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[Critiques] The Hobbit: The Desolation of Smaug - Peter Jackson (2013)
#61
Hyarion Wrote:Entre les discours ne faisant qu'exprimer du mépris pour Jackson sans grande considération pour l'art cinématographique, ou les discours ne faisant qu'exprimer une adoration pour ledit Jackson sans grande considération pour la littérature

Heureusement, la situation n'est pas si tranchée... il y a beaucoup de monde entre ces deux clans qui semblent irréconciliables, à te lire. Pour ma part, je ne me reconnais pas non plus dans l'une et surtout pas dans l'autre.

Shou Wrote:Ce qui me trouble précisément dans la déclaration de PJ par rapport au "business" dans le Figaro, c'est l'impression que PJ aujourd'hui, avec Le Hobbit, accepte davantage de se soumettre à certaines exigences des sociétés de production (il évoque La Warner) que lors du Seigneur des Anneaux.

Je pense - cela surprendra-t-il quelqu'un - que notre bon Peter Jackson, malgré les délicieuses roucoulades auto-promotionnelles des appendices des DVD version longues, a toujours été soumis aux exigences des studios. Il le dit d'ailleurs en filigrane en évoquant la différence avec le pouvoir limité d'un jeune réalisateur : il parle de lui en 1995. C'est le lot de tout metteur en scène, comme l'évoquait Silmo. L'Arwen guerrière de la Communauté de l'Anneau est l'exemple le plus lisible. <small>Ceci-dit, cette même Arwen, qui change du tout au tout dans les deux films suivants, montre aussi la capacité de résistance de Jackson, qui a su se débarrasser de la guerrière (au détriment de la très fragile cohérence scénaristique de sa trilogie), comme il avait su imposer le format "trilogie", avec l'aide de New Line en 1995.</small>

Après avoir œuvré ces 15 dernières années à façonner une image positive auprès d'une très vaste communauté de fans, Jackson change bizarrement son fusil d'épaule dans cette récente interview au Figaro.
Il faut toutefois noter trois choses :

- cette déclaration, il l'a faite à un journaliste français, pour un journal français. Je n'ai pas retrouvé de déclarations semblables dans la presse internationale (sur le net) de sa part (mais je n'ai pas fait de recherches approfondies, car j'ai autre chose à faire...). En fustigeant "les fans", les "puristes" (encore que ce sont les termes utilisés par le journaliste), est-ce que ce n'est pas une façon indirecte de répondre aux remarques de Christopher Tolkien, publiées également dans un média français ("L'Anneau de la discorde", Le Monde du 7 juillet 2012) ?

- Il le souligne à plusieurs reprises dans son interview, et on le sait bien ici sur JRRVF, l'adaptation du Hobbit s'inscrit dans un contexte beaucoup plus difficile que la première trilogie : accumulation des difficultés (juridiques notamment), critiques beaucoup plus nombreuses sur ses choix scénaristiques, techniques, artistiques... C'est à une énième question sur Tauriel que Jackson semble réagir de cette façon.

- Enfin, Peter Jackon baigne, beaucoup plus qu'il y a dix ans, dans le business, et ce sur fond de crise économique. Dans l'interview, il n'a échappé à personne que c'est le businessman qui parle avant l'artiste. Mécaniquement, ce rôle très différent de celui qu'il assumait pour le SdA. La pression est certainement gigantesque et il en beaucoup plus conscience aujourd'hui, car il a beaucoup plus à perdre.

Dans cette façon de se dévoiler, on lit depuis nos lorgnettes franco-belges jrrvfiennes, filtrées par la traduction-reformulation de Jean-Paul Chaillet (le journaliste du Figaro), beaucoup de cynisme et ras-le-bol à la fois (. Entre les lignes, ce sont les grandes difficultés devant lesquelles se trouve aujourd'hui l'industrie cinématographique qui se dévoilent tristement.

Quelque part, ce cynisme et ce ras-le-bol, je peux le comprendre. Des aventures qui courent sur deux décennies et qui se terminent dans un flot de dollars, de fatigue physique et de critiques, ça a de quoi rendre amer. Tout ça pour ça ?


<small>...Sinon, j'aime bien le cinéma de qualité. C'est pour ça que je n'aime par l’œuvre de Peter Jackson.
Et en plus, je suis sur que la mauvaise qualité de son adaptation cinématographique a eu une influence négative sur les ventes très moyennes de mon livre. J'aurais du le sortir plus tard... Big Grin</small>

I.
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