04-12-2005, 17:52
Partant du principe que j'ai lu le bouquin, et que même si le quatrième HP n'est pas mon préféré, j'ai évidemment compris l'histoire et les raccourcis. Et j'ai beaucoup aimé. Si si. J'ai même pleuré au moment le plus tragique...<p>ATTENTION SPOILER<p>(reprenez le bout de phrase d'avant)...le sacrifice de Cédric. Je trouve ça beau, cette relation qui se noue entre deux adversaires (a priori), qui en dépit du fait que l'un est sensé gagner au détriment de l'autre, se sauvent finalement mutuellement la vie tout au long de la traversée du labyrinthe, et saisissent ensemble le trophé... Et alors qu'ils se trouvent au cimetière, que Harry abjure Cédric de partir, lui ne l'abandonne pas, affronte l'inconnu pour ne pas le laisser seul dans cet endroit glauque, et meurt d'un sort impardonnable... Mais même après sa mort, il sauvera Harry. C'est beau. Donc là j'ai pleuré. C'est terrible de mourir sans savoir de la main de qui ni pourquoi, et en échouant à protéger l'autre, comme ça, bêtement.<p>FIN DU SPOILER (on a un terme français pour spoiler ?)<p>De plus, tout autant qu'il complètement absurde de juger le SdA sur la base des films, il est stupide de juger HP sur la base de ces films, même s'ils sont mieux réussis que... vous savez quoi. <p>Parce que on ne peux pas tout expliquer dans le film -- et d'ailleurs, dans le livre non plus, tout n'est pas expliqué. Il y a des choses, comme dans la vraie vie, qu'on comprend (bien) plus tard. Il y a des choses que c'est au lecteur de trouver lui-même, parce que le lecteur est parfois doué d'un cerveau et capable de comprendre des choses tout seul sans qu'on lui mâche tout.<br>Parce qu'une grande partie de la richesse morale disparaît, évidemment. <p>N'empêche. Le personnage de Neville, il est génial ! Je trouve superbe qu'ils l'aient grandi ainsi, je ne l'en apprécie que mieux (même si je ne l'imagine toujours pas comme dans le film, physiquement), qu'on laisse la part aux anti-héros. La scène où Fol-OEil lance un sort d'Endoloris sur l'araignée est magnifique. Je suis personnelement dans le même état que Neville <small>(je hais ce sort-là. Je crois que c'est celui qui me dégoûte le plus ; autant à la limite, l'Imperium peut servir à celui qui le jette, en forçant quelqu'un d'autre à faire quelque chose pour lui, autant l'Adavra peut servir à se débarasser de quelqu'un, autant Endoloris, je ne vois pas l'intérêt qu'il peut avoir pour celui qui le lance)</small>, mais dans ses plans, quand on voit la véritable nature de "Fol-OEil" (fasciné et jouissant de la douleur qu'il procure) et la tête du pauvre Neville, on a l'intuition des véritables relations entre ces protagonistes. De même quand Neville, juste après ce cours, regarde le vitrail, et que la dame du vitrail pleure, c'est très beau. Effectivement, on ne sait pas à ce moment pourquoi ça le fait tant souffrir. Sait-on vraiment quand quelqu'un souffre et pourquoi dans la vraie vie ? Non. C'est après qu'on apprend pourquoi, quand Harry tombe dans la Pensine, qu'on comprend sa souffrance.<br> <br>A la limite, on n'aurait pas eu besoin dans le film de tant le voir, Neville, de le voir s'épanouir dans ses passions, prendre de l'assurance, reconquérir un équilibre psychique détruit par ce qui est arrivé à ses parents. Il n'est pas un héros, ça ne sert pas l'action (sauf avec la Branchiflore, mais on aurait pu réduire ça à une pirouette). Mais ils l'ont montré, et fort bien. Raison de plus pour aimer ce film. Parce que l'important dans Harry Potter, c'est pas des coups de baguettes magiques et des abracadabra, tous ses hocus pocus : la magie ne fait pas tout, et au contraire, je trouve bien qu'ils ne l'aient pas mise en avant. L'important, chez les sorciers comme ailleurs, c'est l'âme humaine. Ce n'est pas avec une potion qu'on guérit l'esprit, la magie ne ressuscite pas les morts, une potion ne fait pas redevenir ami (même s'il existe des potions d'amour, mais c'est autre chose, et leur effet est limité). <p>Ce qui a aidé Harry à "gagner", si on peut parler de victoire, ce sont... les relations humaines. Justement pas la magie. Le fait est qu'il ai été manipulé, oui, mais comment l'a-t-il été ? Parce que l'agresseur jouait sur ses relations humaines : sur Ron, sur Neville, sur Cédric ; jamais il n'a agit directement sur Harry (mis à part en mettant son nom dans la Coupe). <p>Donc voilà. Autant j'ai aimé le deuxième film pour Gilderoy Lockart, autant j'ai aimé le troisième pour tout (sauf quand Lupin subit sa transformation), autant j'aime ce quatrième pour cette richesse humaine qui se développe, encore plus que dans les autres, pour Neville, pour Hermione, pour Cédric... <p>S. -- <small>qui a un moment s'est quand même demandée... Lalette, tu as raison, il devait y avoir quelques Aurors au Naheulbeukevala : il y a une scène où ils hurlent tous "Krum, Krum, Krum !" d'un air très martial. Comme à une chanson. C'est un avertissement, je suis sûre :) :) :)</small>

