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Amour et Mort
#15
Neiklot (coucou au passage ;-) ): les animaux, - pour ce que nous en savons tout au moins -, sont en tout cas capables de souffrir et d'éprouver de l'amour et de la haine, et même du chagrin lors de la perte de l'un des leurs (une mère pour son petit, p. ex. chez les chimpanzés, et il existe une espèce de singe, je ne me souviens malheureusement plus exactement de laquelle, capucins, je crois?, qui demeurent à vie avec le même partenaire et sont capables de mourir si celui-ci disparaît, ce qui est rare chez les primates). Mais contrairement aux humains - toujours d'après l'état actuel de nos connaissances - ils ne "conceptualisent" pas leurs sentiments. "L'amour", "la haine", "le chagrin", dans l'absolu, ils n'en ont pas conscience : ils éprouvent juste ce sentiment précis envers un individu précis, à un moment précis, et ça ne va pas plus loin. <p>Ce qui différencerait donc l'homme des autres animaux, c'est justement sa capacité à prendre du recul, à s'interroger sur ce qu'il éprouve, à le nommer, à tenter de l'expliquer et de le justifier. Donc, si l'amour et la mort ont longtemps préexisté à l'homme, ce n'est qu'avec lui qu'ils deviennent un problème à résoudre et un sujet de réflexion.<p>Il faut dissocier aussi les notions d'amour et de sexualité : elles peuvent bien sûr coexister autour du même objet (pas péjoratif, hein! c'est juste un terme générique ;-P ), mais elles peuvent aussi être totalement séparées. Si l'amour (au sens large, ici) est un sentiment personnel qu'on peut choisir d'éprouver pour les personnes de notre choix, et pas nécessairement ceux de notre famille, ni notre partenaire, la sexualité, dans les sociétés humaines est devenue un fait social. Et en tant que telle, elle a du être réglementée, ritualisée, et organisée, parce qu'à l'état "naturel", elle est anarchique. Il s'agit pour le groupe de maintenir sa cohésion, de gérer les conflits, d'assurer sa pérennité. Il n'existe aucune société qui ne connaisse aucun tabou, aucun interdit lié à la sexualité, sauf dans les rêveries d'ethnologues rousseauistes. Simplement, ces interdits ne sont pas les mêmes partout : ce qui est jugé normal et décent dans un groupe, deviendra immoral dans un autre.<p>Il en est de même pour la mort. Les animaux n'envisagent pas leur propre mort, ils ne passent pas leur vie à la craindre, ni à s'interroger sur le pourquoi et le comment. L'homme si. Et la mort apporte également le désordre dans un groupe et le met en péril. Il a donc du également l'entourer de rites et de mythes destinés tant à rendre le deuil plus supportable, qu'à maîtriser la peur qu'elle inspire. Et les rites et mythes qui entourent la mort sont également différents pour chaque société.<p>D'un moint de vue anthropologique, sexe et mort sont reliés de diverses façons. l'une d'entre elle, comme le suggère Jean, c'est qu'elle permet le renouvellement des générations : l'aïeul meurt, l'enfant naît. Souvent, l'enfant est associé à un parent mort avant ou autour de sa naissance par différents rites : on lui donne le même nom, on lui transmet un héritage, on lui suppose une protection spéciale de la part de cet ancêtre-là, on le suppose réincarné, etc... <p>Une autre consiste à considérer la mort comme une "autre naissance", à travers différents rituels : p. ex., enterrer le mort en position foetale, ou célébrer des cérémonies destinées à faciliter son passage dans une monde autre, comme on en pratique pour faciliter la naissance d'un nouveau-né. Chez nous, l'expression "reposer dans le sein de la terre", reflète aussi ce genre de croyance, la terre perçue comme une mère, le défunt comme un foetus.<p><font size=1>Waouf! Faut que j'y aille, là,pas fichu grand chose, ce matin ...hum...</font><br>
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