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Différence entre un mythe et une mythologie ?
#7
Sur la geste arthurienne, je me permets de vous rapporter les propos du médiéviste Stéphane Lebecq, qui placent l'histoire d'Arthur dans le registre du mythe :

[citation=Histoire Médiévales, nov., déc., janvier 2005-2006, n°03, « De la Germanie continentale à la Grande Bretagne. Les migrations anglo-saxonnes », p. 64-74, p. 71]La bataille du mont Badon : une victoire du roi Arthur ?

Plus peut-être qu'un événement historique, la bataille du mont Badon, qui se serait déroulée vers 490, a été un événement historiographique - pas tant du fait du long débat relatif à l'identité du site (pour lequel on s'est disputé, et on se dispute toujours, du Lincolnshire au Dosrset), que par le fait que la victoire en a été attribuée par l'Historia Brittonum (texte anonyme du début du IXe siècle) à celui qui est appelé dans son texte latin Arthur, dont il est aussitôt précisé qu'à cette époque il combattait contre les Anglo-Saxons "aux côtés des rois des Bretons, dont il était le chef de guerre". En dépit de la découverte en 1998, dans le site - arthurien par excellence [ce lieu serait connu pour avoir, selon la légende, vu naître le roi Arthur] - de Tintagel en Cornouaille, d'un fragment de pierre portant une inscription des Ve-VIe siècles faisant mention - peut-être - d'un dénommé Artognou, on n'a pas la moindre certitude qu'Arthur soit autre chose qu'une figure mythique à laquelle l'auteur de l'Historia Brittonum a donné ses premiers contours, en attendant qu'au XIIe siècle Geoffrey of Monmouth lui donne dans son Historia regum Brittaniae une réalité apparemment plus consistante, mais toute romanesque. Si, en tout cas, il n'est pas tout à fait exclu, comme d'aucuns l'ont proposé, qu'"Arthur" soit comme le versant anthroponymique celtique d'Ambrosius Aurelianus, chef brittonique auquel Gildas [missionaire du VIe siècle] attribue la victoire du mont Badon, on ne peut rejeter l'idée qu'à un moment donnés les "rois des Bretons" aient confié le commandement militaire de leur résistance à un chef de guerre qui n'était pas nécessairement roi, ni que cette résistance se soit appuyée sur le sud-ouest de la [Grande-]Bretagne, où les preuves archéologiques du développement d'une véritable culture aristocratique dans le milieu celtique des Ve-VIe siècles sont nombreuses et tangibles.[/citation]

Cordialement,
Tilkalin.
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