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et la lenition ???
#10
<b>Lénition</b><p>Lénition est un autre nom de la mutation douce, ou adoucissante (<i>soft mutation</i> en anglais). C’est un des types de mutation consonantique attestés en sindarin.<p>La lénition du verbe est attestée dans l’expression <b>Guren bêd enni</b> « mon cœur (conscience intime) me dit » publiée dans <i>Vinyar Tengwar</i> n°41. Maintenant, le problème, c’est de déterminer le pourquoi de cette mutation... Dans son article d’Ardalambion sur le sindarin, Helge K. Fauskanger dit effectivement qu’il <i>semble</i> [c’est moi qui souligne] que le verbe suivant immédiatement son sujet [comme c’est le cas ici] subisse la lénition. C’est tout à fait possible, mais ça n’est qu’une hypothèse... et les données actuelles sont tellement maigres qu’elle est difficile à confirmer autant qu’à réfuter. <p><br><b>Emplois de na et an </b><p>Les prépositions sont une difficulté majeure car leurs emplois ne se recouvrent généralement pas d’une langue à l’autre. Une bonne compréhension nécessite de les analyser en contexte, mais malheureusement, nous avons excessivement peu de textes suivis en sindarin et devons en bonne partie nous reposer sur de simples gloses, ce qui ne donne que des indications vagues, facilement trompeuses, en tout cas très insuffisantes. (Essayez voir d’expliquer « à » à un anglais en dehors de tout contexte, vous comprendrez ce que je veux dire...) Je sais bien que j’enfonce des portes ouvertes, mais ça n’est peut-être pas inutile.<p>Bien conscient des ces limites, voyons toutefois.<p>Dans les Etymologies - il s’agit donc de « noldorin » - nous lisons pour <b>na</b> (LR:374) la glose « with, by ». Il est probable que <b>na</b> ne recouvre que partiellement l’emploi de ces deux prépositions anglaises. Ensembles, elles font néanmoins ressortir l’idée d’instrument, de moyen, d’agent ; peut-être la cause s’y ajoute-t-elle aussi. Reste à voir si ces valeurs s’appliquent encore en sindarin ; c’est fort possible mais non prouvé par les textes (pour autant que je sache) qui n’ont pas l’occasion d’exprimer ces valeurs. Il est aussi indiqué que <b>na</b> s’emploie aussi comme signe du génitif. Ceci par contre setrouve en sindarin, ex. <i>Les Deux Tours</i>, livre III, ch. 4 « Sylvebarbe » des noms <b>Taur-na-neldor</b> et <b>Orod-na-Thôn</b>, visiblement des variantes de Neldoreth et Dorthonion.<p>En sindarin, <b>na</b> a aussi visiblement un sens plus spatial, proche de la glose de la racine dont il dérive : ANA(1) « to, towards » - donc grossièrement « à, vers » : voir <b>na chaered</b> « au loin ». On a aussi un sens assez flou dans le salut de Glorfindel à Aragorn <b>na vedui</b>, vraisemblablement quelque chose comme « enfin » - remarquons que ce genre d’expression est très susceptible d’être figée, et que l’emploi des prépositions dans les expressions figées est souvent assez particulier (préservation d’archaïsmes par exemple).<p>Pour <b>an</b>, l’emploi attributif « à, pour » est bien attesté : cf. par ex. <b>Naur an edraith ammen !</b> « Fire be for saving of us » (TI:175) - en français, assez librement « Du feu pour notre salut ! » ; <b>A Pherhael ar am Meril suilad uin aran</b> « To Samwise and Rose the King’s greeting » (SD:128-9) « A Samsagace et Rose le salut du Roi ; l’exclamation de Tuor (UT39, 54, CLI 1 :88) <b>Gurth an Glamhoth !</b> « Death to the din-horde ! » « Mort à la horde bruyante ! » ; contracté avec des pronoms personnels dans <b>anim</b> (linnod de Gilraen, Appendice A du SdA) et <b>ammen</b> (voir plus haut), etc.<p><br><b>« Mais »</b><p>Pas de mot attesté à ma connaissance. « Tredan » serait un gallicisme flagrant. <b>Dan</b> a été proposé à cette fin, sur le modèle de <b>nan, nán</b> dans certains exemples de quenya. Mais Tolkien a souvent changé d’avis sur le mot quenya pour « mais » (nous avons aussi, entre autres, <b>mal</b> et <b>nó</b>). Il se peut qu’il y ait là certaines distinction sémantiques, mais il est difficile de ne pas y voir une énième manifestation de son indécision et des modifications continuelles de ses langues.<p><br><b>« Qui ? »</b><p>Le seul interrogatif sindarin connu est <b>man</b> dans la phrase dite « Túrin Wrapper » (cf. article sindarin d’Ardalambion) <b>(...) Man agorech ?</b> d’interprétation discutée - quelque chose comme « Qu’as-tu fait ? », mais la personne du verbe « faire » est difficile à inférer. Il est tout à fait possible qu’il corresponde à « qui ? » autant qu’à « que ? quoi ? » (<b>man</b> en quenya signifie bien « qui ? », cf. <i>Namárië</i>), mais ce n’est pas formellement prouvé.<p><br>Soyons honnêtes : notre compréhension du sindarin reste très lacunaire, et à l’heure actuelle, il est pratiquement impossible d’y écrire quoi que ce soit sans se reposer sur un faisceau d’hypothèses nécessairement peu étayées.<p>Moraldandil<br>
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