Silmo Wrote:=>Hyarion. Tu devrais pouvoir emprunter "les Mystères de Lisbonne" version ciné, au Dragon et à sa Dame. Je sais qu'ils ont ça dans leur dvdthèque (sauf s'ils l'ont refourgué) :-)
Je prend bonne note de cela. En y repensant, il me semble que Romaine m'en avait parlé, en effet, mais il y a déjà fort longtemps... Bref, je leur demanderai à l'occasion. :-)
Silmo Wrote:J'ai pas aimé Avatar [...]
[small]Avatar, entre autre à cause d'un scénario haltérophile et d'un acteur principal du même métal avec l'expressivité d'un parpaing.
Ceci dit, je jette pas James Cameron avec l'eau du bain puisque je suis un fan inconditionnel de Titanic :-D Si, si. Sérieux.
tandis que pour Alien, je préfère Ridley Scott...[/small]
James Cameron, comme j'ai déjà l'occasion de l'écrire sur ce forum, m'a toujours fait l'impression d'être d'abord un capitaine d'industrie, toujours à la pointe de la technique, avant d'être un artiste ou le démiurge que l'on célèbre aujourd'hui. Je peux me tromper, mais je pense qu'il restera avant tout dans l'histoire du cinéma pour son rôle en matière d'évolution technique du septième art, de même peut-être que Peter Jackson. Titanic m'a toujours donné l'impression, depuis la première fois que je l'ai vu en salles, d'être un modèle en matière de reconstitution historique avec force moyens, plus que d'histoire racontée. Même chose pour Avatar : le scénario (qui a quelque peu coupé l'herbe sous le pied du John Carter d'Andrew Stanton, malheureusement pour ce dernier) est assurément cousu de fil blanc, tandis que la capacité d'immersion dans la fiction permise par la technique fait sans doute de ce film une référence pour le cinéma de demain. Cameron aura bientôt l'occasion, du reste, d'enfoncer le clou à ce propos, avec ses suites à Avatar qui vont régulièrement se succéder en salles dans les prochaines années, à la suite (et probablement aussi à la manière) de la deuxième trilogie de Jackson.
En l'état actuel de sa filmographie, le film de Cameron que j'apprécie le plus est probablement Abyss. Et s'agissant d'Alien, sans être un expert de cette série de films, je préfère aussi le film original de Ridley Scott.
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Pour le reste, il est difficile de réagir à tout ce qui a été écrit depuis mon précédent message...
J'aimerai simplement souligner ici que si je me suis lancé dans l'exercice consistant à écrire des critiques sur la deuxième trilogie, je l'ai fait en ayant gardé en mémoire, bien entendu, les éditos de Semprini dédiés à la première trilogie et publiés sur JRRVF. Semprini — dont TB disait affectueusement, dans le temps, qu'il était "notre monsieur cinoche" ;-) — avait placé la barre assez haut à l'époque en matière d'analyse et de critique, le résultat contrastant d'ailleurs singulièrement avec le commentaire laissé sur le forum l'année dernière à propos du premier volet du Hobbit de PJ : ce message
J'avoue d'ailleurs que j'avais été un peu déçu : après les éditos d'il y a 10 ans, tout comme TB, je ne m'attendais pas à un avis exprimé de façon si laconique ! :-) Pour ce qui est du deuxième volet, le commentaire de Semprini a cependant été plus fourni, mais ce que j'ai surtout retenu, c'est qu'il a suffisamment enthousiasmé JR pour qu'il reprenne à son compte, dans un autre fuseau, l'expression "connerie monumentale" employé par Semprini à propos du film. Quand je pense au décalage qu'il y avait dans leurs interventions sur les films il y a 10-12 ans, je me dis que c'est toute une mer (de Rhûn ?) qui a coulé sous les ponts... ;-) Mais l'essentiel est que Shudhakalyan est réussi à pousser Semprini à s'exprimer davantage, ce à quoi je ne croyais plus trop, je l'avoue ! ;-)
Semprini Wrote:Genette ou pas, je crois qu'il existe des canons esthétiques propres au cinéma (sur la composition des plans, le découpage, le montage, etc.) établis par les oeuvres des cinéastes classiques (canons portés par des milliers de films depuis le début du 20e siècle et une longue historiographie critique). J'ai été éduqué au cinéma en voyant d'abord ces oeuvres classiques, à la Dernière Séance ou ailleurs. Jackson, qui vient du cinéma d'horreur indépendant (d'où son goût si peu tolkienien pour les monstres, la violence et le gore), a une conception de la mise en scène qui va souvent à rebours de ces canons classiques. Cela fait le bonheur de certains - pas le mien. J'ai aussi lu Tolkien avant de voir Jackson - ce qui explique là aussi bien des choses, de même qu'explique aussi bien des choses le fait que tu aies pour ta part découvert Jackson avant Tolkien (car je ne nie pas non plus l'importance de l'histoire personnelle et du sentimentalisme de chacun dans ces affaires-là). Je n'arrive plus à voir les films de Jackson en DVD aujourd'hui. Mais je suis très heureux qu'ils t'aient enchanté et qu'ils aient permis à beaucoup de gens de découvrir Tolkien.
[...]
Moi, j'aime toujours les scènes que j'avais aimées en 2001, 2002 et 2003. Et je les revois parfois avec mon fils avec plaisir. J'aime toujours le Gandalf de McKellen et le Boromir de Sean Bean. Mais je ne peux revoir que des petits bouts. C'est sur la durée que je ne tiens plus - les regards embués du duo mièvre Elijah Wood/Sean Astin, qui surjoue chaque scène, cette focalisation manichéenne sur les monstres, les interminables et redondantes scènes de bataille avec le trio de terminators Legolas-Gimli-Aragorn et cette mise en scène si lourde qui accentue chaque effet et flêche chaque émotion, au bout de quelques minutes, malgré les qualités que je peux reconnaitre au film par ailleurs, je ne peux plus.
Ces propos me font penser à mon propre rapport aux films de Jackson. J'ai moi aussi lu Tolkien avant d'avoir vu les films, et ne le regrette pas, surtout s'agissant du Hobbit. Cependant, pour ce qui est du Seigneur des Anneaux, je dirais que les films m'ont sans doute aidé, de façon assez décisive, à revenir à Tolkien alors que le Seigneur des Anneaux, à la lecture, ne m'avait initialement pas autant plu que le Hobbit. Cependant, une fois l'intérêt de circonstance passé, et les souvenirs esthétiques bien inscrits en mémoire, je n'ai guère eu envie, par la suite, de revoir régulièrement la première trilogie. Semprini a mis des mots sur ce que j'ai longtemps eu du mal à définir : le cinéma de Jackson n'est pas la même chose que le cinéma que j'ai appris à apprécier, en lui-même, avec le temps. Le fait que je ne suis pas du tout amateur de cinéma d'horreur explique peut-être pourquoi un certain nombre de codes dudit cinéma d'horreur dont est issu Jackson ne "marchent" pas sur moi, contrairement à ce qu'il en est pour d'autres cinéphiles pour qui l'horreur va naturellement avec la SF, le fantastique et la fantasy (pour faire simple), alors que pour moi un tel mélange ne va pas forcément de soi, fusse dans le cadre général de ce que l'on appelle le cinéma de genre, et bien que les catégorisations ne soient vraiment ma tasse de thé par ailleurs.
J'aime l'esthétique apportée par des artistes comme John Howe et Alan Lee sur les films de PJ, et j'aime ces tableaux portés à l'écran qui en découlent, même quand ils sont le théâtre de scènes supposées "kitsch" comme celle du baiser au clair de lune entre Aragorn et Arwen dans la Communauté de l'Anneau. Cependant, les choix de Jackson en matière de mise en scène et de structure narrative ne m'a jamais marqué en eux-mêmes comme peuvent le faire, à chaque fois que je les revois, les choix faits pour des films comme The Good, the Bad and the Ugly de Leone ou Excalibur de Boorman. En dehors de l'esthétique, restent chez PJ des choses réussies que je continue à apprécier d'une part (comme Semprini, je trouve toujours très convaincants le Gandalf de McKellen [surtout le Gris, plus que le Blanc] et surtout le Boromir de Sean Bean, excellent acteur) ainsi que, d'autre part, des scènes que je n'aime pas du tout (notamment les scènes ridicules de prouesses guerrières de Legolas que j'ai évoqué dans ma critique sur le présent fuseau, ainsi que "les regards embués du duo mièvre Elijah Wood/Sean Astin, qui surjoue chaque scène" dont parle Semprini et qui "gâche" un peu en particulier la conclusion de la Communauté de l'Anneau), avec au milieu, entre ces deux tendances de goût, un ensemble qui m'a toujours paru tenir la route dans l'ensemble, malgré les faiblesses constatées par ailleurs et notamment dans les Deux Tours et le Retour du Roi. Personnellement, je continue de considérer la Communauté de l'Anneau comme étant le meilleur volet, le plus prenant, de la première trilogie, mais le Dragon Didier m'a toujours dit, lui, qu'il préférait les Deux Tours. Bref, à chacun son barème d'émotion, comme l'a justement écrit Silmo...
Semprini Wrote:shudhakalyan Wrote:Semprini : Ceci dit, moi non plus je ne peux plus. Il est des chefs d'œuvre qui arrivent vite à saturation ^^ (encore que dans mon cas j'aie sans doute tenu plus longtemps que vous tous pour le volet 1).
Ah, il avoue ! La preuve en est faite ! :p Un vrai chef-d'oeuvre par définition ne peut provoquer la saturation car il ne fatigue pas les yeux. Il est des films que j'ai vus 20 fois toujours avec le même plaisir grâce à leur forme fluide et classique (Ford, Renoir, Hawks, Hitchcock, Mizoguchi, Kurosawa, Satyajit Ray, Tarkovski, Powell & Pressburger, etc... comment se lasser de voir certains de leur film dont la mise en scène est comme un onguent pour les yeux ?
Cela me fait penser que j'ai la Rue de la honte de Mizoguchi dans ma vidéothèque et que je n'ai pas encore pris le temps de voir ce film, dont on m'a dit du bien. Parmi tous les autres grands cinéastes cités, j'avoue qu'il y en a deux dont je ne connais pas le travail, à savoir Satyajit Ray (je connais très mal le cinéma indien) et Tarkovski (dont l'aura particulière m'a toujours un peu effrayé, je l'avoue).
Il y a longtemps que je n'ai pas revu la première trilogie de Peter Jackson, même en ayant toujours les coffrets des versions longues dans ma vidéothèque depuis des années. Je suis de plus en plus curieux de la revoir une fois que j'aurai vu la deuxième trilogie dans son ensemble. Tiendrai-je sur la durée mieux que Semprini, ou même que Shudhakalyan ? Je verrais bien... en notant, du reste, que Cédric lui-même (qui n'a jamais caché que les films de PJ n'étaient pas sa grande passion) a été capable de ne pas être lassé. ;-)
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ISENGAR Wrote:Comme Semprini, j'ai certains marqueurs, certains référentiels cinématographiques.
J'avoue, cher JR, que je suis curieux de savoir quels sont précisément ces référentiels, dans la mesure où, sauf erreur de ma part, tu n'en as jamais beaucoup parlé. :-) J'avoue ne pas avoir tout relu de ce que tu as pu écrire contre les films de PJ, mais il me semble que tes propos, généralement, portaient davantage sur le rapport à établir (ou plutôt, à te lire, à ne pas établir... ;-) ...) entre Tolkien et PJ, plutôt que sur le rapport à établir ou non entre le cinéma de PJ et celui d'autres cinéastes vis-à-vis de la question de l'adaptation.
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Amicalement à tous, :-)
Hyarion.


. Il est des chefs d'œuvre qui arrivent vite à saturation ^^ (encore que dans mon cas j'aie sans doute tenu plus longtemps que vous tous pour le volet 1).