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je t'aime en elfe!
#17
<small>> Mais en dehors de ça, pourquoi est-il incorrect de partir de mîl ou meleth pour reconstituer un truc du genre mila- ou meletha- (?) qui donnerait quelque chose comme melon ou melethon (avec un pronom (ce ?) que je n'ai pas encore très bien saisi ou mettre (apres le verbe ?).<p>Il est incorrect de partir d'un nom existant pour dériver un verbe si les deux sont censés dériver de la même racine. En effet, les moyens historiques de dérivation sont différents pour les noms et les verbes, et si tous deux dérivent d'une même racine, l'évolution de chacun et les processus intervenant dans cette évolution sont différents. L'approche à adopter consiste à tenter d'imaginer l'évolution propre du verbe, séparément des noms, à partir de la racine et d'un éventuel morphème verbal.<p>Il existe différents moyens de dérivation des verbes, à la fois en sindarin et en quenya, et les deux langues présentent des verbes basiques et dérivés. Les verbes basiques sont constitués par une racine primitive simple (généralement sous la forme consonne-voyelle-consonne) alors que les verbes dérivés emploient des affixes dérivatifs (le plus souvent des suffixes).<p>Les suffixes employés en quenya sont relativement bien connus (les principaux étant <b>-a</b>, <b>-ta</b> et <b>-ya</b>), mais le cas du sindarin semble plus complexe. Certains suffixes sont apparentés à ceux du quenya (<b>-a</b> < *<i>-â</i>, <b>-ia</b> < *<i>-jâ</i>, <b>-da</b>/<b>-tha</b>/<b>-ta</b>/<b>-na</b> < *<i>-tâ</i> selon le contexte phonologique), d'autres semblent propres au sindarin (<b>-na</b> < *<i>-nâ</i>, , <b>-ra</b> < *<i>-râ</i>). <p>La racine <i>MEL</i> est une racine simple (consonne-voyelle-consonne), un genre de racine qui produit généralement des verbes dits basiques (par opposition aux verbes dérivés qui sont formés par l'addition d'un suffixe à la racine), comme c'est le cas du quenya <b>mel-</b> « aimer ».<p>On ne peut cependant dégager un modèle régulier de formation des verbes sindarin en fonction de la forme de la racine. Ainsi, la racine <i>NAK</i> « mordre » produit le sindarin <b>nag-</b> de même sens, alors que <i>NDAK</i> « tuer » produit à la fois <b>dag-</b> « tuer » (infinitif <b>degi</b>) et <b>dagra-</b> « se battre » (infinitif <b>dagro</b>).<p>En ce qui concerne la racine <i>MEL</i>, le corpus ne nous permet pas de trancher.<p>Beaucoup de racines simples finissant en -L ont tendance à former des verbes sindarin en <b>-ia</b> : <i>PAL</i> > <b>palia-</b> « étendre, déployer» (inf. <i>pelio</i>) ; <i>TYAL</i> > <b>telia-</b> « jouer » (inf. <i>telio</i>) ; mais <i>DUL</i> produit à la fois <b>delia-</b> (inf. <i>delio</i>) et <b>doltha-</b>, les deux signifiant « cacher, dissimuler ».<p>Mais nous avons également des exemples de verbes basiques tels que <b>tol-</b> « venir » (inf. <b>teli</b>), <b>pel-</b> « (se) flétrir, (se) faner » (inf. <b>peli</b>), *<b>sol-</b> « fermer » (déduit du participe passé <b>hollen</b>, présumément une forme lénifiée de <b>sollen</b>).<p>Ainsi, un verbe sindarin pour « aimer » pourrait avoir une forme dérivée en <b>-ia</b> comme *<b>melia-</b> (inf. *<b>melio</b>) ou *<b>milia-</b> (inf. *<b>milio</b>), une forme basique *<b>mel-</b> (inf. *<b>meli</b>), voire une forme mixte *<b>mila-</b> (inf. *<b>milo</b>). L'utilisation de la terminaison <b>-tha</b> me semble peu probable. En premier lieu il s'agit d'un verbe d'usage courant, à mon avis peu apte à subir une telle évolution, et ce suffixe possède souvent un sens causatif qui ne s'accorderait pas avec le sens du verbe.<p>J'attend les commentaires (et corrections) de ceux qui sont plus versés dans l'évolution phonologique du sindarin!<p>Sébastien</small>
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