02-03-2002, 18:51
Je souhaiterais revenir – fort tard ! – sur le problème des lénitions lorsqu’un nom est qualifié par plusieurs adjectifs épithètes. Le sujet m’a quelque peu chiffonné ces dernières semaines.<p>Le problème ici était : « une lumière douce et rouge »... “gail °voe a coll” ou “gail °voe a °goll” ?<p>Je n’ai pas trouvé d’exemple d’une telle construction dans nos quelques textes de sindarin par Tolkien – cela dit, mes sources sont tout sauf complètes... si par hasard vous connaissez un exemple...<p>Un parallèle avec le gallois pourrait être instructif. Hélas, je n’ai pu mettre la main que sur quelques méthodes d’auto-apprentissage, où la grammaire est abordée au fur et à mesure, de façon non systématique. Et malheureusement, le point que je recherchais n’étant pas explicitement traité, il aurait fallu trouver des exemples dans le texte. Or, je ne suis pas galloisant...ce qui fait que l’exercice est pour le moins pénible, et le risque d’erreur important.<p>Je me suis donc rabattu sur des grammaires bretonnes, qui sont bien plus faciles à trouver. J’y ai lu que dans certains cas, l’adjectif épithète suivant immédiatement le nom qu’il décrit est lénifié : sans entrer dans les détails, cela dépend de conditions phonétiques, du genre et du nombre du nom. On a par exemple : ur °gazeg °wenn « une jument blanche » (formes non mutées : kazeg « jument », gwenn « blanc(he) »).<br>Quand il y a plusieurs adjectifs à la suite, et que les conditions sont réunies pour qu’il y ait mutation, la règle la plus fréquente semble être que seul le premier adjectif est lénifié :<br>ur °gazeg °wenn kaer « une belle jument blanche ». Mais apparemment, il est possible aussi, quoique moins fréquent, de muter tous les adjectifs : ur °gazeg °wenn °gaer.<br>Mais quand on introduit la conjonction ha « et », il ne peut y avoir de mutation du deuxième adjectif : ur °gazeg °wenn ha kaer « une jument blanche et belle ».<p>De façon générale, tout ce qui vient desserrer un lien syntaxique impliquant une mutation (comme la conjonction ici) tend à s’opposer aux effets de cette mutation.<p>Je tiens à préciser tout de suite que je ne suis pas plus bretonnant que galloisant. Il est donc tout à fait possible que j’aie écrit des horreurs. S’il y a lieu, n’hésitez pas à corriger !<p>J’espère que le gallois ne fonctionne pas trop différemment. D’après ce que j’ai pu voir dans le méthodes que j’ai évoquées, les similitudes sont fortes dans le cas de la mutation de l’adjectif après le nom ; il y a néanmoins quelques divergences au niveau des conditions de la mutation et de ses produits.<p>En est-il de même du sindarin ? Tan i mhabeth ! - désolé pour le néologisme ;-)<p>Je pense néanmoins, à la lumière de tout ceci, que personnellement je ne muterais pas le deuxième adjectif dans le cas qui nous occupe. Donc peut-être plutôt : gail °voe a coll.<p>Cuio mae !

