01-12-2004, 15:28
Je voudrais proposer à mon tour une version de la <i>Chanson de Durin</i>, traitée déjà dans <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum1/HTML/000664.html<br>">ce fuseau-là</a> par Moraldandil.<p>Elle est en alexandrins ; si j'ose dire, vu que ça ne rime pas toujours, et que je n'ai pas pu éviter tous les <i>e</i> muets fantômes;-) Je préfère privilégier le rythme et le sens à la rime, mais mes connaissances en métrique ne vont guère plus loin, j'espère donc que le résultat ne s'en ressent pas trop.<p><br><b>La Chanson de Durin</b><br><font size="-2">Chant de Gimli dans la Moria.<br></font><p>Le monde était tout jeune et les montagnes vertes,<br>Aucune tache alors n'assombrissait la Lune,<br>Aucun nom n'était mis sur le fleuve ou la pierre,<br>Quand Durin s'éveilla et marcha solitaire.<br>Il nomma la colline et la combe innommées,<br>Il but à des fontaines jamais encor goûtées<br>Et vit en se penchant, dans le lac au Miroir,<br>Les étoiles du ciel apparaître en diadème,<br>Comme des pierreries sur un filet d'argent,<br>Faisant une couronne à l'ombre de sa tête.<p>Le monde était superbe et les montagnes hautes,<br>Aux Jours anciens, avant que n'advienne la chute<br>De puissants rois à Nargothrond et Gondolin,<br>Maintenant disparus, dans l'Ouest, outre la mer.<br>Le monde était superbe au siècle de Durin.<p>Il était roi siégeant sur un trône sculpté,<br>Dans des salles de pierre aux maints et maints piliers,<br>Aux voûtes faites d'or et au pavé d'argent ;<br>Sur l'huis étaient gravées des runes de puissance.<br>La clarté de la lune, des astres et du soleil,<br>En lampes de lumière ouvrées dans le cristal<br>Que jamais n'offusquaient la nuée ou la nuit,<br>Belle et vive y brillait d'un feu perpétuel.<p>L'enclume y résonnait sous les coups du marteau,<br>La lettre s'y gravait sous l'éclat du ciseau ;<br>On y forgeait la lame, on sanglait la poignée,<br>Mineurs, maçons uvraient à fouir et ériger.<br>La perle, le béryl, l'opalescente opale,<br>La lance étincelante, et la hache et l'épée,<br>Les écailles marines forgées dans le métal,<br>L'écu, le corselet, y étaient amassés.<p>Pas de repos alors pour les gens de Durin ;<br>Du tréfonds des montagnes sourdait de la musique : <br>On entendait la harpe et le chant du poète,<br>Aux portes s'élevait la sonnerie des trompettes.<p>Le monde est tout de gris, les montagnes ont vieilli,<br>Dans la forge, le feu a le froid de la cendre.<br>Nul marteau ne s'abat, nulle harpe ne bruit,<br>Les ténèbres s'étendent et imposent leur nuit,<br>Au château de Durin. L'ombre a mis son manteau,<br>À Khazad-dûm, en la Moria, sur son tombeau.<br>Mais l'on peut voir encor les étoiles dans l'onde,<br>En ce Miroir obscur que ne trouble aucun vent,<br>Et sa couronne est là, gisant dans l'eau profonde,<br>Jusqu'au jour du réveil de Durin le dormant.

