysages étincelants de lune,<br>Dans de longues robes blanches,<br>Passent les sveltes déesses<br>Des nuages, comme des secrets dans la mémoire,<br>Elles envoient du haut des montagnes<br><font color=green><b>Les alertes compagnons </b></font><br>Du printemps, les sources claires <font color=green><b>dans la forêt</b></font>,<br>Qui annoncent plus bas la nouvelle<br>Aux profondeurs où flottent les parfums,<br>Et qui voudraient dormir encore,<br>Désormais, dans le silence de leurs présages, tous se balancent,<br>Si mystérieusement, tous se penchent<br>Avec les épis et les branches ;<br>Ils <font color=green><b>racontent la nouvelle </b></font>aux vents<br>Qui traversant les tilleuls en fleurs,<br>Passant près des chevreuils dans leur clairière,<br>Survolent les lacs en chuchotant,<br>Et les ondines, encore endormies, montent à la surface<br>Et demandent<br>Ce qu’ils murmurent <font color=green><b>si tendrement </b></font>–<br>Mais qui peut le dire ?<br><small>(Joseph von Eichendorff, « Aube de printemps »)</small></blockquote><p><img src=http://www.freereiki.com/Gif%20Animate/Snoopy%20sghiribizzo.gif > Sosryko, encore merci les amis. <p><p>
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