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[Critiques] The Hobbit: The Desolation of Smaug - Peter Jackson (2013)
#44
Merci Hyarion pour cette critique. Je souscris en très grande partie à tout ce que tu exposes avec ton recul et ton objectivité ordinaires <small>(mis à part un intempestif emploi du subjonctif à la suite de "après que" en milieu de quatrième paragraphe Wink )</small>.
Je manque de temps pour faire une réponse argumentée, mais j'aimerais rebondir brièvement sur ce que tu écris au début :
Hyarion Wrote:(...) pour cette deuxième partie de l'adaptation cinématographique, Peter Jackson entre dans le vif du sujet pour ce qui est de prendre des libertés avec la matière littéraire tolkienienne bien plus substantielles que pour le premier volet.
Que l'équipe scénaristique prenne des libertés avec le fil narratif du Hobbit proprement dit, c'est une évidence. Avec la matière littéraire tolkienienne, c'est autre chose. A mon sens, utiliser ce qui est dit par Gandalf dans le SdA sur ses actions à Dol Guldur est une utilisation légitime et potentiellement bien vue de la matière littéraire, bien qu'elle s'éloigne du récit du livre proprement dit. L'approfondissement du passage à Esgaroth n'est pas non plus ce que j'appellerais "prendre des libertés", et cela peut se faire dans un grand respect de l'esprit tolkienien, si tant est que ce concept assez fourre-tout ait un sens. En revanche, il est en effet difficile de trouver un grand intérêt à l'apparition de Legolas et Tauriel. Hors toute considération sur Bloom, j'ai tendance à penser qu'utiliser le fils de Thranduil et même créer un nouveau personnage est légitime dans une adaptation et peut ouvrir des pistes scénaristiques qu'il appartient au réalisateur d'exploiter. Hélas, je ne suis pas le seul à ne pas être convaincu par le résultat. Si l'argument est bien celui que tu rappelles, à savoir intégrer une présence féminine que l'auteur n'a délibérément pas souhaité inclure, alors oui il s'agit bien d'une liberté prise avec la matière littéraire tolkienienne.
Pour reprendre un vieil exemple polémique, j'ai toujours considéré que le combat des Elfes au Gouffre de Helm était une manière plutôt habile d'intégrer dans un scénario de film le fait que, dans le livre, les Elfes prennent leur part du combat contre Sauron (en Lorien), leur massacre étant à l'image de leur irrémédiable déclin en Terre du Milieu. Je suis pour ma part bien plus heurté par les grimaces outrancières des Orcs et l'aspect "vidéo-ludique" de beaucoup de combats et de cascades tout à fait invraisemblables que par ces écarts à la narration originelle, du moment que les dits écarts s'appuient sur des éléments probants et qu'ils apportent à la compréhension de la situation globale, car nous ne devons pas oublier que l'écrit et le cinéma parlent des langages narratifs fort différents...

Amicalement,
A.
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