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Différence entre un mythe et une mythologie ?
#24
Didier, je vois mieux ce que tu veux dire.
(avec l'ajout de Tolkalin, dont la phrase d'acclamation du nouveau roi est très pertinente).

Mais ce qui me gêne encore (concernant le Conte d'Arthur) est qu'on retrouve les éléments que tu cites comme mythiques dans d'autres contes, qui n'en sont pas des mythes pour autant :
  • transmission de la royauté et légitimité du droit : il doit exister effectivement des mythes fondateurs sur ce point qui, tu as raison, est inhérent à la condition humaine en ce qu'elle est sociale... Mais je fait pourtant une distinction entre la condition sociale de l'homme et sa condition métaphysique ou existentielle (de mortel, de divin, de sexué, etc...). L'organisation sociale vient après la condition humaine en tant que telle.
    Chaque pays de plus a ses légendes (non des contes en fait) qui racontent l'origine de la royauté. Chacune de ces légendes n'est pas un mythe pour autant.
  • identitaire (d'un royaume uni) : là on est tout à fait dans le particulier (généralisé) : comment unir un royaume. J'opère la même distinction que ci-dessus.
  • initiatique (quête d'une vérité) : je crois que là tu seras d'accord pour dire ue n'importe quel conte prend ce chemin.

    Pourtant, je vois ce que vous voulez dire, mais j'espère que vous voyez que ce n'est pas le même plan. L'origine de l'instauration d'un chef sur les autres hommes ne relève pas du même ordre que l'origine de l'homme ou de sa sexualité, ou de sa distinction du bien et du mal.


Finalement, un point de distinction peut se faire en ce que le mythe (celui dont je parle) doit pouvoir s'adresser à TOUT homme individuellement : le mythe me parle à moi, aujourd'hui (j'aime bien l'exemple de Chronos : le temps finira par me dévorer).
Le conte arturien ne me parle pas à moi en tant qu'homme. Certes, il comporte des éléments mythique (ça je ne l'ai jamais nié), certes, il exerce un mythe comme tu l'explique sur l'identité du roi et du royaume (auquel j'appartiens), mais ce n'est pas de moi que parle le mythe, mais de mon chef, même s'il me dit pourquoi j'ai un chef. (ce qui n'est d'ailleurs pas le cas du conte d'Arthur, mais bon).

Concernant la mythologie, j'approuve ta définition théorique, mais dans la pratique elle n'aide pas les gens faire la distinction qui est à l'origine de la question d'Anglin (moi je t'aime :-)))) !!).
Dans nos discours sur les éléments mythiques et les éléments mythologiques, comment ne pas passer de l'un à l'autre de manière abusive.

Peux-tu commenter mon exemple sur Zeus, que je déclare appartenir à la mythologie, et sur Chronos, que je déclare appartenir au mythe (en ce que sa fonction n'est que de dévorer ses enfants, et qu'il est donc identifié avec sa fonction).

ps : j'ai fait une petite recherche hier (avant de répondre au M. dont est issu tout ce joli débat) dans les lettres pour voir si Tolkien parlait de mythe. Et j'ai été édifié de voir combien il faisait la distinction entre la mythologie (dont il parle souvent) et le mythe (dont il parle rarement, surtout si l'on enlève les moments où il en parle concernant les hobbits qui considèrent tel chose (les oliphants) comme un mythe, càd où il emploi le mot mythe comme voulant dire légende). Les rares fois où il emploi le mot mythe me semblent être tout à fait dans l'ordre de la distinction que nous opérons ici.
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