25-11-2007, 13:39
J'ai trouvé que c'était rudement bien fichu et ficelé. Ca vieillira peut-être mal, comme nombre de films à effets spéciaux (et non des moindres pourtant), mais pour l'heure Zemeckis s'en tire plûtot bien, loin de la nullité ou du nanar extrème pressentis par certains.<p>Or doncques, côté nanar, nous sommes à mille lieux du piteux Beowulf post-apocalyptique avec notre pathétique C. Lambert au regard torve -- ovni jouissivement nanaresque tant il est vrai que si le ridicule ne tue pas, il fait drôlement marrer, ça oui, à chacun de ses plans tordus et de ses scènes plus inconcevables les unes que les autres. Mais si le scénario et le détournement de la légende ne sont pas sans points communs entre ces deux lointains parents: outre que la pin-up qui fait office de mère au gentil monstre Grendel est tout de même plus gironde ici, c'est quand même une autre paire de manches, <i>par les burnes d'Odin</i>.<p>Honnêtement, avant de faire les fines bouches, les bons films dans la vaste veine de la "fantasy" sont rares. Dans la veine légendaire, qu'avons nous eu ces toutes dernières années sinon un ridicule <i>Troy</i> , un soporifique <i>Alexandre</i>, et l'incroyable bouse qu'est <i>300</i>? Dans la veine merveilleuse, quoi d'autre <i>Narnia</i> aussi pale que soporeux, un <i>Eragon</i> éculé et peu imaginatif, ou les niaiseries gamines d'un agaçant moufflet binoclard au nom banal? Je mets de côté un honnête <i>Arthur</i> qui, sans mériter l'oprobe que lui a dévolu par la presse assassine, n'en reste pas moins un nanar (mais au combien épique et jouissif malgré tout)... Mais à part ça, rien de brave et d'héroique sous le soleil froid des salles obscures, <i>Crom!</i><p>Là, y a quand même de beaux paysages (mêmes artificiels, mais à leur décharge sans carton-pâte à deux sous), de belles gueules d'acteurs (quand bien même, certes, parfois un peu figées dans leur virtualité synthétique), de la tripe dégoulinante et de la viscère éparpillée en veux-tu en voilà (et qui, elles, sont de toute façon toujours virtuelles au possible, bien que pour une fois sans sauce ketchup), de l'ogre vilainement monstrueux et baveux, du dragon chatoyant (que c'en est une honte que ces bestes-là, j'vous dis, soit toujours destinées à être occies) et de la belle en diablesse (princesses au joli teint et aux yeux de biche comprises dans le menu), un rien de fesses pour saupoudrer le tout (surtout celle du héros, rien de quoi hurler vraiment au loup -- notre ère est malheureusement à un certain puritanisme...) et de la bataille féroce ou désabusée. Ca en jette efficacement pleins les mirettes, quoi! Oui-da, ça manque peut-être un peu de scènes vraiment touchantes (vous savez bien -- j'suis un grand sensible -- le genre de truc mélodramatique qui énervé en général les autres mais qui marche à chaque fois pour moi et m'arrache des larmes draconiennes), mais bon! On ne va pas non plus bouder notre plaisir, hein!<p>Didier.

