15-05-2008, 21:53
<br>Hi, hi. Pourquoi parles-tu d'un post désagréable?<br>Tout ce qui fait avancer ta recherche est bon à prendre et apprendre :-)<p>Quelques remarques pour suivre ces pistes:<p>Sur la première des 2 images, celle par Howard Pyle, j'ai l'impression qu'il s'agit moins d'un chapeau que d'un bonnet fourré, mais le haut de l'image est hélas coupé. D'après le site qui la publie, la gravure est datée de 1903. Du même illustrateur, le site propose une autre image guère plus précise:<p>http://www.decourberon.com/merlin/images/pylemerl.jpg<p>La seconde illustration que tu fournis, par Dan Beard, est effectivement un peu plus ancienne. Le site indique la date de 1889. Je crois qu'elle n'est pas anglaise mais américaine (peut-être une autre piste de recherche pour la naissance du chapeau pointu ???).<br>On dirait qu'elle s'inspire des représentations anciennes de mages et astronomes (cf le tablier avec des étoiles et signes cabalistiques).<br>Au fait, tu as eu raison de rajouter les alchimistes. C'est une bonne idée à creuser.<p>En revanche, je m'étonne Galhen que tu n'ai pas renvoyé vers cette image là :<p>http://www.decourberon.com/merlin/images/569px-Nuremberg_chronicles.jpg<p>... qui daterait du 15ème siècle est où le chapeau est manifestement bien pointu :-)<p>En bas de page, cet excellent site fait un renvoi vers un autre où l'on trouve encore cette image datée de 1855:<p>http://www.lib.rochester.edu/camelot/images/JB9.htm<p>Quoi qu'il en soit, parmi toutes les images disponibles sur ces sites, on voit que l'iconographie de Merlin évolue. C'est parfois un paysan imberbe d'une quarantaine d'années, parfois un clerc, bien plus souvent un vieillard barbu dont la barbe, au fur et à mesure qu'elle s'allonge le fait ressembler aux prophètes ou aux apôtres de la peinture classique, à ce détail près qu'on l'affuble de divers accessoires pour qu'il n'y ait pas de confusion. Une couronne végétale qui le rapproche des druides, un grand manteau version ermite, un bâton qui évoque la vieillesse et les pérégrinations... etc... et, exceptionnellement, un chapeau pointu!<p>Petite parenthèse sur l'identification des personnages à travers les arts.<br>Depuis l'antiquité, les images doivent être facilement lisibles pour les spectateurs auxquels on les destine. On représente Hercule avec sa massue et sa peau de lion, Zeus avec ses éclairs, Poséidon avec un trident, Hadès avec une fourche, St Pierre avec deux clés, sainte Apolinne avec la tenaille de son martyr, le portrait d'un noble avec ses armoiries ou ses décorations (Toison d'or, Légion d'honneur)...etc... <SMALL>(NB: dans la peinture classique, il existe aussi des codes de couleurs, plus ou moins respectés, pour les vêtements des saints)</SMALL><br>Si on n'est pas sûr de son coup, on ajoute une légende ou on écrit le nom du personnage à côté (ce fut longtemps le cas dans la peinture grecque antique ou la mosaïque byzantine).. et ceci jusqu'à ce que l'iconographie d'un personnage soit suffisamment claire pour qu'on puisse se passer des inscriptions.<br>Je schématise un peu (beaucoup?), mais c'est grosso modo ainsi que ça fonctionne et l'image de Merlin mentionnée plus haut avec le nom 'Merlinus' est sur le même principe. Idem pour le dessin de Dan Beard avec le phylactère 'Merlin' pour qu'on sache bien qui c'est.<br><SMALL>Observons au passage que la connaissance de l'iconographie classique se perd peu à peu (ceci dit, je suis infoutu de reconnaitre les différentes variétés de Pokemons et Romaine et Didier pourraient témoigner que je me mélange dans la représentation des vertus :-))))</SMALL><p>Bref, fermons la parenthèse.<br>Ce que j'essayais de dire dans mon précédent message, c'est qu'il serait très difficile de trouver une date précise pour l'apparition d'une iconographie.<p>Sauf si elle est évoquée dans un texte de référence (auquel cas elle s'applique illico), l'image d'un personnage évolue plutôt lentement puis il peut arriver que certains détails émergent avant de devenir peu à peu dominants puis s'imposer jusqu'à ce que tout le monde reconnaisse Sainte Catherine au premier coup d'oeil parce qu'elle est la seule qui se ballade avec une roue.<p>Merlin est peut-être un bien mauvais exemple car le chapeau pointu et la baguette ne suffisent pas à ce que tout le monde y reconnaisse Merlin. Un magicien oui, mais pas spécialement Merlin. <br>Et d'ailleurs, des exemples récents montrent que des auteurs ont choisi d'autres iconographies : Dans Excalibur, John Boorman l'affuble d'une calotte argentée et d'un bâton qui ressemble au Tau des évêques orthodoxes; la série Kaamelot l'habille en blanc et il n'a pas de chapeau pointu...<p>Le cas de Gandalf est différent car sa description est bien précisée dans des textes (Le Hobbit et le SdA). Il est plus difficile alors de sortir de ce cadre.<p>En conclusion, le chapeau pointu n'est peut-être pas un signe distinctif de Merlin. Il a été utilisé par TH White (cf ce qu'à écrit Verowyn à propos de Disney) peut-être pour accentuer le côté 'magicien', mais pour revenir à la question de départ, ça ne fait pas de Merlin l'archétype des magiciens. A l'inverse, ce sont peut-être les représentations des mages qui ont été utilisés pour montrer Merlin en magicien.<p>Il reste alors ton autre question : Depuis quand le chapeau pointu pour les magiciens?<br>Je n'en sais rien du tout... et les diverses pistes envisagées auront du mal, je le crains, à fournir une réponse bien nette.<p>Une dernière piste cependant: celle des prestidigitateurs, que je ne mets pas dans le même lot que les sorciers et magiciens, mais dans celui des bonimenteurs et des camelots (NB: rien à voir avec le château du même nom :-)).<br>En effet, il y a chez eux une longue tradition de chapeaux pointus et je pense ici à un autre enchanteur, grand maître de l'illusion, George Méliès.<p>Silmo<p><SMALL>PS: Encore mot sur l'iconographie. Ce que j'ai évoqué plus haut caractérise les différences de langage entre les cultures. Autrement dit, l'iconographie des saints catholiques en occident sera un peu obscure pour des chinois tandis que nous aurons du mal à comprendre leurs rouleaux peints (la couleur jaune réservée à l'Empereur par exemple, sans oublier la lecture et la perspective inversées par rapport aux nôtres). <p>PPS: Avant qu'on me le fasse remarquer, y a aussi l'allégorie de la Fortune qui se ballade avec une roue, mais elle a pas d'auréole, na! :-))</SMALL>

