Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Qu'est-ce que l'amitié ?
#43
Mélilot, je suis entièrement d'accord avec toi, surtout en ce qui concerne les petites choses.

<small>(j'aime bien à ce sujet un extrait d'un poème du père Sevin :<br>[emphase]« Sois prêt et pour cela il faut que tu pratiques,<br> On n'improvise pas les actes héroïques,<br> Ils sont le résultat de long labeurs stoïques »[/emphase]<br>ou ce que disent bien des saints sur la grandeur des toutes petites choses)</small>

Je n'ai jamais voulu dire le contraire. Je n'ai surtout jamais voulu dire que l'on pouvait se dire ami de quelqu'un qu'après avoir donné sa vie pour lui. Ce serait absurde (comme le relève TB).<br>Mais je pense, et continue encore de penser, qu'une véritable amitié, si tant est qu'on veuille la mesurer, (ce dont je relève aussi la vanité) produit un don qui puisse aller jusque là (mais évidemment qu'on n'aura sans doute jamais ne serait-ce qu'à y penser ! (Pourtant, les amoureux y pensent souvent, c'est curieux non ? Combien d'amoureux ne disent-ils pas qu'ils sont prêt à mourir pour untel ou unetelle ?)). Je n'ai jamais songé à mourir pour mes (ou mon) ami, mais je songe souvent à ce que je serais prêt à sacrifier pour eux. Et je découvre l'ami quand je découvre que je suis prêt à répondre "ma vie".<p>Maintenant un tel extrême n'est peut-être pas pour tout le monde, mais la notion de don et de sacrifice (qui va avec tout amour et toute amitié, à commencer par le sacrifice du confort parfois) est inhérente à l'amitié... même si l'on n'y pense pas car tout cela peut se faire avec grande générosité (et celui qui donne reçoit davantage que celui qui garde).

Par contre je suis un peu gêné par ta réflexion sur l'amour liberticide, l'amour qui crée chez l'autre un endettement.<br>Cela me fait irrésistibement penser au gag des inconnus qui parrodient un film français psycho dramatique à deux balles, où Bourdon en femme tient à peu près le même discours ("tu n'as pas le droit de m'aimer comme tu le fais").<p>Nous abordons là un autre point très délicat de l'amour, qui est (comme le dit TB) la "réciprocité".<br>Cependant, cette réciprocité n'est pas <b>dûe</b>, et l'amour n'a jamais contraint quiconque. Certes, cela peut mettre dans une situation très inconfortable, mais notre liberté n'est jamais asservie à l'amour de l'autre. Même si cet amour est extrême et déséquilibré, même s'il peut conduire l'autre à se donner la mort (cela devient alors du chantage, et n'est plus du vrai amour, mais de la possessivité), je reste libre par rapport à l'amour que je rend, ou non.

Et c'est pour cela que la question de l'amour (et amitié) est si délicate, c'est qu'on ne sait jamais si l'amour de l'autre vaut celui qu'on lui porte, et qu'il y en fait toujours probablement (ou souvent) un déséquilibre : l'un aime l'autre plus que l'autre ne l'aime (ou inversement :-) ).<br>Mais peser l'amour est vain, car nous n'avons pas tous la même sensibilité, le même rapport à l'affectif, ni la même manière de témoigner de notre amour. Et comparer est donc vain. C'est pourquoi personne ne le fait, et c'est pourquoi on ne peut guère se sentir prisonnier d'un amour qui, de l'autre, serait plus fort que ce que je peux rendre.<p><small>(Je crois peut-être même que c'est le contraire. Si je sauve la vie à un ami, c'est peut-être bien moi qui me sentira redevable envers lui, redevable d'avoir pu lui prouver mon amitié !)</small><p>Entre amis, on ne demande jamais à l'autre s'il est prêt à mourir pour nous, pas plus qu'no ne déclare à l'ami qu'on pourrait mourir pour lui. (il se ficherait bien de nous, et il aurait bien raison).<br>Des amants par contre se disent ce genre de choses, mais ils sont sur un petit nuage rose et ce n'est pas toujours dit avec beaucoup de réalisme.

Enfin, tout ça pour que vous évitiez de rester coincé sur ce thème de la mort que j'ai introduit, puisqu'il a été résolu par l'intrusion du thème du don, qui est plus juste.
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)