03-12-2005, 13:31
Il y a quelques jours jai lu une revue scientifique américaine qui faisait le point sur létat des connaissances et des différentes théories sur lévolution. Larticle était bien fait et exposait de manière claire et didactique les points de vue de chacun entre lamarckiens, Darwiniens, partisans de mutations brutales et soudaines, thèse dune « intelligence supérieure » qui « piloterait » lévolution
<p>Comme je ne suis pas scientifique moi-même, je ne retranscrirai pas ici tous ces débats. Un article mi-scientifique, mi-philosophique a toutefois attiré mon attention. Lauteur abordait la question de lutilité de la reproduction uée. Dun point de vue strictement évolutif il nest pas évident quelle procure un avantage. Il faut trouver un partenaire et le séduire, ensuite la femelle est vulnérable durant la gestation, chez certaines espèces il faut ensuite veiller sur les petits
En contrepartie, en permettant de mêler les gènes la reproduction uée permet despérer améliorer la race et donc la survie de lespèce alors que la reproduction par scissiparité ou parthénogenèse reproduit indéfiniment le même individu sans espoir de le voir saméliorer. Le débat est loin dêtre clos mais force est de constater que les amibes vivent depuis près de 700 millions dannées sans le moindre problème de survie de lespèce. Peu despèces uées peuvent en dire autant !<p>Vous me direz, quel est le lien avec Tolkien dans tout cela ? Justement jy viens. La reproduction par scissiparité confère à lindividu une certaine forme dimmortalité. Si on considère la première amibe qui sest coupée en deux il y a 700 millions dannée, dune certaine manière cet individu originel vit encore parmi les milliards damibes vivant actuellement. A contrario, les individus ués étant uniques ils disparaissent et connaissent la mort. La mort est donc en quelque sorte le prix biologique à payer pour avoir la ualité. En allant plus loin, pour lhumanité, on peut considérer que la reproduction uée est à lorigine de lAmour conjugal et du mariage.<p>Lauteur de larticle sarrêtait là mais moi, je nai pas pu mempêcher de penser à Tolkien. Le thème de la mort et de lacceptation de son destin est omniprésent dans son uvre. La mort y est même qualifiée de « Don du créateur ». Jai trouvé amusant quun article purement scientifique nous rappelle que ce don de la mort était corollaire du don de lamour. Pour conclure vaut-il mieux une vie limité et relativement courte (quelques décennies) mais pleine damour (cf le choix dArwen) ou une vie extrêmement longue mais sans amour (cf un Nazgul).<p>Ps cette problématique avait été abordée à Birmingham lors dune conférence passionnante sur les relations entre le SdA et « tous les hommes sont mortels » de Simone de Beauvoir. Cela fait des semaines que je me dit que jaimerais faire un compte rendu détaillé des conférences qui mont le plus marqué. Mais je commence à croire que je ny arriverai jamais.

