05-04-2002, 13:04
Voici une petite explication sur l'aoriste, d'après la leçon 7 du cours de quenya d'Helge (je ne suis pas helleniste et toute référence au grec n'implique que l'auteur original) :<p>Le terme aoriste vient du grec et signifie quelque chose comme "illimité" ou "indéterminé". L'utilisation de ce terme en référence à la grammaire du quenya fut longtemps débattue au sein de la communauté des lambengolmor, mais un texte de Tolkien publié en 2000 dans le numéro 41 de Vinyar Tengwar (p. 17) montre qu'en effet il avait inventé un temps en quenya qu'il appelait aoriste.<p>En grec, l'aoriste contraste avec le passé ou "imparfait", ce dernier terme étant employé pour une action qui <i>était accomplie</i> sur une certaine durée (pas une action momentanée). L'aoriste, d'un autre côté, n'a aucune implication quant à la "durée" de l'action et dénote juste une action passée. Quant il est comparé à l'imparfait, l'aoriste grec peut être employé pour une action momentanée ou clairement finie (pas en cours de réalisation). Une autre utilisation de l'aoriste en grec n'est pas spécialement associée au passé : l'aoriste peut être utilisé pour exprimer des <i>vérités générales</i> qui ne sont pas limitées à un moment donné, comme "les moutons <i>mangent</i> de l'herbe".<p>Mais l'utilisation de l'aoriste en quenya est quelque peu différente, bien que les deux se recoupent. Comme en grec, l'aoriste en quenya sert à exprimer des <i>vérités générales</i>. Ainsi dans WJ (p. 391), les Elfes sont décrits comme <b>i <i>carir</i> quettar ómainen</b>, "ceux qui <i>font</i> des mots avec des voix", ou par exemple la phrase <b><i>polin</i> quete</b> "je <i>peux</i> parler" (VT 41, p. 6). Ces phrases dénotent une capacité <i>générale</i> qui n'est pas associée à un temps en particulier.<p>Il doit être noté que l'aoriste en quenya est généralement associé au présent, pas au passé comme en grec.<p>Bien que certains exemples de Tolkien montrent que la différence entre le présent et l'aoriste est parfois floue, il semble que l'aoriste quenya correspond généralement au présent simple anglais (ex. "shines") alors que le présent quenya correspond au présent continue anglais (ex. "is shining"). En français, le présent simple et le présent continue ne sont pas distingués clairement, à moins d'employer la forme "est en train de..." pour exprimer le second.<p>En résumé, le présent quenya décrit plutôt une action en cours de déroulement alors que l'aoriste, bien qu'il puisse parfois décrire de telles actions, sert plutôt à exprimer une action momentanée, ponctuelle, habituelle, récurente ou indéfinie au niveau de la durée.<p>Selon Helge, la forme que prend un verbe à l'aoriste dépend, comme bien souvent en quenya, du type de verbe. Les verbes de bases semblent prendre la terminaison -<b>e</b> ou -<b>i</b> si une terminaison pronominale est ajoutée (par exemple <b>elen sile</b>, <b>eleni silir</b>). Les verbes dits "dérivés" possèdent la même forme qu'à l'infinitif (ex. <b>ohta mahta</b>, <b>ohtar mahtar</b>).<p>Namárië !<p>Toko

