25-04-2007, 13:05
<br><i>Jadis, tu étais un dragon, jeune, intrépide et libre;<br>Et lors, ni le chant du pinson, ni la corde qui vibre,<br>Ni le vent portant les échos de la voix des rêveurs<br>Mêlée au souffle inspiré des océans de la Terre,<br>Ni même les mots dans la pierre, ceux qui jamais ne meurrent,<br>Engravés sur la tombe de rois dominant la mer,<br>N'annonçaient la rumeur bientôt proche de ta venue;<br>C'est dans le fracas de la foudre que tu apparus.<p>Alors, tu étais un dragon, fier, brave et solitaire;<br>En ce monde nouveau tu allais devenir et l'air,<br>Et le vent, survolant les vastes et vertes prairies<br>L'herbe longue ondoyant à la candeur de ton envol<br>Et l'eau de la rivière poursuivant tes rêveries,<br>Alors que nous vivions - les yeux vers le ciel, comme Eriol<br>Penché sur les rives du monde où le temps disparait;<br>Nous racontions la guerre et nous avions trouvé la paix.<p>Oh oui, tu étais un dragon, et dans ta flamme ardente<br>S'articulait un art des mots qui sous la pluie battante<br>Dessinaient des étoiles de brume, des chevaux d'écume,<br>Et ces choses que nous nommions pour les faire exister;<br>Mais la magie qui anime à la faveur de la lune,<br>Peut aussi bien blesser le coeur d'un dragon ennivré;<br>Toi et moi le savons, quand coule le sang du dragon, <br>Le monde sombre et les étoiles crient à l'unisson.<p>Aujourd'hui encore, tu es un dragon; à tes côtés,<br>Loin là bas, dans la tiédeur de votre antre embrumée,<br>Elle dort; c'est une fée. Et d'une grande sagesse,<br>Car plus que tout vin de Dorwinion, et plus que tout cidre,<br>Elle a mis dans le coeur du dragon une aube enchanteresse,<br>Qui filtre diaphane à travers ses ailes translucides.<br>Oh oui, aujourd'hui, plus que jamais, tu es un dragon,<br>Et puis nous, eh bin... nous sommes tous restés des p'tits cons! ;)</i><p> -- Bannel de Bô, extrait des <i>Annales Uchroniques Almaciennes</i>.

