27-11-2001, 20:05
> Je pense me plonger dans l'étude d'une langue elfique, mais j'hésite encore: je vous demande donc votre sentiment, à vous qui détenez le savoir, vaut-il mieux commencer par le Quenya ou par le Sindarin?...<p>Tout d'abord Julien, laisse moi te souhaiter bon courage ! L'étude des langues elfiques est une aventure de longue haleine, car plus on en apprend sur elles et plus le mystère s'épaissit (c'est un peu la normale chez Tolkien : chaque détail révélé soulève de nouvelles questions).<p>Pour ce qui est du choix de la langue par laquelle commencer, je te conseille vivement de commencer par le quenya, et ce pour plusieurs raisons.<p>Tout d'abord, bien que le sindarin soit la langue la plus représentée dans les noms du SdA (Aragorn, Arwen, Boromir, Elrond, Celeborn, Galadriel; etc.), le quenya est la langue pour laquelle on possède le plus d'informations et depuis plus longtemps. Ainsi, bien que de nombreux points restent obscurs, la grammaire du quenya est mieux connue que celle du sindarin, ce qui rend la langue plus simple à aborder.<p>Ensuite, le quenya est sûrement plus simple à apprendre que le sindarin (voir notamment le message <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum8/HTML/000074.html">Une langue simple ?</a>, dont je résume les points les plus marquants ci-dessous).<br>Bien que le quenya soit une langue flexionnelle (comme l'allemand ou le latin), elle reste assez régulière : on trouve peu d'exceptions dans le vocabulaire (et celles qui existent peuvent souvent s'expliquer d'un point de vue historique), les règles de grammaires sont assez simples et systématiques (comme les noms en -<i>a</i> qui deviennent -<i>ar</i> au pluriel).<br>La principale difficulté du sindarin vient des mutations initiales de consonnes (ou <i>lénitions</i>), similaires à celles que l'on observe dans les langues celtiques (gallois, breton, etc.) : <b>tâl</b> "pied", mais <b>i dâl</b> "le pied". Les règles sont probablement assez régulières, mais malheureusement nous ne les connaissons pas toutes. Une autre difficulté est le phénomène d'<i>umlaut</i> provoqué par la voyelle /i/, qui fait qu'un mot comme <b>adan</b> "homme, humain" a pour pluriel <i>edain</i>.<p>Bref, je te recommande de te familiariser avec le quenya, plus abordable, avant de t'attaquer au sindarin.<p>> Dans quelle langue trouve-t-on le plus de travaux sérieux? Laquelle est le plus supportée par une communauté dynamique?...<p>Presque toutes les langues de Tolkien ont fait l'objet de travaux "sérieux", même les moins élaborées (voir notamment le site <a href="http://move.to/ardalambion">Ardalambion</a>), mais seuls le quenya et le sindarin ont été analysés plus en détail car ce sont les seules langues suffisamment développées pour qu'on puisse les utiliser. Le quenya a longtemps été le plus étudié, à cause de la quantité relativement moindre de matériel disponible pour le sindarin. Mais les choses commencent à changer, comme le prouvent les 3 dictionnaires récemment publiés, dont celui de Didier Willis, disponible gratuitement au format <a href="http://www.jrrvf.com/%7Ehisweloke/cgi-bin/register.cgi?license=show">pdf</a>.<p>> Ah, et en passant, une petite question sur la prononciation: en Sindarin, le i se prononce bien comme un i en français, non? (et pas comme en anglais dans par exemple, heu, to die).<p>Le <i>i</i> se prononce bien comme en français et Tolkien donne l'exemple anglais <i>mach<b>i</b>ne</i> dans les appendices du SdA. On y apprend aussi que le <i>i</i> en première lettre d'un mot prenait la valeur consonnantique du <i>y</i> dans <i>you</i> (mais il ne faut pas confondre <i>i</i> et <i>y</i> en sindarin : le second est une voyelle avec la valeur du <i>u</i> français).<p>Toko

