09-02-2002, 09:55
Comme la meilleure façon de se familiariser avec une langue est de la <br> pratiquer, je me lance dans une tentative de "correction" de ce poème <br> (qui engendrera sans doute son flot de commentaires de notre spécialiste, <br> Didier).</p><br><p>Evidemment, tout cela est à prendre avec des pincettes puisque de nombreux <br> points de la grammaire du sindarin restent obscurs et soumis à la spéculation <br> et que votre humble serviteur est un novice en sindarin...</p><br><p>> <b>Be eliant, lostant i rîs mell </b><br><br> > <i>Sur un nuage, dormait la chère reine. </i></p><br><p>Comme le fait remarquer Moraldandil, #<b>be</b> n'est pas attesté en <br> lui-même mais apparaît dans la Lettre du Roi sous la forme <b>ben</b> <br> (traduite "dans le/la") et a été interprété <br> "selon", qui semble être l'équivalent du quenya <b>ve</b> <br> "as, like". Pour "sur", on a <b>am</b>° "1. up, <br> upwards. 2. upon" ou <b>erin</b> "on the" (qui est peut-être <br> <b>or</b> "above, over" + article défini <b>i</b>). Je n'ai <br> pas trouvé <b>eliant</b> (ni pour "nuage", ni pour "il <br> pleuvait"), mais <b>eiliant</b> "rainbow". Pour "nuage", <br> on a <b>fân</b> "1. veil. 2. cloud (floating as veil over the blue <br> skye or the sun or moon, or resting on hills)" ou <b>faun</b> "cloud". <br> Je n'ai pas trouvé de verbe pour "dormir" dans le dico de Didier... <br> D'où vient *<b>losta</b>- ? J'ai juste trouvé <b>oltha</b>- "to <br> dream". Pour la fin, je suis d'accord avec Moraldandil : l'adjectif, placé <br> après le nom, devrait subir la mutation douce (désolé de <br> ne pas employer "adoucissante", mais quand je l'ai fais j'ai eut l'impression <br> de parler d'une lessive !), mais cela pose un problème d'homophonie avec <br> <b>bell</b>. Il est donc peut-être préférable de ne pas <br> lénifier <b>mell</b> (puisque certains mots en M- semblent "resister" <br> à la mutation), ou peut-être d'employer <b>mh</b>- plutôt <br> que <b>v</b>- (comme dans la Lettre du Roi : <b>ennas aníra i aran… suilannad <br> mhellyn în</b>, "le roi désire y… saluer ses amis", où <b>mhellyn</b> <br> est la forme lénifiée de mellyn "amis").</p><br><p><b>Am° faun, olthant i rîs ° mhell</b> (le F n'est pas affecté <br> par la mutation douce)<br><br></p><br><p>> <b>Bein be glî nif nîn lostiel </b><br><br> > <i>Beau comme du miel est son visage ayant dormi</i> </p><br><p>En effet, <b>bein</b> devrait être changé en <b>bain</b> pour <br> correspondre avec la langue qui apparaît dans le SdA (c'est ce qui apparaît <br> notamment dans le dico de Didier). Pour ce qui est de <b>be</b>, voir les commentaires <br> sur le premier vers et la remarque de Moraldandil dans le message précédent <br> : l'employer comme synonyme du quenya <b>ve</b> est hypothétique... mais nous <br> ne possédons pas d'équivalent attesté. Cette préposition <br> déclencherait très probablement une mutation douce (la lénition apparaît typiquement <br> après des particules terminées par une voyelle, lorsqu’une telle particule précède <br> immédiatement un mot et lui est étroitement associée). Je crois que le pronom <br> possessif de la 3e personne du singulier est <b>dîn</b>.</p><br><p><b>Bain be° 'lî nif dîn olthiel<br><br> </b></p><br><p>> <b>Arad sein rend gail moe a coll </b><br><br> > <i>Un jour nouveau sème une lumière douce et rouge </i></p><br><p>Tout comme <b>bein</b> est changé en <b>bain</b>, <b>sein</b> devrait <br> être changé en <b>sain</b> pour s'accorder aux règles phonologiques <br> du sindarin du SdA. De plus, en tant qu'adjectif placé après le <br> nom qu'il définit, il doit être lénifié (> <b>arad <br> ° hain</b>). Comme l'a fait remarquer Moraldandil, le présent du <br> verbe <b>redh</b>- "semer" est probablement <b>rêdh</b> et il est <br> possible que le verbe étant placé après le sujet subisse <br> la lénition, mais celle-ci est de toute façon "invisible" <br> sur les mots commençant en R. En tant que complément d'objet, <br> <b>gail</b> devrait être lénifié (> <b>° 'ail</b>), <br> de même que <b>moe</b> et <b>coll</b>, en tant qu'adjectifs épithètes <br> après leurs noms (> <b>° voe a ° goll</b>). mais je ne suis pas sûr <br> que la lénition s'applique aux deux adjectifs ou seulement au premier <br> ou au dernier.</p><br><p><b>Arad ° hain ° rêdh ° 'ail ° voe a ° goll</b> (un <br> phrase très fournie en lénitions !)</p><br><p>> <b>û-pent beth a lavain toll </b><br><br> > <i>Elle ne dit pas un mot et des animaux vinrent </i></p><br><p>Comme l'a dit Moraldandil, l’élément négatif <b>ú</b>-, utilisé comme préfixe <br> pour la négation, déclenche une lénition (> <b>û°-bent</b>) <br> et le pluriel de <b>lavan</b> est <b>levain</b>. Pour ce qui est du verbe <b>tol</b>- <br> "venir", il semblerait que le passé des verbes de base fait <br> intervenir un suffixe ou un infixe nasal. Pour les verbes en -<b>l</b>, nous <br> manquons d'exemples, mais, si l'on tente d'extrapoler à partir du quenya, <br> il est possible la terminaison <b>n</b> soit assimilée (<b>tol</b>- "s’étioler"> <br> <b>toll</b> "s’étiolait, s’étiola"). D'après notre seul exemple <br> de verbe basique conjugé au passé à une autre personne <br> que la 3e personne du sg. (<b>hennin</b> : 1ère personne du sg. passé <br> de <b>had</b>- "lancer"), il semblerait que les passés des verbes <br> de base, à l’exception de la 3e personne du singulier, se forment en ajoutant <br> -<b>i</b>- et la terminaison appropriée à la personne. Ainsi, la 3e personne <br> du sg. du verbe qui nous intéresse est probablement <b>tellir</b>, un <br> phénomène d'inflexion modifiant le <b>o</b> en <b>e</b> (par l'influence <br> du <b>i</b> de la terminaison du passé). Si l'on suppose que le verbe <br> placé après son sujet est lénifié, cela nous donne <br> <b>° dellir</b> !</p><br><p><b>û°-bent beth a levain ° dellir </b></p><br><p>> <b>filig eglerianner reviol </b><br><br> > <i>Des oiseaux la louaient en volant. </i></p><br><p>Il manque le complément d'objet : <i>Des oiseux <u>la</u> louaient</i>. <br> Il semble que le pronom pour "il, elle" est <b>e</b>.</p><br><p><b>filig eglerianner e reviol </b></p><br><p>> <b>Linnol laer anim, in elin narar i ôl </b><br><br> > <i>En me chantant un poème, les étoiles me racontent le rêve. </i></p><br><p>Si le complément d'objet d'un verbe doit être lénifié, <br> je me demande si cela devrait aussi s'appliquer à l'objet d'un participe <br> présent (mais, dans le cas présent, ce serait une lénition <br> "invisible" puisque L n'est pas affecté par la mutation douce). <br> Tiens, je n'avais pas remarqué cette étrange ressemblance entre <br> <b>nara</b>- et "narrer" (un emprunt au latin ?) !</p><br><br> <br> <p align="left"><b>Am° faun, olthant i rîs ° mhell<br><br> </b><b>Bain be° 'lî nif dîn olthiel</b><br><br> <b>Arad ° hain rêdh ° 'ail ° voe a ° goll</b> <br><br> <b>û°-bent beth a levain ° dellir </b><br><br> <b>filig eglerianner e reviol </b><br><br> <b>Linnol laer anim, in elin narar i ôl </b></p><br> <p align="left">(j'ai enlevé le signe de la mutation "invisible" <br> de <b>rêdh</b>)</p><br> <p align="left">Toko</p>

