22-12-2013, 19:02
En décembre 1968 (il y a 45 ans tout juste) paraissait en Angleterre S.F. Sorrow, un album de rock psychédélique réalisé par le groupe les Pretty Things.
Album particulièrement novateur, considéré comme un des premiers "opéra-rocks" de l'histoire (il devançait Tommy des Who de quelques mois), S.F. Sorrow n'a pas eu un très grand succès à sa sortie, coincé qu'il était entre Beggars Banquet des Rolling Stones et The Beatles, le célèbre double album tout blanc du groupe du même nom. A l'époque, il n'a pas non plus particulièrement ému la critique. Il faut dire que les Pretty Things, dont les cheveux "étaient plus longs et plus sales que ceux des Rolling Stones" n'avaient pas une très bonne réputation.
L'album a pourtant été enregistré - et ça s'entend - aux célèbres studios d'EMI à Abbey Road à partir de décembre 1967, sur les lieux mêmes où Pink Floyd et les Beatles s'essayaient à toutes sortes d'expérimentations musicales majeures.
Par ailleurs, le thème de S.F. Sorrow (l'histoire d'un type, Sebastian F. Sorrow, de sa naissance jusqu'à la triste solitude de la vieillesse en passant par la guerre et les accidents de la vie) n'a pas grand chose à voir avec l’œuvre de Tolkien...
(non, jeune newbie qui lit ces lignes, le Sebastian de cet album n'est pas le hérisson de Radagast !)
Or, il se trouve que pour la composition des morceaux de ce grand disque, les Pretty Thing ont fait appel à John C. Adler, un talentueux batteur, déjà connu sous le pseudo de Twink ("le Minet"), et qui errait alors, sans véritable groupe.
C'est justement de ce Twink, période Pretty Thing, que je voudrais vous parler.
Le jeune homme, né en 1944 (et toujours vivant et en activité, mais il n'est plus un jeune homme), n'est pas resté très longtemps chez les Pretty Things. En 1969, il a contribué à la création d'une première version du groupe les Pink Fairies, avec son ami Steve Peregrin Took (encore lui, voir le post précédent), avant que celui-ci ne fasse défection pour monter l'éphémère Shagrat.
Consolidant les Pink Fairies en 1970 avec un autre effectif, Twink a connu par la suite une carrière dite "en dent de scie", semée de chaos, d'insuccès, et parfois de belles choses, reconnues par le public.
Pour revenir à 1968 et S.F Sorrow, le groupe pose sur une photo en couleur qui se trouve à l'intérieur de la pochette du 33 tour (au dos du CD de 1987, la même photo est en boir et blanc et fondue avec le motif rouge et noir du zeppelin et du soleil (en rapports avec une des chansons de l'album)).
C'est la photo couleur d'origine qui m'intéresse, car on peut y voir Twink, à gauche et un peu excentré par rapport au groupe, avec sa chevelure bouclée qui descend en cascade sur ses épaules et un bandeau violet autour de la tête.
Ci-dessous la fameuse photo, dans une édition américaine de l'album :
![[Image: 1387735420_twink2.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1387735420_twink2.jpg)
Sur le bandeau, une inscription : ce sont des tengwar.
Je n'ai pas trouvé de résolution plus lisible sur le net, mais j'ai pu tenter de reconstituer une partie de la phrase (avec sans doute quelques erreurs) :
![[Image: 1387737758_twink_1.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1387737758_twink_1.jpg)
Je n'ai pas réussi à parfaitement déchiffrer le sens de cette inscription. Mais elle indique, à n'en point douter, que Twink était très probablement un admirateur de Tolkien, et ce, avant de fréquenter Steve Peregrin Took (qui était à cette époque l'acolyte de Marc Bolan, un autre proto/crypto-tolkiendil réputé).
J'interprète confusément, à la lecture de ces tengwar twinkiens "...dalfs warden", ce qui ne veut pas dire grand chose... mais on pourrait en déduire un "Gandalf's warden", ce qui, dans un anglais désuet, signifierait "gardien de Gandalf". Pourquoi pas ?
Bref, cette inscription, au hasard d'une vieille photo dans un album que tout le monde a oublié (ou presque) montre encore une fois l'influence du Seigneur des Anneaux sur cette première génération de jeunes gens, nos glorieux prédécesseurs, excellents musiciens de surcroit.
Et puisqu’ici on parle de musique, j'en profite pour vous inviter à découvrir S.F. Sorrow dans toute sa splendeur psychédélique :
Dans le Rock&Folk de janvier 2014, il y a un bel article consacré au 45ème anniversaire de l'album.
Je vous souhaite une bonne écoute et une belle découverte.
Et bon anniversaire à Forfirith et joyeuses fêtes de fin d'année à tout le monde !
I.
Album particulièrement novateur, considéré comme un des premiers "opéra-rocks" de l'histoire (il devançait Tommy des Who de quelques mois), S.F. Sorrow n'a pas eu un très grand succès à sa sortie, coincé qu'il était entre Beggars Banquet des Rolling Stones et The Beatles, le célèbre double album tout blanc du groupe du même nom. A l'époque, il n'a pas non plus particulièrement ému la critique. Il faut dire que les Pretty Things, dont les cheveux "étaient plus longs et plus sales que ceux des Rolling Stones" n'avaient pas une très bonne réputation.
L'album a pourtant été enregistré - et ça s'entend - aux célèbres studios d'EMI à Abbey Road à partir de décembre 1967, sur les lieux mêmes où Pink Floyd et les Beatles s'essayaient à toutes sortes d'expérimentations musicales majeures.
Par ailleurs, le thème de S.F. Sorrow (l'histoire d'un type, Sebastian F. Sorrow, de sa naissance jusqu'à la triste solitude de la vieillesse en passant par la guerre et les accidents de la vie) n'a pas grand chose à voir avec l’œuvre de Tolkien...
(non, jeune newbie qui lit ces lignes, le Sebastian de cet album n'est pas le hérisson de Radagast !)
Or, il se trouve que pour la composition des morceaux de ce grand disque, les Pretty Thing ont fait appel à John C. Adler, un talentueux batteur, déjà connu sous le pseudo de Twink ("le Minet"), et qui errait alors, sans véritable groupe.
C'est justement de ce Twink, période Pretty Thing, que je voudrais vous parler.
Le jeune homme, né en 1944 (et toujours vivant et en activité, mais il n'est plus un jeune homme), n'est pas resté très longtemps chez les Pretty Things. En 1969, il a contribué à la création d'une première version du groupe les Pink Fairies, avec son ami Steve Peregrin Took (encore lui, voir le post précédent), avant que celui-ci ne fasse défection pour monter l'éphémère Shagrat.
Consolidant les Pink Fairies en 1970 avec un autre effectif, Twink a connu par la suite une carrière dite "en dent de scie", semée de chaos, d'insuccès, et parfois de belles choses, reconnues par le public.
Pour revenir à 1968 et S.F Sorrow, le groupe pose sur une photo en couleur qui se trouve à l'intérieur de la pochette du 33 tour (au dos du CD de 1987, la même photo est en boir et blanc et fondue avec le motif rouge et noir du zeppelin et du soleil (en rapports avec une des chansons de l'album)).
C'est la photo couleur d'origine qui m'intéresse, car on peut y voir Twink, à gauche et un peu excentré par rapport au groupe, avec sa chevelure bouclée qui descend en cascade sur ses épaules et un bandeau violet autour de la tête.
Ci-dessous la fameuse photo, dans une édition américaine de l'album :
![[Image: 1387735420_twink2.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1387735420_twink2.jpg)
Sur le bandeau, une inscription : ce sont des tengwar.
Je n'ai pas trouvé de résolution plus lisible sur le net, mais j'ai pu tenter de reconstituer une partie de la phrase (avec sans doute quelques erreurs) :
![[Image: 1387737758_twink_1.jpg]](https://www.jrrvf.com/forum_images/757/1387737758_twink_1.jpg)
Je n'ai pas réussi à parfaitement déchiffrer le sens de cette inscription. Mais elle indique, à n'en point douter, que Twink était très probablement un admirateur de Tolkien, et ce, avant de fréquenter Steve Peregrin Took (qui était à cette époque l'acolyte de Marc Bolan, un autre proto/crypto-tolkiendil réputé).
J'interprète confusément, à la lecture de ces tengwar twinkiens "...dalfs warden", ce qui ne veut pas dire grand chose... mais on pourrait en déduire un "Gandalf's warden", ce qui, dans un anglais désuet, signifierait "gardien de Gandalf". Pourquoi pas ?
Bref, cette inscription, au hasard d'une vieille photo dans un album que tout le monde a oublié (ou presque) montre encore une fois l'influence du Seigneur des Anneaux sur cette première génération de jeunes gens, nos glorieux prédécesseurs, excellents musiciens de surcroit.
Et puisqu’ici on parle de musique, j'en profite pour vous inviter à découvrir S.F. Sorrow dans toute sa splendeur psychédélique :
Dans le Rock&Folk de janvier 2014, il y a un bel article consacré au 45ème anniversaire de l'album.
Je vous souhaite une bonne écoute et une belle découverte.
Et bon anniversaire à Forfirith et joyeuses fêtes de fin d'année à tout le monde !

I.

