13-03-2012, 21:22
<DIV class="citeAuteur"><B>Vincent</B> a dit :<DIV class="citeTexte">Chez Tolkien, la correspondance comme L'Histoire [de la Terre] du Milieu m'amènent à dire que chacun des "peuples" (terme préféré à race par Tolkien ; raison de plus pour ne pas l'importer en français, où il a des connotations différentes) représente une des facettes de l'être humain [...]</div></div> C'est tout-à-fait ça de mon point de vue aussi. Tolkien disait d'ailleurs :<p><div class="refTexte">Elfes et Hommes ne sont que des aspects différents de l'humain [...]. Dans ce monde mythologique, les Elfes et les Hommes sont, dans leurs formes incarnées, de la même famille, mais représentent, dans la relation de leurs « esprits » avec le monde temporel, des « expériences » différentes, chacune possédant sa propre orientation naturelle, et sa faiblesse.<div class="refTitre">Lettres (n°181), p.334</div></div> <br>L'on note aussi que les Elfes (qui à la différence des Hommes sont restés plus proches de leur Nature primordiale) sont liés (dans une certaine mesure, qui doit bien sûr être nuancée) au <font color='#008080'>« cacractère sain et sacré »</font> du SdA et plus largement du Conte d'Arda <font style='font-size:8pt;'>(cf. Lettre n°328 que je citais <A style='font-size:8pt;' HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum3/HTML/000305.html" target="_blank">ici</A>, leur association à la terre d'Aman avec le fait qu'à travers les Elfes les Hommes ont accès indirectement à la Lumière des Valar (cf. Lettre n°131), la mention de HoMe X des Elfes n'ayant pas chuté « en tant que peuple », de nombreux motifs des <i>Laws & Custums among the Eldar</i> entièrement superposables à l'éthique chrétienne, etc.)</font> — tout comme les Orques sont associés à la Corruption, c'est-à-dire au péché, la séparation d'avec Dieu. <p>D'où, dans certaines correspondances de Tolkien, l'idée que certains hommes se comportent comme des Elfes, d'autres comme des Orques — « ce qui montre que chez Tolkien, on peut passer d'un état à un autre » pour citer Vincent.<p>Les « facettes » dont il s'agit incluent ainsi jusqu'aux aspects spirituels<sup>*</sup>, c'est-à-dire ceux du <i>sens</i> y compris du sens moral ... d'où des peuples plus ou moins aimables ... Ceci doit alors être compris <i>mythologiquement</i>. Or, il me semble que c'est là où ça coince : aujourd'hui une telle lecture n'est plus possible pour beaucoup, dans une civilisation qui ne parle plus ce langage. Et les contresens sont complets si l'on passe ces motifs au crible de <i>dialectiques</i> sociologiques bien de chez nous, bien de notre civilisation, en particulier sur le modèle de la lutte des classes/races/sexes etc. ... <small>(je me demande tel n'était pas le problème de fond, précisément, avec Isabelle Smadja ...)</small><p><small>* Lesquelles facettes sont inévitablement mêlées : ainsi les Elfes sont associés à la fois à un caractère saint et à un caractère artistique, c'est-à-dire à un rapport juste avec le Monde, tandis que les Orques le sont à la fois au Mal et à la Machine-Magia (dont ils sont issus), c'est-à-dire un rapport de domination par rapport au réel.</small><p>Jérôme<br><small>— qui rejoint tout-à-fait <i>Feuille</i> bien entendu, car ce que je dis de l'imperméabilité aux mythes est lié à l'intégration de nouveaux mythes, dont celui du Progrès, qui relègue notre histoire à la Préhistoire ... (1945 fondatrice de notre ère en effet ;) = naissance de la « technoscience », du « système technicien », de la « Machine », etc. etc. / naissance seulement, la conception étant bien antérieure)</small><p>Au fait, Lambertine, j'y pense : tu avais écrit un super post à une époque qui mettait admirablement en valeur le SdA comme « propédeutique » à l'accueil de l'autre et des différences ... Saurais-tu nous faire remonter le fuseau ? :)

